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Publié : jeu. 11 mai 2006, 8:33
par Exupère
Bonjour wanderer:
Je suis à 100% en accord avec toi dans tes messages. Il me semble que massivement, notre génération souhaite un retour à une liturgie plus solennelle, plus belle, plus épurée qui nous élève mieux vers Dieu. Voilà qui créera un très grand nombre de vocations. Je pense que Benoît XVI sait tout cela et je m'étonne qu'il ait accepté des liturgies de massacre à Cologne comme tu sembles le rapporter.
Bon, il est certain que ça varie beaucoup d'une paroisse à l'autre, le "jeunisme gauchisant" gangrénant encore trop notre Eglise en France.
En Christ
Ex
Publié : ven. 12 mai 2006, 15:33
par Azuu
Désolée de vous couper le sujet des JMJ, vous pourrez y revenir après mon post =)
Premièrement, la langue maternelle de l'Église n'est ni le Latin, ni le Français, ni le Grec ancien. La langue d'origine, c'est l'Araméen. C'est dans cette langue, que la Bible (Nouveau Testament, du moins, car l'ancien a probablement été écrit en Hébreu, si je me souviens bien...) fut écrite. Donc, de dire que le Latin est la langue maternelle de l'Église revient à dire que l'Anglais est ma langue maternelle. (J'ai été éduquée en Français)
Concernant la messe en Latin ; Si encore le Latin était encore enseigné à l'école... Un missel Latin/Français ne sert à rien. Traduire ne sert à absolument rien. Quand on parle Français, on pense en Français, afin de ne pas passer à côté de toutes les subtilités de cette langue. Quand on parle Anglais, on PENSE en Anglais, aussi. Alors à quoi sert de suivre une Messe en Latin si on est incapable de penser en Latin, parce qu'on ne connaît pas la langue ? On ne peut alors l'apprécier pleinement, et le travail d'interiorisation suite à la prière est alors entravé. Une traduction n'est jamais fidèle, et rend souvent les choses plus compliquées qu'elles ne le seraient avec un connaissance de base ou avancée de la langue.
Et pour les chants religieux, j'ai toujours associé chants grégoriens avec église. En fait, ça m'a toujours impressionnée et donné une impression de... je sais pas... de grandeur de l'église ? Désolée, je m'exprime mal. Mais ça m'a toujours donné des frissons. Des chants A Capella, sans l'orgue pour enterrer le tout c'est superbe et très approprié dans une église. J'ai aussi un ami protestant, qui dit que des groupes de musique "metal" et "punk" CHRÉTIENS. Je dois vous dire que ça m'effraie énormément. Il a déjà essayé de m'en faire télécharger quelques unes, et franchement, j'ai toujours refusé. Ce genre de musique ne s'associe pas à l'Église, surtout pas le métal ni le punk, qui à l'origine, promouvaient dans l'ordre, le côté obscur et la rebellion. Comme quoi un peu d'histoire des courants musicaux peuvent nous faire découvrir de grosses contradictions.
Ah ben voilà, c'était mon petit (long O_o) mot =)
Amicalement,
Azuu
Publié : ven. 12 mai 2006, 20:34
par Eremos
Bonsoir Azuu,
Avez-vous jamais pensé que l'attachement au latin pouvait avoir un rapport avec une attitude mystique ?
Après tout, le latin ne laissait pas insensible Mallarmé !
En Christ,
Eremos
Publié : sam. 13 mai 2006, 17:17
par VexillumRegis
[align=justify]
Ce ne sont pas nos goûts qui doivent pénétrer la liturgie, mais la liturgie qui doit éduquer et purifier nos goûts. -
Denis Crouan, président de l'Association
Pro Liturgia.
En Christ,
- VR -[/align]
Publié : sam. 13 mai 2006, 17:19
par wanderer
Voilà, Thomas a su précisé les choses et les formuler convenablement.
Merci
Wanderer

Publié : mer. 19 juil. 2006, 13:47
par jean_droit
Un article de La Croix sur l'évolution de la liturgie.
Comme on nous le dit régulièrement cela va bouger au niveau de la liturgie.
Mon analyse est qu'il ne convient pas de faire une nouvelle révolution. Celle qui a succédée à Vatican II a fait, déjà, suffisamment de dégats. Ne répétons pas les erreurs du passé !
Il suffirait de rappeler ce qui n'est pas acceptable et ce qui est acceptable.
La liturgie actuelle est suffisamment souple pour pouvoir évoluer vers plus de "spiritualité" sans avoir à faire de réformes profondes et sans remettre en cause ses avancées.
Tant qu'au débat latin ou not latin ... au fond il me fait bailler !
Bonne ... chaude ... journée !
.......................
CITE DU VATICAN, 13 juil 2006 (AFP) - Le pape Benoît XVI va remettre de l'ordre dans la liturgie
Le pape Benoît XVI va mettre fin aux "abus" dans la célébration de la messe et faire cesser "les affrontements" avec les partisans de la messe en latin, a déclaré jeudi un responsable du Vatican à l'agence I-Média, spécialisée dans l'information du Vatican.
Selon l'évêque sri-lankais Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape va "prendre des mesures" car la liturgie de l'Eglise catholique serait trop souvent "un signe de scandale".
Le prélat, nommé par Benoît XVI, dénonce certains "abus" dans la mise en oeuvre des réformes de la liturgie introduites après le concile Vatican II il y a 40 ans.
Ces réformes, notamment l'abandon de la messe dite "tridentine" (célébrée en latin et le prêtre tournant le dos aux fidèles), "n'ont pas porté les fruits espérés", selon Mgr Ranjith.
Elles n'ont en outre jamais été acceptées par le courant catholique traditionaliste rassemblé autour de l'évêque français Marcel Lefebvre (aujourd'hui décédé).
Le pape Benoît XVI, qui a reçu l'été dernier le chef des Lefebvristes, Mgr Bernard Fellay, s'est fixé pour but de les faire revenir dans le sein de l'Eglise.
Selon le secrétaire de la congrégation pour le culte divin, il "va prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie".
Mgr Ranjith révèle que le Vatican reçoit "chaque jour (...) de nombreuses lettres, signées, où les gens se lamentent de nombreux abus: des prêtres qui font ce qu'ils veulent, des évêques qui ferment les yeux ou même qui justifient ce que font les prêtres au nom du +renouveau+" (...) Et à la fin, les gens vont assister à la messe tridentine et nos églises se vident".
Or "la messe tridentine n'appartient pas aux Lefebvristes", souligne Mgr Randjith. Il est donc temps "de cesser les affrontements", a-t-il ajouté.
Publié : jeu. 20 juil. 2006, 13:17
par jean_droit
J'ai trouvé un ensemble d'interventions du nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur le site de la FSSPX : Long mais qui fait bien le tour du sujet.
.....................
A l’agence I.Media de Rome, le 22 juin 2006 :
- [+] Texte masqué
- Mgr Ranjith: La vie liturgique de l’Eglise est le moment particulier dans lequel le fidèle a la possibilité d’entrer dans un rapport plus intime avec le Seigneur. Dans la vie liturgique, l’Evangile et la foi deviennent un choix. La foi n’est pas seulement intellectuelle, elle devient une chose du cœur et mène à un engagement. C’est dans l’expérience liturgique que ce rapport avec le Seigneur, la foi, se renforce et se transforme en vie. Pour cela, la liturgie est très importante. Le Concile Vatican II a tellement souhaité ce renouvellement, cet aggiornamento, dans lequel les fidèles comprennent ce qu’ils croient ou cherchent à comprendre. Ainsi, la liturgie devrait être le véhicule de ce renouvellement. Mais, malheureusement, après le Concile, certains changements peu réfléchis ont été faits, dans la rapidité, dans l’enthousiasme, dans le rejet de certaines exagérations du passé. Ceci a amené à une situation opposée à celle que l’on souhaitait.
- Par exemple…
Mgr Ranjith: On voit que la liturgie a pris des directions erronées comme l’abandon du sacré et de la mystique, la confusion entre le sacerdoce commun et le sacerdoce consacré avec un appel spécifique. En d’autres mots, la confusion des rôles entre les laïcs et les prêtres. Il y a aussi la vision du concept d’Eucharistie comme un banquet commun plutôt que l’accentuation sur la mémoire du sacrifice du Christ au calvaire et sur son efficacité sacramentelle pour le salut, ou encore certains changements comme d’avoir vidé les églises en les "protestantisant"… Ces changements de mentalité ont affaibli le rôle de la liturgie plutôt que de le renforcer. Ceci n’était pas l’idée de Sacrosanctum concilium (Constitution conciliaire sur la liturgie promulguée par Paul VI le 4 décembre 1963, ndlr) qui voulait que la liturgie soit participante, approfondie, mise plus en contact avec la Parole de Dieu et la signification de la catéchèse. Ceci a causé d’autres résultats négatifs pour la vie de l’Eglise. Ainsi, pour faire face à la progression du sécularisme dans le monde, il ne fallait pas devenir nous aussi sécularistes. Il fallait que nous approfondissions encore plus car le monde a toujours plus besoin de l’Esprit, de l’intériorité. En abandonnant certains aspects, nous avons perdu une occasion. On voit bien, chez des jeunes d’aujourd’hui, y compris chez de jeunes prêtres, une nostalgie du passé, une nostalgie pour certains aspects perdus. Il y a, en Europe, un réveil très positif.
- Que peut faire la Congrégation pour le culte divin en ce sens ?
Mgr Ranjith: Nous voulons rappeler à tous, surtout aux responsables comme les évêques, les commissions liturgiques ou les chercheurs, qu’il ne faut pas oublier ces aspects. Nous ne disons pas qu’il faut complètement abandonner les gains du Concile comme l’utilisation de la langue vernaculaire, l’usage substantiel des Ecritures sacrées… Mais, en renforçant ce que nous avons gagné lors du Concile, il faut aussi renforcer les acquis du passé.
- Cela veut-il dire que le missel préconciliaire de saint Pie V doit être reconnu de nouveau?
Mgr Ranjith: Cette question est de plus en plus fréquente. Cela démontre aussi que certains le voudraient. L’Eglise doit être sensible à ces urgences, que les gens sentent bien, et regagner certains aspects de la liturgie du passé. Je ne sais pas si cela doit prendre la forme d’une approbation du missel de saint Pie V ou d’un renouvellement du missel actuel (de Paul VI, ndlr). Le pape sait tout cela, il connaît ces questions, il en est bien conscient, il y réfléchit et nous attendons ses indications.
- Le missel de saint Pie V a-t-il été réellement invalidé après le Concile Vatican II ?
Mgr Ranjith: Il n’a jamais été aboli ou mis au ban. Mais, à cause de ce qui s’est passé avec les fidèles de Mgr Lefebvre, cette messe a pris une certaine identité qui n’est pas juste.
- Cela signifie-t-il que l’Eglise devrait, en quelque sorte, "récupérer" le missel de saint Pie V ?
Mgr Ranjith: C’est ce que nous attendons, que le pape décide à ce propos. Même si l’on récupère la messe de saint Pie V, la messe post-conciliaire de Paul VI doit être bien étudiée et perfectionnée là où c’est possible. C’est ce que certains appellent la réforme de la réforme. Si l’on approuve de nouveau la messe de saint Pie V, cela ne veut pas dire que celle de Paul VI restera inchangée. Il faut l’approfondir encore pour la faire devenir encore plus belle, plus transcendante.
- Y a-t-il urgence à prendre de telles décisions ?
Mgr Ranjith: Lorsqu’on se presse à prendre des décisions, on tombe dans l’erreur. Il faut beaucoup réfléchir, et surtout prier pour le pape et l’Eglise, et écouter ce que le Seigneur veut de nous. Sans émotion mais avec une objectivité absolue, en voyant le passé, ce que nous avons gagné, là où nous nous sommes trompés et comment nous pouvons retrouver ces aspects perdus. Les évêques sont appelés à devenir des pasteurs aimant leur peuple. Devenir les agents du salut de leurs fidèles, pas seulement d’un salut politique, mais aussi intérieur et profond. Cet amour doit nécessairement s’exprimer dans la joie de se consacrer à une vie liturgique joyeuse, mystique et sacrée.
(Propos recueillis par Antoine-Marie Izoard)
Dans La Croix du 25 juin 2006 :
– On a le sentiment que, pour Benoît XVI, la liturgie est une priorité.
Mgr Ranjith : À juste titre. Lorsque l’on remonte l’histoire de la liturgie à travers les siècles, on voit combien est important pour tout homme le besoin d’écoute de Dieu et de contact avec l’au-delà. L’Église a toujours été consciente que sa vie liturgique doit être orientée vers Dieu et comporter une atmosphère profondément mystique. Or, depuis quelques années, on a tendance à l’oublier, pour y substituer un esprit de liberté totale qui laisse tout l’espace à l’invention, sans enracinement, ni approfondissement.
– Serait-ce que la liturgie est devenue l’objet de polémiques, de débats dans l’Église, voire un facteur de graves divisions ?
Mgr Ranjith : Je pense que c’est là un phénomène proprement occidental. La sécularisation en Occident a entraîné une forte division entre ceux qui se réfugient dans le mysticisme, en oubliant la vie, et ceux qui banalisent la liturgie, en la privant de sa fonction de médiatrice vers l’au-delà. En Asie – par exemple au Sri Lanka, mon pays –, chacun, quelle que soit sa religion, est très conscient du besoin de l’homme d’être porté vers l’au-delà. Et cela doit se traduire dans la vie concrète. Je pense qu’il ne faut pas abaisser le sens du divin au niveau de l’homme, mais au contraire chercher à hisser l’homme vers le niveau supra-naturel, là où nous pouvons approcher le Mystère divin. Or, la tentation de devenir protagoniste de ce Mystère divin, de chercher à le contrôler est forte dans une société qui divinise l’homme, comme le fait la société occidentale. La prière est don : la liturgie n’est pas déterminée par l’homme, mais par ce que Dieu fait naître en lui. Elle implique une attitude d’adoration vers le Dieu créateur.
– Avez-vous le sentiment que la réforme conciliaire est allée trop loin ?
Mgr Ranjith : Il ne s’agit pas d’être anti-conciliaire ou post-conciliaire, ni conservateur ou progressiste ! Je crois que la réforme liturgique de Vatican II n’a jamais décollé. D’ailleurs, cette réforme ne date pas de Vatican II : elle a en réalité précédé le Concile, elle est née avec le mouvement liturgique au début du XXe siècle. Si l’on s’en tient au décret Sacrosanctum Concilium de Vatican II, il s’agissait de faire de la liturgie la voie d’accès à la foi, et les changements en la matière devaient émerger de manière organique, en tenant compte de la tradition, et non de manière précipitée. Il y eut de nombreuses dérives, qui ont fait perdre de vue le véritable sens de la liturgie. On peut dire que l’orientation de la prière liturgique dans la réforme postconciliaire n’a pas été toujours le reflet des textes de Vatican II, et en ce sens, on peut parler d’une correction nécessaire, d’une réforme dans la réforme. Il faut regagner la liturgie, dans l’esprit du Concile.
– Concrètement, par quoi cela passe-t-il ?
Mgr Ranjith : Aujourd’hui, les problèmes de la liturgie tournent autour de la langue (vernaculaire ou latin), et de la position du prêtre, tourné vers l’assistance ou tourné vers Dieu. Je vais vous surprendre : nulle part, dans le décret conciliaire, on n’indique qu’il faut que le prêtre désormais se tourne vers l’assistance, ni qu’il est interdit d’utiliser le latin ! Si l’usage de la langue courante est consenti, notamment pour la liturgie de la Parole, le décret précise bien que l’usage de la langue latine sera conservé dans le rite latin. Sur ces sujets, nous attendons que le pape nous donne ses indications.
– Faut-il dire à tous ceux qui ont suivi, avec un grand sens de l’obéissance, les réformes post-conciliaires qu’ils se sont trompés ?
Mgr Ranjith : Non, il ne faut pas en faire un problème idéologique. Je remarque combien les jeunes prêtres, ici, aiment à célébrer en rite tridentin. Il faut bien préciser que ce rite, celui du missel de saint Pie V, n’est pas « hors la loi ». Faut-il l’encourager davantage ? C’est le pape qui décidera. Mais il est certain qu’une nouvelle génération est en demande d’une plus grande orientation vers le mystère. Ce n’est pas une question de forme, mais de substance. Pour parler de liturgie, il ne faut pas seulement un esprit scientifique, ou historico-théologique, mais surtout une attitude de méditation, de prière et de silence.
Encore une fois, il ne s’agit pas d’être progressiste ou conservateur, mais simplement de permettre à l’homme de prier, d’écouter la voix du Seigneur. Ce qui se passe dans la célébration de la gloire du Seigneur n’est pas une réalité seulement humaine. Si on oublie cet aspect mystique, tout se brouille, et devient confus. Si la liturgie perd sa dimension mystique et céleste, qui, alors, aidera l’homme à se libérer de l’égoïsme et de son propre esclavage ? La liturgie doit avant tout être une voie de libération, en ouvrant l’homme à la dimension de l’infini.
(Propos recueillis par Isabelle de GAULMYN)
Dernière minute : Ce 13 juillet, Mgr Ranjith accorde de nouveau un entretien à Antoine-Marie Izoard de l’agence I.Media, partenaire de l’Apic à Rome, où il revient sur ses déclarations à La Croix du 25 juin.
Q. Vous avez récemment affirmé dans le quotidien catholique français La Croix que la réforme liturgique du Concile Vatican II n’avait “jamais décollé“. Ces mots ont surpris de nombreuses personnes…
R. Je suis surpris, car je ne l’ai pas dit ainsi et ce n’est pas vrai. Je voulais dire que la réforme conciliaire - avec le renouveau spirituel attendu, avec les catéchèses profondes qui devaient relancer l’Eglise face au contexte séculariste - avait donné des résultats qui ne sont pas si positifs que cela. La réforme a bien décollé. Ainsi, l’utilisation de la langue vernaculaire est une chose positive, car tout le monde peut comprendre ce qui se passe à l’autel ou lors des lectures. De même, pour le sens de communion qui s’est développé. Mais ces éléments ont parfois été un peu trop accentués en abandonnant certains aspects positifs de la tradition de l’Eglise. Le cardinal Ratzinger lui-même, dans la préface du livre Tournés vers le Seigneur - l’orientation de la prière liturgique du Père Uwe Michael Lang, a rappelé que l’abandon du latin et l’orientation du célébrant vers le peuple ne faisaient pas partie des conclusions du Concile.
Q. Pour certains, qui ont fidèlement suivi le Concile, vos propos surprennent…
R. Il ne s’agit pas d’abandonner le Concile, car il a déjà beaucoup influencé l’Eglise, comme dans son ouverture au monde. Mais, dans le même temps, il aurait fallu approfondir ce que nous possédions déjà. Il aurait fallu, comme dit le Concile, un changement ‘organique’, sans brusquerie, sans abandonner le passé. L’Encyclique Ecclesia de Eucharistia de Jean Paul II (publiée en avril 2003, ndlr), et l’Instruction Redemptoris Sacramentum (avril 2004) qu’il avait demandée à la Congrégation, indiquent bien que quelque chose n’allait pas. Le pape parlait alors avec une certaine amertume de ce qui se passait. Ainsi, on ne peut pas dire que tout s’est bien passé, mais on ne peut pas dire non plus que tout s’est mal passé. Les réformes du Concile, par la façon dont elles ont été traduites et mises en place, n’ont pas porté les fruits espérés.
Q. Concrètement, que faut-il faire?
R. Il y a deux extrêmes à éviter: permettre à chaque prêtre ou évêque de faire ce qu’il veut, ce qui crée la confusion, ou, au contraire, abandonner complètement une vision adaptée au contexte moderne et s’enfermer dans le passé. Aujourd’hui, ces deux extrêmes continuent de croître. Quel est le juste milieu ?… Il convient de réfléchir un moment, de célébrer sérieusement et d’améliorer ce que nous faisons actuellement.
Q. Doit-on attendre un document pontifical ou de votre Congrégation à ce sujet ?
R. Dans son livre L’esprit de la liturgie (publié en allemand en 2000, puis en français en 2001, ndlr), le cardinal Ratzinger avait présenté un cadre très complet de la question. Je crois que le pape est très conscient de ce qui se passe, qu’il étudie la question et qu’il faut faire quelque chose pour aller de l’avant. Il va prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie. Il a la responsabilité que la liturgie devienne un signe d’édification de la foi et non un signe de scandale. Car, si la liturgie n’est pas capable de changer les chrétiens et de les faire devenir des témoins héroïques de l’Evangile, alors elle ne réalise pas sont but véritable. Celui qui a participé à la messe doit sortir de l’église convaincu que son engagement social, moral, politique et économique, est un engagement chrétien.
Q. Les abus liturgiques sont-ils réellement si nombreux ?
R. Chaque jour, nous recevons tellement de lettres, signées, où les gens se lamentent des nombreux abus : des prêtres qui font ce qu’ils veulent, des évêques qui ferment les yeux ou, même, justifient ce que font leurs prêtres au nom du ‘renouveau’… Nous ne pouvons pas nous taire. Il est de notre responsabilité d’être vigilants. Car, à la fin, les gens vont assister à la messe tridentine et nos églises se vident. La messe tridentine n’appartient pas aux Lefebvristes. C’est le moment de cesser les affrontements et de voir si nous avons été fidèles aux instructions de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium . C’est pourquoi il faut de la discipline pour ce que nous faisons sur l’autel. Les règles sont bien indiquées dans le Missel romain et les documents de l’Eglise.
(...)
la tour de Babel
Publié : jeu. 27 juil. 2006, 16:38
par Grichka
Qu'est ce qu'une belle messe pour moi ?
Je dirai, c'est une messe dans laquelle notre Dieu qui est Amour est resplendissant.
En un mot, un grand rassemblement chrétien, est un rassemblement où la charité vivante se voit.
Une belle messe pour moi, c'est parfois tout simplement un moment de fraternité en famille.
Faut-il parler tous la même langue pour que Dieu qui est Amour se révèle à NOUS ?
acte 2 a écrit :3 Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux.
4 Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.
C'est bien de pouvoir se parler dans une même langue, mais n'est-il pas plus conforme à notre foi, de pouvoir parler d'amour dans toutes les langues ?
A t'on besoin de parler la même langue pour s'aimer en Christ ?
Je ne sais pas pourquoi, parler tous la même langue me fait penser à la tour de Babel .... symbole de l'orgueil humain, et vous ?
Publié : ven. 11 août 2006, 11:57
par Sh'ma
"La langue latine est et demeure la langue officielle de l'Eglise, même si aujourd'hui celle-ci emploie diverses langues pour son enseignement et sa liturgie. Précisément, dans cette diversité de langues et de cultures, le latin, qui fut pendant tant de siècles le véhicule et l'instrument de la culture chrétienne, garantit non seulement la continuité avec nos racines mais demeure plus que jamais important pour resserrer les liens de l'unité de la foi dans la communion de l'Eglise."
Cardinal Joseph Ratzinger, Discours lors de la conférence de presse, 09/09/1997.
le messie d'Israël ?
Publié : ven. 11 août 2006, 19:10
par Grichka
le latin, qui fut pendant tant de siècles le véhicule et l'instrument de la culture chrétienne, garantit non seulement la continuité avec nos racines mais demeure plus que jamais important pour resserrer les liens de l'unité de la foi dans la communion de l'Eglise.
J. Ratzinger
Le latin est la langue de l'unicité de l'empire romain. Il semble que la langue de l'unicité chrétienne ait été le grec, comme en témoigne nos textes canoniques.
L'hébreu qui fut la langue du peuple israélite, celle de la Torah a été remis en usage courant par les juifs au 19ème siècle.
Matthieu 5:18 Car je vous le dis, en vérité: avant que ne passent le ciel et la terre, pas un Yod, pas un Wav, ne passera de la Torah, que tout ne soit réalisé.
N'est ce pas une invitation à demeurer fidèle jusqu'à l'avènement à la Torah et la langue originale du peuple israélite : l'hébreu ?
Voulons demeurer fidèle à l'esprit du peuple romain, ou bien à l'esprit du Messie d'Israël au milieu des nations, notre Seigneur Jésus-Christ ?
cordialement
Christian
Publié : ven. 11 août 2006, 23:32
par Sh'ma
Concile Vatican II, Constitution sur la Liturgie Sacrosanctum Concilium votée le 20 décembre 1963
Article 36 § 1. L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins.
Publié : dim. 20 août 2006, 19:31
par Domy
Eh bien moi, je suis pour la messe en français, quoique je sois latiniste. Si le latin est la langue maternelle de l'Eglise, elle ne l'est pas des fidèles qui doivent comprendre ce qu'on dit à la messe, car la messe n'est pas un spectacle, mais un repas où l'on mange le corps du Christ. Ecoutez plutôt la troisième lecture de ce matin, dimanche 20 août 2006 :"Jésus disait à la foule :"Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie." etc. La messe, on y va car on y est invité par le Christ, en tant que fidèles, pas pour écouter la musicalité du latin, mais les enseignements de l'Eglise à travers les trois lectures et l'homélie du prêtre. La messe, c'est le renouvellement de notre foi et de notre amour pour Dieu. Bref, la messe, doit être comprise par tous et non pas seulement par quelques élites.
Ceci dit, je suis pour que soit chanté en latin le Gloria, bien sûr, car cela élève l'âme vers Dieu.
Latin et français dans la Sainte Messe
Publié : dim. 20 août 2006, 20:21
par Christophe
Domy a écrit :La messe, on y va car on y est invité par le Christ, en tant que fidèles, pas pour écouter la musicalité du latin, mais les enseignements de l'Eglise à travers les trois lectures et l'homélie du prêtre.
Il me semble que les partisans de "la Messe en latin" ne demandent pas à ce que les lectures ou l'homélie soient en latin.
Pax vobiscum
Christophe
Publié : dim. 20 août 2006, 20:34
par Théophane
Je suis d'accord avec Christophe. Dans la Messe en latin, les lectures et les homélies sont en effet dans la langue du pays. Je pense que cela peut être une bonne solution de célébrer la Messe en français et de chanter les parties importantes en latin : Kyrie (même si c'est du grec), Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei. Mais bien sûr il faut tenir compte de la sensibilité des fidèles qui fréquentent la paroisse. Pour ma part j'aime beaucoup la diversité. Si j'apprécie énormément le rite traditionnel, je ne manque jamais, quand je suis à Paris, la Messe néocatéchuménale qui est beaucoup plus "charismatique".
Publié : dim. 20 août 2006, 23:21
par Sh'ma
Je vais paraître "tradi" mais pour moi "Dominus vobiscum", "Sursum Corda" ou encore "Hoc est enim corpus meum" me font beaucoup mieux voir le mystère de l'Eucharistie. Après évidemment j'apprécie la langue du pays (dans la liturgie de la parole). Sinon pour ce qui est du reste de la messe je déteste quand l'Offertoire est dit à voix haute et ça ne me dérangerait pas qu'une partie du canon soit dite à voix basse.