Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des couples hors mariage
Publié : ven. 05 janv. 2024, 12:02
Ce nouveau communiqué est publié sur le site du Vatican, mais, contrairement à la déclaration Fiducia supplicans, il ne contient plus d’implication du Pape lui-même.
Au contraire, très étrangement, le site du Dicastère de la Doctrine de la Foi a estimé nécessaire de publier le billet manuscrit du 14 décembre 2023 par lequel le secrétariat du Pape a donné audience au cardinal préfet Fernandez à la date du 18 décembre. Fallait-il insister sur un délai de réflexion donné au Saint-Père ou, au contraire, sur une mise à distance formelle diminuant son implication ? Cela laisse perplexe.
https://www.vatican.va/roman_curia/cong ... dex_fr.htm
Le nouveau communiqué de ce 4 janvier rappelle que la doctrine est inchangée et que Fiducia supplicans l’affirmait déjà. Il développe largement les possibilités de bénédictions des personnes quelles que soient leurs situations.
Il confirme les indications que le cardinal Fernandez avait déjà données dans une interview et ajoute diverses restrictions de lieu et de temps, mais présente aussi le seul problème théologique soulevé par un grand nombre de Conférences épiscopales, de cardinaux et d’évêques, tout en le présentant cependant seulement comme un problème de pratique pastorale.
Selon le communiqué, « certains évêques s'expriment surtout sur un aspect pratique: les possibles bénédictions de couples en situation irrégulière ».
La contestation est bien celle-là : la bénédiction non de « personnes », mais de « couples » ce qui, dans la pratique, ne s’appliquera probablement que peu à des homosexuels, mais surtout à de multiples possibles couples adultères.
Et, sur ce point précis, l’explication avancée reste la même : « La Déclaration contient la proposition de brèves et simples bénédictions pastorales (ni liturgiques ni ritualisées) de couples en situation irrégulière (et non pas des unions) ».
Et là, l’objection d’une contradiction doctrinale et d’une confusion reste entière.
Le « couple » ne se caractérise et ne se définit que par l’union des deux personnes qui forment ensemble ce couple. Ce n’est pas de la théologie, c’est du français, de l’espagnol, de l’italien. C’est de la linguistique. Changer le sens usuel d’un mot crée de l’ambiguïté et de la confusion. Pour le sens commun, bénir un « couple », c’est bénir leur « union ».
Changer le sens des mots en prétendant ainsi ne rien changer affaiblit la vérité de celui qui s’exprime.
Les médias, comme les multiples évêques qui ont rejeté Fiducia supplicans, l’ont bien compris. Le communiqué rappelle avec justesse les possibilités de bénédictions pastorales des « personnes » et chacun peut clairement le comprendre. Mais, il persiste à affirmer, ce qui n’est pas la réalité pour le sens commun, que bénir un « couple », ce ne serait pas bénir l’union qui le caractérise.
La question que cela pose est de savoir si ce langage est vrai.
À cet égard, il me semble que les précisions données ne lèvent pas la confusion et l’ambiguïté, mais, bien au contraire, la contradiction avec la Doctrine paraît en ressortir davantage.
Cela ne doit cependant pas faire oublier ce qu’il y a de positif : la doctrine est rappelée de manière claire.
Au contraire, très étrangement, le site du Dicastère de la Doctrine de la Foi a estimé nécessaire de publier le billet manuscrit du 14 décembre 2023 par lequel le secrétariat du Pape a donné audience au cardinal préfet Fernandez à la date du 18 décembre. Fallait-il insister sur un délai de réflexion donné au Saint-Père ou, au contraire, sur une mise à distance formelle diminuant son implication ? Cela laisse perplexe.
https://www.vatican.va/roman_curia/cong ... dex_fr.htm
Le nouveau communiqué de ce 4 janvier rappelle que la doctrine est inchangée et que Fiducia supplicans l’affirmait déjà. Il développe largement les possibilités de bénédictions des personnes quelles que soient leurs situations.
Il confirme les indications que le cardinal Fernandez avait déjà données dans une interview et ajoute diverses restrictions de lieu et de temps, mais présente aussi le seul problème théologique soulevé par un grand nombre de Conférences épiscopales, de cardinaux et d’évêques, tout en le présentant cependant seulement comme un problème de pratique pastorale.
Selon le communiqué, « certains évêques s'expriment surtout sur un aspect pratique: les possibles bénédictions de couples en situation irrégulière ».
La contestation est bien celle-là : la bénédiction non de « personnes », mais de « couples » ce qui, dans la pratique, ne s’appliquera probablement que peu à des homosexuels, mais surtout à de multiples possibles couples adultères.
Et, sur ce point précis, l’explication avancée reste la même : « La Déclaration contient la proposition de brèves et simples bénédictions pastorales (ni liturgiques ni ritualisées) de couples en situation irrégulière (et non pas des unions) ».
Et là, l’objection d’une contradiction doctrinale et d’une confusion reste entière.
Le « couple » ne se caractérise et ne se définit que par l’union des deux personnes qui forment ensemble ce couple. Ce n’est pas de la théologie, c’est du français, de l’espagnol, de l’italien. C’est de la linguistique. Changer le sens usuel d’un mot crée de l’ambiguïté et de la confusion. Pour le sens commun, bénir un « couple », c’est bénir leur « union ».
Changer le sens des mots en prétendant ainsi ne rien changer affaiblit la vérité de celui qui s’exprime.
Les médias, comme les multiples évêques qui ont rejeté Fiducia supplicans, l’ont bien compris. Le communiqué rappelle avec justesse les possibilités de bénédictions pastorales des « personnes » et chacun peut clairement le comprendre. Mais, il persiste à affirmer, ce qui n’est pas la réalité pour le sens commun, que bénir un « couple », ce ne serait pas bénir l’union qui le caractérise.
La question que cela pose est de savoir si ce langage est vrai.
À cet égard, il me semble que les précisions données ne lèvent pas la confusion et l’ambiguïté, mais, bien au contraire, la contradiction avec la Doctrine paraît en ressortir davantage.
Cela ne doit cependant pas faire oublier ce qu’il y a de positif : la doctrine est rappelée de manière claire.
