Antestor a écrit :Bonjour a vous,
Je suis actuellement à la recherche d’un parti politique convenable. L’autre jour je regardais l’amission Dimanche + qui faisait un rapide reportage sur le Font National. Dans celui-ci Marine Lepen scandait a son électorat « je suis et je reste pour la peine de mort », quelques instants plus tard un homme présenté comme catholique conservateur nous dit a son tour quelque chose comme « j’invite les gens qui fréquentent les églises [donc nous] à rejoindre le FN. »
1) Quel est le point de vue de l’Eglise sur la peine de mort ? L'a t'elle toujours respecté ?
2) A-t-elle déjà exprimé sa vision de façon claire, comme elle l’a fait avec la politique d’expulsion de M. Sarkozy, aux personnes qui tiennent ce genre de discours ?
Merci pour vos infos.

L'Eglise se prononce contre la peine de mort depuis récemment.
Personnellement, je suis assez partagé. D'un point de vue humaniste, je trouve normal d'être contre la peine de mort, par principe. Mais ce principe s'applique peut-être à un monde de bisounours qui ne correspond pas à la réalité.... simple question que je me pose. Ensuite, on peut se demander quel est le plus humain entre enfermer un homme à perpétuité, dans des conditions de vie assez déplorables, et même franchement dégradantes, et le mettre à mort.
Les deux peuvent se défendre, tout dépend des conditions dans lesquelles on applique ces principes.
1re principe : contre la peine de mort, ce qui veut dire qu'on accepte d'interner de façon prolongée les grands criminels. Pour appliquer ce principe, j'estime qu'il faut offrir des conditions de vie humaine à ces condamnés : village arboré, petites maisons, commerces, accès autonomes à tous les services, etc. Permettre également à ceux d'entre eux qui auraient la foi de vivre dans des conditions monastiques, avec offices, vie en cellule, retraites, etc. Tout cela serait évidemment extrêmement coûteux, et donc inimaginable en temps de crise comme en ce moment.
2e principe : la société n'a pas à supporter un tel coût. Les grands criminels doivent donc être condamnés à mort (pour ne pas passer une éternité dans des conditions de vie misérables). C'est aussi une manière symbolique d'expulser le crime hors de la société. Mais alors, on doit laisser le temps et les moyens à ces condamnés de se convertir si tel est leur désir. On doit permettre aussi aux différentes confessions, et même pourquoi pas à des philosophes athées, de prêcher le condamné pour gagner son salut, ou l'aider à mourir la tête haute. Si le condamné se convertit, on doit lui permettre de prendre le temps de se préparer à mourir (de façon religieuse ou philosophique). Les prières publiques doivent accompagner l'exécution du condamné. Si le condamné veut aller à Notre-Dame, pieds nus et pénitent, et y recevoir les sacrements en grande pompe et en procession, on doit le lui permettre. Bref, associer cet acte somme toute barbare à la compassion nationale, cela me semble fondamental.
Les deux options me paraissent tout autant acceptables l'une que l'autre. Maintenant, on peut imaginer que chaque région adopterait son propre système, pour mettre un peu de variété !
Une dernière chose : en temps de crise très grave, voire de guerre, on doit permettre à la vindicte nationale de s'exprimer. Les traîtres à la Nation doivent être châtiés publiquement (spéculateurs, profiteurs, corrompus, etc., tous ceux qui se sont enrichis en ruinant et en spoliant la société pour la mener à la misère), j'y tiens particulièrement. Mais la peine doit pouvoir être commuée, par l'effet de la miséricorde nationale, en peine de ban : bannissement du territoire national, et confiscation des biens, sauf un pécule pour recommencer sa vie dans un autre pays.
C'est ma position toute personnelle, évidemment.