NB : il s'agit du livre d'un historien, pas d'un liturgiste, même si les références au père Gy et à Martimort sont constantes.
Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
- Jean-Mic
- Pater civitatis

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Évidemment, mais je ne vais pas vous raconter tout le bouquin
...
NB : il s'agit du livre d'un historien, pas d'un liturgiste, même si les références au père Gy et à Martimort sont constantes.
NB : il s'agit du livre d'un historien, pas d'un liturgiste, même si les références au père Gy et à Martimort sont constantes.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
- vobisangelicum
- Quæstor

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Le Liechtenstein prohibe l avortement, le mariage homosexuel, déclare là religion d État comme catholique donc oui c est pour moi un état modèle. Ajoutons à cela les votations populaire.Jean-Mic a écrit :Le Liechtenstein ! Un état modèle ? Je dois faire un mauvais rêve ... Comment peut-on ériger un paradis fiscal en état modèle ?vobisangelicum a écrit :Un livre de Hans Adam II Prince régnant du Liechtenstein
Un très bon traité sur un état modèle
Un moralisme quasi-théocratique justifiant le fric-roi ! Il ne faudrait quand même pas se f... du monde.
Pour ce qui est de la fiscalité, chaque état est souverain donc chaque état fixe ses règles. Si vous aimez vivre en France tant mieux mais laissez les autres vivent comme ils l entendent.
Pourriez vous précisez votre haine des paradis fiscaux ?
- Fée Violine
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
vobisangelicum a écrit :Pourriez vous précisez votre haine des paradis fiscaux ?
Ben vous savez, la justice, la morale, l'honnêteté, tous ces petits détails...
Mais bon, chacun ses goûts.
- vobisangelicum
- Quæstor

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Je ne vois pas le rapport entre fiscalité et ces trois critères ?
surtout qu'ils ne sont pas très respectés dans les enfers fiscaux...
surtout qu'ils ne sont pas très respectés dans les enfers fiscaux...
-
lmx
- Barbarus

Gilson
Etienne Gilson "Les métamorphoses de la cité de Dieu" (Vrin)
Du grand Gilson, encore une fois. Il retrace l'histoire de ces métamorphoses de l'idée augustinienne de cité de Dieu. Cité de Dieu qui n'est pas l'Eglise, laquelle n'en est que la partie pérégrinante, et qui reste essentiellement une cité mystique celle des saints, terme de notre difficile "pèlerinage" sur une terre marquée par le péché originel.
C’est l’histoire d’un effort obstinée pour faire de cette cité éternelle une cité temporelle, en substituant à la foi, n’importe quel lien naturel concevable, comme force unitive de cette société
Tour à tour sont étudiés :
-Roger Bacon qui conçoit l'idée d'une République chrétienne théocratique qui s'assurerait la domination de la terre par des moyens scientifiques et techniques. Le dominicain est animée de cette même convoitise mystique de la terre que Descartes et Francis Bacon.
Dans sa république le temporel et le spirituel s'effacent dangereusement.
-Dante qui, marqué par les guerres qui minent l'Italie, veut ressusciter l'Empire Romain, empire universelle qui aurait juridiction sur tous les rois de la terre et qui tiendrait toute sa légitime de Dieu seul. Le grand Monarque Romain qui exerce selon la vérité de la philosophie et qui est chargé de conduire les hommes à la béatitude terrestre est dans l'ordre naturel l'analogue exact du Pape. Son empire est un décalque temporel (et tendant à l'autonomie ) de la société spirituelle qu'est l'Eglise. Conclusion de Gilson : "Dante a donc dégagé, pour la 1ère fois semble-t-il, la notion d’un temporel autonome et suffisant en son ordre, doué de sa nature propre, de sa fin dernière propre et des moyens de l’atteindre qui sont naturellement appropriés."
La doctrine orthodoxe est pour citer Berulle que "la nature de l'homme n'a pas été créée pour demeurer dans les termes de la nature ; elle a été faite pour la grâce". L'homme a une finalité surnaturelle, le but étant pour lui de dépasser sa nature, non pour la détruire mais pour l'accomplir. Or avec Dante, comme avec le philosophe Francisco Suarez plus tard, l'homme à deux fins, une fin naturelle et une fin surnaturelle, la nature ayant une fin propre, on peut organiser l'ordre naturel pour lui-même en vue d'une fin purement naturelle.
-Le Cardinal Nicolas de Cuse qui en vient à quasiment sacrifier le dogme trinitaire pour s'unir les juifs les musulmans et les hindous au nom d'une paix terrestre. Dans la super religion babélienne du cusain où on ne parle plus du Père du Fils et du St Esprit mais qui demeure néanmoins essentiellement trinitaire, baptême et sacrements deviennent optionnels. Comme l'a écrit T. Molnar : "L'utopie, l'hérésie éternelle" ...
Petite parenthèse : son entreprise n'est pas sans annoncer celle de certains ésotéristes contemporains qui, oeuvrant cette fois en faveur de l'islam, et qui commencent à répandre leur vomi syncrétiste et anti- catholique même sur les forums catholiques, s'attachent à déconstruire et relativiser le dogme trinitaire au moyen notamment d'une théologie néoplatonicienne qui place au dessus de l'Etre (auquel ils identifient la Trinité) le Bien ineffable en remplaçant toutefois ce terme par le "non-être" proclusien (du philosophe néo platonicien Proclus), le "parabrahma" védantin, où la déité, termes qui font plus "ésotériques", plus "gnostiques" que le simple "Bien" et qui leur servent à hypostasier des conceptions pré-chrétiennes du divin. D'ailleurs le simple fait d'en parler fait déjà de vous un initié, un "gnostique" sur le chemin de la délivrance, un "métaphysicien" de la non-dualité trop avancé spirituellement pour se satisfaire de la Trinité et de ses Personnes divines et qui va directement au Non-Etre. Bref, ainsi réduit à une détermination inférieure et pour ainsi dire accidentelle (le Christ n'étant plus qu'une sorte d'avatara), il n'y a plus aucune raison d'être chrétien. Mais la déité, terme dont ces médiocres théosophes hérétiques usent et abusent pour séduire le chrétien ignorant, c'est-à-dire Dieu sub rationae deitatis désigne simplement Dieu en tant que visé par la lumière surnaturelle de la foi, la Trinité dans son ipséité même, contrairement à Dieu envisagé sous l'angle de la Cause première visé par la lumière naturelle de la raison et de façon purement analogique par le moyen de ses effets dans le créé. La foi authentique (celle guidée par le dogme) en atteignant la déité même, Dieu en lui-même, en donnant d'expérimenter Dieu, donne en effet une connaissance de Dieu supérieure à celle de la métaphysique qui use de la simple raison. Fin de la parenthèse.
-Campanella moine dominicain qui a écrit la "Cité du Soleil" dans lequel il dépeint une cité, celle des "solariens", cité analogue à la République de Platon conduite par un "Sage", où tout est mis en commun, y compris les femmes, et où règne la loi du Talion. Comme tout bon utopiste, Campanella voit dans l'esprit de propriété la cause de tous les maux : vouloir une maison, une femme, des enfants pour soi, tout cela est mauvais et source de corruption. Il suffit donc changer la société en mettant notamment les biens en commun pour que l'homme redevienne bon. Ainsi, la politique et la loi se voient attribuer les rôles de la métaphysique et de la théologie. Plus dangereusement encore, la politique se voit conférer le même rôle que la grâce, accomplir, régénérer l'homme : Rousseau n'est pas l'inspirateur de Robespierre pour rien.
Sa cité du Soleil n'est donc pas chrétienne. Son projet était toutefois de réformer le christianisme qu'il identifiait purement et simplement à la loi naturelle, le christianisme n'ayant selon lui simplement fait qu'ajouter des sacrements. On ne peut pas témoigner d'une plus grande méconnaissance du christianisme. Aussi, en revenant à la raison on revient au christianisme même ; un ersatz de "christianisme" sur lequel tous les chrétiens pourraient s'accorder.
-L'abbé Charles François Castel, abbé de salon, et homme de son temps, c'est-à-dire, précise Gilson, homme pour qui la religion se réduit à la philanthropie. L'abbé a théorisé l'idée d'une Société Européenne préfigurant l'Union Européenne et composée de 18 pays dont ferait partie la Moscovie et qui serait dirigé par un "Conseil". Gilson aborde ainsi brièvement le problème de la construction européenne et de la nécessité de définir d'abord ce qu'est l'Europe en lui donnant des frontières. Le projet de l'abbé n'avait pas encore été réalisé qu'il pensait déjà intégrer l'Amérique et l'Afrique.
- Leibniz grand philosophe et savant protestant épris d'unité ; il voulait rassembler les chrétiens dans une nouvelle chrétienté à laquelle il donnerait sa métaphysique comme fondement. Pour cela le philosophe n'a qu'un "fantôme de christianisme", un christianisme naturalisé, rationalisé, vidé de son contenu, à donner comme vérité susceptible d'unir tous les chrétiens.
- Saint-Simon (dont Gilson doute un peu de la santé mentale) qui, se croyant inspiré par Dieu, souhaitait remplacer toutes les branches christianismes qu'il accusait d'hérésie par le "vrai" christianisme, c'est-à-dire par un christianisme "scientifique" et universelle dirigée par un "Conseil de Newton", et Comte, son disciple, qui a repris le flambeau en théorisant une société universelle, l'Humanité, fondée sur une religion positive et athée où l'homme serait à la fois dieu et prêtre, où l'amour serait le lien unissant les hommes ; cette religion "positive" demandant une foi "positive" et "démontrable" aurait ses dogmes, ses rites, ses prières, son catéchisme, Comte qui visiblement prenait très au sérieux son idée a d'ailleurs écrit le "Catéchisme positiviste", elle aurait à sa tête un grand prêtre garant de la sainte doctrine positiviste. Comte pensait son positivisme comme le légitime héritier de l'Eglise catholique et nourrissait l'espoir de voir les jésuites soutenir son projet farfelu. Cette dernière métamorphose est une franche pantalonnade, une parodie de la Cité de Dieu.
Quelle est une des leçons de l'histoire ? La cité de Dieu n'est pas "métamorphosable", elle n'est pas terrestre et chaque fois qu'on a essayé de la matérialiser afin de satisfaire aux aspirations de paix terrestre c'est la doctrine catholique qui en pâtit et qui a été sacrifié sur l'autel de l'utopie.
Du grand Gilson, encore une fois. Il retrace l'histoire de ces métamorphoses de l'idée augustinienne de cité de Dieu. Cité de Dieu qui n'est pas l'Eglise, laquelle n'en est que la partie pérégrinante, et qui reste essentiellement une cité mystique celle des saints, terme de notre difficile "pèlerinage" sur une terre marquée par le péché originel.
C’est l’histoire d’un effort obstinée pour faire de cette cité éternelle une cité temporelle, en substituant à la foi, n’importe quel lien naturel concevable, comme force unitive de cette société
Tour à tour sont étudiés :
-Roger Bacon qui conçoit l'idée d'une République chrétienne théocratique qui s'assurerait la domination de la terre par des moyens scientifiques et techniques. Le dominicain est animée de cette même convoitise mystique de la terre que Descartes et Francis Bacon.
Dans sa république le temporel et le spirituel s'effacent dangereusement.
-Dante qui, marqué par les guerres qui minent l'Italie, veut ressusciter l'Empire Romain, empire universelle qui aurait juridiction sur tous les rois de la terre et qui tiendrait toute sa légitime de Dieu seul. Le grand Monarque Romain qui exerce selon la vérité de la philosophie et qui est chargé de conduire les hommes à la béatitude terrestre est dans l'ordre naturel l'analogue exact du Pape. Son empire est un décalque temporel (et tendant à l'autonomie ) de la société spirituelle qu'est l'Eglise. Conclusion de Gilson : "Dante a donc dégagé, pour la 1ère fois semble-t-il, la notion d’un temporel autonome et suffisant en son ordre, doué de sa nature propre, de sa fin dernière propre et des moyens de l’atteindre qui sont naturellement appropriés."
La doctrine orthodoxe est pour citer Berulle que "la nature de l'homme n'a pas été créée pour demeurer dans les termes de la nature ; elle a été faite pour la grâce". L'homme a une finalité surnaturelle, le but étant pour lui de dépasser sa nature, non pour la détruire mais pour l'accomplir. Or avec Dante, comme avec le philosophe Francisco Suarez plus tard, l'homme à deux fins, une fin naturelle et une fin surnaturelle, la nature ayant une fin propre, on peut organiser l'ordre naturel pour lui-même en vue d'une fin purement naturelle.
-Le Cardinal Nicolas de Cuse qui en vient à quasiment sacrifier le dogme trinitaire pour s'unir les juifs les musulmans et les hindous au nom d'une paix terrestre. Dans la super religion babélienne du cusain où on ne parle plus du Père du Fils et du St Esprit mais qui demeure néanmoins essentiellement trinitaire, baptême et sacrements deviennent optionnels. Comme l'a écrit T. Molnar : "L'utopie, l'hérésie éternelle" ...
Petite parenthèse : son entreprise n'est pas sans annoncer celle de certains ésotéristes contemporains qui, oeuvrant cette fois en faveur de l'islam, et qui commencent à répandre leur vomi syncrétiste et anti- catholique même sur les forums catholiques, s'attachent à déconstruire et relativiser le dogme trinitaire au moyen notamment d'une théologie néoplatonicienne qui place au dessus de l'Etre (auquel ils identifient la Trinité) le Bien ineffable en remplaçant toutefois ce terme par le "non-être" proclusien (du philosophe néo platonicien Proclus), le "parabrahma" védantin, où la déité, termes qui font plus "ésotériques", plus "gnostiques" que le simple "Bien" et qui leur servent à hypostasier des conceptions pré-chrétiennes du divin. D'ailleurs le simple fait d'en parler fait déjà de vous un initié, un "gnostique" sur le chemin de la délivrance, un "métaphysicien" de la non-dualité trop avancé spirituellement pour se satisfaire de la Trinité et de ses Personnes divines et qui va directement au Non-Etre. Bref, ainsi réduit à une détermination inférieure et pour ainsi dire accidentelle (le Christ n'étant plus qu'une sorte d'avatara), il n'y a plus aucune raison d'être chrétien. Mais la déité, terme dont ces médiocres théosophes hérétiques usent et abusent pour séduire le chrétien ignorant, c'est-à-dire Dieu sub rationae deitatis désigne simplement Dieu en tant que visé par la lumière surnaturelle de la foi, la Trinité dans son ipséité même, contrairement à Dieu envisagé sous l'angle de la Cause première visé par la lumière naturelle de la raison et de façon purement analogique par le moyen de ses effets dans le créé. La foi authentique (celle guidée par le dogme) en atteignant la déité même, Dieu en lui-même, en donnant d'expérimenter Dieu, donne en effet une connaissance de Dieu supérieure à celle de la métaphysique qui use de la simple raison. Fin de la parenthèse.
-Campanella moine dominicain qui a écrit la "Cité du Soleil" dans lequel il dépeint une cité, celle des "solariens", cité analogue à la République de Platon conduite par un "Sage", où tout est mis en commun, y compris les femmes, et où règne la loi du Talion. Comme tout bon utopiste, Campanella voit dans l'esprit de propriété la cause de tous les maux : vouloir une maison, une femme, des enfants pour soi, tout cela est mauvais et source de corruption. Il suffit donc changer la société en mettant notamment les biens en commun pour que l'homme redevienne bon. Ainsi, la politique et la loi se voient attribuer les rôles de la métaphysique et de la théologie. Plus dangereusement encore, la politique se voit conférer le même rôle que la grâce, accomplir, régénérer l'homme : Rousseau n'est pas l'inspirateur de Robespierre pour rien.
Sa cité du Soleil n'est donc pas chrétienne. Son projet était toutefois de réformer le christianisme qu'il identifiait purement et simplement à la loi naturelle, le christianisme n'ayant selon lui simplement fait qu'ajouter des sacrements. On ne peut pas témoigner d'une plus grande méconnaissance du christianisme. Aussi, en revenant à la raison on revient au christianisme même ; un ersatz de "christianisme" sur lequel tous les chrétiens pourraient s'accorder.
-L'abbé Charles François Castel, abbé de salon, et homme de son temps, c'est-à-dire, précise Gilson, homme pour qui la religion se réduit à la philanthropie. L'abbé a théorisé l'idée d'une Société Européenne préfigurant l'Union Européenne et composée de 18 pays dont ferait partie la Moscovie et qui serait dirigé par un "Conseil". Gilson aborde ainsi brièvement le problème de la construction européenne et de la nécessité de définir d'abord ce qu'est l'Europe en lui donnant des frontières. Le projet de l'abbé n'avait pas encore été réalisé qu'il pensait déjà intégrer l'Amérique et l'Afrique.
- Leibniz grand philosophe et savant protestant épris d'unité ; il voulait rassembler les chrétiens dans une nouvelle chrétienté à laquelle il donnerait sa métaphysique comme fondement. Pour cela le philosophe n'a qu'un "fantôme de christianisme", un christianisme naturalisé, rationalisé, vidé de son contenu, à donner comme vérité susceptible d'unir tous les chrétiens.
- Saint-Simon (dont Gilson doute un peu de la santé mentale) qui, se croyant inspiré par Dieu, souhaitait remplacer toutes les branches christianismes qu'il accusait d'hérésie par le "vrai" christianisme, c'est-à-dire par un christianisme "scientifique" et universelle dirigée par un "Conseil de Newton", et Comte, son disciple, qui a repris le flambeau en théorisant une société universelle, l'Humanité, fondée sur une religion positive et athée où l'homme serait à la fois dieu et prêtre, où l'amour serait le lien unissant les hommes ; cette religion "positive" demandant une foi "positive" et "démontrable" aurait ses dogmes, ses rites, ses prières, son catéchisme, Comte qui visiblement prenait très au sérieux son idée a d'ailleurs écrit le "Catéchisme positiviste", elle aurait à sa tête un grand prêtre garant de la sainte doctrine positiviste. Comte pensait son positivisme comme le légitime héritier de l'Eglise catholique et nourrissait l'espoir de voir les jésuites soutenir son projet farfelu. Cette dernière métamorphose est une franche pantalonnade, une parodie de la Cité de Dieu.
Quelle est une des leçons de l'histoire ? La cité de Dieu n'est pas "métamorphosable", elle n'est pas terrestre et chaque fois qu'on a essayé de la matérialiser afin de satisfaire aux aspirations de paix terrestre c'est la doctrine catholique qui en pâtit et qui a été sacrifié sur l'autel de l'utopie.
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Isabelle47
- Tribunus plebis

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- Inscription : mer. 22 juin 2011, 22:49
Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Merci, lmx, du résumé de vos lectures s'achevant sur le positivisme de Comte (le meilleur d'entre eux?)
C'est intéressant de connaitre ces dérives. Et de les reconnaitre dans les tendances actuelles de certaines formes croyances et de morales.
Même si elles sont inspirées par "de bons sentiments", elles n'en sont pas moins des erreurs et il me semble que nous en sommes envahis, de ces égarements (que nous accepterions par ignorance, paresse...)
Qui seraient les "ésotéristes contemporains" auxquels vous faites allusion?
J'ai lu avec intérêt "Le XIX siècle à travers les âges" de Philippe Muray; il décrit et analyse les tendances et déviances hérétiques de ce siècle (XIX, riche en la matière!)
J'en suis donc resté (historiquement parlant, à propos de ces dérives ésotéristes) à la théosophie de cette époque.
Il est important de connaitre ces dérives, de les nommer et les analyser pour les contrer car elles avancent de manière sournoise et sous des aspects séduisants auxquels on peut se laisser prendre.
C'est intéressant de connaitre ces dérives. Et de les reconnaitre dans les tendances actuelles de certaines formes croyances et de morales.
Même si elles sont inspirées par "de bons sentiments", elles n'en sont pas moins des erreurs et il me semble que nous en sommes envahis, de ces égarements (que nous accepterions par ignorance, paresse...)
Qui seraient les "ésotéristes contemporains" auxquels vous faites allusion?
J'ai lu avec intérêt "Le XIX siècle à travers les âges" de Philippe Muray; il décrit et analyse les tendances et déviances hérétiques de ce siècle (XIX, riche en la matière!)
J'en suis donc resté (historiquement parlant, à propos de ces dérives ésotéristes) à la théosophie de cette époque.
Il est important de connaitre ces dérives, de les nommer et les analyser pour les contrer car elles avancent de manière sournoise et sous des aspects séduisants auxquels on peut se laisser prendre.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
(Thérèse d'Avila)
-
lmx
- Barbarus

Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
sur le positivisme de Comte (le meilleur d'entre eux?)
le meilleur en quoi ?
Même des auteurs franc-maçons chrétiens dont on pourrait penser qu'ils se retrouveraient dans son espèce de doctrine syncrétique en viennent à parler, sinon d'antichristianisme caractérisé, en tout cas de mirage babélien. Disons simplement que c'est un homme qui ayant eu le goût pour le secret et pour la manipulation n'a jamais brillé par son honnêteté intellectuelle. Mais, ce ton si ferme si plein d'autorité qui fut le sien, étant propre à donner l'impression d'être enfin mis dans le secret des dieux, en somme d'être un vrai "spirituel", fait qu'il a hélas ses dévots même chez des catholiques qui n'hésiteront pas à interpréter le magistère en fonction de sa pensée, même si ceux-ci, répétant ses paroles, vous diront qu'il n'a jamais voulu de disciples.
le meilleur en quoi ?
Les âneries d'un certain Guénon dont on a déjà parlé ici et qui a commencé sa triste carrière dans l'Eglise gnostique, "église" franchement anti-chrétienne, d'ailleurs un de ses membres fut à l'origine de toute une mythologie anti-chrétienne qui se retrouve aujourd'hui dans le "Davinci Code", pour finir dans l'islam et qui a oeuvré toute sa triste vie pour vider le christianisme de toute raison d'être en vantant la supériorité de la pensée (ce qui m'a toujours fait sourire) et des religions orientales. Il est à l'origine d'un courant et d'une doctrine de son cru qui passe pour sacré et éternelle et permettrait de jauger toutes les religions qui en sont toutes des reflets à divers degrés : ici le modèle éternel c'est sa doctrine, et les exemplaires créés, les religions qui en conséquence se ressemblent toutes et qui ressemblent toutes à sa doctrine (mais certaines moins que d'autres l'hindouisme et l'islam étant le summum de l'orthodoxie, c'est-à-dire, conformes à sa soupe). Il ne faut donc pas s'étonner d'entendre un catholique guénânien dire que le Christ c'est Agni (le dieu du feu) ou Krishna (du fait des ressemblances phonétiques), et que la Trinité correspond simplement au ternaire Shiva-Vishnou-Krisha mais qu'il y a au dessus pour les plus élevés, les plus spirituels, Atma, le Non-Etre, la déité comme terme de l'expérience spirituelle. C'est dire par par là en réalité (comme le cusain) qu'au point de vue supérieur Dieu n'est pas Trinité, mais simplement l'Un (dans lequel, en gros, tout fusionne), ce qui serait professé par toutes les religions, et ce qui s'atteint d'ailleurs par un pure raisonnement (d'où il suit qu'un terme naturel qui peut-être atteint par un raisonnement philosophique se trouve posé comme supérieur à une vérité révélée, cela est proprement inacceptable pour un catholique et je me demande comme est-il possible de lire de telles idioties sur leforumcatholique qui se dit traditionaliste.) C'est ici simplement reprendre la polémique des philosophes néo-platoniciens contre le christianisme : l'Un ineffable contre la Trinité.Qui seraient les "ésotéristes contemporains" auxquels vous faites allusion?
Même des auteurs franc-maçons chrétiens dont on pourrait penser qu'ils se retrouveraient dans son espèce de doctrine syncrétique en viennent à parler, sinon d'antichristianisme caractérisé, en tout cas de mirage babélien. Disons simplement que c'est un homme qui ayant eu le goût pour le secret et pour la manipulation n'a jamais brillé par son honnêteté intellectuelle. Mais, ce ton si ferme si plein d'autorité qui fut le sien, étant propre à donner l'impression d'être enfin mis dans le secret des dieux, en somme d'être un vrai "spirituel", fait qu'il a hélas ses dévots même chez des catholiques qui n'hésiteront pas à interpréter le magistère en fonction de sa pensée, même si ceux-ci, répétant ses paroles, vous diront qu'il n'a jamais voulu de disciples.
-
Isabelle47
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- Inscription : mer. 22 juin 2011, 22:49
Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Merci lmx.
Pour ce qui est de Comte, j'étais plutôt ironique.
Concernant Guénon, je suis d'accord avec vous, il m'est arrivé de lire ses "essais" et je pense comme vous que c'est un fatras syncrétiste.
Malheureusement, il a laissé des traces et, mlaheureusement aussi, il n'était pas le seul dans ce genre de divagations qui peuvent sembler plaisantes à certains esprits peu informés.
Pour ce qui est de Comte, j'étais plutôt ironique.
Concernant Guénon, je suis d'accord avec vous, il m'est arrivé de lire ses "essais" et je pense comme vous que c'est un fatras syncrétiste.
Malheureusement, il a laissé des traces et, mlaheureusement aussi, il n'était pas le seul dans ce genre de divagations qui peuvent sembler plaisantes à certains esprits peu informés.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
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- coeurderoy
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
C'était la Nationale 7, Thierry Dubois :

http://thierry-dubois.com/
Nostalgie...http://www.youtube.com/watch?v=1_Po2HnLgwE

http://thierry-dubois.com/
Nostalgie...http://www.youtube.com/watch?v=1_Po2HnLgwE
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
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Aldous
- Barbarus

Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
En ce moment je lis:
"Maître Eckhart ou la profondeur de l'intime" de Eric Mangin paru récemment (mai 2012) aux Editions du Seuil.
Éric Mangin est théologien et philosophe, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon.
http://www.univ-catholyon.fr/ecoles-fac ... 6213075241
Et
"L'Abandon" de Wilfrid Stinissen, o.c.d, collection "Vives Flammes", Editions du Carmel (avril 2012)
Avec la limpidité de langage et la profondeur qu'on lui connaît, le Père Stinissen pointe ici ce qui est au coeur de la vie chrétienne et l'essentiel de la vie d'oraison : l'abandon
http://www.editionsducarmel.fr/librairi ... 2,783.html
Bien amicalement à tous,
"Maître Eckhart ou la profondeur de l'intime" de Eric Mangin paru récemment (mai 2012) aux Editions du Seuil.
Éric Mangin est théologien et philosophe, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon.
http://www.univ-catholyon.fr/ecoles-fac ... 6213075241
Et
"L'Abandon" de Wilfrid Stinissen, o.c.d, collection "Vives Flammes", Editions du Carmel (avril 2012)
Avec la limpidité de langage et la profondeur qu'on lui connaît, le Père Stinissen pointe ici ce qui est au coeur de la vie chrétienne et l'essentiel de la vie d'oraison : l'abandon
http://www.editionsducarmel.fr/librairi ... 2,783.html
Bien amicalement à tous,
- Jean-Mic
- Pater civitatis

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
dernières lectures :
- Otto et Gaston Müller, architectes suisses dans la Nièvre, 1924-1968, ou l'irruption d'un courant architectural original (qui tire ses origines notamment dans le Bauhaus) dans les immeubles et les villas d'une petite ville de province (dont la maison que nous avons la joie d'habiter) ; on parle d'en protéger une ou deux au titre des Monuments Historiques (pas la nôtre, devons-nous nous en plaindre ou nous en réjouir ?).
- l'article Piscine (à ne pas confondre avec les lavabos monastiques) du Dictionnaire Raisonné de l'Architecture Française du XI° au XVI° siècle (en dix volumes), d'E. Viollet-le-Duc, où est fait le parallèle entre les ablutions de la prière eucharistique, le concile de Latran IV convoqué par Innocent III et les débats sur la Transsubstantiation : dix pages tout en subtilité ... et des conséquences considérables en matière de datation archéologique des édifices.
- et aussi la collection complète de XIII, la BD de William Vance, d'une seule traite ...
PS :
- Otto et Gaston Müller, architectes suisses dans la Nièvre, 1924-1968, ou l'irruption d'un courant architectural original (qui tire ses origines notamment dans le Bauhaus) dans les immeubles et les villas d'une petite ville de province (dont la maison que nous avons la joie d'habiter) ; on parle d'en protéger une ou deux au titre des Monuments Historiques (pas la nôtre, devons-nous nous en plaindre ou nous en réjouir ?).
- l'article Piscine (à ne pas confondre avec les lavabos monastiques) du Dictionnaire Raisonné de l'Architecture Française du XI° au XVI° siècle (en dix volumes), d'E. Viollet-le-Duc, où est fait le parallèle entre les ablutions de la prière eucharistique, le concile de Latran IV convoqué par Innocent III et les débats sur la Transsubstantiation : dix pages tout en subtilité ... et des conséquences considérables en matière de datation archéologique des édifices.
- et aussi la collection complète de XIII, la BD de William Vance, d'une seule traite ...
PS :
Vu hier soir mercredi 23 sur France 3, dans l'émission "des racines et des ailes". Nostalgie quand tu nous tiens !coeurderoy a écrit :C'était la Nationale 7, Thierry Dubois
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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pajaro
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
Un livre que j'aime bien feuilleter chaque jour:


A quien Dios quiere hacer muy santo, lo hace muy devoto de la Virgen María.
San Luis de Monfort
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Le chemin de perfection de Thérèse d'Avila.
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Bérulle
Élévation sur sainte Madeleine de Pierre de Bérulle,
où Marie-Madeleine est infiniment plus que la pécheresse repentie et devient modèle de l'âme livrée au Christ.
Élévation ! le mot est juste tant ces pages sont belles et nourrissantes.
Et, pour ne rien gâcher, qu'est-ce que c'est bien écrit !
où Marie-Madeleine est infiniment plus que la pécheresse repentie et devient modèle de l'âme livrée au Christ.
Élévation ! le mot est juste tant ces pages sont belles et nourrissantes.
Et, pour ne rien gâcher, qu'est-ce que c'est bien écrit !
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
- Fée Violine
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?
* Un délicieux roman sur la vie quotidienne à Guernesey sous l'occupation allemande, et sur les effets bénéfiques de la lecture:
"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", de deux Américaines dont je n'ai pas retenu les noms.
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/20417
* "La bête du Gévaudan", de l'abbé François Fabre, livre publié au début du XXe siècle et remis à jour récemment, donc "le" livre de référence sur le sujet. Au final, on ne sait toujours pas ce qu'était cette bête, ou plutôt ces bêtes car elles étaient toute une famille.
* "Mauprat" de George Sand
* Et j'ai commencé un livre paru il y a 40 ans où un vieux missionnaire raconte sa vie chez les pygmées.
(édit. 29.2.2020 : en relisant ce fil, je vois que le roman sur Guernesey a été évoqué déjà une demi-douzaine de fois)
"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", de deux Américaines dont je n'ai pas retenu les noms.
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/20417
* "La bête du Gévaudan", de l'abbé François Fabre, livre publié au début du XXe siècle et remis à jour récemment, donc "le" livre de référence sur le sujet. Au final, on ne sait toujours pas ce qu'était cette bête, ou plutôt ces bêtes car elles étaient toute une famille.
* "Mauprat" de George Sand
* Et j'ai commencé un livre paru il y a 40 ans où un vieux missionnaire raconte sa vie chez les pygmées.
(édit. 29.2.2020 : en relisant ce fil, je vois que le roman sur Guernesey a été évoqué déjà une demi-douzaine de fois)
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