Baptême et salut

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre

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Peccator
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Re: Baptême et salut

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gerardh a écrit :
pour l'Église catholique : le baptême va «déblayer le terrain au plus intime» afin que la vie chrétienne puisse (Oui, éventuellement) se déployer chez le sujet concerné. Ce geste que l'Église pose est ni plus ni moins que le toucher du Christ lui-même. Le geste est salvateur en soi. Le baptême est salvateur parce qu'il donne accès à la vie intime de l'Église, son Esprit Saint, sa communion, son culte en vérité, ses sacrements, son pardon réitéré (confession, etc.)
.
Quelles sont vos sources, vos fondements doctrinaux, pour affirmer cela ?
On va y venir : voulez-vous bien patienter jusqu'à demain ?

Si vous lisez ce que j'ai déjà pris la peine d'écrire, cela devrait déjà vous mettre en chemin.

Je ne comprends toujours pas la relation que vous faites entre la charité et le baptême.
Qu'est-ce pour vous que la charité ?
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
Mac
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Re: Baptême et salut

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Hello gerardh, :)
gerardh a écrit : Il s’agit d’un type du sang du Christ qui nous a lavés de nos péchés
Pourriez-vous me dire comment l'ange de la mort reconnaissait qu'il fallait qu'il épargne une maison (les dix plaies d’Égypte)? Merci gerardh.

Affectueusement.

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Re: Baptême et salut

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________

Bonjour Peccator,

J’attends avec patience la fin de votre longue contribution. Je la lirai attentivement et vous communiquerai ms observations. En attendant, je réponds à vos questions intermédiaires :
l'Esprit du Christ ?
L’Esprit du Christ (ou l’Esprit de Christ) est une expression parfaitement scripturaire, figurant au moins une fois dans une épître (je n’ai pas mes documents sous la main). Elle est en parfaite cohérence avec la doctrine de la Trinité : selon est le Christ est une personne distincte de l’Esprit, mais dans le même temps il fait un avec lui.
Les apôtres ont été baptisés, et pourtant ils ont reçu l'Esprit à la Pentecôte...
S’agissant du baptême chrétien qui aurait pu l’administrer aux apôtres ? Cela dit la conversion (et non le baptême) et la réception de l’Esprit, ce n’est pas la même chose. En général la réception de l’Esprit se fait sans qu’il soit besoin d’une intervention humaine.
Qu'est-ce pour vous que la charité ?
Le mot a de nos jours perdu beaucoup de son sens primitif. Il s’applique aujourd’hui à une personne versée dans les bonnes œuvres (ce qui est très bien par ailleurs). Mais au sens biblique, il est équivalent au mot amour. Le fameux chapitre de 1 Cor 13 emploie suivant les versions le vocable charité ou le vocable amour. Je préfère de beaucoup l’emploi du mot amour, car le mot charité, du fait de l’évolution de la langue, peut s’avérer ambigu en termes de compréhension. L’amour est l’une des trois vertus dites théologales. Nous en manquons tous beaucoup, et il n’y a pas lieu de se glorifier de notre amour. Dieu, lui, est amour.


Bonjour Mac, vous demandez :
Pourriez-vous me dire comment l'ange de la mort reconnaissait qu'il fallait qu'il épargne une maison (les dix plaies d’Égypte)? Merci gerardh.
Je ne sais pas ce que vous voulez me faire dire, mais il fallait que l’israëlite, par un acte de foi, ait à cœur d’épandre le sang sur les poteaux et les linteaux de sa porte. S’il s’était dit que cela ne servait à rien, il aurait subi le même châtiment que les égyptiens de par l’ange destructeur : il lui fallait donc la foi. Le sang épandu symbolise par avance le sang de Jésus Christ mort en croix pour nous sauver du jugement divin.

A noter que cette scène est distincte des 10 plaies d’Egypte, ou plutôt ce doit être la dixième ou la onzième (je n’ai pas ma Bible sous les yeux). Les premières autres étaient des avertissements et des signes à destination du pharaon.

Affectueusement

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Re: Baptême et salut

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Hello gerardh, :)
Pourriez-vous me dire comment l'ange de la mort reconnaissait qu'il fallait qu'il épargne une maison (les dix plaies d’Égypte)? Merci gerardh.
Je vous pose la question ci dessus et vous me dites ce qui suit en prenant soin de ne pas répondre à la question de façon précise alors que le texte biblique n'est pas flou mais précis:
Je ne sais pas ce que vous voulez me faire dire, mais il fallait que l’israëlite, par un acte de foi, ait à cœur d’épandre le sang sur les poteaux et les linteaux de sa porte. S’il s’était dit que cela ne servait à rien, il aurait subi le même châtiment que les égyptiens de par l’ange destructeur : il lui fallait donc la foi. Le sang épandu symbolise par avance le sang de Jésus Christ mort en croix pour nous sauver du jugement divin.
A noter que cette scène est distincte des 10 plaies d’Egypte, ou plutôt ce doit être la dixième ou la onzième (je n’ai pas ma Bible sous les yeux). Les premières autres étaient des avertissements et des signes à destination du pharaon.
Vous avez écrit 6 lignes sans répondre à la question qui nécessite une seule ligne.

Pourriez-vous svp répondre à ma question sans noyer le poisson?

Affectueusement

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Re: Baptême et salut

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_______

Hello Mac,

Franchement je pense avoir répondu à votre question. Je n'ai pas d'intention cachée.

Dites-moi quelle est la réponse que vous attendiez de moi et nous pourrons en discuter sereinement.

A bientôt.


__________
Mac
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Re: Baptême et salut

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Comment comprenez-vous cette phrase de Saint Paul gerardh svp?
De quel baptême avez-vous donc été baptisés?
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Re: Baptême et salut

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V - Le baptême


V.1 - La bénédiction de l'eau

Nous voilà réunis au baptistère. Les fonds sont remplis de l'eau qui a été bénie pendant la veillée pascale.

Je me rappelle cette belle prière de bénédiction, qui à elle seule est une présentation complète du sacrement du baptême.
[+] Texte masqué
Dieu,
dont la puissance invisible
accomplit des merveilles par les sacrements,
tu as voulu, au cours des temps,
que l'eau, ta créature,
révèle ce que serait la grâce du baptême.

Dès les commencements du monde,
c'est ton Esprit qui planait sur les eaux,
pour qu'elles reçoivent en germe
la force de sanctifier. (R/)

Par les flots du déluge,
tu annonçais le baptême qui fait renaître,
puisque l'eau y préfigurait à la fois
la fin de tout péché et le début de toute justice. (R/)

Aux enfants d'Abraham,
tu as fait passer la mer Rouge à pied sec
pour que le peuple d'Israël, libéré de la servitude,
préfigure le peuple des baptisés. (R/)

Ton Fils bien-aimé,
baptisé par Jean, dans les eaux du Jourdain,
consacré par l'onction de ton Esprit,
suspendu au bois de la croix,
laissa couler de son côté ouvert
du sang et de l'eau;
et quand il fut ressuscité, il dit à ses disciples:
«Allez, enseignez toutes les nations,
et baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.» (R/)

Maintenant, Seigneur notre Dieu,
regarde avec amour ton Église
et fais jaillir en elle la source du baptême.

Que cette eau reçoive de l'Esprit Saint
la grâce de ton Fils unique,
afin que l'homme, créé à ta ressemblance
et lavé par le baptême
des souillures qui déforment cette image,
puisse renaître de l'eau et de l'Esprit
pour la vie nouvelle d'enfant de Dieu.

Le célébrant touche l'eau de la main droite, et continue:

Nous t'en prions, Seigneur notre Dieu:
Par la grâce de ton Fils,
que vienne sur cette eau
la puissance de l'Esprit Saint
afin que tout homme qui sera baptisé,
enseveli dans la mort avec le Christ,
ressuscite avec le Christ pour la vie,
car il est vivant pour les siècles des siècles.

Tous: Amen.
Cette prière de bénédiction de l'eau résume l'essentiel du sacrement de baptême :
  • C'est un sacrement, c'est à dire que c'est Dieu qui agit.
  • Ce sacrement est annoncé tout au long de la Révélation, par l'eau qui est signe de la mort mais aussi de la grâce de la résurrection.
  • C'est un sacrement voulu par Dieu, et c'est Jésus qui l'institue en envoyant ses disciples baptiser toutes les nations.
  • Comme tout sacrement, il n'a de sens qu'en Eglise : c'est en elle que jaillit la source du baptême.
  • Le baptême est une purification : l'homme a été créé à l'image de Dieu, et le baptême lave cette image des souillures qui la tachent.
  • Le baptême est mort et résurrection : l'eau et l'Esprit ouvrent le baptisé à sa vie nouvelle.
  • Le baptême nous associe à la mort et à la résurrection de Jésus : c'est avec le Christ que le baptisé est enseveli, c'est avec le Christ qu'il naît à la vie éternelle. C'est pourquoi le baptême est un sacrement pascal.



Ce matin, puisque l'eau a été bénite durant la veillée, c'est par une prière différente que commence le baptême :

Béni sois-tu,
Père tout-puissant, notre Créateur et notre Dieu:
tu nous donnes l'eau qui purifie et qui fait vivre.
R/ Béni sois-tu, Seigneur! (ou une autre acclamation)

On retrouve la double notion de purification et de naissance à la vie.

Béni sois-tu,
Fils unique du Père, Jésus Christ, notre Dieu:
pour que naisse l'Eglise
dans le mystère de ta mort et de ta résurrection,
tu laissas couler de ton côté ouvert l'eau et le sang.
R/

Le baptême n'a de sens qu'en Eglise, Eglise qui nait de l'eau et du sang versé.

Béni sois-tu,
Esprit Saint, notre Dieu:
pour que nous soyons tous baptisés en toi,
tu as consacré Jésus
quand il fut baptisé dans les eaux du Jourdain.

Le baptême de l'eau est mémorial du baptême du jourdain. Mais le baptême est aussi consécration dans l'Esprit Saint, tout comme Jésus a été consacré.


Père, c'est toi qui appelles cet enfant,
aujourd'hui présenté au baptême
dans la foi de l'Église.

Le baptême est demandé, mais il est aussi réponse à un appel de Dieu.
Le baptisé est présenté par l'assemblée.

Par le mystère de cette eau consacrée,
fais-le renaître de l'Esprit Saint
pour qu'il vive de la vie éternelle.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Tous: Amen.

Le baptême est en eau et en Esprit, pour la renaissance à la vie éternelle.


V.2 - Renonciation au péché et profession de foi

Avant d'être baptisé, je m'engage fermement à vivre en enfant de Dieu. C'est une renonciation ferme, qui engage tout mon être.

Renoncez-vous à Satan?
- Je renonce.
Renoncez-vous à toutes ses oeuvres?
- Je renonce.
Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché?
- Je le rejette.
Pour échapper à l'emprise du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal?
- Je le rejette.
Pour suivre Jésus, le Christ, rejetez-vous Satan qui est l'auteur du péché?
- Je le rejette.


C'est aussi une profession, c'est à dire l'affirmation publique de ma foi, devant Dieu et devant toute l'Eglise :

Croyez-vous en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre?
- Je crois.
Croyez-vous en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie, a souffert la passion, a été enseveli, est ressuscité d'entre les morts, et qui est assis à la droite du Père?
- Je crois.
Croyez-vous en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle?
- Je crois.


C'est moi, seul, qui prononce ces "je crois". Mais ce ne sont pas que mes croyances personnes que je professe : c'est aussi la foi de l'Eglise, la foi que j'ai reçue et que je partage. A ce titre, après moi, c'est toute l'assemblée qui répond à son tour aux mêmes questions.


V.3 Le signe visible et efficace de l'eau versée.

Au terme de ce long chemin que nous avons parcouru ensemble à la découverte du mystère du baptême, arrive enfin le moment clé : le signe visible de l'eau.

Je penche ma tête au-dessus des fons, et par trois fois, le prêtre me verse de l'eau sur le front :
N., je te baptise
au nom du Père, (le prêtre verse de l'eau)
et du Fils, (le prêtre verse de l'eau)
et du Saint-Esprit. (le prêtre verse de l'eau)


Ca y est, je suis baptisé !


V.4 - L'onction

Est-ce que c'est fini ? Oui, et non. L'essentiel est accompli, et dans les cas d'urgence, ce seul rite du triple versement de l'eau au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit (ou au nom de Jésus-Christ, ce qui revient au même) ferait de moi un baptisé. C'est ce qu'on appelle l'ondoiement.

Mais le rituel n'est pas achevé : pour marquer dans mon corps que le baptême me fait prendre part avec le Christ, qu'il fait de moi aussi un christ, un "oint du Seigneur", je vais maintenant moi aussi recevoir l'onction du saint-chrême, l'huile parfumée qui a été bénie par l'évêque pendant la messe chrismale, le Jeudi Saint. C'est cette même huile sainte qui est utilisée pour les autres sacrements de l'onction : la confirmation et l'ordination.

Juste avant de m'oindre le front, le prêtre prononce ces paroles, qui une fois de plus résument le sacrement du baptême :
Tu es maintenant baptisé:
Le Dieu tout-puissant,
Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur,
t'a libéré du péché
et t'a fait renaître de l'eau et de l'Esprit Saint.
Désormais, tu fais partie de son peuple,
tu es membre du Corps du Christ
(et tu participes à sa dignité
de prêtre, de prophète et de roi).

Dieu te marque de l'huile du salut
afin que tu demeures dans le Christ
pour la vie éternelle.

Tous: Amen.


V.5 - Je suis un homme nouveau

Le baptême chrétien est un baptême de l'eau et de l'Esprit Saint. Par le baptême, Dieu me libère du péché (auquel j'ai préalablement renoncé), il me fait renaître en me donnant d'avoir part à la mort et à la résurrection de Jésus : il fait de moi un membre du Corps du Christ.

Est-ce à dire que je suis désormais un homme nouveau ? Oui, le vieil homme que j'étais est mort. J'ai été purifié du péché originel, je suis mort et né de nouveau. Et c'est dans toutes les dimensions de mon être que je suis un homme nouveau : en esprit, puisque désormais l'Esprit Saint habite en moi, mai aussi dans ma chair, cette chair qui a été lavée par l'eau et imprégnée du fruit de l'olivier en signe de l'infusion de l'Esprit.


Dans l'épitre aux Galates, St Paul écrit : «Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ» (Ga 3,27).

Oui, aujourd'hui j'ai revêtu le Christ. En signe visible de cela, je revêt un vêtement blanc, le vêtement blanc de Jésus transfiguré (Lc 9, 29), mais aussi le vêtement blanc des élus dans le Ciel (Ap 7, 9).


Aux Ephésiens, St Paul écrivait aussi : «Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière; vivez comme des fils de la lumière» (Ep 5,8).

Si je suis devenu lumière, c'est parce que j'ai reçu la lumière du Christ. En signe de cette lumière, je reçois un cierge, allumé au cierge pascal.

Cette lumière, je vais désormais devoir veiller à l'entretenir : Jésus nous invite à veiller, à tenir nos veilleuses allumées en attendant Son retour. Illuminé par le Christ, je dois avancer dans la vie en enfant de lumière, fidèle à la foi que j'ai professé lors de mon baptême.
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Re: Baptême et salut

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Hello Mac,

Croyez que j'essaie sincèrement de vous comprendre par rapport à la scène d'Exode 12.

L'ange (ou l'Eternel : je n'ai plus ce point en tête) dit de mémoire :"je verrai le sang, et ma colère ne s'abattra pas sur cette maison". En somme les isräëlites n'étaient pas meilleurs que les autres, mais ils ont été gardés par le sang, que Dieu a vu : image de la vertu efficace du sang de Jésus à la croix, typifiées par l'agneau pascal. Si un israëlite n'avait pas épreint le sang visiblement sur sa porte, alors cette maison aurait été condamnée comme les maisons des égyptiens. C'est la foi qui a fait que les hébreux ont mis ce sang, car sans la foi, ils auraient pu se dire qu'il n'y avait pas de raison valable ou logique de mettre du sang sur la porte.

Voulez-vous me faire dire qu'au-delà du geste lui-même qui était de mettre du sang sur la porte, il y eut une action efficace qui a été la protection de l'ange au vu du sang ? Y faites-vous un lien avec le baptême en indiquant que d'au-delà de l'aspersion de l'eau du baptême il y a une action efficace de Dieu qui conférerait la vie éternelle à cette âme ? Si c'est votre pensée, je vous répondrais d'une part qu'il n'y a aucune raison de généraliser ou d'extrapoler à partir d'un fait particulier, et d'autre part je vous rappellerais que l'ère chrétienne est placée sous le principe de "en esprit et en vérité", loin des formes de l'AT.

Voulez-vous peut-être aussi insister sur le terme baptême. Dans la Bible ce terme est employé à divers titres : il n'y a pas que le baptême chrétien, mais aussi le baptême de Jean. Aussi les hébreux ont été baptisés dans la mer et dans la nuée". Et même le Christ a parlé du baptême qui allait être sa part, c'est à dire de sa prochaine mort expiatoire en croix. Le point commun de tous ces baptême est qu'il induisent un changement de position.

Ce c'est autre chose que vous induisez, dites le nous clairement.

Affectueusement.

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Re: Baptême et salut

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VI - L'Eucharistie

Le rite du baptême est terminé, mais pas la messe au cours de laquelle il a lieu.

Si le baptême a de préférence lieu au cours d'une messe, et notamment d'une messe pascale, c'est pour expliciter le lien très fort qu'il entretient avec le sacrement de l'Eucharistie.

Je ne vais pas continuer à reprendre le détail du déroulement de la liturgie : il est aisé de le suivre dans un missel, et c'est un autre sacrement (mais nous pourrons y revenir si besoin).

Mais on ne peut comprendre le baptême sans faire ce lien avec l'Eucharistie - et avec la confirmation : ce sont les trois sacrements de l'initiation chrétienne.



Lors du baptême d'un adulte, pendant la messe pascale (ou une autre messe), le nouveau baptisé va aussi communier pour la première fois.
Chez les orthodoxes (avec qui nous partageons les mêmes sacrements, ne l'oublions pas), le baptême est immédiatement suivi de la confirmation. Chez les catholiques, on peut procéder ainsi, mais généralement

Paul de Clerck explique ainsi ce lien :
« Parler d’initiation chrétienne, c’est situer les trois sacrements (baptême – confirmation –eucharistie) dans une même visée. C’est comprendre qu’on ne devient pas chrétien à part entière par le seul baptême. C’est reconnaître que l’on est fait chrétien par l’entrée dans le mystère pascal, c’est à dire dans la mort et la résurrection du Christ, mais aussi dans le don de l’Esprit, et encore dans la naissance de l’Église ; de ces trois aspects, les deux premiers sont invisibles ; le troisième en est la manifestation, le sacrement pourrait-on dire. Devenir chrétien, c’est être inséré dans le mystère pascal, c’est à dire être plongé dans la mort et la résurrection du Christ et être oint de son Esprit, en vue de constituer le peuple de Dieu, convoqué le dimanche pour écouter la parole que le Père lui adresse, lui rendre grâce, et communier tous ensemble. »
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Re: Baptême et salut

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VII - Eglise et sacrement

VII.1 - Qu'est-ce que l'Eglise ?

Nous l'avons vu tout au long du rituel du baptême : il y a un lien fort entre la notion de sacrement et la notion d'Eglise. Je n'ai pas hésité à écrire que la notion de sacrement n'avait pas de sens si on ne la conçoit pas dans un contexte ecclésial.

Il est même possible, car l'Eglise elle-même peut être considérée comme un sacrement : elle est signe visible et efficace de l'action de Dieu pour son peuple, au milieu de son peuple, et avec son peuple ; elle est est instituée par le Christ ;

Signe visible, car l'Eglise est dans le monde. Elle est l'assemblée des baptisés, l'assemblée de ceux à qui il a été donné de naître à nouveau pour être enfants de Dieu. Composée d'hommes et de femme, elle est visible dans le monde, visible dans la chair.

Signe de l'action de Dieu, car l'Eglise est Corps du Christ, présence de Dieu dans le monde, et présence agissante. Par l'Eglise, Dieu donne le salut aux hommes : ce sont là précisément les sacrements.

Elle est signe visible de ce qui est invisible : la communion des saints est une notion spirituelle. Extérieurement, physiologiquement, rien ne distingue un chrétien d'un autre homme : de même, extérieurement, pour qui n'a pas la foi, rien ne distingue l'Eglise d'un autre groupe humain.

Enfin, l'Eglise possède aussi les caractéristiques des sacrements : elle a été instituée par Jésus Christ, afin d'apporter le salut aux hommes. Sa raison d'être est la sanctification.



On peut croire (un peu rapidement) que l'homme n'a pas besoin de l'Eglise pour prier Dieu. Après tout, pour cela, il suffit de croire en Dieu.

Quelle est alors la raison d'être de l'Eglise ? C'est avant tout de donner aux hommes les sacrements.

On comprend alors que l'Eglise n'est pas l'assemblée des hommes qui se réunissent pour prier Dieu. Au contraire, l'Eglise est la présence active de Dieu parmi les hommes. Ce ne sont pas les hommes qui font l'Eglise : c'est Dieu. C'est bien pour cela que l'on peut dire en toute légitimité que l'Eglise est Corps du Christ : elle est la présence corporelle de Dieu en ce monde, parmi les hommes.


VII.2 - La liturgie

Il est assez fréquent d'entendre des chrétiens parler de "liturgie" lorsqu'ils parlent d'un rituel. Cette confusion est tellement répandue que même des prêtres disent cela.

En réalité, la liturgie n'est pas le rituel.

Pour bien comprendre ce qu'est réellement la liturgie, on peut par exemple se poser la question de la prière pendant la messe : qui est-ce qui prie ?

Bien sûr, on pense immédiatement que ce sont les chrétiens qui se sont rassemblés pour prier.
Mais, comme nous l'avons vu, en réalité les chrétiens ne s'assemblent pas pour prier à la messe comme ils s'assemblent pour un groupe de prière. On choisit, on décide d'aller à un groupe de prière. On est convoqué par Dieu à la messe.

Le mot liturgie vient du grec, langue dans laquelle il désigne l'action publique de la collectivité. On parlait ainsi de liturgie pour désigner le lancement d'un bateau.

L'étymologie nous pose alors une autre question : si la liturgie est action publique, quelle est cette action, et qui est-ce qui agit ?

Qui parle ? Qui agit ? Pour répondre à ces questions, il faut se pencher sur les mots précis utilisés dans les prières. Je ne vais pas dérouler le missel comme je l'ai fait pour le rituel du baptême (ce serait un peu long !), mais ceux qui auront la curiosité de s'y référer verront qu'il y a plusieurs personnes qui prient :
- il y a les hommes rassemblés, qui prient le Christ
- il y a Jésus le Fils, qui prie le Père.

Et si les hommes sont rassemblés, c'est parce qu'ils répondent à la convocation de Dieu, parce qu'ils sont réunis au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit : c'est bien ainsi que le prêtre ouvre la célébration. Les chrétiens sont rassemblés en Eglise. Ils sont signes visibles de l'Eglise qui est présente ici et maintenant. Et à ce titre, ils sont le Corps du Christ, du Fils qui a pris chair.

Voilà qui nous ouvre à un grand mystère : la liturgie elle-même est signe visible en ce monde de l'intimité même de Dieu, intimité dans laquelle le Fils prie le Père dans l'Esprit.

On l'aura compris : c'est beaucoup plus qu'une affaire d'hommes !


VII.3 Sacrements, Eglise et liturgie

On commence à voir apparaître un lien profond entre ce qu'on appelle les sacrement et la liturgie. Sacrements qui sont signes visibles et efficaces du salut que le Christ offre aux hommes. Liturgie qui est signe visible de la prière du Fils au Père dans l'Esprit. Eglise qui est Corps du Christ, présence visible dans la chair de Dieu qui agit dans le monde.

Les sacrements sont indissociables de la liturgie : quand un homme est baptisé, ce n'est pas un autre homme qui le baptise, mais Dieu, par son Eglise. Et donc, par un acte liturgique.
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gerardh a écrit :Voulez-vous me faire dire qu'au-delà du geste lui-même qui était de mettre du sang sur la porte, il y eut une action efficace qui a été la protection de l'ange au vu du sang ?
De votre point de vu ce signe était-il efficace?

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Re: Baptême et salut

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VIII - Les fondements du sacrement de baptême dans l'Ecriture et la Tradition


Avant d'entamer cette section, je rappelle qu'il est absurde de penser étudier l'Ecriture sans la Tradition : c'est la Tradition qui nous transmet l'Ecriture, c'est la Tradition qui en fixe le canon et même le texte. Sans la Tradition, il n'est même pas possible de savoir quel est le contenu de l'Ecriture. C'est donc bien plus qu'une question d'interprétation.


VIII.1 - l'annonce du baptême

L'Ancien et même le Nouveau Testament présentent de nombreux passages qui sont considérés comme étant des annonces, des types du baptême.


Cette annonce commence dès le récit de la Création :
Gn 1,2 a écrit :le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux
Dès la création du monde, nous voyons apparaître les deux "éléments" du baptême : l'eau et l'Esprit. C'est pourquoi on décrit parfois le baptême comme une "nouvelle création", dans laquelle le vieil homme que j'étais meurt, et laisse la place au nouvel homme que je suis dans le Christ. Ainsi, St Paul dans l'épitre aux Galates :
Ga 6, 15 a écrit :Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle.


Le baptême est bien sûr une traversée des eaux. L'eau y est signe de mort, et sa traversée est retour à la vie.

Il y a donc type du baptême dans l'arche de Noë, qui permet aux élus de Dieu de traverser les eaux du déluge.

C'est ce que St Pierre explique dans sa première épître :
1P 3, 21-21a a écrit :Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant

L'homme sauvé des eaux fait inévitablement pensé à Moïse, qui est figure du baptême d'un petit enfant, ainsi que la figure du chrétien :
Ex 2, 10 a écrit :Lorsque l’enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme son propre fils ; elle lui donna le nom de Moïse, en disant : « Je l’ai tiré des eaux. »

La référence la plus évidente est la Traversée de la Mer rouge :
- elle est rassemblement du peuple de Dieu qui en prend la conduite
- elle est traversée de la mort, représentée par les eaux de la mer
- elle est mort à la vie de ce monde (l'Egypte) et naissance à la vie en enfant de Dieu

On constate d'ailleurs que lorsque Dieu donne à son peuple cette nouvelle naissance, la traversée de la mer ne coupe pas l'homme de tous ses attachements au monde où il vivait avant le baptême. Elle le coupe de l'empire du prince de ce monde (Pharaon), mais il arrive que l'homme conserve une attirance pour ses anciennes attaches, comme lorsque les hébreux regrettent les oignons et légumes dont ils se nourrissaient en Egypte, alors même qu'ils ne manquent de rien puisque Dieu leur donne chaque jour la manne.


Il y a enfin la traversée du Jourdain, par laquelle le peuple de Dieu a accès à la Terre Promise.

On note d'ailleurs que ce n'est pas Moïse qui guide le peuple dans cette traversée, mais Josué, qui est figure de Jésus (en hébreu et en grec, Josué et Jésus ont le même nom, Yehoshua, qui signifie "Dieu sauve". Voir les Actes des Apôtres : Josué Ἰησοῦ à Ac 7,45, Jésus Ἰησοῦ à Ac 7,59).




Dans le second livre des Rois, le bain de Naaman le syrien dans le Jourdain (2R 5, 1-17) est aussi annonce du baptême.
C'est tout le passage qu'il faut lire, mais je ne résiste pas à la tentation d'en citer ces deux lignes ;) :
2R 5, 12-13 a écrit :Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère.
Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait, n’est-ce pas ? Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.” »


On y voit la difficulté de l'homme à croire qu'un peu d'eau pourrait suffire à le justifier.




Le prophète Ezékiel annonce aussi que Dieu donnera à son peuple d'être purifié par l'eau :
Ez 36, 24-26 a écrit :24 Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre.
25 Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai.
26 Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair.

Il y a un autre passage important dans Ezékiel, au chapitre 47, qui annonce le Nouveau Temple :
Ez 47, 1-9 a écrit :
[+] Texte masqué
01 L’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel.
02 L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit.
03 L’homme s’éloigna vers l’orient, un cordeau à la main, et il mesura une distance de mille coudées ; alors il me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux chevilles.
04 Il mesura encore mille coudées et me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser : j’en avais jusqu’aux reins.
05 Il en mesura encore mille : c’était un torrent que je ne pouvais traverser ; l’eau avait grossi, il aurait fallu nager : c’était un torrent infranchissable.
06 Alors il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? » Puis il me ramena au bord du torrent.
07 Quand il m’eut ramené, voici qu’il y avait au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre.
08 Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux.
09 En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.


Dans la longue histoire de la Révélation, la dernière annonce du baptême est rapportée dans le Nouveau Testament : c'est le baptême de Jean, qu'il donne aux hommes en vue de la rémission des péchés.

Le baptême de Jean n'est pas le même que le baptême de Jésus. Il ne donne pas le salut, mais est témoignage que donne le baptisé de sa repentance :
Mt 3, 5-6 a écrit :05 Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
06 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Jean lui-même annonce que son baptême n'est que figure du baptême à venir, du baptême de Celui qu'il annonce, c'est à dire Jésus :
Mc 1, 7 a écrit :" Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales. 8 Moi, je vous ai baptisés avec l'eau, mais lui vous baptisera avec l'Esprit-Saint.
Jean annonce aussi que le repentir ne suffit pas : il faut une conversion véritable. En une ligne, il annonce déjà l'épître de Jacques :
Mt 3, 7-8 a écrit :07 Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
08 Produisez donc un fruit digne de la conversion.

On notera au passage qu'en baptisant, Jean explique aussi ce qui est attendu du croyant avant la venue du Christ : vivre droitement, en n'exigeant rien qui ne lui soit dû, en partageant avec les pauvres. (Lc 3, 10-14).



VIII.2 - Le baptême de Jésus

Le baptême de Jésus est rapporté par les quatre évangiles. Je cite ici le plus court : St Marc.
Mc 1, 9-11 a écrit :9 Or, il arriva en ces jours-là que Jésus vint de Nazareth de Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. 10 Et, comme il remontait de l'eau, il vit les cieux entr'ouverts et l'Esprit qui descendait sur lui, comme une colombe. 11 Et il y eut une voix des cieux : " Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis mes complaisances.
Sans doute faudra-t-il revenir sur le baptême de Jésus : étant Fils de Dieu, il ne peut être question pour Lui d'une nouvelle création, de la rémission du péché originel, ou encore de la renaissance à la vie éternelle.

Ce baptême de Jésus dans le Jourdain nous apprend plusieurs choses :
- Jésus est venu pour accomplir la Loi et les Prophètes, et ainsi que nous l'avons vu, le baptême de Jean est une sorte de résumé de l'Alliance entre Dieu et son peuple. Par le baptême dans le Jourdain, Jésus annonce qu'il vient accomplir l'Alliance.
- Lors de son baptême dans l'eau, Jésus est "confirmé" par l'Esprit comme étant Fils de Dieu. Ainsi que Jean l'annonçait, le baptême du Christ n'est pas seulement dans l'eau, pour la repentance, mais aussi dans l'Esprit. C'est cette infusion de l'Esprit qui donne à Jésus d'être appelé Christ, c'est à dire qu'il a reçu l'onction, la marque que Dieu fait reposer sur Lui son Esprit.

Par notre baptême, il nous est donné, nous aussi, de vivre cela : notre baptême est alliance que Dieu fait avec nous, avec chacun de nous, et notre baptême dans l'eau et dans l'Esprit nous donne d'avoir part au Christ, de devenir fils adoptif de Dieu.

C'est ce que pointe aussi St Paul dans l'épître aux Galates (déjà citée) :
Ga 6, 15 a écrit :Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle.
Le signe de l'Ancienne Alliance était la circoncision. Le signe de la Nouvelle Alliance est le baptême. Et puisqu'il s'agit d'une alliance entre Dieu et l'homme, il ne saurait s'agir d'une action purement humaine : le baptême est alliance que Dieu propose à l'homme, et à laquelle l'homme consent.


Le baptême de Jésus ne s'arrête pas à la scène du Jourdain. Nous avons déjà abondamment commenté la dimension pascale du baptême, et le sacrifice de Jésus est aussi pour lui baptême. Il l'annonce d'ailleurs comme tel à ses disciples, qui ne comprenne pas :
Lc 12, 50 a écrit :50 J'ai à recevoir un baptême, et comme je suis dans l'angoisse jusqu'à ce qu'il soit accompli!

Pour être complet, il faudrait donc citer aussi tout le récit de la Passion, et la Résurrection qui le suit : en fait, il faudrait même commencer par là, puisque le baptême est avant tout avoir part à la mort et à la résurrection du Christ.

Vu la longueur des passages concernés, je laisse le lecteur s'y référer, et je ne les recopie pas ici.

Je rapporterai directement les courtes citations appropriées quand nous regarderons comment la Tradition lit la Bible.


VIII.3 Le sacrement du baptême, que Jésus institue pour fonder Son Eglise

J'ai beaucoup parlé du baptême comme d'une mort et d'une renaissance, et même comme d'une nouvelle création. Cette idée de naître à nouveau est difficile à assimiler pour notre esprit humain. Nous ne sommes pas les premiers à avoir du mal, ainsi que nous le voyons ici dans cette discussion entre Jésus et Nicodème :
Jn 3, 1-7 a écrit : 1 Or, il y avait parmi les Pharisiens un homme nommé Nicodème, un des principaux parmi les Juifs. 2 Il vint de nuit trouver Jésus, et lui dit: "Maître, nous savons que vous êtes venu de la part de Dieu, comme docteur, car personne ne saurait faire les miracles que vous faites, si Dieu n'est pas avec lui."
3 Jésus lui répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu."
4 Nicodème lui dit: "Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il naître? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître de nouveau?"
5 Jésus répondit: " En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu 6 Car ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. 7 Ne t'étonne pas de ce que je t'ai dit: il faut que vous naissiez de nouveau.

De cette explication de Jésus à Nicodème, nous ne pouvons pas conclure que le baptême apporte le salut, mais nous savons qu'il en est une condition.


J'ai annoncé dans mon titre que le baptême chrétien est annoncé par Jésus. Certains se demandent si Jésus baptisait. Nous avons la réponse dans l'évangile selon St Jean :
Jn 3, 22-28 a écrit :Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples au pays de Judée, et il y séjourna avec eux, et il baptisait. 23 Jean aussi baptisait à Ennon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau, et l'on venait, et l'on était baptisé, 24 Car Jean n'avait pas encore été jeté en prison.
25 Or, il s'éleva une discussion entre les disciples de Jean et un Juif touchant la purification. 26 Et ils vinrent trouver Jean, et lui dirent: "Maître, celui qui était avec vous au delà du Jourdain, et à qui vous avez rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui." 27 Jean répondit: "Un homme ne peut prendre que ce qui lui a été donné du ciel."
28 "Vous m'êtes vous-mêmes témoins que j'ai dit: je ne suis point le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui."
Jean nous confirme aussi que Jésus a donné délégation à ses disciples pour baptiser en son nom :
Jn 4, 1-3 a écrit :1 Quand le Seigneur connut que les Pharisiens avaient appris que Jésus faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean, 2 - toutefois ce n'était pas Jésus lui-même qui baptisait, mais ses disciples, - 3 Il quitta la Judée, et s'en alla de nouveau en Galilée.

Enfin, dans ses conversations, dans ses miracles même, nous voyons Jésus employer l'eau pour purifier. A la samaritaine, Il promet une eau qui donne la vie (Jn 4, 1-42). A l'aveugle de naissance, il applique sa salive et prescrit d'aller se baigner à la piscine de Siloe (Jn 9, 1-41).



Dans les Actes des Apôtres, Jésus nous apprend juste avant Son Ascension que le baptême que les disciples ont reçu n'est que le début de leur initiation : le baptême doit encore être confirmé, ce sera la Pentecôte.
Ac 1, 4-8 a écrit :4 Comme il mangeait avec (eux), il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, " ce que, (leur dit-il), vous avez appris de moi: 5 que Jean a baptisé d'eau, mais que vous, sous peu de jours, vous serez baptisés de l'Esprit-Saint. " 6 Eux donc, s'étant réunis, lui demandèrent: " Seigneur, est-ce en ce temps-ci que vous allez rétablir la royauté pour Israël? " 7 Il leur dit: " Ce n'est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. 8 Mais, lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous recevrez de la force, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'à l'extrémité de la terre.

VIII.4 - Le baptême, sacrement de la conversion et de l'entrée dans l'Eglise

Le baptême a été institué par Jésus comme premier sacrement de l'initiation, donnant à son disciple une nouvelle naissance, lui donnant d'être enfant de Dieu dans son Eglise.

Dès la Pentecôte, jour fondateur de l'Eglise, les disciples se sont mis à remplir les trois missions de l'Eglise : proclamer la Bonne Nouvelle, apporter le salut par les sacrements, et vivre la fraternité.

La vie sacramentelle de l'Eglise est attestée par les Actes des Apôtres, dans lesquels nous voyons très tôt Philippe proclamer l'Evangile. Les nouveaux convertis reçoivent alors leur baptême, par lequel ils participent de l'Eglise :
Ac 8, 12-13 a écrit :12 Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait le royaume de Dieu et le nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser. 13 Simon lui-même crut aussi et, baptisé, il s'attacha à Philippe; et à la vue des miracles et des grands prodiges accomplis il était frappé de stupeur.


Le baptême de l'eau est-il suffisant ?


Les actes nous montrent encore explicitement la différence rituelle entre le baptême de Jean, le baptême de l'eau, et le baptême chrétien, d'eau et d'Esprit. On y lit les deux points clés du sacrement : le rite de l'eau et l'imposition des mains.
14 Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean, 15 qui, étant descendus (chez les Samaritains), prièrent pour eux afin qu'ils reçussent l'Esprit-Saint. 16 En effet, il n'était encore venu sur aucun d'eux; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. 17 Alors ils leur imposaient les mains, et ils recevaient l'Esprit-Saint.

On constate que les baptisés sont déjà des convertis. En langage contemporain, on dirait que ce sont des catéchumènes : ils croient en Dieu, mais n'ont pas encore reçu le baptême, ou du moins pas en totalité. Il faut encore achever le sacrement, par l'acte, le signe visible de l'imposition des mains, qu'ils reçoivent l'Esprit-Saint.


C'est aussi ce qu'enseigne St Pierre dans sa première épître :
1P 3, 21 a écrit :21 C'est elle [l'arche de Noë qui traverse les eaux] qui aujourd'hui vous sauve, vous aussi, par son antitype le baptême, non pas cette ablution qui ôte les souillures du corps, mais celle qui est la demande faite à Dieu d'une bonne conscience, par la résurrection de Jésus-Christ.
Le baptême dans l'eau est pour le corps, dont il lave les souillures. Mais pour le salut, il faut aussi le baptême dans l'Esprit, baptême que le chrétien doit demander à Dieu, baptême par lequel Dieu redresse sa conscience en lui ôtant la blessure du péché originel.


Le baptême de l'Esprit est-il suffisant ?

Dieu peut-il envoyer son Esprit sans que le croyant n'ait reçu le baptême de l'eau ? Assurément, oui, puisque c'est ce que nous constatons lors de la prédication de Pierre chez le Romain Corneille. Mais dans le même passage, Pierre indique sans ambiguïté la nécessité du baptême dans l'eau :
Ac 10, 44-48 a écrit :44 Pierre disait encore ces mots, lorsque l'Esprit-Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. 45 Et tous les croyants de la circoncision qui avaient accompagné Pierre furent stupéfaits de ce que le don du Saint-Esprit se fût répandu aussi sur les Gentils; 46 car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre prit la parole:
47 " Quelqu'un peut-il refuser l'eau pour baptiser ces gens qui ont reçu l'Esprit-Saint aussi bien que nous? " 48 Et il commanda de les baptiser au nom de Jésus-Christ. Alors ils le prièrent de rester quelques jours.
Pourquoi ces gens ont-il reçu l'Esprit avant l'eau ? Parce qu'ils étaient Romains, et que les Juifs n'acceptaient pas l'idée qu'ils puissent eux aussi être baptisés. Par le signe manifeste qu'ils ont pourtant reçu l'Esprit, Dieu indique que Sa Nouvelle Alliance est pour les hommes de toutes confessions, et que personne ne doit se voir refuser le baptême.

Peut-on déduire de ce passage que l'important est de recevoir l'Esprit et que le baptême ne serait qu'un acte humain accessoire ? Non : Pierre lie explicitement les deux. Le baptême de l'eau est nécessaire.


L'initiation chrétienne : Parole, eau et Esprit

Difficile question de savoir s'il suffit d'être baptisé, de l'eau et de l'Esprit, pour être pleinement chrétien. Après tout, on présente le baptême comme sacrement de l'initiation chrétienne (plus exactement : comme le premier des 3 sacrements de l'initiation) : est-ce une opération magique qui fait du croyant un chrétien ?

Le cas d'Appollos semble nous dire que non :
Ac 24-28 a écrit :Or, un Juif nommé Apollos, originaire d'Alexandrie, homme éloquent, vint à Ephèse. Il était puissant dans (la science) des Ecritures. 25 Il avait été instruit de la voie du Seigneur, et, d'esprit ardent, il parlait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu'il ne connût que le baptême de Jean.
26 Il se mit à parler avec assurance dans la synagogue. Priscille et Aquila, l'ayant entendu, le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la voie du Seigneur. 27 Et comme il voulait passer en Achaïe, les frères l'encouragèrent et écrivirent aux disciples de le recevoir. Quand il fut arrivé, il fut d'un grand secours aux croyants par le don (qu'il avait), 28 car il réfutait vigoureusement les Juifs en public, démontant par les Ecritures que Jésus est le Christ.
Appollos a été baptisé dans l'eau, et il possède une excellente culture biblique. Mais sa formation est incomplète : Priscille et Aquila seront pour lui parrain et marraine, qui continueront son initiation à l'écoute de la Parole de Dieu.

Appollos n'a pas encore reçu le baptême de l'Esprit. Comme on le voit fréquemment chez les convertis, sa foi est enflammée, et il prêche avec conviction. Mais Paul constate que cela ne suffit pas : l'initiation d'Appollos n'est pas achevée, et son enseignement est incomplet.
Ac 19, 1-6 a écrit :1 Or il arriva, pendant qu'Apollos était à Corinthe, que Paul, après avoir parcouru les hauts plateaux (de l'Asie), vint à Ephèse, (où) il trouva certains disciples, 2 auxquels il dit: " Avez-vous reçu l'Esprit-Saint quand vous avez cru? " Eux lui (répondirent): " Mais nous n'avons pas même entendu dire qu'il y ait un Esprit-Saint. " 3 Il dit: " Quel baptême avez-vous donc reçu? " Ils dirent: " Le baptême de Jean. " 4 Paul dit alors: " Jean a baptisé d'un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus. " 5 Ayant entendu (ces paroles), ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. 6 Lorsque Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit-Saint vint sur eux; et ils parlaient en langues et ils prophétisaient.
Là encore, on le voit, le sacrement entamé par le baptême de l'eau n'est achevé que par la complétion du sacrement : l'imposition des mains, par laquelle l'Esprit-Saint vint sur eux.


Bien que cela concerne le sacrement des malades et non le baptême, on voit un peu plus loin cette insistance sur la dimension à la fois corporelle et spirituelle du sacrement "Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul" (Ac 19,11)


Le baptême fait de nous des héritiers de l'Alliance
Ga 3, 26-29 a écrit :26 Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus. 27 Vous tous, en effet, qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. 28 Il n'y a plus ni Juif ni Grec; il n'y a plus ni esclave ni homme libre; il n'y a plus ni homme ni femme: car vous n'êtes tous qu'une personne dans le Christ Jésus. 29 Et si vous êtes au Christ, vous êtes donc " descendance " d'Abraham, héritiers selon la promesse.


VIII.5 Le baptême : passage de la mort à la vie

Dans le baptême, le chrétien meurt et renaît à la vie. Il meurt au péché et renaît à la vie pour Dieu.
Rm 6, 3-11 a écrit :3 Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? 4 Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. 5 Si, en effet, nous avons été greffés sur lui, par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrection: 6 sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus les esclaves du péché; 7 car celui qui est mort est affranchi du péché. 8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons avec lui, 9 sachant que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus; la mort n'a plus sur lui d'empire. 10 Car sa mort fut une mort au péché une fois pour toutes, et sa vie est une vie pour Dieu. 11 Ainsi vous-mêmes regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ

Ce texte majeur de St Paul explique toute la dimension pascale du baptême :
- par le baptême, nous avons part à la mort et à la résurrection du Christ ;
- par le baptême, nous avons part au Christ : nous sommes greffé sur Lui ;
- par le baptême et la mort que nous traversons, nous sommes affranchis du péché ;
- par le baptême, nous sommes vivants de la vie éternelle.

Est-ce que cela signifie que nous ne pouvons plus pécher ? Non, bien sûr. Rappelons-nous les hébreux cheminant au désert, libérés de l'empire de Pharaon, mais regrettant encore les délices de son royaume. Le baptême n'est pas un acte magique qui nous immunise face au péché, nous rend incapables de pécher. Mais si nous vivons de notre baptême, alors nous avons la possibilité de vivre pour Dieu, de vivre en Jésus-Christ, et de résister au péché.
Et surtout, cela nous affranchit du péché originel.


Le baptême est une transformation qui nous renouvelle
Tite 3, 4-7 a écrit :4 Mais lorsque Dieu notre Sauveur a fait paraître sa bonté et son amour pour les hommes, 5 il nous a sauvés, non à cause des oeuvres de justice que nous faisions, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et en nous renouvelant par le Saint-Esprit, 6 qu'il a répandu sur nous largement par Jésus-Christ notre Sauveur, 7 afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers de la vie éternelle selon notre espérance.
Le baptême est sacrement qui apporte le salut : le bain dans l'eau nous régénère, et le Saint-Esprit nous renouvelle.
Ce salut est immérité, et donné gratuitement.



St Paul explique ceci encore dans la lettre aux Colossiens :
Col 2, 6-15 a écrit :6 Ainsi donc, comme vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui, 7 enracinés et édifiés en lui, affermis par la foi, telle qu'on vous l'a enseignée et y faisant des progrès, avec actions de grâces. 8 Prenez garde que personne ne vous surprenne par la philosophie et par des enseignements trompeurs, selon une tradition toute humaine et les rudiments du monde, et non selon le Christ. 9 Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. 10 En lui vous avez tout pleinement, lui qui est le chef de toute principauté et de toute puissance. 11 En lui vous avez été circoncis d'une circoncision non faite de main d'homme, de la circoncision du Christ, par le dépouillement de ce corps de chair. 12 Ensevelis avec lui dans le baptême, vous avez été dans le même baptême ressuscités avec lui par votre foi à l'action de Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts.
13 Vous qui étiez morts par vos péchés et par l'incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, après nous avoir pardonné toutes nos offenses. 14 Il a détruit l'acte qui était écrit contre nous et nous était contraire avec ses ordonnances, et il l'a fait disparaître en le clouant à la croix; 15 il a dépouillé les principautés et les puissances, et les a livrées hardiment en spectacle, en triomphant d'elles par la croix.

Nous l'avons déjà vu, le baptême est marque de la Nouvelle Alliance, il est donc la nouvelle circoncision. Mais ce n'est pas un acte humain : cette circoncision n'est pas faite de main d'homme.

Ce passage montre aussi que le baptême apporte réellement le pardon des offenses (Col 2, 13), et il agit réellement pour nous soustraire à l'empire "des principautés et des puissances", c'est à dire du malin.



VIII.6 Le baptême est directement lié à la foi.

Dans les Actes des Apôtres, le baptême est présenté en lien direct avec la foi. L'acte de croire le précède, mais trouve sa conclusion dans la demande du baptême :

Ainsi, lorsque Paul et Silas sont en prison à Philippes de Macédoines :
Ac 16, 30-34 a écrit :30 Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? »
31 Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. »
32 Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison.
33 À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens.
34 Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.
En ces quelques lignes, on voit résumées tout la liturgie baptismale :
- le geôlier demande la grâce du salut ;
- il écoute la Parole ;
- il reçoit le baptême ;
- qui est suivi de l'eucharistie (à cette époque, célébrée au cours d'un repas).


St Pierre explique d'ailleurs que le baptême est fruit de la Parole :
1P 1, 23 a écrit :23 car Dieu vous a fait renaître, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : sa parole vivante qui demeure.
La Parole, ce sont les germes de la foi qui ont été semées en nous. Et ce sont ces semences qui poussent en nous, et nous font renaître par le baptême.


VIII.7 Le baptême est pour l'Eglise, et il purifie

Dans l'épître aux Ephésiens, St Paul explique que le baptême a été institué pour l'Eglise, afin de la rendre pure et sainte :
Ep 5, 25-27 a écrit :25 Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle,
26 afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ;
27 il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée.
On voit d'ailleurs que le baptême chrétien n'est pas résumé à l'eau : il est accompagné d'une Parole.






Voilà pour les sources scripturaires du Baptême. L'inventaire ici réalisé n'est pas tout à fait complet (on aurait pu, par exemple, parler aussi de la marque du sang sur la porte des Hébreux avant l'Exode, type de la marque sur le front en vue de la rédemption finale), mais il donne malgré tout une assise suffisante pour une juste compréhension de ce qu'est le sacrement de baptême.


Comme je le disais en préambule, il est erroné de croire que l'on peut se référer aux Ecritures indépendamment de la Tradition : si ces versets sont retenus au canon biblique, c'est parce que la Tradition les a considéré comme Parole de Dieu. L'un des critères utilisés pour discerner ce qui est canonique de ce qui est apocryphe est la cohérence du texte avec le message de la Bonne Nouvelle que l'Eglise a reçu pour mission d'annoncer.


Il est donc indispensable d'étudier aussi l'interprétation que la Tradition donne de ces passages bibliques. Je m'y attacherai demain.


Edit : ajout de quelques passages importants que j'avais oubliés.
Dernière modification par Peccator le ven. 24 janv. 2014, 21:23, modifié 1 fois.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

gerardh a écrit :Voulez-vous me faire dire qu'au-delà du geste lui-même qui était de mettre du sang sur la porte, il y eut une action efficace qui a été la protection de l'ange au vu du sang ?
Le signe du sang est une bonne préfiguration de la notion de sacrement (notion qui n'a pas encore de sens à ce moment, puisque les sacrements n'ont de sens qu'en Eglise, en lien avec Jésus) :
- il s'accomplit dans la foi
- il s'accomplit dans ce monde de chair, ce n'est pas juste une pensée
- il est proposé par Dieu : c'est bien Dieu qui dit "si tu veux échapper à la mort, fait cela"
- il doit être demandé par l'homme : l'homme a une totale liberté de le faire ou ne pas le faire, le geste de le faire signifie qu'il demande à échapper à la mort
- il est proposé pour apporter le "salut" (ou ici, son type : échapper à la mort)
- il est offert gratuitement : les israélites n'étaient pas meilleurs que les autres
- il est efficace : Dieu accorde effectivement sa protection à ceux qui l'ont demandée



Je commence à comprendre que ce qui vous gêne, c'est le lien entre la notion d'efficacité et l'action humaine. Il semble anormal de supposer qu'une action de Dieu serait conditionnée à l'action d'un homme.
Et effectivement, exprimé ainsi, c'est anormal : ce serait de la magie.
Un sacrement, c'est tout l'inverse, justement. Il prend sa place dans le cadre d'une alliance entre Dieu et les hommes. Alliance qui, rappelons-le, est à l'initiative de Dieu, et non des hommes.
Dans le cadre de cette alliance, Dieu propose un "pacte" : si tu fais ce signe, ce geste visible, ce geste qui s'inscrit dans le monde où tu vis, je m'engage à agir en retour.

Si vous voulez, c'est un peu comme le signal de Batman : Batman le donne au maire de Gotham City, de sa propre initiative. C'est une alliance, à l'initiative de Batman. Le maire est libre de l'utiliser pour appeler Batman ou pas : il doit demander. Quand il l'utilise, il donne un signe visible. Batman s'engage à intervenir alors pour apporter sa protection. Et puisque Batman intervient, le signe est efficace.

C'est un peu la même chose.

Comparer Dieu et Batman... Vous m'aurez fait dire bien des choses étranges... (mais bon, en même temps, on voit bien jusqu'où la culture chrétienne infuse dans notre culture populaire)


Quand on dit que le sacrement est efficace, est ce que ça signifie que Dieu est contraint d'agir ? Non, évidemment : sinon, ce serait de la magie.
Si nous sommes sûrs que Dieu agit, c'est parce que nous avons la foi, foi en Dieu, mais aussi foi en Sa fidélité à son Alliance. Si vous retirez la foi, alors il n'y a plus de sacrement.



Voulez-vous peut-être aussi insister sur le terme baptême. Dans la Bible ce terme est employé à divers titres : il n'y a pas que le baptême chrétien, mais aussi le baptême de Jean. Aussi les hébreux ont été baptisés dans la mer et dans la nuée". Et même le Christ a parlé du baptême qui allait être sa part, c'est à dire de sa prochaine mort expiatoire en croix. Le point commun de tous ces baptême est qu'il induisent un changement de position.
Je pense avoir pas mal illustré les différentes formes de baptême présentées dans la Bible.


Le baptême chrétien, c'est le baptême de l'eau et de l'Esprit, au nom de Jésus Christ. Il faut tout ça pour que ça fasse le baptême chrétien.
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

gerardh a écrit :L’Esprit du Christ (ou l’Esprit de Christ) est une expression parfaitement scripturaire, figurant au moins une fois dans une épître (je n’ai pas mes documents sous la main). Elle est en parfaite cohérence avec la doctrine de la Trinité : selon est le Christ est une personne distincte de l’Esprit, mais dans le même temps il fait un avec lui.
On va dire que j'étais fatigué. :oops: Oui, bien sûr, c'est scripturaire. Au début de la 1e épitre de Pierre, par exemple.

Les apôtres ont été baptisés, et pourtant ils ont reçu l'Esprit à la Pentecôte...
S’agissant du baptême chrétien qui aurait pu l’administrer aux apôtres ? Cela dit la conversion (et non le baptême) et la réception de l’Esprit, ce n’est pas la même chose. En général la réception de l’Esprit se fait sans qu’il soit besoin d’une intervention humaine.

Rappel de ce qu'est le baptême chrétien : baptême dans l'eau et dans l'Esprit, au nom de Jésus Christ.
Jésus a baptisé, c'est écrit. Il le faisait évidemment en son nom.
Jésus a donné délégation à ses disciples pour baptiser, c'est écrit. Ils le faisaient au nom de celui qui leur avait donné cette délégation.

Ce baptême dans l'eau a été complété à la Pentecôte par le baptême dans l'Esprit, ainsi que Jésus l'avait annoncé.

A partir de là, les premiers disciples ont commencé à annoncer la Bonne Nouvelle et à baptiser. Les écritures montrent bien que ce baptême doit être dans l'eau et dans l'Esprit, il faut les deux.


Qu'est-ce pour vous que la charité ?
Le mot a de nos jours perdu beaucoup de son sens primitif. Il s’applique aujourd’hui à une personne versée dans les bonnes œuvres (ce qui est très bien par ailleurs).
Nous parlons dans un contexte chrétien : la charité n'est pas la philanthropie. Notez que le mot amour a perdu aussi beaucoup de sa richesse, quand beaucoup de gens n'y voient plus qu'une question de sentiments.
L’amour est l’une des trois vertus dites théologales.
Et qu'est-ce qu'une vertu théologale ?
Nous en manquons tous beaucoup, et il n’y a pas lieu de se glorifier de notre amour. Dieu, lui, est amour.
Il n'y a rien de toute façon dont il y ait lieu de nous glorifier : nous n'avons rien que nous n'ayons reçu. La seule chose qui ne vienne que de nous, ce sont nos péchés, et il n'y a pas de quoi s'en glorifier ;)
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Re: Baptême et salut

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Le baptême : un acte irréversible.

Je découvre qu'en grec, il y a deux mots assez proches : baptô et baptizô. La différence est facile à comprendre dans une cette de pickles qui nous a été léguée par Nicander, un poête et penseur grec du 3e s. av. JC.

Dans cette recette, les légumes sont d'abord plongés dans l'eau bouillante (baptô), puis immergés (baptizô) dans le vinaigre dans lequel ils seront conservés.

Le baptême est véritablement traversée de la mort : on n'y est pas simplement trempés dans l'eau, mais plongés définitivement. Et de là, nous renaissons à la vie nouvelle.

Tout ceci est métaphorique, évidemment, mais montre la force du mot baptême, qui dans son sens grec originel est bien plus qu'une trempette pour faire rincette.
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