Boris a écrit :Soyons clair :
- la pratique du Missel de Paul VI actuellement n'est pas très conforme à l'esprit des textes de Vatican II
- ce missel vient d'être ré-édité en 2002, il n'est donc pas "modifiable" dans les 10 ans à venir.
- la manière de célébrer doit être celle des "tradis" dans la forme "extérieure", c'est à dire le sens de la dignité et du sacré
- le trop grand choix donné dans les rites prête à confusion : que choisir ? et surtout pourquoi ne pas inventer quelque chose d'autre encore ?
Cependant, le missel 2002 n'étant, dans les faits, pas diffusé voire ignoré, il est toujours temps de le modifier.
Je ne pense pas qu'il s'agit d'inventer quelque chose d'autre mais de corriger toutes les sources d'abus
notamment les choix trop nombreux dans les parties de la messe, ainsi que revenir sur les suppressions
brutales de certaines parties du missel, voire du temps liturgique.
Les spécialistes de la Liturgie pensent que l'ordo de 1965 est la meilleure mouture du Missel post-conciliaire.
Il part du Missel de 62, avec proclamation des lectures en vernaculaire à l'ambon, suppression des répétitions.
Voici une citation tirée de l'article salve-regina.com/Liturgie/Le_rite_de_1965.htm
"Le cardinal Ratzinger ne souhaite pas – comme nous le disions dans la note [6] – la réforme du missel romain traditionnel, l’éventuelle « réforme de la réforme »
ne concernant que le nouveau rite et non le missel traditionnel. C’est ce qu’il a affirmé en juillet 2001 à l’abbaye de Fontgombault comme nous le rapporte la
Correspondance Européenne, n°65, 31 juillet 2001 :
« La question liturgique a été le thème d’une réunion d’étude à l’abbaye de Fontgombault du 21 au 24 juillet sous la présidence du cardinal
Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Etaient présents les évêques de Versailles et de Namur, Mgr Perl,
secrétaire de la commission Ecclesia Dei, les pères abbés du Barroux, de Fontgombault, de Randol et de Triors, les supérieurs de la
Fraternité St Pierre et de la Société St Jean (USA). Les chanoines réguliers de la Mère de Dieu, l’Institut du Christ-Roi,
a Fraternité St Vincent Ferrier, les Légionnaires du Christ et la Société St Vincent de Paul étaient représentés. Des laïcs dont
le professeur Spaemann, participaient également aux travaux. Le cardinal Ratzinger a voulu ramener le problème liturgique à ses
fondements théologiques en soulignant la nécessité de retrouver la dimension du sacré et le vrai sens de la liturgie, fondée sur le
concept de sacrifice. Le cardinal a aussi précisé que ce qu’on appelle « la réforme de la réforme » et dont beaucoup parlent
beaucoup concerne seulement le nouveau rite et non la messe traditionnelle. Il a ainsi fait siennes les observations du
professeur Spaemann : ce qui doit être modifié aujourd’hui, ce n’est pas la liturgie traditionnelle, qui reste le point de
référence, mais la liturgie réformée, qui a tendance à se décomposer en une multitude de rites. »
Résumé par la lettre d’information Foi et Tradition, n°45."
La Messe du Baptême du Seigneur 2008 est un bon exemple des fruits de la réforme de la réforme :
- liturgie de l'Eucharistie en latin
- utilisation du maître autel (donc orientation de tous les fidèles présent vers Dieu avec les célébrants à leur tête)
- lectures en vernaculaire (pour le coup en italien)
- dalmaticelle sous la chasuble du Pape car il est l'Evêque du lieu
- soutane surplis pour tous ceux qui ne portent ni chasuble ni dalmatique, quelque soit la couleur de la soutane
...
Oui, c'est très finement joué : prêcher par l'exemple, décomplexer les prêtres qui souhaiteraient prendre cette direction
et préparer les fidèles aux changements.