Arthur 19,
J'ai relu votre extrait. celui que j'ai présenté à mon message précédent semble vraiment aller dans votre sens.
Mais celui que vous avez publié, je n'en suis pas sûr. Notez qu'il n'a pas dit qu'il n'y avait pas différentes récompenses
au royaume des cieux, mais que la justice humaine ( qui dépend des cultures et n'est que culturelle ) est bien différente
de la justice divine.
Je ne vois vraiment pas où est la contradiction avec ce que je pense là-dedans :
Ceux qui souffrent d’un perpétuel désir de cette justice seront rassasiés et désaltérés dans le Royaume. Quand bien même ils ne réussiraient pas à être parfaits en tout point, beaucoup leur sera pardonné à cause de ce qu’ils auront souffert dans l’attente
A moins que Giovanni Papini ait dit explicitement qu'il n'y avait aucune récompenses différentes. D'ailleurs même en étant récompensé, il nous faut le pardon de Dieu. Et ce n'est pas incompatible avec le bonheur pour tous, des récompenses différentes. Je vous invite (je ne vous oblige aucunement), si vous en avez la possibilité, à voir si Giovanni Papini est réellement d'accord avec vous ( il n'y aura aucune différence dans les récompenses ) et si vous ne faites pas une erreur d'interprétation.
Car je suis sceptique sur l'interprétation que vous faites de ce passage. Dieu juge selon le coeur pour moi, pas selon des préceptes humains. Ce qui n'est pas contradictoire à ma façon de penser.
Et je vais répondre mes objections à votre phrase ici, je cite :
J’ai du mal à m’imaginer donner 60% de mon héritage à mon premier fils et 40% à mon deuxième, et pourtant je suis humain!
Le problème est bien là : vous êtes humain, comme moi et les autres. Sinon nous n'aurions pas l'esprit temporairement borné à imaginer le Paradis.
On critique ma vision de la justice en disant que c'est humain ; très bien à mon tour de dire ce que je pense, c'est votre vision (pas seulement vous Arthur19, mais tous ceux qui ont un raisonnement similaire au vôtre ) qui me parait très humaine.
En effet, vous associez automatiquement, systématiquement, la différence des récompenses avec la frustration ou la prétention des plus récompensés. il s'agit d'un anthropomorphisme de mon point de vue. Vous vous basez sur les expériences du monde et oubliez que le Paradis ne suivra plus les logiques du monde ( et justement la vraie logique du monde ; c'est l'égoïsme et le profit du bonheur des autres, l'injustice ).
Dans le monde, les gens peuvent devenirs arrogants pour toutes sortes de raisons. Même pour leur bonté. Cela n'arrivera pas, à mon avis, dans le royaume des cieux. Tout le monde sera purifié et personne, quelle que soit la récompense, ne pourra dire " Tu n'es qu'un vaurien ! " et/ou avoir une attitude méprisante.
Nous serons purifiés ; Dieu y veillera, mais la justice de Dieu, qui trouve parfois écho en les hommes, c'est d'être reconnaissant à celui qui lui apporté beaucoup d'amour. Dieu en effet, qui est amour, aura tout pouvoir sur le Ciel. Dieu ne juge pas comme les hommes. Je rappelle que ce qui est grand aux yeux des hommes est objet de dégoût aux yeux de Dieu. Il ne juge pas selon des apparences, un statut social ou des biens matériels... Et même sur ce que pense les autres. Qui peuvent tout à fait avoir une vision injuste sur une personne. Telle une personne qu'on condamnerait pour un crime qu'elle n'a pas commis. Les prophètes étaient souvent maltraités par ailleurs...
C'est bien ce que dit Jésus par rapport aux faux et vrais prophètes, il me semble ; le jugement de Dieu n'est pas celui que vous avez. Que nous avons. On peut penser qu'un tel est très gentil alors que pas tant que ça. D'un autre qu'il est très intelligent alors que pas tant que ça. Avoir une vision enjolivée d'une personne. Tout comme on peut noircir une personne ; en avoir une vision négative et l'enlaidir.
C'est pourquoi Dieu nous mettait en garde contre les jugements - surtout ceux ad personam, qui jugent la bonté intrinsèque de la personne -
et il est bon de reconnaître que nos jugements sont limités et rarement justes. Nous avons le droit de nous faire une idée dans notre esprit d'une personne mais de là à faire un jugement, verbal et définitif, sur une personne, ce n'est pas à nous de le faire.
Il m'arrive parfois d'en faire 1 ou 2, même en donnant un compliment, et je devrais me méfier même de cela. En complimentant des gens on peut en rabaisser d'autres. C'est une réalité cela aussi. En rabaisser au sens où nous complimentons en enjolivant et en diminuant d'autres personnes injustement.
Bien sûr, complimenter peut être positif. Mais à utiliser avec parcimonie et sagesse je pense.
Dieu, lui, est bien différent car il est clairvoyant, il sonde nos coeurs et rien en nous ne lui est secret. Voilà pourquoi Dieu est le seul véritable juge, et c'est lui qui portera un jugement final ; qu'on appelle à juste titre le jugement dernier.