Didyme a écrit : ↑dim. 11 févr. 2024, 21:01
Faux. La perfection de la créature est dérivée et relative, jamais absolue. Donc Il y a toujours risque avec création d’êtres libres.
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Tout à fait, il y a toujours risque avec création d'être libres. On est d'accord.
C'est bien pourquoi je dis qu'un être qui soit intelligence infiniment parfaite et non substantiellement amour ne pourrait valider, créer ce type de création.
Comment ca? Toute création quelle qu’elle soit sera imparfaite au sens de n’ayant pas la perfection absolue du créateur. C’est une nécessité métaphysique. Un esprit infiniment parfait ne peut l’ignorer, et il peut néanmoins créer pour sa gloire, car il est la fin de tout.
Non, ca signifie simplement que l’amour de Dieu pour Dieu est total et premier, l’amour pour les créatures est dérivé; il aime les créatures pour lui-même, pour sa gloire, et la fin des créatures est sa gloire
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L'amour de Dieu pour la créature est-il don gratuit ou possession ?
Les 2. Ça s’oppose pas.
Faux et incohérent. Une intelligence parfaite proportionne son amour pour ce qui n’a que perfection relative; elle aime les arbres, l’hydrogène, mais pas du même amour qu’elle-même
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C'est votre réponse qui est incohérente avec l'objet de la réponse. Je vous parle de salut, ce qui renvoie à la notion d'êtres libres (qui est d'ailleurs l'objet du développement), et vous me parlez d'arbres et d'hydrogène !?
Un arbre est-il faillible, doté d'une volonté raisonnable, capable de pécher ?
C’est pcq votre notion d’amour est incomplète . L’amour divin s’étend à tout le créé, il ne s’agit pas seulement de relation intersubjective ou de sentimentalisme.
Mais ca reste vrai pour les êtres libres : Dieu s’aime lui-même infiniment plus que les êtres libres car il est infiniment aimable, étant infiniment parfait.
Alors la caté (« pur esprit infiniment parfait ») s’est trompée pendant des siècles. Inacceptable.
Non, ce n’est pas parce que par endroit est enseigné que Dieu est pur esprit infiniment parfait qu'il y a erreur.
Dieu est bien pur esprit infiniment parfait et le catéchisme d'aujourd'hui ajoute comme précision que cet être-même est amour.
Donc non, je ne vois pas où serait l'erreur. Par contre, retirer cet élément "amour" à ce qu'est Dieu, c'est bien dire que le catéchisme s'est trompé pour le coup.[/quote]
Non, la formule de Jean rapportée est « caritas »
214 Deus, « Ille qui est », Se Israel revelavit tamquam Illum qui est « multae miserationis ac verax » (Ex 34,6). Haec duo verba, modo compendioso, Nominis divini exprimunt divitias. Deus in omnibus operibus Suis Suam benevolentiam ostendit, Suam bonitatem, Suam gratiam, Suum amorem; sed etiam Se dignum esse in quo fiducia reponatur, Suam constantiam, Suam fidelitatem, Suam veritatem. « Confitebor Nomini Tuo propter misericordiam Tuam et veritatem Tuam » (Ps 138,2).29 Ille est veritas, « quoniam Deus lux est, et tenebrae in Eo non sunt ullae » (1 Io 1,5); Ille est « caritas », ut apostolus docet Ioannes (1 Io 4,8).
Deus caritas est
221 Sanctus Ioannes adhuc ulterius progreditur cum testatur: « Deus caritas est » (1 Io 4,8.16): ipsum Dei Esse est amor. Filium Suum unicum et Spiritum amoris in plenitudine temporum mittens, Deus Suum summe intimum revelat secretum:42 Ipse aeterne est amoris commercium: Pater, Filius et Spiritus Sanctus, nosque destinavit ut huius simus participes.
En un sens oui mais seulement en un sens. Dieu est pure intellection et volonté puisque c’est un esprit en pure actualité (sans être en puissance, donc sans « facultés ») . Mais puisque cette analogie est tirée de notre nature, il est plus précis de dire qu’il est intellect et volonté que intellection et volition (n.b. volition est plus précis que amour pour éviter l’émotivité mièvre)
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Non, l'analogie a bien ses limites ici.
Vous ne pouvez comparer ce qui a caractère de source, origine, cause première avec ce qui est produit, cause seconde. Vous ne pouvez comparer ce qui est substantiel avec ce qui est accidentel.
En tout cas, pas pour ce dont il est question.
Certes l’analogie a ses limites mais votre analogie est pire car moins précise. Il est faux que Dieu ne soit pas être et volonté sous prétexte qu’il serait amour. Il est nécessairement être. Dire que son amour précède son être est un non sens.
Je suis d'accord pour dire que c'est contemporain. Mais réellement en ce qui me concerne pour le coup.
Or, de manière subtile l'approche que vous présentez sort l'amour de la substance. Comme si l'être pouvait être autre chose qu'amour.
En Dieu l’être est aussi intellection. Il ne s’agit pas de « faire sortir », il s’agit seulement de filer l’analogie avec la conceptualisation humaine. L’amour n’a pas priorité sur l’être ni vice versa. Ni sur l’intellect, c’est impossible. Mais pour bien comprendre le caractère analogique (Dieu n’est PAS amour au sens habituel terrestre), il est mieux de garder les catégories au départ de L’analogie.
Je reprends le cas du péché. Qu'est-ce que le péché ? C'est un néant, et en cela une absence d'être. Et comment cette absence d'étre est-elle produite ? Par un manque d'amour...
Dire que c'est par manque d'être qu'on péche sans l'identifier à l'amour, j'avoue que je ne vois pas trop quel sens cela peut bien avoir.
Le péché est un cas particulier du mal, lequel est une privation, une perfection manquante, ce qui est un non être relatif : eg. Être sans bras. (non-être de bras)
L'amour, la vie pour animer l'intelligence.
Peu rigoureux. L’intellect est le gouvernail de la volonté car il juge de ce qui est bien et digne d’être voulu (aimé), soupe, argent, bonheur, honneur etc.
La volonté est le moteur de L’intellect, qui le meut, une faculté appétitive centrée sur le bien en général. En ce sens elle anime l’intellect. Il y a une sorte de causalité circulaire mais pas au même point de vue entre les 2.
Vous tendez à identifier l'être à l'intelligence.
Non. En Dieu je l’identifie à l’esprit, qui est intellect+ volonté
Qui plus est, si l'amour n'est pas au fondement de l'intelligence pour ordonner, définir ce qui est bon, alors l'intelligence n'a pas de direction.
Ce n'est pas l'intelligence qui définit l'amour mais c'est l'amour qui donne cohérence à l'intelligence.
Peu rigoureux. C’est toujours l’intellect qui ordonne, en morale par la raison pratique, avec enracinement dans la loi naturelle (vivre, se nourrir, engendrer, tout le système des vertus, être libéral plutôt qu’avare ou prodigue etc.) En langage classique on appelle amour en général volonté, et amour pour autrui amitié et l’amitié n’est pas vraiment une vertu morale, mais un accompagnement important, comme la santé.
Lorsque je suis confronté à votre conception, je me dis que l'on ne devrait pas parler de sacré cœur pour exprimer l'amour divin mais de sacré tête ou de sacré cerveau.
C’est pcq la distinction entre vocabulaire spirituel-mystique et théologique n’est pas faite. Et entre St Thomas et St Marie Alacoque.
Exactement. J'ajoute un détail: charité est mieux que amour car dans le vocabulaire contemporain la première est davantage compatible avec le devoir et surtout le central "pour l'amour de Dieu" et surtout pas de la seule créature. Comme le paraconcile dysfonctionne surtout par omission (cryptogamie), ce qui la rend difficile à détecter (la fsspx est très utile pour ca malgré ses erreurs), La formule Dieu est amour est risquée ou erronée pastoralement en 2024 car dévie spontanément vers l'amour est Dieu (comme le dit le prof de philo Ferry). L'amour émotionnel prend toute la place dès qu'il peut en contexte consumériste médiatique. Or la charité, sans être un devoir sec, n'est pas d'abord une émotion.
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Vous voyez, j'aurais la même impression mais dans l'autre sens. À savoir que préférer parler de charité plutôt qu'amour, c'est risquer de le réduire à un acte, à un exercice de l'intelligence, de la volonté. On comprendra bien des perversions qui tout en haïssant se défendent d'aimer de par leurs actes, leurs œuvres de "charité".
Exact, c’est une question d’équilibre. Cependant l’amour est toujours un acte de la volonté. Ce qu’on veut dire, c’est que l’intention de la volonté peut différer (eg.l’aumone par vaine gloire),
Ensuite. Mais on peut hair les éléments peccamineux d’autrui. Le test ici c’est de vouloir authentiquement le salut d’autrui, jamais de faire guiliguili en priorité. Fins dernières premières, surtout pas le social…
Non. Il faut distinguer punition médicinale et vindicative. Et les points de vue : la punition vindicative pour le damné est médicinale pour les autres.
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Si je comprends bien le sens que vous donnez à ça, je dirais qu'elle n'est pas non plus vraiment médicinale pour les autres car concrètement elle ne guérie rien en elle-même. Elle est plutôt répressive et a pour vocation de choquer pour cadrer et tourner vers Dieu.
Elle guérit par prévention. Médecine préventive.
Je doute profondément que la souffrance des autres soit réjouissance pour soi, en tout cas d'une manière saine.
En elle-même elle ne l’est pas. C’est sa justice qui est réjouissante, la dé-compensation qui satisfait l’intellect.
La damnation, vérité dogmatique infaillible, est une con-dam-nation, c’est évident. Et l’oppositon relève de la cuculisation pasto, du dieu polnareffien.
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Vous savez, vous commencez à devenir un peu fatiguant avec vos termes dénués de toute finesse, discernement et que vous assénez gratuitement à tout bout de champ et à toutes les sauces. Vous finissez par tomber dans la facilité à visiblement fuir toute tentative d'effort de saisir l'opinion de l'autre.
Il vous plairez peut-être que lorsque vous parlez d'une certaine approche, on vous balance systématiquement un terme comme "cela relève de la bourrinisation pasto ", insinuant sans finesse et respect que vous n'êtes qu'un gros bourrin avec une théologie de bourrin ?
C’est pas exactement ca. Je suis prêt à utiliser bisounourisation, mais ca semble pas coller à la messe western. Avez-vous une suggestion?
Autre point : il est possible que votre point de vue reflète la sous estimation systématique du danger qui me saute aux yeux. Pour moi c’est pas une petite affaire mais une immense tragédie , littéralement une affaire de vie et de mort, et donc dont la réalité est extrêmement difficile à avaler.
Autre aspect possible : la volonté de ne pas voir, fermer les yeux. On a si peur de la crainte de l’enfer que dès que l’hypothèse d’une tendance générale pulsionnelle derrière cette peur est suggérée (sous quelque terme que ce soit ) , immédiatement l’inconscient collectif se dresse pour discréditer la suggestion (par exemple en attaquant tel ou tel terme).
Exactement. Sauf que « nécessaire » n’implique aucunement besoin, mais seulement nécessité ontologique : Dieu est impuisant à créer des cercles carrés, un autre dieu égal, ou une créature qui n’aurait pas lui-même comme fin dernière devant être aimée (voulue)
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En quoi faire du mal sans que cela ne serve un bien peut-il donc être nécessaire ?
Le bien de la justice ?
On ne fait aucun mal en créant des êtres n’ayant pas de perfection absolue, eg.des arbres, qui sont dépourvus de connaissance sensible. Or il est meilleur d’être un arbre que d’être rien
Si la justice humaine vise souvent à rendre le mal pour le mal, le Nouveau Testament nous apprend que la justice de Dieu ne rend pas le mal pour le mal (Romains 12)
L’enfer rend le mal de peine pour le mal de faute.
Non car le maintien dans l’être implique le maintient de la peine éternelle. Le bien visé est le bien global de la création, e.g.par la peur de péché chez les justes ou les cheminants (c’est L’aspect médicinal global de la justice vindicative particulière)
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Mais concernant les fins dernières, en quoi ce maintien de la peine éternelle pourrait-il donc être encore médicinale pour des justes déjà sauvés et donc être revêtu du bien pour la création que vous semblez lui accorder ?!
Oui, il n’est plus médicinal pour les élus déjà sauvés, cependant en tant qu’expression de justice, il est pour eux objet de satisfaction partielle : la justice divine est une belle chose, un équilibre rétabli qui avait été rompu (et qui était laid)
En fait, c'est surtout dans cette forme de justice où la personne souffre surtout des conséquences du péché qu'il me semblerait pour le coup le plus inadapté de parler de vengeance. *
Non si c’est bien compris. D’abord on l’a vu, Dieu maintient dans l’être donc dans la souffrance, il y a donc un aspect externe , un remboursement. Ensuite Dieu a créé la nature humaine de telle sorte qu’elle souffre du dam, au contraire des arbres, et cette création continue en enfer. Donc création et de l’existence du damné, et de son essence vulnérable à la souffrance.
Mais il y a un aspect autre de la vindicte qui sera davantage compatible avec votre point de vue disons internaliste; Il est classique que le remord interne sur terre est déjà une vindicte, une dé-compense (même s’il est vrai qu’il découle aussi de Dieu via la nature humaine et du psychisme) : C’est déjà un mal de peine infligé pour un mal de faute. Le remord du coupable est un paiement pour le mal commis; aussi la mauvaise réputation publique etc.
Ce serait bien plutôt lorsque la peine est infligée par Dieu mais en tant que purificatrice,
C’est vrai pour le purgatoire,, qui est médicinal pour le pécheur. Pas pour l’enfer.
Comment faire du mal peut-il en soi réparer ? Concrètement ? Comment faire du mal peut il en soi faire du bien, produire du bien ?
Question mal posée. L’enfer est un bien, mëme s’il implique un mal de peine. Il rétablit un équilibre, par un remboursement.
Et donc qu'est-ce qui peut bien venger le bien si ce n'est tourner le mal en bien,
D’une certaine facon ce que fait l’enfer, un bien. Bien pour Dieu et pour le Tout créé.
La vengeance en tant que rendre le mal pour le mal est un cercle vicieux, mortifère et destructeur dont seul le pardon peut faire sortir.
Incompréhension de la notion classique : la vindicte repousse tout ce qui est mal
https://articles.fandom.com/wiki/Dieu_v ... atholiques
Si donc il punit c'est dans une autre visée que celle d'obtenir réparation pour Lui-même.
On parle souvent de justice lésée pour justifier la peine. Pourtant vous admettez que Dieu n'est pas lésé par le péché tel que cela lui retirerait quelque chose.
Ce n’est pas lui qui est lésé, mais tout l’ordre créé voulu par lui. Et Dieu fait justice en vertu de sa perfection, non pcq il souffre diminution par le péché
Céder entièrement la créature au péché serait le retour de celle-ci au néant.
Incohérent. Pour le retour au néant il faudrait acte positif d’annihilation divine
Aussi, je pense que dans ce qu'il ne cède pas la créature au néant, davantage qu'une vengeance vice voulant maintenir sa créature pour la faire infiniment souffrir, se perçoit surtout l'amour éternel que Dieu porte à sa créature et qui ne peut faillir.
Mais une juste vindicte est le contraire d’une vengeance –vice, par définition excessive.
St Thomas : la vindicte est une vertu.
L’amour pour le damné se manifeste par une diminution du châtiment par rapport aux mérites; pour le reste la souffrance du damné est juste par définition et Dieu y a un rôle très important
[quoteJustice et amour ce sont pas la même chose, même s’ils sont en lien. Comme la vindicte est un bien elle est forcément bienveillante (pour le tout et pour Dieu); et partiellement seulement pour les damnés, punis moins qu’en stricte justice.
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"Partiellement" ?
Vous vous rendez bien compte de la maladresse de la tentative de justification ici ?
Ce n'est pas parce qu'il y a moins de châtiment que ça fait que le châtiment n'en est pas un et devient quelque chose de bienveillant pour le damné.[/quote]
Je dis pas que c’est bienveillant, au contraire. Les damnés sont « maudits ». Mais un châtiment moindre implique une certaine miséricorde dit le Docteur Commun.
Non, car elle réprime le péché des autres (aspect médicinal pour le tout) , elle rééquilibre le désamour en lui donnant son juste salaire, elle reflète la haine du mal en Dieu, coextensif nécessaire de son amour du Bien. Dieu est impuissant à réordonner un être qui le hait car il l’a créé nécessairement pour être aimé de lui; donc il n’a pas le choix de ne pas damner. D’ailleurs L’enfer éternel est dogmatique.
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Je serais d'accord avec l'idée que Dieu ne veuille réordonner un être qui le hait mais alors d'une haine absolue. Mais j'ai de sérieux doutes quant à la possibilité de l'absolue d'une haine d'un être.
Un péché mortel suffit dit la révélation. A partir de là il y a des degrés dans ce péché.
On pourrait se dire que dans la vindicte, Dieu ne souffre pas. Pourtant, en vertu de l'incarnation et de la solidarité du Christ avec tout homme, cela semble moins évident.
En vertu de la volonté salvifique de Dieu, ça l'est encore moins.
Oui mais faut voir l’analogie dans ca. Il n’a ni colère ni souffrance ni émotion. Il a quelque chose qui y ressemble vaguement, et distinct par l’infini
On voit pleinement l’erreur ici : si la vengeance est émotive c’est la vendetta, la vengeance-vice, pas la vertu de vindicte de ST Thomas
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Oui, et c'est bien ces traits de vengeance vice qu'il me semble trop souvent percevoir. Mais peut-être est-ce un malentendu.
Pas peut-être, sûrement. Ca vient de l’évolution du terme vengeance en francais moderne
Non, la distinction est faite : le damné est aimé en tant qu’existant, hai dans son aspect peccamineux. Allez maudits, dit l’Evangile…
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Pourtant, c'est bien la personne du pécheur qui est aimée en tant qu’existant (puisque c’est sa personne qui est maintenue dans l'être) et c'est bien la personne du pécheur qui est haïe en tant que peccamineux (puisque c’est sa personne qui subie et souffre la peine).
Et pourquoi ? Parce que la distinction n'est pas faite entre la personne et le péché.
Il y a confusion entre ce qui est de Dieu : la personne
Et
Ce qui n'est pas de Dieu : le péché en la personne.
D'où le fameux "Dieu hait le péché mais aime le pécheur".
Oui mais faut distinguer le pécheur de ce monde qui a potentialité au pardon, du damné qui ne peut plus être pardonné