Re: Ancien et Nouvel Israël
Publié : ven. 08 mars 2024, 12:43
Bonjour à chacun,
@Altior
Merci, cher Altior, pour ce partage qui nous rappelle cet enseignement important du pape Pie XII : « la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l'Ancienne Loi abolie ».
Il le confirme, d’ailleurs, un peu plus loin dans cette même encyclique : « Sur la croix, par conséquent, la Loi Ancienne est morte ».
Comment pourrions-nous oublier que la Nouvelle Alliance par le sang du Christ abolit et met donc à néant, sans application, les prescrits de l’Ancienne Alliance ?
Lorsque l’Assemblée Nationale vote une nouvelle loi différente d’une ancienne, la loi la plus récente écarte l’application de la plus ancienne. De même, lorsqu’un nouveau traité est conclu entre des nations, il implique nécessairement l'abrogation de toute disposition contraire plus ancienne.
Plus aucun chrétien n’envisage de restaurer la circoncision dans l’Église.
Alors, où se trouve la difficulté ?
Tous ceux qui entrent dans cette nouvelle alliance et qui forment un nouveau peuple élu depuis la résurrection du Christ d’entre les morts et la Pentecôte, vivent désormais de cette alliance nouvelle et non plus des prescrits de l’Ancienne Loi.
Il me semble que c’est ici que nous pouvons discerner la distinction essentielle.
Car une alliance, c’est deux ou plusieurs partenaires. Il s’agit ici d’une alliance entre Dieu et un peuple d’humains. L’alliance n’a aucun sens si on oublie qu’elle engage des partenaires. Ce qui se passe avec une alliance concerne des partenaires.
Si une loi nouvelle s’applique à un peuple nouveau, elle abroge la loi ancienne pour ce peuple nouveau, mais non pour tous ceux à qui cette loi nouvelle ne s’applique pas. Si une alliance nouvelle est conclue avec un peuple nouveau, elle abroge la loi ancienne pour ce peuple nouveau, mais non pour un autre peuple qui n’entre pas dans l’alliance nouvelle.
On entre dans l’alliance d’Abraham et de Moïse par la circoncision et l’adhésion à la Torah. C’est ainsi que se forme le peuple élu, le peuple juif.
On entre dans la nouvelle alliance créée par le sang du Christ par le baptême. C’est ainsi que se forme le nouveau peuple élu, l’Église.
Pour les Juifs qui ne sont pas entrés dans la nouvelle alliance, l’ancienne alliance subsiste. Pour eux, elle n’est ni morte, ni abolie. Cette ancienne alliance unit Dieu à un peuple. Le peuple élu par cette alliance.
Il me semble donc important de ne pas oublier deux réalités.
1. La loi ancienne n’est pas devenue mauvaise et reste un chemin excellent pour découvrir le Messie, le Christ.
2. La loi ancienne demeure le berceau dont est issu le Christ et dans lequel il a annoncé l’Évangile de sorte que la compréhension de l’Évangile dans ce berceau qui reste celui des Juifs d’aujourd’hui reste essentielle pour notre compréhension chrétienne.
Ce n’est pas parce le peuple juif ne reconnaît pas le Christ, ce n’est pas parce que le peuple Juif a commis de nombreuses fautes (comme, hélas, tous les autres pécheurs dont nous sommes…), que l’Alliance conclue avec Abraham et Moïse aurait perdu de sa valeur.
Comme Jésus et les apôtres, le peuple juif fait le choix de s’attacher à l’Alliance d’Abraham et Moïse. Et, en cela, il fait bien et reste digne de louange. En cela, il continue à former le peuple élu par cette alliance.
Quelles que soient ses infidélités ou ses fautes ou ses obscurcissements, et même si nous espérons de tout coeur qu'il parviendra bientôt à rejoindre l'Alliance Nouvelle infiniment meilleure, le peuple juif d’aujourd’hui reste un témoin vivant de la fidélité à l’Alliance d’Abraham et Moïse que le Christ a pratiqué, ainsi que les apôtres et les premiers disciples.
@Gaudens
Merci, cher Gaudens, pour votre réflexion attentive.
Vous avez raison de rappeler qu’il y a bien eu une mise à l’écart des juifs qui ont rejeté le Christ et ce n’était pas nouveau car « leurs pères… ne sont pas restés dans mon alliance ; alors moi, je les ai délaissés, dit le Seigneur » (Hb 9, 9).
Mais, ce n’est pas le peuple élu de l’Alliance conclue avec Abraham et Moïse qui a été mis à l’écart. Cela ne concerne que « quelques unes » (Rm 11, 17) de ses branches.
Le chapitre 11 de l’épître de saint Paul aux Romains nous détaille tout un enseignement sur le peuple juif qui n’a pas accueilli le Christ et il commence par indiquer qu’il ne s’agit pas d’un rejet du peuple juif lui-même : « Je pose donc la question : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Pas du tout ! … Dieu n’a pas rejeté son peuple » (Rm 11, 1-2).
A-t-il coupé l’arbre ? Non, car « si la racine de l’arbre est sainte, les branches le sont aussi » (Rm 11, 16) A-t-il coupé toutes ses branches ? Non : « De ces branches, quelques-unes ont été coupées » (Rm 11, 17). Leur mise à l’écart est-elle définitive ? Non, elles restent sous la bénédiction de Dieu car « s’ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés car Dieu est capable de leur redonner leur place en les greffant. En effet, toi qui étais par ton origine une branche d’olivier sauvage, tu as été greffé, malgré ton origine, sur un olivier cultivé ; à plus forte raison ceux-ci, qui sont d’origine, seront greffés sur leur propre olivier » (Rm 11, 23-24).
Vous rappelez à juste titre l’épître aux Hébreux qui nous rappelle la Parole de Dieu qui dit « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle » (Hb 8, 8). Il s’agit bien ici de la Maison d’Israël et de la maison de Juda. Elle reste bien-aimée de Dieu.
En ce sens, malgré leur manque actuel de foi envers le Messie, les Juifs restent des branches saintes prêtes à être regreffées sur l’arbre d’origine qui n’a rien perdu de sa sainteté.
Si certains sont mis à l’écart par leur rejet du Christ et que d’autres demeurent seulement dans l’ignorance, les Juifs d’aujourd’hui ne cessent pas d’être des branches du peuple élu de l’alliance conclue avec Abraham et Moïse.
Nous sommes tellement dans la joie de la plénitude de l’Évangile qui accomplit et réalise si parfaitement les promesses faites à Abraham et Moïse, que nous risquons parfois d’oublier que l’amour du Créateur n’a pas commencé il y a seulement deux mille ans et que ses bénédictions du passé plus lointain ne perdent rien de leur valeur.
Aussi, l’enseignement de l’Église nous confirme que « L’Ancienne Alliance n’a jamais été révoquée » (Catéchisme, n° 21) et, dans sa lettre apostolique Evangelii Gaudium, le Pape François nous enseigne plus précisément que « Un regard très spécial s’adresse au peuple juif, dont l’Alliance avec Dieu n’a jamais été révoquée, parce que « les dons et les appels de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29). L’Église, qui partage avec le Judaïsme une part importante des Saintes Écritures, considère le peuple de l’Alliance et sa foi comme une racine sacrée de sa propre identité chrétienne (cf. Rm 11, 16-18). » (n° 247)
« Dieu continue à œuvrer dans le peuple de la première Alliance et fait naître des trésors de sagesse qui jaillissent de sa rencontre avec la Parole divine. Pour cela, l’Église aussi s’enrichit lorsqu’elle recueille les valeurs du Judaïsme. Même si certaines convictions chrétiennes sont inacceptables pour le Judaïsme, et l’Église ne peut pas cesser d’annoncer Jésus comme Seigneur et Messie, il existe une riche complémentarité qui nous permet de lire ensemble les textes de la Bible hébraïque et de nous aider mutuellement à approfondir les richesses de la Parole » (id., n° 249).
@Altior
Merci, cher Altior, pour ce partage qui nous rappelle cet enseignement important du pape Pie XII : « la mort du Rédempteur a fait succéder le Nouveau Testament à l'Ancienne Loi abolie ».
Il le confirme, d’ailleurs, un peu plus loin dans cette même encyclique : « Sur la croix, par conséquent, la Loi Ancienne est morte ».
Comment pourrions-nous oublier que la Nouvelle Alliance par le sang du Christ abolit et met donc à néant, sans application, les prescrits de l’Ancienne Alliance ?
Lorsque l’Assemblée Nationale vote une nouvelle loi différente d’une ancienne, la loi la plus récente écarte l’application de la plus ancienne. De même, lorsqu’un nouveau traité est conclu entre des nations, il implique nécessairement l'abrogation de toute disposition contraire plus ancienne.
Plus aucun chrétien n’envisage de restaurer la circoncision dans l’Église.
Alors, où se trouve la difficulté ?
Tous ceux qui entrent dans cette nouvelle alliance et qui forment un nouveau peuple élu depuis la résurrection du Christ d’entre les morts et la Pentecôte, vivent désormais de cette alliance nouvelle et non plus des prescrits de l’Ancienne Loi.
Il me semble que c’est ici que nous pouvons discerner la distinction essentielle.
Car une alliance, c’est deux ou plusieurs partenaires. Il s’agit ici d’une alliance entre Dieu et un peuple d’humains. L’alliance n’a aucun sens si on oublie qu’elle engage des partenaires. Ce qui se passe avec une alliance concerne des partenaires.
Si une loi nouvelle s’applique à un peuple nouveau, elle abroge la loi ancienne pour ce peuple nouveau, mais non pour tous ceux à qui cette loi nouvelle ne s’applique pas. Si une alliance nouvelle est conclue avec un peuple nouveau, elle abroge la loi ancienne pour ce peuple nouveau, mais non pour un autre peuple qui n’entre pas dans l’alliance nouvelle.
On entre dans l’alliance d’Abraham et de Moïse par la circoncision et l’adhésion à la Torah. C’est ainsi que se forme le peuple élu, le peuple juif.
On entre dans la nouvelle alliance créée par le sang du Christ par le baptême. C’est ainsi que se forme le nouveau peuple élu, l’Église.
Pour les Juifs qui ne sont pas entrés dans la nouvelle alliance, l’ancienne alliance subsiste. Pour eux, elle n’est ni morte, ni abolie. Cette ancienne alliance unit Dieu à un peuple. Le peuple élu par cette alliance.
Il me semble donc important de ne pas oublier deux réalités.
1. La loi ancienne n’est pas devenue mauvaise et reste un chemin excellent pour découvrir le Messie, le Christ.
2. La loi ancienne demeure le berceau dont est issu le Christ et dans lequel il a annoncé l’Évangile de sorte que la compréhension de l’Évangile dans ce berceau qui reste celui des Juifs d’aujourd’hui reste essentielle pour notre compréhension chrétienne.
Ce n’est pas parce le peuple juif ne reconnaît pas le Christ, ce n’est pas parce que le peuple Juif a commis de nombreuses fautes (comme, hélas, tous les autres pécheurs dont nous sommes…), que l’Alliance conclue avec Abraham et Moïse aurait perdu de sa valeur.
Comme Jésus et les apôtres, le peuple juif fait le choix de s’attacher à l’Alliance d’Abraham et Moïse. Et, en cela, il fait bien et reste digne de louange. En cela, il continue à former le peuple élu par cette alliance.
Quelles que soient ses infidélités ou ses fautes ou ses obscurcissements, et même si nous espérons de tout coeur qu'il parviendra bientôt à rejoindre l'Alliance Nouvelle infiniment meilleure, le peuple juif d’aujourd’hui reste un témoin vivant de la fidélité à l’Alliance d’Abraham et Moïse que le Christ a pratiqué, ainsi que les apôtres et les premiers disciples.
@Gaudens
Merci, cher Gaudens, pour votre réflexion attentive.
Vous avez raison de rappeler qu’il y a bien eu une mise à l’écart des juifs qui ont rejeté le Christ et ce n’était pas nouveau car « leurs pères… ne sont pas restés dans mon alliance ; alors moi, je les ai délaissés, dit le Seigneur » (Hb 9, 9).
Mais, ce n’est pas le peuple élu de l’Alliance conclue avec Abraham et Moïse qui a été mis à l’écart. Cela ne concerne que « quelques unes » (Rm 11, 17) de ses branches.
Le chapitre 11 de l’épître de saint Paul aux Romains nous détaille tout un enseignement sur le peuple juif qui n’a pas accueilli le Christ et il commence par indiquer qu’il ne s’agit pas d’un rejet du peuple juif lui-même : « Je pose donc la question : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Pas du tout ! … Dieu n’a pas rejeté son peuple » (Rm 11, 1-2).
A-t-il coupé l’arbre ? Non, car « si la racine de l’arbre est sainte, les branches le sont aussi » (Rm 11, 16) A-t-il coupé toutes ses branches ? Non : « De ces branches, quelques-unes ont été coupées » (Rm 11, 17). Leur mise à l’écart est-elle définitive ? Non, elles restent sous la bénédiction de Dieu car « s’ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés car Dieu est capable de leur redonner leur place en les greffant. En effet, toi qui étais par ton origine une branche d’olivier sauvage, tu as été greffé, malgré ton origine, sur un olivier cultivé ; à plus forte raison ceux-ci, qui sont d’origine, seront greffés sur leur propre olivier » (Rm 11, 23-24).
Vous rappelez à juste titre l’épître aux Hébreux qui nous rappelle la Parole de Dieu qui dit « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle » (Hb 8, 8). Il s’agit bien ici de la Maison d’Israël et de la maison de Juda. Elle reste bien-aimée de Dieu.
En ce sens, malgré leur manque actuel de foi envers le Messie, les Juifs restent des branches saintes prêtes à être regreffées sur l’arbre d’origine qui n’a rien perdu de sa sainteté.
Si certains sont mis à l’écart par leur rejet du Christ et que d’autres demeurent seulement dans l’ignorance, les Juifs d’aujourd’hui ne cessent pas d’être des branches du peuple élu de l’alliance conclue avec Abraham et Moïse.
Nous sommes tellement dans la joie de la plénitude de l’Évangile qui accomplit et réalise si parfaitement les promesses faites à Abraham et Moïse, que nous risquons parfois d’oublier que l’amour du Créateur n’a pas commencé il y a seulement deux mille ans et que ses bénédictions du passé plus lointain ne perdent rien de leur valeur.
Aussi, l’enseignement de l’Église nous confirme que « L’Ancienne Alliance n’a jamais été révoquée » (Catéchisme, n° 21) et, dans sa lettre apostolique Evangelii Gaudium, le Pape François nous enseigne plus précisément que « Un regard très spécial s’adresse au peuple juif, dont l’Alliance avec Dieu n’a jamais été révoquée, parce que « les dons et les appels de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29). L’Église, qui partage avec le Judaïsme une part importante des Saintes Écritures, considère le peuple de l’Alliance et sa foi comme une racine sacrée de sa propre identité chrétienne (cf. Rm 11, 16-18). » (n° 247)
« Dieu continue à œuvrer dans le peuple de la première Alliance et fait naître des trésors de sagesse qui jaillissent de sa rencontre avec la Parole divine. Pour cela, l’Église aussi s’enrichit lorsqu’elle recueille les valeurs du Judaïsme. Même si certaines convictions chrétiennes sont inacceptables pour le Judaïsme, et l’Église ne peut pas cesser d’annoncer Jésus comme Seigneur et Messie, il existe une riche complémentarité qui nous permet de lire ensemble les textes de la Bible hébraïque et de nous aider mutuellement à approfondir les richesses de la Parole » (id., n° 249).