Les Systèmes d’Échanges Locaux ( S.E.L. )

Écoles et doctrines - Économie politique - Politique monétaire - Comptabilité nationale
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Christophe
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Les Systèmes d’Échanges Locaux ( S.E.L. )

Message non lu par Christophe »

Dans cet article nous entendons présenter brièvement - comme nous l'avons déjà fait sur d'autres sujets - un système d’économie alternative apparu récemment : les SEL. La première partie - portant sur les origines des SEL -, s'inspire amplement de l'article intitulé " Brêve histoire du LETS " par Maria Puig de la Bellacasa et François Ducat.
- Systèmes d’Échanges Locaux ( SEL ) -
Un SEL est une association de personnes qui mettent des services, des savoirs et des biens à la disposition les unes des autres. Au sein de l'association - qui possède une dimension locale - les transactions sont réglées au moyen d'une unité d'échange propre à l'association. Souvent assimilée - à tord - avec le troc, l'économie séliste permet des échanges multilatéraux, asynchrones et asymétriques dont les modalités sont fixées de gré à gré par les contractants.

I. Origine des SEL

Même s’ils sont apparus récemment, les SEL sont les héritiers d’une longue histoire : celle des monnaies locales, courantes au Moyen Âge.

a - Sources théoriques

Il est généralement admis que c’est l’ouvrage de Silvio Gesell (1862-1930), L’ordre économique naturel, qui a conféré aux expériences de lancement d’une monnaie locale leur portée théorique. Gesell a donné sa doctrine à l’école dite de l’"économie libre" qui récuse la monnaie conventionnelle en raison de sa fonction double, instrument de circulation et de thésaurisation, qui oppose l’intérêt des acteurs à l’intérêt collectif. Dans le cadre d’une "économie naturelle", il conviendrait au contraire que l’intérêt égoïste de chacun concoure au bien commun. Il fallait donc - selon Gesell - redéfinir l’argent de telle sorte que les nantis aient avantage à s’en débarrasser, c’est-à-dire à la faire circuler. Les bénéfices attendus sont une accélération de l'activité économique, un accroissement de la demande de biens et un accès au crédit facilité.
En fait, Silvio Gesell "socialiste proudhonien et réformateur monétaire" n'a pas théorisé l'utilisation des monnaies locales... mais certaines personnes ont souhaité donner une réalité à son principe de "monnaie fondante" lors d'expérimentations à échelle locale.

b - Premières expérimentations

Ce fut notablement le cas pendant la crise des années 30, à l’initiative du maire de Wörgl, une petite ville du Tyrol autrichien. Celui-ci, voyant l’infrastructure de sa ville s’écrouler, le chômage et la pénurie s’étendre, décida de créer une monnaie locale dont la caractéristique principale était de se déprécier d’1% tous les mois ( pour qu’un billet reste valable un timbre devait être apposé au billet un jour donné de chaque mois ).
L’argent local se mit à circuler rapidement car les gens avaient tout intérêt à le dépenser, et devaient le faire localement, dans le seul circuit où il avait cours. En une seule année l’économie locale reprit du souffle et le nombre des chômeurs baissa considérablement. Wörgl devint un centre d’intérêt pour les économistes du monde entier. Mais, alors que d’autres communes autrichiennes s’apprêtaient à suivre son exemple, la Banque Nationale Autrichienne entreprit une action en justice et ce système d’économie alternative disparut en 1933.

c - LETS anglo-saxons

C'est en 1983, sur l’île de Vancouver au Canada, que naquit le premier LETS ( local exchange trading system ), sans aucune référence théorique. Michael LINTON, écossais vivant sur l'île touchée par la crise, frappé de voir autant de gens doués de savoir-faire, réduits à l’inactivité du fait d'un manque de liquidités, se mit en tête de rationaliser un autre moyen d’échange utilisé localement : le troc. Utilisant une monnaie locale - le dollar vert, conventionnellement équivalent au dollar canadien - pour leurs échanges, les adhérents au système pouvaient s'échanger biens et services tandis qu'un comptable enregistrait les transactions et tenait à jour les soldes des comptes. Cette première tentative échoua deux ans plus tard du fait de la perte de confiance des adhérents : en effet, un participant creusa une dette de plusieurs milliers de dollars verts.

d - Diffusion des SEL

L'idée se propage rapidement dans les pays anglo-saxons - notamment au Canada, en Australie et en Grande Bretagne - surtout après 1988, et la publication en Angleterre du livre " After the crash : the emergence of the rainbow economy " de Guy Dauncey.
Le premier SEL ( système d'échange local ) français a vu le jour en Ariège en Octobre 1994. Ce SEL prend en charge la traduction et la diffusion de l’Infopack (« SEL mode d’emploi » anglais). L'Infopack, l’engouement des médias, et l’enthousiasme des pionniers provoquent un développement rapide : on en compte aujourd’hui plus de 300 dans presque tous les départements de France.
La condamnation en 1998 par le Tribunal de Foix de trois adhérents du SEL Pyrénéen pour travail clandestin et utilisation de travailleurs clandestins freinera brutalement la propagation des SEL dans l'hexagone, en dépit de la relaxe des prévenus par la Cour d'Appel de Toulouse quelques mois plus tard.

II. Fonctionnement des SEL

a - Statuts de l'association

Les SEL sont des associations de type loi 1901 ( déclarées ou non en préfecture ). Parfois gérés par un conseil d'administration et un bureau, ils tendent de plus en plus souvent à être animés par un conseil d'animation. Une modeste contribution financière ( en euros ) est généralement exigée pour couvrir les frais de fonctionnement de l'association. Remarquons que chaque SEL est parfaitement autonome et libre de redéfinir les règles de fonctionnement interne.

b - Activités des SEL

Les SEL proposent à leurs adhérents d'échanger des biens et des services à l'aide d'une monnaie fictive - par exemple le grain de SEL - n'ayant cours qu'au sein de l'association. Afin de favoriser les rencontres et les échanges entre les membres, est publié régulièrement un catalogue qui récapitule les offres et demandes des adhérents et sont organisées des " bourses d'échanges ", sorte de marché séliste lors duquel toutes les transactions sont effectuées dans la monnaie locale. Ces bourses sont bien souvent l'occasion de rencontres conviviales entre les membres de l'association.

c - Système économique et monétaire séliste

Dans les SEL, les adhérents possèdent chacun un compte monétaire dont le solde est mensuellement calculé par le trésorier de l'association en fonction des transactions effectuées. Ces transactions et leur montant sont toujours fixées librement - " de gré à gré " - entre les deux contractants et un bon d'échange rempli par les deux parties permet l'enregistrement comptable de la transaction.
Tous les SEL n'ont pas la même approche de la création monétaire. Certains ne créent pas de monnaie, mais autorisent leurs membres à avoir des comptes négatifs ( c'est même une nécessité puisque la somme des soldes des comptes est alors nulle ) tandis que d'autres distribuent lors de l'adhésion et à d'autres occasions des unités de monnaie à leurs adhérents. Tous les SEL ont en revanche fixé des limites aux dettes de leurs adhérents : il peut par exemple être interdit d'avoir un compte dont le solde est inférieur à - 2000 grains et il est recommandé de ne pas quitter l'association avec un compte débiteur.

III. Esprit des SEL

Il est particulièrement ardu de s'essayer à synthétiser en quelques lignes l'esprit des SEL tant les idées et les aspirations des membres de ces associations peuvent être diverses. C'est néanmoins l'exercice auquel je me livre dans cette dernière partie.

a - Altermondialisme

Il est difficile de ne pas reconnaître dans les discours de promotion des SEL de très grandes affinités avec la mouvance dite " alter-mondialiste " et sa critique radicale du système économique moderne, capitaliste et libéral. Sont vilipendées, en vrac : la raréfaction de l'argent, l'accroissement des inégalités, la spéculation financière, l'endettement du tiers-monde... De même, à la société libérale est reprochée son individualisme facteur d'exclusion et la dérive économiste tendant à la mercantilisation - entre autres - des rapports humains.

b - Une économie transactionnelle

Partant du constat que tout le monde - sans exception - possède quelque chose - bien ou service - à proposer sur le marché, les SEL entendent créer de la valeur par la mise en adéquation de l'offre et de la demande. Toute transaction est par elle-même création de valeur. En aidant chacun à valoriser ce qu'il peut offrir et en favorisant l'émergence d'une économie de subsistance, ce système économique entend lutter contre l'exclusion et permettre à chacun de trouver une place dans la société.


J'espère par cette courte présentation avoir comblé l'ignorance de certains sur le sujet et, peut-être, provoquer une nouvelle discussion sur la question monétaire... ;-)

Que Dieu vous bénisse.
Christophe
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Christian
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Message non lu par Christian »

Excellente présentation, cher Christophe, d’un système entièrement fondé sur des transactions volontaires, donc libéral et capitaliste. ;-)

Nous ne pouvons que souhaiter son développement. Mais comme vous le montrez, l’opposition des hommes de l’Etat sera implacable.

Christian
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Christophe
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Message non lu par Christophe »

Christian a écrit :Mais comme vous le montrez, l’opposition des hommes de l’Etat sera implacable.
C'est effectivement le cas. A tord ou à raison, il est difficile pour l'Etat d'admettre qu'une frange de l'économie puisse échapper à son contrôle. Alors même que cette activité, sans l'existence des SEL, n'aurait vraissemblablement jamais existée.

Dominus tecum.
Christophe
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Message non lu par Olivier »

Oui, ce n'est pas encouragé par l'Etat, car contrairement à des echanges sur base monétaire, l'Etat ne peut pas prélever des impots.
C'est une économie qui échappe totalement à l'Etat!
gregory
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Message non lu par gregory »

En aidant chacun à valoriser ce qu'il peut offrir et en favorisant l'émergence d'une économie de subsistance, ce système économique entend lutter contre l'exclusion et permettre à chacun de trouver une place dans la société.
Pourtant,ce sont la des revendications qu'on pourrait appeller de gauche!N'importe quel elu de gauche entends lutter contre l'exclusion et s'opposerai a ce systeme des SEL!
C'est une prise de position completement illogique! :-x
Avant,avant lyon le melhor
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Message non lu par Olivier »

gregory a écrit :
En aidant chacun à valoriser ce qu'il peut offrir et en favorisant l'émergence d'une économie de subsistance, ce système économique entend lutter contre l'exclusion et permettre à chacun de trouver une place dans la société.
Pourtant,ce sont la des revendications qu'on pourrait appeller de gauche!N'importe quel elu de gauche entends lutter contre l'exclusion et s'opposerai a ce systeme des SEL!
C'est une prise de position completement illogique! :-x

Ca ne les arrange pas car c'est de l'autogestion, donc, ils joueraient aucun rôle!
gregory
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Message non lu par gregory »

Et ne toucheraient donc aucun impôts sur ce secteur de l'economie donc! :-x
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Message non lu par SETH »

gregory a écrit :Et ne toucheraient donc aucun impôts sur ce secteur de l'economie donc! :-x
Et donc, le SEL n'est donc pas du tout "selidaire"...
Renaud
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Monnaie créditiste, SEL créditiste

Message non lu par Renaud »

[ J'ai pris le parti de lier ce message à ce fil sur les SEL. Cf. également le fil sur le Crédit Social. | Fraternellement, Christophe. ]

Bonjour à qui lira

Peu dégourdi avec ce qui m'apparaît encore commes des "arcanes" de procédures de forum, je ne sais pas trop où il faut mettre les messages ni comment bien joindre tel ou tel en particulier "par l'intérieur du forum". J'ai envoyé plusieurs messages mais quelques chose a dû faire qu'ils n'ont sans doute pas aboutis, tant pis.

Mais trouvant que le sujet du Crédit Social est le plus important, et de loin, parmis les sujets socio-économiques, et qu'il est plus qu'urgent que les sociétés productives prennent, ou reprenent, leur contrôle sur la création monétaire, sujet bien trop sérieux pour être confié à des banquiers (Clémenceau avait dit la même chose des militaires au sujet de la guerre, qu'il gagna d'ailleurs) je voulais laisser cette information sur la formation toute récente d'une monnaie créditiste au Canada. Cette formation d'une monnaie locale est non soumise aux frais bancaires et financiers exorbitants, sûrement hors a loi, de toute façon éthiquement honteux et sordides, constituant une violence économique et qui empoisonne littéralement les rapports entre les hommes. Les faits parlent d'eux-mêmes au quotidien. C'est un signe (un de plus) très heureux d'une saine réaction devant le diktat bancaire qui étouffe la société. La situation des pays pauvres et très pauvres se passe de commentaire. Il faut agir tout simplement. Et laisser ce "minisyère de la parole" qu'on nous permet d'exercer, mais l'on dirait: à condition qu'il ne se passe jamais rien et que le contrôle de l'argent reste, de toute façon, dans les mêmes mains et surtout dirigé par les mêmes cerveaux (à moins, bien sûr, que ces derniers, touchés par la grâce du Saint-Esprit, changent d'avis).

Très cordialement à qui lira
Renaud

Voici, ci-dessous, ce que j'ai à répercuter:
------------------------------------------------------------------------------
Voici une explication sur l'argent local de Gramby

From: François Cright <francois@quebec-informatique.ca>
To: <bouellet2@hotmail.com>
Subject: texte
Date: Tue, 11 Oct 2005 17:27:51 -0400


Nous voyons depuis quelques années de plus en plus de monnaies locales voir le jour dans différents groupes ou localités pour pallier à la lacune de l’argent au pays. Il est parfaitement normal de voir cela quand nous voyons tous ces produits et services prêts à être consommés et notre capacité à produire plus ralentis par des quotas sur la production.

De plus, les gouvernements taxent de plus en plus la population, diminuant de cette façon le pouvoir d’achat du citoyen, et, en même temps, coupe de plus en plus dans les services publics (hôpitaux, scolaire, voirie, etc.).

Mais ou va donc tout cet argent si ce n’est pour le service des propriétaires du pays, c'est-à-die nous les canadiens? (Ndlr,alias: africains, asiatiques, latino-américains, européens, océaniens)

Pour avoir la réponse à cette question, nous devons retourner en 1913 sous la gouverne du premier ministre Robert Borden. À cette époque, entre Noël et le jour de l’an, alors que la plupart des députés étaient dans leurs familles, un petit groupe a cédé aux banques à chartes (banque de Montréal, CIDC, banque de Laurentienne, etc.) le pouvoir de fabriquer l’argent à la place du gouvernement du Canada, et ce, SANS RÉFÉRENDUM.

Donc, à chaque fois que les gouvernements, entreprises et particuliers ont besoin de finacement, ils doivent contracter un prêt avec intérêt d’une de ces banques à charte.

Alors, ou va cet argent?

Il sert à payer des intérêts sur une dette inconstitutionnelle, diminuant, à chaque dollar retourné, le pouvoir d’achat des héritiers du progrès.

C’est dans cette optique que l’Institut de Développement Social (IDS) a été fondé à Granby (Québec) le 1er septembre 2005 dans le but de faciliter les échanges de produits et services entre ses membres et des membres de plusieurs autres groupes d’échanges.

Il s’est fait sienne les théories du major C. H. Douglas, ingénieur écossais, qui, en 1917, a été madaté par la couronne d’Angleterre pour construire une route aux Indes. Au beau milieu des travaux, on lui ordonne d’arrêter la construction, non pas parce que les indiens n'en avaient plus besoin, non parce qu’il manquait de matériaux ou de main-d’œuvre, mais parce qu’il manquait de chiffres, d’argent. Après étude du système monétaire, il découvrit les lacunes de l’économie et proposa une solution qu’il nomma Crédit (argent) Social (à la société).

Le mode de fonctionnement pour l’IDS est simple : les membres évaluent les produits et services qu’ils peuvent offrir à la communauté, ensuite ils établissent un pourcentage qu’ils accepteront de cette monaie.

Exemple : pour produire un gâteau, nous avons besoins d’éléments que nous devons acheter avec de l’argent canadien, donc pour cette partie, la personne chargera en monnaie canadienne pour ces condiments et l’autre partie en Unités qui est le nom de la monnaie de l’IDS. Donc, la personne chargera un dollar canadien et une Unité pour son travail.

Plus il y aura de membres, plus le pourcentage d’Unités acceptées augmentera.

Ensuite, nous évaluons le nombre de produits et services payables en Unités à chaque mois et redistribuons ce montant à parts égales entre les membres sous forme de dividendes, de sorte qu’il y ait toujours un équilibre entre les produits et services et le montant d’Unités en circulation.

Selon statistique Canada, en 2004 si, au lieu d’emprunter le crédit aux banques à charte, le gouvernement aurait fabriqué cet argent selon le produit intérieur brut, chaque canadien, (Ndlr, alias, voir plus haut) de la naissance à la mort, aurait reçu 134 400,00 dollars comme héritage du progrès, et ce, sans enquête ni conditions.

Donc, le but des systèmes d’échange est simplement de pallier à cette lacune.

Nous vous souhaitons donc de profiter au maximum de cette opportunité qui nous est offerte.

Le comité exécutif de l’IDS.
Olivier
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Message non lu par Olivier »

Christian a écrit :Excellente présentation, cher Christophe, d’un système entièrement fondé sur des transactions volontaires, donc libéral et capitaliste. ;-)

Nous ne pouvons que souhaiter son développement. Mais comme vous le montrez, l’opposition des hommes de l’Etat sera implacable.

Christian

Je ne serais pas du tout contre ce principe, mais vous oubliez que le monpole de la monnaie comme échange, est du à l'Etat, car il est plus facile de payer les fonctionnaires en argent qu'en tonnes de blé!!!

Avec un tel systeme comme feriez vous pour assurer le fonctionnement de l'Etat?
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Message non lu par Christian »

Bonjour Olivier,
Je ne serais pas du tout contre ce principe, mais vous oubliez que le monpole de la monnaie comme échange, est du à l'Etat, car il est plus facile de payer les fonctionnaires en argent qu'en tonnes de blé!!!

Avec un tel systeme comme feriez vous pour assurer le fonctionnement de l'Etat?
Vous levez là un beau lièvre. En fait, à travers votre question, on découvre la différence entre les rapports pacifiques d’une société de marché et la coercition policière qui caractérise toute l’activité des hommes de l’Etat.

Explorons : Christophe, dans son exposé ci-dessus sur les SEL, nous explique l’harmonie du système : Ces transactions et leur montant sont toujours fixées librement - " de gré à gré " - entre les deux contractants et un bon d'échange rempli par les deux parties permet l'enregistrement comptable de la transaction. Nous sommes ici au sein d’une société douce.

Entrent les hommes de l’Etat. Leurs services font-ils l’objet de transactions de gré à gré ? Nullement. Les ‘services publics’ sont érigés en monopoles, on les paie par nos impôts, quelle que soit leur qualité, que nous les utilisions ou pas.

Le prix de ces services publics est-il fixé librement ? Que nenni. Non seulement vous êtes contraint de payer un montant arbitrairement fixé, mais vous n'avez aucun contrôle sur la destination de ce montant. Les cathos paient pour l’IVG, les écolos pour le nucléaire, les pacifistes pour l’armée, les célibataires sans enfant pour l’éducation nationale, et nous payons tous pour ces ‘sévices publics’ que sont les douanes, la brigade des stups ou les CRS.

Maintenant imaginons la société de marché que Christophe nous propose. Les profs vendraient volontiers leurs heures de cours contre des bons d’échange dans les magasins du quartier. Tous les parents veulent une bonne éducation pour leurs enfants. Tous paieraient. Et ma foi, s’il y a 10% d’élèves dont les parents ne peuvent absolument rien offrir en échange, ni travaux domestiques, ni gardiennage, qui sont grabataires, et bien, si les élèves sont sérieux, ils participeront aux cours comme les autres, non ? Si on fait le cours pour 20, on peut le faire pour 22.

Les policiers du quartier, pareil : des bons d’échange pour eux aussi. Et si par infortune, une ou deux familles ne pouvaient absolument pas en offrir, les policiers ne cesseraient pas de patrouiller la rue où ils voisinent avec de bons clients.

Voilà comment l’Etat fonctionnerait dans une société de marché, avec des SEL, ou avec quelques solides monnaies émise par quelques banques mondiales sérieuses, ou avec de l’or.

Ah oui, j’oubliais. Les profs endormeurs ou trop souvent absents, les policiers auteurs de bavures, ne trouveraient personne pour acheter leurs services. C’est ainsi. La société de marché est une société juste. Les hommes de l’Etat préfèrent à cette justice les statuts et les privilèges. Par exemple, l’emploi à vie qui les dispense de rendre service pour être payés.

Cordialement

Christian




Le libéralisme, ce n'est pas la solitude, c'est la seule vraie société : celle où des individus libres coopèrent, simplement parce qu'ils ont tous à y gagner ; celle où, réunis en groupes solidaires, ils n'y sont jamais prisonniers.
Jabial (pseudo d’un intervenant sur un forum comme celui-ci)
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Message non lu par Christophe »

Cher Christian
Christian a écrit :Maintenant imaginons la société de marché que Christophe nous propose.
Je n'ai fait que présenter. Je précise qu'à titre personnel, je ne propose pas la généralisation du système seliste à toute l'économie. Je vois un double intérêt au SELs : être des laboratoires d'expériences d'alternatives économiques ; développer certains pans de l'économie qui - sans eux - resteraient en friche. Nous pouvons débattre du rôle de l'état, de ses prérogatives et de son financement, mais je n'en ai jamais nié ni le principe, ni la légitimité d'une puissance publique.

Bien à vous
Christophe
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Message non lu par Christian »

Cher Christophe,
je ne propose pas la généralisation du système seliste à toute l'économie. Je vois un double intérêt au SELs : être des laboratoires d'expériences d'alternatives économiques ; développer certains pans de l'économie qui - sans eux - resteraient en friche. Nous pouvons débattre du rôle de l'état, de ses prérogatives et de son financement, mais je n'en ai jamais nié ni le principe, ni la légitimité d'une puissance publique.
Je suis bien conscient de votre attachement au rôle disciplinaire des hommes de l’Etat. Vous voulez même l’étendre dans certains domaines, si j’en juge par votre projet de programme politique. Nous différons sur ce point.

En revanche, accord sans réserve sur le rôle des SELs. Ils sont une alternative à l’économie administrée ; ils facilitent les échanges de proximité (et même, via internet, les transactions entre étrangers). Tout ce qui autonomise les personnes et favorise leur « doux commerce », comme écrivait Montesquieu, est bon à prendre.

Cordialement

Christian



L’abolition des barrières douanières entre les peuples servirait mieux la cause de la paix dans le monde qu’une union politique entre ces mêmes peuples que sépareraient encore des restrictions au commerce.
Frank Chodorov
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Message non lu par Paul Nollen »

Vous trouvez un portal en neuf langues a

http://www.complementarycurrency.org/cc ... rldmap.php

Meilleur salutations


Paul
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Qui enim habet, dabitur ei, et abundabit; qui autem non habet, et quod
habet, auferetur ab eo.
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Message non lu par Wistiti »

Tout ce qui autonomise les personnes et favorise leur « doux commerce », comme écrivait Montesquieu, est bon à prendre.
Tant qu’il n’y a pas de sangsues dessus.

Au moins, même si on n’embarque pas dans ça, en cas de crise économiques, il y aura des monnaies d’échanges afin d'éviter de faire la guerre entre nous, pour avoir notre pain quotidien.
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)
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