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"J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 16:07
par La Chartreuse
"J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."
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Cette phrase est terrible; c'est sa fête, et le seul sentiment qui hante son Cœur c'est la peur, l'angoisse; cette plainte montre de façon stupéfiante la méchanceté de mon cœur.

Est-ce bien au travers de ces yeux remplis de larmes, de ce Cœur torturé que je juge les festivités de Noël qui m'entourent ?

Ma mollesse n'a-t-elle pas réussi à me faire penser que c'est normal, après tout, que les gens se réunissent pour des soupers, échangent des cadeaux, se procurent de beaux vêtements… tout cela dans l'oubli de celui qui est venu dans l'humiliation pour le salut de tous.

Il n'y a rien d'heureux en ce temps de Noël, rien qui mérite mon estime, hormis cet Enfant adorable, le reste fait partie des coups qu'on lui porte: grave bien cela dans ton âme D…., et quand tu verras les tiens dans cette euphorie de Noël, dans ces mondanités de toutes sortes, de ce luxe de cadeaux, demande pardon à Jésus et pleure avec lui en ce jour si triste où l'homme se sert d'une fête si sainte pour satisfaire ses vanités les plus coupables.

Ce n'est que la méditation continuelle de la souffrance inouïe de Dieu qui pourra détacher ton esprit de tout et te faire trouver amertume là où le monde trouve sa joie.
Le Père Louis de Grenade disait :

" Le jour de Noël, ils s'assiéront près de tables chargées de nourriture et ils riront, ils joueront, ils chanteront, ils jureront se parjureront, et le vin aidant, ils en viendront à se disputer, s'injurier, et à élever contre le ciel une voix sacrilège…voilà la fête à laquelle ils accourent en foule. Célébrez-les, vous mes frères, avec piété avec dévotion et avec larmes ; célébrez-les par des louanges, par une joie spirituelle, par des actions de grâces, par la considération des bienfaits que le ciel vous accorde en ces jours ; célébrez-les enfin en distribuant aux pauvres d'abondantes aumônes"

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 17:44
par Ora pro nobis
Comme vous le savez tous, la date de mon anniversaire approche. Tous les ans, il y a une grande célébration en mon honneur et je pense que cette année encore cette célébration aura lieu.

Pendant cette période, tout le monde fait du shopping, achète des cadeaux, il y plein de publicité à la radio, dans les magasins et tout cela augmente au fur et à mesure que mon anniversaire se rapproche.

C'est vraiment bien de savoir, qu'au moins une fois par an, certaines personnes pensent à moi. Pourtant, je remarque que si au début les gens paraissaient comprendre et semblaient reconnaissants de tout ce que j'ai fait pour eux, plus le temps passe, et moins ils semblent se rappeler la raison de cette célébration. Les familles et les amis se rassemblent pour s'amuser, mais ils ne connaissent pas toujours le sens de la fête.

Je me souviens que l'année dernière il y avait un grand banquet en mon honneur. La table de la salle à manger était remplie de mets délicieux, de gâteaux, de fruits et de chocolats. La décoration était superbe et il y avait beaucoup de magnifiques cadeaux emballés de manière très spéciale.

Mais, vous savez quoi? je n'étais pas invité ... J'étais, en théorie l'invité d'honneur, mais personne ne s'est rappelé de moi et ils ne m'ont pas envoyé d'invitation. La fête était en mon honneur, mais quand ce grand jour est arrivé, on m'a laissé dehors, et ils m'ont fermé la porte à la figure... et pourtant moi, je voulais être avec eux et partager leur table.

En réalité, je n'étais pas surpris de cela car depuis quelques années, toutes les portes se ferment devant moi.

Comme je n'étais pas invité, j'ai décidé de me joindre à la fête sans faire de bruit, sans me faire remarquer. Je me suis mis dans un coin, et j'ai observé. Tout le monde buvait, certains étaient ivres, ils faisaient des farces, riaient à propos de tout. Ils passaient un bon moment. Pour couronner le tout, ce gros bonhomme à la barbe blanche est arrivé, vêtu d'une longue robe rouge, et il riait sans arrêt: « ho ho ho ! ». Il s'est assis sur le sofa et tous les enfants ont couru autour de lui, criant« Père Noël, Père Noël! », comme si la fête était en son honneur!

A minuit, tout le monde a commencé à s'embrasser, j'ai ouvert mes bras et j'ai attendu que quelqu'un vienne me serrer dans ses bras ... et vous savez quoi? ... personne n'est venu à moi.

Soudain, ils se sont mis à échanger des cadeaux. Ils les ont ouverts, un par un, avec grande excitation. Quand tout a été déballé, j'ai regardé pour voir si, peu être, un cadeau était resté pour moi. Qu'auriez-vous ressenti si, le jour de votre anniversaire, tout le monde s'échangeait des cadeaux et que vous n'en receviez aucun?

J'ai enfin compris que je n'étais pas désiré à cette soirée et je suis parti silencieusement.

Tous les ans ça s'empire. Les gens se rappellent seulement de ce qu'ils boivent et mangent, des cadeaux qu'ils ont reçus, et plus personne ne pense à moi. J'aurais voulu pour la fête de Noël, cette année, que vous me laissiez rentrer dans votre vie. J'aurais souhaité que vous vous rappeliez qu'il y a plus de 2000 ans de cela, je suis venu au monde dans le but de donner ma vie pour vous, et en définitive, pour vous sauver
.
Ce texte m'a été envoyé par M. L. H. Rémy

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 18:23
par coeurderoy
Sans commentaires : Le Verbe Incarné n'a pas méprisé les humbles joies humaines : à Cana il s'est assis près des mariés, les a consolés de sa présence, leur procurant aussi le vin qui manquait !
Mes aieux fêtaient Noël dans la Joie et l'Humilité des Pauvres : au retour de la Messe de Minuit, dégustation de gaufres préparées par mon grand-père, et l'on sait que les grands, qui pouvaient fêter Noël dans l'abondance d'un repas de fête, ouvraient souvent leur table aux plus démunis car, comme le dit une très belle complainte ancienne "Jésus-Christ s'habille en pauvre..."
Je comprends que la grande bouffe païenne aie de quoi dégoûter les Chrétiens mais sachez que même les Trappistes ont droit, après les offices de la Nuit sainte, à un petit réveillon avec quelques plats sortant de l'ordinaire et il est juste que notre corps participe aussi à la fête !

C'est pourquoi je trouve votre triste commentaire fleurant son calvinisme à plein nez très loin de la Vraie Joie de Noël...
In Christo !

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 18:51
par La Chartreuse
Bonjour,

La description de Noël par vos aieux est la description du véritable esprit de Noël.

Moi, je parle de ce qui se passe sous nos yeux, dans la quasi-majorité des familles.

Pour les Trappistes, les Carmélites avaient le jour de Noël des petits spéciaux à la table,

Ça c'est Noël, ça c'est joyeux et merveilleux.

Jamais, on ne me fera croire que Noël consiste dans la grande bouffe, dans la danse, dans les dépenses honteuses pour des cadeaux hors de prix... l'esprit de Noël ne demanderait-il pas un coupage de dépenses et une plus grande offrandes pour les pauvres?

Jamais je ne verrai dans des gens qui s'enivrent en ce jour saint l'esprit de Noël.

Votre accusation de "calvinisme" allez la porter au Bienheureux Louis de Grenade
" Le jour de Noël, ils s'assiéront près de tables chargées de nourriture et ils riront, ils joueront, ils chanteront, ils jureront se parjureront, et le vin aidant, ils en viendront à se disputer, s'injurier, et à élever contre le ciel une voix sacrilège…voilà la fête à laquelle ils accourent en foule. Célébrez-les, vous mes frères, avec piété avec dévotion et avec larmes ; célébrez-les par des louanges, par une joie spirituelle, par des actions de grâces, par la considération des bienfaits que le ciel vous accorde en ces jours ; célébrez-les enfin en distribuant aux pauvres d'abondantes aumônes ( Deuxième sermon sur la Nativité)
Si voir la réalité , comme il la vue et prêché est du calvinisme, alors moi je suis un extra-terrestre... et est-ce bien ce texte qui vous fait réagir de façon si incompréhensible ou l'étiquette fausse posée sur mon front : SÉDÉVAC ?

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 20:01
par jeanbaptiste
Si voir la réalité , comme il la vue et prêché est du calvinisme, alors moi je suis un extra-terrestre... et est-ce bien ce texte qui vous fait réagir de façon si incompréhnesible ou l'étiquette fausse posée sur mon front : SÉDÉVAC ?
Non, je ne crois pas que ce soit l'étiquette. Tout simplement, en lisant votre texte, on ne voit que tristesse et condamnation. Noël devient un temps de retrait et de méditation sur la seule souffrance du Christ pour compenser les folies du monde. Au final la manière dont est vécu Noël est malgré tout déterminé par le monde à l'intérieure d'une posture moralisante qui consiste à se concentrer sur le mal du monde pour mieux s'autoglorifier (MOI je médite sur la souffrance, et uniquement la souffrance, du Christ à Noël, pas comme VOUS).

Non pas une critique du rapport du monde à Noël ; non pas une parole joyeuse sur Noël ; mais une parole triste sur Noël dans la seule comparaison avec le monde.

Dans ce texte le mal s'invite à Noël, sous les traits de ce qui est condamné, certes, mais il s'invite quand même. Au moment de Noël il faudrait tout faire pour ne pas qu'il soit là : prier le Christ, être joyeux, et ouvrir les bras à tout le monde, que ce soit un pauvre sur le plan matériel, ou un pauvre sur le plan spirituel (consommateur et consommé par le monde).

Lorsque nous jeunons il ne faut pas faire mauvaise mine, car le jeune est joie et amour. À Noël, ne passons pas notre temps à gémir sur la consommation de masse, car Noël est joie et amour. Tomber dans le désespoir, et l'orgueil du désespoir, n'est jamais bon.

Voilà ce que j'entends en lisant ce ou ces textes (je ne sais pas trop de ce qui est de vous et non de vous là-dedans), ou extraits de textes, et ce qui me fait comprendre la remarque de Cœurderoy.

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 21:03
par La Chartreuse
Bonjour,

Cette pensée de Noël, au risque de me répéter est basée sur celle du Bienheureux Louis de Grenade.

Je ne suis pas à ce point bête pour ne pas comprendre que Noël est la Fête de la joie, l'aurore de la Rédemption. Même les anges en cette nuit sainte chantèrent leur joie dans le Gloria.

Je ne suis pas d'accord avec vous en disant que la méditation des souffrances et humiliations de l'Enfant-Dieu soit une concentration sur le mal du monde en vue d'une autoglorification.

Et vous, souffrez-vous d'autoglorification en accueillant les bras ouverts à tout le monde, que ce soit un pauvre sur le plan matériel, ou un pauvre sur le plan spirituel (consommateur et consommé par le monde)? Quant à ouvrir notre coeur aux deux pauvretés, je suis bien d'accord avec vous... mais est-ce vraiment cela qui se passe? Est-ce que trop souvent la pauvreté des consommateurs consommés par le monde, n'occupe-t-elle pas toute la place?

Est-ce bien le sens de Noël que le jugement téméraire, car que savez-vous de moi?

En lisant les évangiles, vous trouverez cette souffrance et humiliation à côté de la joie sainte.

Je ne dis à personne de célébrer Noël en méditant la souffrance de Notre-Seigneur. Si l'on constate un mal, on peut choisir les remèdes qui nous conviennent le mieux pour tenter une guérison.

Désirer ne pas se laisser emporter par le tourbillon est en fait une prévention, car saint Paul dit : que celui qui est de bout prenne garde ne pas tomber.Il est si facile à notre nature de se laisser aller. veillez et priez afin de ne pas entrez en tentation , Noël n'est pas exclue de cette sentence de Notre-Seigneur.

La joie véritable est avant tout spirituelle, l'autre joie est éphémère.

Bonne soirée

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 21:04
par coeurderoy
Oui, j'ai réagi un peu vivement : Louis de Grenade, mystique dominicain du XVI ème vise certainement les beuveries et débordements qui existaient déjà à l'époque...On sait que Noël était particulièrement populaire auprès des simples (les bergers devaient se sentir si fiers de leurs lointains ancêtres...), et les réjouissances populaires (ou aristocratiques car la Renaissance était peu bégueule !) peuvent dégéner facilement, le vin aidant ( ah ! les fameuses Trois Messes Basses du bon Daudet...).
Mais c'est plutôt la tristesse émanant de cette intervention qui m'afflige c'est vrai : on sait que la Croix n'est jamais loin de la Crèche et que le Jour des Saints Innocents suit de bien près la Nuit de la Nativité. Je suis triste moi aussi d'entendre "Joyeuses Fêtes" au lieu de "Joyeux Noël", mais ce n'est pas en boudant notre Joie qu'on réjouit le Coeur de Dieu : un bon réveillon avec famille, amis, gens isolés qu'on aura pensé à inviter est un moment de grâce : il y a un temps pour prier, un temps pour manger, un temps pour servir, un autre pour se reposer car une corde trop tendue finit un jour par se briser...

Bonne et Sainte Fête de Noël à toutes et tous !

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 22:17
par jeanbaptiste
Chère Chartreuse, je me joins à Cœurderoy lorsqu'il dit :
Mais c'est plutôt la tristesse émanant de cette intervention qui m'afflige c'est vrai
Je ne doute pas que vous ayez conscience de la joie de Noël, j'en doute d'autant moins que dans votre précédente réponse à Cœurderoy vous faites très justement référence à ce "véritable esprit de Noël".

Je ne doute pas non plus de la beauté et de la justesse des propos du Bienheureux Louis de Grenade.

C'est précisément pour ces raisons que :

1) j'ai commencé mon discours en me concentrant sur votre texte : "en lisant votre texte". Je ne voulais pas préjuger de votre rapport intime à Noël, aussi me suis-je contenter de parler du texte et de sa présentation que vous nous avez soumis.

2) j'ai bien précisé que j'avais conscience qu'il s'agissait là d'extraits d'un texte, ne sachant même pas clairement ce qui était de vous et ce qui était de Louis de Grenade (il faut absolument que vous citiez avec plus de rigueur et n'utilisiez pas les guillemets et les balises "quote" de manière aussi aléatoire), ce qui ne facilite pas la contextualisation du discours.

Le but de mon intervention n'était pas de condamner votre rapport intime à Noël que je ne connais pas, et sur lequel je n'ai aucun préjugé, mais d'expliquer en quoi je comprenais la remarque de Cœurderoy et en quoi il ne s'agissait nullement d'une remarque liée au fait que vous soyez "sédévac'".

Aussi je vous prie d'accepter mes plus sincères excuses, constatant que mon intervention vous fut blessante.

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : sam. 19 déc. 2009, 22:24
par Invité
Dans la Bible l'abondance est une bénédiction de Dieu. Peut être je me trompe mais aujourd'hui Noël est plus une fête en famille, le réveillon dansant et tout ce style c'est plus pour le nouvel an.
Quand je vois des personnes qui s'appliquent dans le choix des cadeaux en pensant à celui qui va le recevoir ; quand je vois toutes les personnes qui donnent de leur temps, de leur argent pour que certains puissent fêter Noël ; quand je vois dans les paroisses tout le dévouement pour qu'il y ait un beau concert, une belle veillée, une belle messe ; certaines traditions par exemple du loto de Noël où la cagnotte allait aux pauvres et qui est un moment de communion avant la messe de minuit et si le loto n'était pas fini pour minuit, on attendait à l'église les joueurs ; les chocolats chaux qui se sont multiplier pour prolonger la célébration…
Tout cela doit réjouir le Seigneur Jésus. Sans parler des millions de personnes qui se sont senties meilleures en écoutant la pastorale des santons de Provence.

Peut-être que je fais un peu le ravi et vous pourrez me répondre « hey ! tu ne t'es pas fatigué »…

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : dim. 20 déc. 2009, 17:31
par La Chartreuse
coeurderoy a écrit : on sait que la Croix n'est jamais loin de la Crèche et que le Jour des Saints Innocents suit de bien près la Nuit de la Nativité. Je suis triste moi aussi d'entendre "Joyeuses Fêtes" au lieu de "Joyeux Noël",
Bonjour,

Très belle et profonde pensée!

Merci !

Un saint Noël à vous .

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : dim. 20 déc. 2009, 17:36
par La Chartreuse
jeanbaptiste a écrit :
2) il faut absolument que vous citiez avec plus de rigueur et n'utilisiez pas les guillemets et les balises "quote" de manière aussi aléatoire), ce qui ne facilite pas la contextualisation du discours. .
Bonjour,

Oui, chef !!!!!!

La prochaine fois, je ferai attention pour bien cité!

Merci

Re: "J'ai peur des coups qu'on va me porter cette nuit."

Publié : dim. 20 déc. 2009, 17:38
par La Chartreuse
touriste a écrit : Peut-être que je fais un peu le ravi et vous pourrez me répondre « hey ! tu ne t'es pas fatigué »…
Bien vu ! :)