Bonjour !
pour vous départager je dois dire que ni la chapelle des Pénitents, ni celle des Dominicains de Montpellier ne sont à mon goût (je n'apprécie ni le kitsch guimauve ni les les églises-salles d'expos...). J'exagère pour les Pénitents... ce n'est pas kitsch mais vraiment très, très chargé non ? De toutes façons cela convenait sans doute parfaitement, à une époque donnée, à une certaine piété, mais ces statues de plâtre sont peu artistiques et Dieu a droit "au meilleur". Bien sûr il faudrait se trouver "in situ" pour vérifier une qualité de prière, de lumière bref un certain génie du lieu. Pour la chapelle dominicaine...bon ça m'a l'air très froid, mais je me trompe peut-être ? Les vitraux me laissent...de glace et la toile près de la statue de Marie m'importunerait je crois...En tout cas j'aime beaucoup l'avatar de Fée Violine : peut-être que l'ensemble de ce couvent lorsqu'on le découvre correspond à l'esprit dominicain ?
Il me semble qu'un lieu de prière ne devrait pas entrainer des émotions ou sentiments de répulsion, de tristesse, d'angoisse, de honte...
Entre l'archéologisme "Contre-Réforme point barre" (rien de postérieur a telle époque, y compris le...style des sermons), les chapelles fleurant la dévotionnette quasi magique et les halls béton-brut-de-décoffrage-parkings souterrains, il doit y avoir tout-de-même une possibilité pour les artistes chrétiens de continuer à exprimer le Sacré "en phase" avec la Tradition la plus noble et les techniques artistiques et la spiritualité de leurs contemporains (qui ont le droit de ne pas être celles de la comtesse de Ségur ou du Corbusier...).
Ceci dit, le "miracle" c'est que, même en des lieux enlaidis par une piété frivole et bavarde ou par une esthétique "chambre-à-gaz", il m'est arrivé de pouvoir prier devant la Présence Incréée !
Cordialement !
P.S : l'inauguration du nouveau vitrail à St Antoine a eu lieu hier. Emouvant de participer à cette bénédiction dans un lieu où Jeanne d'Arc communia lors de son séjour à Compiègne (elle fut hébergée, lors de son premier passage, en 1429, à 50 mètres environ de cette église).
Je n'ai pas encore d'informations précises sur l'artiste ayant fourni le carton (mais en aurai dès mardi). Il a su faire preuve d'humilité et de bon sens : contrairement à certains "kaléidoscopes" que sont certaines églises - cathédrale de Metz par ex -devenues présentoirs d'artistes connus, ici l'harmonie colorée et le style même de cette oeuvre toute récente s'intègrent avec beaucoup de bonheur à l'ensemble des vitraux du déambulatoire.
Jeanne est représentée au moment où elle vient d'expirer, la tête penchée sur la poitrine (repris d'un témoin oculaire) et sa position fait penser à celle du Christ venant de rendre son dernier souffle.
Au premier plan des assistants, une petite fille tenue à la main par son père, se retourne, le visage durci par la peur, pour ne pas voir le feu qui commence à embraser le bûcher. Un petit bouquet de fleurs jonche le sol : voulait-elle l'offrir à la Pucelle et en-a-t-elle été empêchée ? (des hommes d'armes, dos à l'échafaud, forment une barrière entre le peuple et la sainte).
Je m'attendais à des tons plus...rougeoyants et il y a pas mal de bruns : le registre terrestre est assez sombre, en revanche dans le Ciel, apparait une représentation traditionnelle de Dieu sur l'orbe terrestre (inspirée je crois du Maître de Moulins), encadré de deux anges : tout est accompli...
Il est beau que notre ville de Compiègne, jalon capital du calvaire de Jeanne (sa capture ici date du 23 mai 1430) ait désormais une image, bénie solennellement, parachèvant un cycle inauguré voici un siècle et offrant à la méditation des fidèles le témoignage de Foi et l'apothéose de cette martyre...
Comme le disait l'abbé Marc Depecker, curé du lieu, aux enfants présents "si vous revenez dans soixante-dix ans avec vos petits-enfants, vous pourrez dire : "j'étais présent à la bénédiction du vitrail !"
