Paroles fortes du Cardinal Danneels
Publié : dim. 17 janv. 2010, 18:17
Le départ du Cardinal Danneels mérite d'être salué après 30 ans d'épiscopat difficile dans une société belge très pluraliste et multiculturelle.
Certains mettent en avant sa grande douceur. Mais, pour soutenir la foi, cette douceur a pu souvent rappeler avec fermeté le coeur de la foi.
Sa dernière homélie de Pâques est particulièrement forte sur la résurrection. Je la reproduis ci-dessous.
Bruxelles – Cathédrale saints Michel et Gudule Pâques 12 avril 2009
Frères et soeurs,
Sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité !
Oui, il est vraiment ressuscité ! Christ est ressuscité. Oui. Mais nous ? Est-ce que nous avons nous aussi quelque chose à attendre au-delà de la mort ? Où irons nous ? Et notre corps qu’en adviendra-t-il ?
Un jour à Athènes saint Paul prêchait sur la place publique – l’Aréopage – devant l’élite intellectuelle de cette grande ville de l’antiquité. Il annonçait le Christ. Tous l’écoutaient attentivement, jusqu’au moment où Paul commença à parler de la résurrection des corps. « Mais », disent les Actes des Apôtres : « Au mot de’ résurrection’ des morts, les uns se moquaient, d’autres déclaraient :’nous t’entendrons là-dessus une autre fois’ ». (Actes 17,31s). Pour les Grecs c’était en effet inacceptable : comment ce corps de chair, une fois passé par la mort et voué à la corruption, pourrait-il revivre ? Est-ce qu’il y a une chose plus périssable qu’un corps mort ? Tous peuvent constater comment ce corps s’en va en poussière. « Non, Paul », disent les Corinthiens, « il est insensé ton message sur la résurrection des corps. Tu perds la raison ».
Mais Paul affirme et réaffirme que si Jésus est ressuscité d’entre les morts, nous aussi nous ressusciterons en Lui et avec Lui et cela avec notre corps. Celui-ci n’est pas voué à la destruction mais à une vie éternelle. Ce qui est arrivé au Christ, Dieu le réserve aussi à nous tous.
Pourquoi ? Par le baptême, nous avons été unis au Christ dans son mystère de mort et de résurrection. En effet « Ignorez-vous donc » dit Paul aux Romains, « que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême dans sa mort, nous avons été ensevelis avec lui, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions aussi une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection » (Rm 6, 3-5).
Ce message de l’apôtre a traversé les siècles jusqu’à nous. Et l’Eglise continue à l‘annoncer au monde entier. Jamais on n’avait affirmé qu’un mort fût ressuscité. Quel courage et quelle audace ont eu les apôtres pour porter ce message ‘incroyable’ – il faut le dire !- dans tout le bassin méditerranéen, et jusqu’au coeur du palais de l’empereur à Rome ! Car les apôtres savaient comment le Christ fut condamné, flagellé et couronné d’épines et comment il était mort sur une croix entre deux brigands. Marie sa Mère et quelques femmes avec l’apôtre Jean, n’étaient-ils pas sous la croix et n’ont-ils pas vu comment il est mort après un grand cri ?
Les autres s‘étaient barricadés dans la salle haute par peur des Juifs. Et lorsque quelques femmes, le matin de Pâques avant la levée du jour, étaient venues leur annoncer que le tombeau était vide, ils n’y croyaient guère. « Aux yeux des apôtres », écrit Luc, « ces paroles leur semblaient du délire et ils ne croyaient pas les femmes » (Luc 24,11). Ce n’est que lorsque Pierre et Jean, ayant couru vers le tombeau, avaient constaté que celui-ci était vide, les bandelettes mis à part et le linceul qui avait recouvert sa tête roulé avec soin, que Jean commença à croire : oui, il était ressuscité. (cfr. Jn 20,7ss).
Etrange message sur une personnalité aussi étrange. Qui était-il ? Déjà au cours de sa vie, combien de fois Jésus n’avait-il pas surpris et étonné ses disciples et les foules par ses paroles et par ses miracles. Les autorités l’avaient déclaré fou ou accusé de blasphème. Même sa mort sur une croix posait question : le Messie pouvait-il finir sur une croix entre deux malfaiteurs ? Puis ressusciter et se montrer à ses disciples ? Vraiment cet homme n’a cessé d’être une énigme. Jusqu’ à ce jour.
Mais ce n’est pas tout. Ce même Jésus affirme que nous, nous aussi, nous ressusciterons en lui et avec lui. Et avec notre corps. Paul dit dans sa lettre aux Corinthiens que, si le Christ ressuscite, nous aussi nous ressusciterons. Mais les Corinthiens ne tardèrent pas, évidemment, de répliquer à Paul : « Mais comment nos corps vont-ils ressusciter. Avec quel corps reviennent-ils ? » (1 Co 15,35). Bref, de quoi aurons-nous l’air avec ce corps ressuscité ?
Question incongrue, répond Paul. Et de tirer immédiatement une comparaison avec ce qui se passe dans la nature. Regardez bien Corinthiens, « Quand tu sèmes, cela ne prend vie qu’à condition de mourir » (1 Co 15,36). Ou pour le dire dans notre langage d’aujourd’hui, si vous voulez avoir des fleurs dans votre jardin, que faites-vous ? Vous allez acheter de la semence. Et de quoi a-t-elle l’air cette semence ? Elle est petite, brune, lisse. En tout cas, elle ne ressemble en rien à la fleur qui va en sortir. Heureusement que la photo se trouve sur le sachet, sinon vous ne sauriez jamais ce que vous avez semé. Et la graine que vous mettez en terre, il faut qu’elle meure pour germer. Mais la tige pousse et produit sa fleur. Oui, sa propre fleur à elle. Celle-ci ne ressemble en rien à la graine que vous avez jetée en terre. Morphologiquement il n’y aucune ressemblance. Mais il n’empêche que c’est bien la fleur de cette semence et pas d’une autre. Ainsi en va-t-il avec notre corps : il meurt et est métamorphosé à travers la mort en un corps spirituel.
Le corps que nous portons maintenant, c’est la semence : elle passe par la mort et devient la fleur qu’est notre corps spirituel, ressuscité. Celui-ci est vraiment notre corps à nous – ce corps que nous avons porté durant toute notre vie. Mais il n’y ressemble pas : il est spirituel. Nous voici au coeur du message chrétien : l’affirmation de notre résurrection corporelle. Scandale et non-sens pour ceux qui n’ont pas la foi. Pierre d’achoppement pour la raison et pour le bon sens. Mais pour ceux qui ont reçu la grâce de croire : suprême joie et bienheureuse espérance. Depuis le premier matin de Pâques, l’Eglise n’a cessé de le dire et de le redire. Et aujourd’hui, en ce jour de Pâques, je vous le redis : Christ est ressuscité et nous, en lui en avec lui, nous ressusciterons à notre tour. Nous sommes déjà ressuscités par le baptême, mais cela reste caché jusqu’au jour où le Ressuscité reviendra sur la terre. Tout est déjà donné depuis notre baptême. Cette nuit, cent cinquante catéchumènes adultes ont été baptisés en notre pays et soixante dans notre seul archidiocèse. Le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse d’augmenter d’année en année.
Ils sont de toutes langues, races et couleurs. L’Eglise jubile de joie en ce jour de Pâques à cause de ces nouveaux frères et soeurs dans la foi, qu’elle a accueillis dans son sein.
Plus encore : En ce jour de Pâques, l’Eglise nous dit que tout ce qui porte en soi la trace de la mort, toute la négativité dans laquelle baigne notre monde en ce temps, toute la violence, les guerres, la violation des droits de l’homme et l’exploitation des plus petits, la cupidité de l’argent, la passion du pouvoir, toutes les attaques souvent orchestrées et souvent gratuites contre l’Eglise, qui la flagellent et la couronnent d’épines, tout cela un jour sera absorbé dans le triomphe du bien. Car depuis Pâques la vie et le bien ont vaincu la mort et le mal. Mais la semence doit d’abord mourir pour que la fleur apparaisse. Telle est la puissance de la croix du Christ. « Rendons grâce à Dieu », dit Paul encore aux Corinthiens « qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,54).
Alors, toi sainte Eglise de Dieu, en perpétuel exil sur cette terre à travers les siècles, objet de tant de critiques et de vexations, comme le dit Paul « sois ferme et inébranlable : progresse sans cesse dans l’oeuvre du Seigneur : sachant que ta peine n’est pas vaine dans le Seigneur » (1 Co 15,57s.)
Et en face de tous ces germes de mort en nous et autour de nous, disons avec Paul : « La mort a été engloutie dans la victoire. Mort où est ta victoire ? Mort où est ton aiguillon ? » Et ailleurs encore « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? Est-ce l’affliction ? ou l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée ? De fait, il est écrit : c’est à cause de toi que nous sommes livrés à la mort tout au long du jour ; on nous regarde comme des brebis d’abattoir (psaume 43,23). Mais en tout cela nous remportons la victoire par celui qui nous a aimés. J’ai en effet la ferme conviction, que ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les Principautés, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les sommets ni les abîmes, ni quoi que ce soit dans la création, ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,31-39).
Non, frères et soeurs, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur ressuscité. Alors bon courage, sainte Eglise de Dieu : sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité ! Oui, Il est vraiment ressuscité !
+ Godfried Card. Danneels Archevêque de Malines-Bruxelles
Certains mettent en avant sa grande douceur. Mais, pour soutenir la foi, cette douceur a pu souvent rappeler avec fermeté le coeur de la foi.
Sa dernière homélie de Pâques est particulièrement forte sur la résurrection. Je la reproduis ci-dessous.
Bruxelles – Cathédrale saints Michel et Gudule Pâques 12 avril 2009
Frères et soeurs,
Sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité !
Oui, il est vraiment ressuscité ! Christ est ressuscité. Oui. Mais nous ? Est-ce que nous avons nous aussi quelque chose à attendre au-delà de la mort ? Où irons nous ? Et notre corps qu’en adviendra-t-il ?
Un jour à Athènes saint Paul prêchait sur la place publique – l’Aréopage – devant l’élite intellectuelle de cette grande ville de l’antiquité. Il annonçait le Christ. Tous l’écoutaient attentivement, jusqu’au moment où Paul commença à parler de la résurrection des corps. « Mais », disent les Actes des Apôtres : « Au mot de’ résurrection’ des morts, les uns se moquaient, d’autres déclaraient :’nous t’entendrons là-dessus une autre fois’ ». (Actes 17,31s). Pour les Grecs c’était en effet inacceptable : comment ce corps de chair, une fois passé par la mort et voué à la corruption, pourrait-il revivre ? Est-ce qu’il y a une chose plus périssable qu’un corps mort ? Tous peuvent constater comment ce corps s’en va en poussière. « Non, Paul », disent les Corinthiens, « il est insensé ton message sur la résurrection des corps. Tu perds la raison ».
Mais Paul affirme et réaffirme que si Jésus est ressuscité d’entre les morts, nous aussi nous ressusciterons en Lui et avec Lui et cela avec notre corps. Celui-ci n’est pas voué à la destruction mais à une vie éternelle. Ce qui est arrivé au Christ, Dieu le réserve aussi à nous tous.
Pourquoi ? Par le baptême, nous avons été unis au Christ dans son mystère de mort et de résurrection. En effet « Ignorez-vous donc » dit Paul aux Romains, « que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême dans sa mort, nous avons été ensevelis avec lui, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions aussi une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection » (Rm 6, 3-5).
Ce message de l’apôtre a traversé les siècles jusqu’à nous. Et l’Eglise continue à l‘annoncer au monde entier. Jamais on n’avait affirmé qu’un mort fût ressuscité. Quel courage et quelle audace ont eu les apôtres pour porter ce message ‘incroyable’ – il faut le dire !- dans tout le bassin méditerranéen, et jusqu’au coeur du palais de l’empereur à Rome ! Car les apôtres savaient comment le Christ fut condamné, flagellé et couronné d’épines et comment il était mort sur une croix entre deux brigands. Marie sa Mère et quelques femmes avec l’apôtre Jean, n’étaient-ils pas sous la croix et n’ont-ils pas vu comment il est mort après un grand cri ?
Les autres s‘étaient barricadés dans la salle haute par peur des Juifs. Et lorsque quelques femmes, le matin de Pâques avant la levée du jour, étaient venues leur annoncer que le tombeau était vide, ils n’y croyaient guère. « Aux yeux des apôtres », écrit Luc, « ces paroles leur semblaient du délire et ils ne croyaient pas les femmes » (Luc 24,11). Ce n’est que lorsque Pierre et Jean, ayant couru vers le tombeau, avaient constaté que celui-ci était vide, les bandelettes mis à part et le linceul qui avait recouvert sa tête roulé avec soin, que Jean commença à croire : oui, il était ressuscité. (cfr. Jn 20,7ss).
Etrange message sur une personnalité aussi étrange. Qui était-il ? Déjà au cours de sa vie, combien de fois Jésus n’avait-il pas surpris et étonné ses disciples et les foules par ses paroles et par ses miracles. Les autorités l’avaient déclaré fou ou accusé de blasphème. Même sa mort sur une croix posait question : le Messie pouvait-il finir sur une croix entre deux malfaiteurs ? Puis ressusciter et se montrer à ses disciples ? Vraiment cet homme n’a cessé d’être une énigme. Jusqu’ à ce jour.
Mais ce n’est pas tout. Ce même Jésus affirme que nous, nous aussi, nous ressusciterons en lui et avec lui. Et avec notre corps. Paul dit dans sa lettre aux Corinthiens que, si le Christ ressuscite, nous aussi nous ressusciterons. Mais les Corinthiens ne tardèrent pas, évidemment, de répliquer à Paul : « Mais comment nos corps vont-ils ressusciter. Avec quel corps reviennent-ils ? » (1 Co 15,35). Bref, de quoi aurons-nous l’air avec ce corps ressuscité ?
Question incongrue, répond Paul. Et de tirer immédiatement une comparaison avec ce qui se passe dans la nature. Regardez bien Corinthiens, « Quand tu sèmes, cela ne prend vie qu’à condition de mourir » (1 Co 15,36). Ou pour le dire dans notre langage d’aujourd’hui, si vous voulez avoir des fleurs dans votre jardin, que faites-vous ? Vous allez acheter de la semence. Et de quoi a-t-elle l’air cette semence ? Elle est petite, brune, lisse. En tout cas, elle ne ressemble en rien à la fleur qui va en sortir. Heureusement que la photo se trouve sur le sachet, sinon vous ne sauriez jamais ce que vous avez semé. Et la graine que vous mettez en terre, il faut qu’elle meure pour germer. Mais la tige pousse et produit sa fleur. Oui, sa propre fleur à elle. Celle-ci ne ressemble en rien à la graine que vous avez jetée en terre. Morphologiquement il n’y aucune ressemblance. Mais il n’empêche que c’est bien la fleur de cette semence et pas d’une autre. Ainsi en va-t-il avec notre corps : il meurt et est métamorphosé à travers la mort en un corps spirituel.
Le corps que nous portons maintenant, c’est la semence : elle passe par la mort et devient la fleur qu’est notre corps spirituel, ressuscité. Celui-ci est vraiment notre corps à nous – ce corps que nous avons porté durant toute notre vie. Mais il n’y ressemble pas : il est spirituel. Nous voici au coeur du message chrétien : l’affirmation de notre résurrection corporelle. Scandale et non-sens pour ceux qui n’ont pas la foi. Pierre d’achoppement pour la raison et pour le bon sens. Mais pour ceux qui ont reçu la grâce de croire : suprême joie et bienheureuse espérance. Depuis le premier matin de Pâques, l’Eglise n’a cessé de le dire et de le redire. Et aujourd’hui, en ce jour de Pâques, je vous le redis : Christ est ressuscité et nous, en lui en avec lui, nous ressusciterons à notre tour. Nous sommes déjà ressuscités par le baptême, mais cela reste caché jusqu’au jour où le Ressuscité reviendra sur la terre. Tout est déjà donné depuis notre baptême. Cette nuit, cent cinquante catéchumènes adultes ont été baptisés en notre pays et soixante dans notre seul archidiocèse. Le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse d’augmenter d’année en année.
Ils sont de toutes langues, races et couleurs. L’Eglise jubile de joie en ce jour de Pâques à cause de ces nouveaux frères et soeurs dans la foi, qu’elle a accueillis dans son sein.
Plus encore : En ce jour de Pâques, l’Eglise nous dit que tout ce qui porte en soi la trace de la mort, toute la négativité dans laquelle baigne notre monde en ce temps, toute la violence, les guerres, la violation des droits de l’homme et l’exploitation des plus petits, la cupidité de l’argent, la passion du pouvoir, toutes les attaques souvent orchestrées et souvent gratuites contre l’Eglise, qui la flagellent et la couronnent d’épines, tout cela un jour sera absorbé dans le triomphe du bien. Car depuis Pâques la vie et le bien ont vaincu la mort et le mal. Mais la semence doit d’abord mourir pour que la fleur apparaisse. Telle est la puissance de la croix du Christ. « Rendons grâce à Dieu », dit Paul encore aux Corinthiens « qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,54).
Alors, toi sainte Eglise de Dieu, en perpétuel exil sur cette terre à travers les siècles, objet de tant de critiques et de vexations, comme le dit Paul « sois ferme et inébranlable : progresse sans cesse dans l’oeuvre du Seigneur : sachant que ta peine n’est pas vaine dans le Seigneur » (1 Co 15,57s.)
Et en face de tous ces germes de mort en nous et autour de nous, disons avec Paul : « La mort a été engloutie dans la victoire. Mort où est ta victoire ? Mort où est ton aiguillon ? » Et ailleurs encore « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? Est-ce l’affliction ? ou l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée ? De fait, il est écrit : c’est à cause de toi que nous sommes livrés à la mort tout au long du jour ; on nous regarde comme des brebis d’abattoir (psaume 43,23). Mais en tout cela nous remportons la victoire par celui qui nous a aimés. J’ai en effet la ferme conviction, que ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les Principautés, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les sommets ni les abîmes, ni quoi que ce soit dans la création, ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,31-39).
Non, frères et soeurs, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur ressuscité. Alors bon courage, sainte Eglise de Dieu : sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité ! Oui, Il est vraiment ressuscité !
+ Godfried Card. Danneels Archevêque de Malines-Bruxelles