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Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : jeu. 04 mars 2010, 16:29
par boisvert
Il est exact qu'à force de vouloir faire simple en vue d'attirer des jeunes, j'ai entendu un prêtre dire en chaire de vérité à peu près exactement le contraire de la Parabole des Talents. Pour rappel, voici ce que dit cette Parabole:

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 14-30

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître.

Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança en apportant cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres. - Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.’ Celui qui avait reçu deux talents s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres. - Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.’

Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’ Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

Il faud admettre que ce n'est pas un texte facile. Cependant, mon curé, pour caresser dans le sens du poil, se trouva fort contrarié par ce texte.
Il improvisa de manière désastreuse en disant: "Evidemmet, ce n'est pas très juste que le troisième n'ai reçu qu'un seul talent !" ... Lorsque j'ai entendu çà, du fond de l'assemblée, je me suis tapé la tête avec la main, car j'ai compris que jamais le prêtre n'allait s'en sortir en commençant ainsi ! Et de fait, le voici qui s'emmêle, il parle d'autres choses, et lorsqu'il arrive à la conclusion : la condamnation de celui qui n'avait reçu qu'un seul Talent, il déclare: ce n'est pas grave, il est mis de côté temporairement afin qu'il ait le temps de réfléchir !"...

Devant ce désastre, je trépignai en essayant de prendre mes voisins à témoins, mais vous savez comment çà se passe entre "fidèles qui s'ignorent"... J'avais envie de me lever tout d'un coup et de dire: "Mais enfin, Monsieur l'Abbé, comment ne comprenez-vous pas ? Celui qui n'a reçu qu'un seul Talent, c'était le plus faible de tous, et à cause de sa faiblesse, son maître lui avait fait la bonté d'un travail le plus simple possible ! Il lui aurait suffi de déposer son Talent à la caisse d'épargne, et cela eût bien suffi aux yeux de son maître !

Mais ce serviteur n'en a rien fait : quel drôle de bonhomme, assez fainéant pour creuser un trou et cacher sa pièce; à la fin, voyant ce que les autres ont réussi à faire, il ne trouve pas mieux que d'accuser son maître d'être un homme dur... et à mon sens, c'est en élevant cette accusation qu'il se condamne lui-même. Son maître l'avait protégé... quelle déception !

Re: Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : jeu. 04 mars 2010, 17:22
par Raistlin
boisvert a écrit :Il faud admettre que ce n'est pas un texte facile. Cependant, mon curé, pour caresser dans le sens du poil, se trouva fort contrarié par ce texte.
Oui, c'est une croyance répandue que de croire que c'est en édulcorant la parole de Dieu de ce qui dérange qu'on va convertir les foules. Cela fait plusieurs décennies que l'Église de France s'amuse à "cacher la lumière sous le boisseau" et le résultat n'est pas très glorieux. Du coup, en lieu et place d'homélies censées faire grandir la foi, nous avons bien souvent droit à un prêchi prêcha consensuel et mollasson.

Il serait bon qu'une certaine forme de prostitution doctrinale cesse (en fait, elle me semble déjà en train de mourir vu son absence totale de fruits) et qu'on revienne enfin à l'orthodoxie de la doctrine catholique, même quand elle ne fait pas plaisir à entendre.

En tout cas, je partage votre indignation. Avis aux prêtres (ou futurs prêtres) qui lisent ce message : ayez pitié, donnez nous de vraies homélies !

Bien à vous,

Re: Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : jeu. 04 mars 2010, 21:46
par Théophile
Une religieuse m'a raconté un jour ce qu'elle avait fait pour le prêtre de sa paroisse. Généralement, celui-ci disait des homélies bien fades. Un jour pourtant, il réussit à prêcher un petit peu mieux qu'à l'ordinaire. Cette religieuse sentit dans le cœur de le trouver pour le féliciter de sa prédication. Au fond ce fut un combat pour elle car vraiment il n'y avait qu'un maigre progrès, un soupir de progrès même. Mais la démarche qu'elle fit toucha tellement le prêtre que du coup il s'améliora vraiment au point d'être connu dans la région pour ses prédications !

Et si vous alliez voir ce prêtre, boivert, pour lui faire part de votre réflexion ? :oui:
D'ailleurs je n'ai jamais entendue; elle est si simple et si profonde. C'est le meilleur service que vous pouvez lui rendre, pas sur un ton de reproche, mais plutôt comme ne le faisant pas. Du style : "en vous écoutant, ça m'a fait penser que le serviteur qui n'a eu qu'un seul talent, etc.", tout en priant l'Esprit-Saint qu'Il vous éclaire tous les deux.

Re: Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : jeu. 04 mars 2010, 21:59
par Théophane
Ce que l'on oublie souvent, c'est que les jeunes sont à la recherche d'une identité. Lorsque nous venons à l'église, ce n'est pas pour entendre des paroles creuses. Nous savons que le catholicisme est une religion exigeante, aussi cela ne nous dérange-t-il pas d'entendre parler de responsabilité, d'obligations, de croix, de souffrances, de mortification, de sacrifice... Le message du Christ ne se résume certes pas à cela, ce qui serait bien triste, mais la recherche de la sainteté suppose la pénitence et il faut aussi avoir le courage de parler des choses qui sont un peu moins agréables.

Re: Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : mer. 10 mars 2010, 12:48
par DA95
Bonjour boisvert,

Derrière la contrariété de votre prêtre, se cache peut être tout le soucis pastoral qu'il a de ses paroissiens. Le temps qu'il a du passer à prier pour construire son homélie. Peut être qu'il a dit cela pensant que ces paroissiens ne pouvaient pas entendre mieux, et que s'il disait autrement de nombreux paroissiens se braqueraient.
Je trouve le conseil de Théophile judicieux, la discusion avec votre prêtre l'aidera peut être, et peut être vous aussi.
Je vous dis cela car une fois mon curé fit une homélie que je trouvais désastreuse. Je lui en fit la remarque. ca réponse était d'ordre pastorale. Je n'ai pas eu l'idée de lui faire remarquer que son soucis pastoral ne devait pas l'empecher de dire des choses vraies. Dit autrement on ne se sert pas d'un mal pour obtenir un bien. Cela dit cette discussion m'a montré tout l'amour de mon curé pour nous, malgré sa maladresse de ce jour. Ca a changé mon regard sur lui.

Je me fais la remarque que je ne vais pas à la messe pour écouter une homélie bien construite. Il est vrai qu'une homélie comportant des erreurs, c'est bien regrétable. Mais l'essentiel n'est pas là. La parole me nourrit. L'eucharistie me donne la vie et me nourrit bien plus encore. Là est pour moi l'essentiel.

Bien à vous.

Re: Exemple d'une erreur pour attirer les jeunes à la messe

Publié : mer. 10 mars 2010, 13:53
par Laurent L.
DA95 a écrit :Peut être qu'il a dit cela pensant que ces paroissiens ne pouvaient pas entendre mieux, et que s'il disait autrement de nombreux paroissiens se braqueraient.
Peut-être, mais je pense que les gens vont aussi à la messe pour se remettre en question, pas pour entendre une berceuse. Quand on lit l'Evangile ou les Epitres apostoliques, on voit que le Seigneur Jésus et les apôtres n'hésitaient pas à "rentrer dans le lard" de leur auditoire. J'ai vraiment du mal à imaginer Saint Paul faire une homélie fade pour garder ses ouailles !
La parole de Dieu sur l'Eglise de Laodicée dans l'Apocalypse ne plaident pas en faveur de "caresser dans le sens du poil". :-@
Apoc 3,14. Ecris aussi à l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu:

Apoc 3,15. Je connais tes oeuvres, Je sais que tu n'est ni froid ni chaud. Ah! que n'es-tu froid ou chaud!

Apoc 3,16. Mais parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, Je vais te vomir de ma bouche.

Apoc 3,17. Car tu dis: Je suis riche, et je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien; et tu ne sais pas que tu es malheureux, et misérable, et pauvre, et aveugle, et nu.

Apoc 3,18. Je te conseille d'acheter de Moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs pour t'en couvrir, et que la honte de ta nudité ne paraisse point; oins aussi tes yeux d'un collyre, afin que tu voies.

Apoc 3,19. Ceux que J'aime, Je les reprends et les châtie; aie donc du zèle, et fais pénitence.

Apoc 3,20. Voici, Je me tiens à la porte, et Je frappe: si quelqu'un entend Ma voix et M'ouvre la porte, J'entrerai chez lui, et Je souperai avec lui, et lui avec Moi.

Apoc 3,21. Celui qui vaincra, Je le ferai asseoir avec Moi sur Mon trône, de même que Moi aussi J'ai vaincu, et Me suis assis avec Mon Père sur Son trône.

Apoc 3,22. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.
Bon, ce n'est peut-être pas non plus une raison pour agresser ses paroissiens tous les dimanches. :-D D'ailleurs, saint Paul conjugue à merveille l'amour de ses ouailles, le sacrifice de sa vie pour les brebis de Jésus-Christ et des sermons pas tièdes du tout.