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La foi, don de Dieu

Publié : dim. 07 mars 2010, 10:11
par muirgheal
La foi est une grâce

153 Lorsque S. Pierre confesse que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, Jésus lui déclare que cette révélation ne lui est pas venue " de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux " (Mt 16, 17 ; cf. Ga 1, 15 ; Mt 11, 25).

La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui. " Pour prêter cette foi, l’homme a besoin de la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que des secours intérieurs du Saint-Esprit. Celui-ci touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne ‘à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité’ "

La foi est un acte humain

154 Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme de faire confiance à Dieu et d’adhérer aux vérités par lui révélées. Déjà dans les relations humaines il n’est pas contraire à notre propre dignité de croire ce que d’autres personnes nous disent sur elles-mêmes et sur leurs intentions, et de faire confiance à leurs promesses (comme, par exemple, lorsqu’un homme et une femme se marient), pour entrer ainsi en communion mutuelle. Dès lors, il est encore moins contraire à notre dignité de " présenter par la foi la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui révèle " (Cc. Vatican I : DS 3008) et d’entrer ainsi en communion intime avec Lui.

155 Dans la foi, l’intelligence et la volonté humaines coopèrent avec la grâce divine : " Croire est un acte de l’intelligence adhérant à la vérité divine sous le commandement de la volonté mue par Dieu au moyen de la grâce " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 2, 9 ; cf. Cc. Vatican I : DS 3010).



Je réfléchissais à ce passage du catéchisme. Et pour quelles raisons, certaines personnes désirant ardemment croire et avoir la foi en Dieu ne reçoivent pas cette foi, ils sont toujours perpétuellement dans le doute.

Recevoir ce don de la foi de Dieu, dépendrait-il de la volonté réelle de l'homme à croire en Dieu et en l'église ? Si une personne cherche juste à croire et à avoir la foi en Dieu, sans accorder de l'importance en la religion, ou mettant la religion très fort en doute, ou refusant d'essayer de comprendre sincèrement et honnêtement la religion, alors le désir de connaître Dieu n'est pas sincère et cette personne ne pourra jamais recevoir ce don de la foi ?
Seule une personne poussée par une volonté réelle et honnête de connaître Dieu, de l'aimer et de lui obéir, d'accorder sa confiance en la religion, pourrait obtenir cette grâce de Dieu, ce don de la foi ?

On m'a expliqué qu'il y a deux types de foi : la foi naturelle et la vraie foi. Beaucoup de personnes ont une foi naturelle, due de par l'éducation surtout, de par la volonté de croire en Dieu et d'essayer de le découvrir. Mais cette foi naturelle, n'est pas la foi, don de Dieu. L'autre foi, beaucoup plus profonde, est une grâce que Dieu nous accorderait.

Re: La foi don de Dieu

Publié : dim. 07 mars 2010, 10:34
par Griffon
Bonjour muirgheal.

Toute foi est un don de Dieu, et la séparation entre naturelle et ce que vous appelez "la vraie foi" est une simplification de la réalité.

La foi est toujours une initiative divine de Dieu qui se révèle à notre conscience de multiples façons:
- notre âme peut nous pousser intérieurement à répondre à l'appel, car elle ressent le manque de nourriture
- notre culture est imprégnée de la foi de nos parents, amis, école,... car Dieu nous a mis dans le bain dès notre plus petite enfance
- une douleur, une souffrance est souvent l'occasion d'un appel
- une grâce spéciale...
- ...

La foi grandit dans l'échange entre l'appel de Dieu et la réponse du croyant.
Au début une réponse peu implicante, mais qui prend de plus en plus de place avec la croissance de la Foi.

A chaque réponse positive, Dieu relance par un nouvel appel plus profond.
Les réponses négatives ne fatiguent pas notre Seigneur qui place de nouveaux appels.

Il nous aime ! Il nous veut !
Jésus nous veut pour pouvoir nous donner à son Père, comme la brebis égarée.
Le Père nous veut pour pouvoir nous donner à son Fils, comme le fruit de son oeuvre de rédemption.
Entre les deux amours, nous baignons dans l'Esprit, nous sommes les temple de l'Esprit-Saint.

Nous sommes appelés à nous assoir à la table de la Trinité (voir l'icône).
C'est quoi avoir la foi ?
Peut-on se contenter d'avoir un petit bout de foi ?
Généralement, chez celui qui dit avoir la foi, celle-ci n'est pas plus grande que la taille d'un petit pois.
La preuve ? Qui est capable de dire à une montagne "jette-toi dans la mer" ?

Puisse Dieu augmenter notre foi !

Griffon.

Re: La foi don de Dieu

Publié : dim. 07 mars 2010, 20:04
par gerardh
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Bonjour,

La Bible assure : "cherchez et vous trouverez".


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Re: La foi don de Dieu

Publié : dim. 07 mars 2010, 21:29
par muirgheal
gerardh a écrit :_________

Bonjour,

La Bible assure : "cherchez et vous trouverez".


__________
En effet, la Bible dit celà. Et pourtant, parfois on peut rester des années à chercher sans trouver. Certains passent une grande partie de leur vie à chercher sans trouver également.

Peut-être faut-il un coeur absolument sincère dans sa recherche de la foi et de la vérité pour pouvoir trouver et pour pouvoir recevoir ce don de Dieu.

Griffon, merci pour votre réponse :)

Re: La foi don de Dieu

Publié : mar. 16 mars 2010, 21:04
par Griffon
gerardh a écrit :_________

Bonjour,

La Bible assure : "cherchez et vous trouverez".


__________
Il n'y a pas à dire, gerardh, c'est vrai mais c'est "vachement carré".

Mettons-nous donc en situation, si vous voulez.
Jésus a 12 ans ; il reste à Jérusalem à l'insu de ses parents qui font une journée de route, sans se rendre compte de son absence.
Le soir venu, premières questions : "Avez-vous vu Jésus ?"
Puis l'inquiétude. Avez-vous des enfants, gerardh ?
Le retour, l'arrivée à Jérusalem, le tour des maisons connues, un cousin, un ami,... ?
Beaucoup de questions. Et puis une nouvelle nuit, sans trouver Jésus.

Et voilà Marie et Joseph qui tombe sur quelqu'un comme vous ?
"Nous cherchons Jésus depuis 3 jours. Ne l'avez-vous pas vu ?"

Oh non !
Mais, il est écrit : Qui cherche, trouve.

La belle affaire...
Une (vraie) question mérite une réponse qui ne soit pas ironique, non ?

Cordialement,

Griffon.

Re: La foi, don de Dieu

Publié : mar. 16 mars 2010, 23:26
par gerardh
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Bonjour Griffon,

Les messages précédant le vôtre étant un peu anciens, je ne me souviens plus bien à quels propos j'ai rappelé la phrase de l'Evangile "cherchez et vous trouverez". Peut-être est-ce à la suite de la réflexion :
Et pour quelles raisons, certaines personnes désirant ardemment croire et avoir la foi en Dieu ne reçoivent pas cette foi, ils sont toujours perpétuellement dans le doute ?
En tout cas cela n'a qu'un rapport indirect (même si au final c'est un rapport quand même) avec la scène de Jésus à l'âge de douze ans.

"Cherchez et vous trouverez" s'applique à la foi, à la vérité, aux questions que l'on se pose touchant les choses de Dieu et qui n'ont pas encore de réponses, etc.


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Re: La foi, don de Dieu

Publié : mar. 16 mars 2010, 23:58
par ti'hamo
@ Muirgheal
Mais, vouloir avoir la foi, espérer la foi, n'est-ce pas déjà avoir la foi ?
Que l'on grandisse dans la foi, soit ; mais comme vous le rappelez, il y a à la fois grâce de Dieu et volonté humaine. Le passage des Évangiles que je citerais plutôt à ce sujet est ce père qui demande à Jésus de guérir son fils (il me semble) ; Jésus lui demandant s'il croit, l'homme répond : "Seigneur, je crois ! viens au secours de mon incroyance !"
Et ça, c'est très fort.

Cela renvoie également aux "nuits de la foi" des grands mystiques (St Jean de la Croix, Mère Térésa) : une période de doutes profonds, dans laquelle ils crient (intérieurement)...vers Dieu.



Il me semble donc qu'il faut bien préciser ce que l'on entend par "la foi" :
. veut-on parler de "savoir" ? d'"être sûr" ? Mais, en un sens on n'est jamais "sûr" : on pourrait tout aussi bien choisir de tout interpréter autrement.
. veut-on parler du sentiment de foi, de sentir que l'on a la foi ? Mais alors ce serait confondre la foi et ce qu'on ressent de cette foi (de la même façon que ne se confondent pas l'amour et le sentiment amoureux).
. même dans leurs périodes de doute, les saints continuent de vivre de la foi, de se tourner vers Dieu ; donc, le doute n'empêche pas la foi. Donc la foi n'est pas une certitude.
. même si on ne "sent" rien, on peut avoir la foi ; la foi n'est pas un sentiment.

Aussi, qu'entendez-vous lorsque vous parlez de personnes qui voudraient avoir la foi, qui essayent d'avoir la foi, et ne la reçoivent pas ?
Comment se traduit cette attente, cette volonté d'avoir la foi, et comment cette absence de foi ?

Re: La foi, don de Dieu

Publié : mer. 17 mars 2010, 4:02
par Laurent L.
Ti'hamo a écrit : Cela renvoie également aux "nuits de la foi" des grands mystiques (St Jean de la Croix, Mère Térésa) : une période de doutes profonds, dans laquelle ils crient (intérieurement)...vers Dieu.
Comme le raconte Ste Thérèse de Lisieux :
Histoire d'une âme a écrit :Aux jours si lumineux du temps pascal, Jésus me fit comprendre qu'il y a réellement des âmes sans foi et sans espérance qui, par l'abus des grâces, perdent ces précieux trésors, source des seules joies pures et véritables. Il permit que mon âme fût envahie par les plus épaisses ténèbres et que la pensée du ciel, si douce pour moi depuis ma petite enfance, me devînt un sujet de combat et de tourment. La durée de cette épreuve n'était pas limitée à quelques jours, à quelques semaines; voilà des mois que je la souffre, et j'attends encore l'heure de ma délivrance. Je voudrais pouvoir exprimer ce que je sens; mais c'est impossible l Il faut avoir voyagé sous ce sombre tunnel pour en comprendre l'obscurité. Cependant je vais essayer de l'expliquer par une comparaison :

Je suppose que je suis née dans un pays environné d'épais brouillards ; jamais je n'ai contemplé le riant aspect de la nature, jamais je n'ai vu un seul rayon de soleil. Dès mon enfance, il est vrai, j'entends parler de ces merveilles, je sais que le pays où j'habite n'est pas ma patrie, qu'il en est un autre vers lequel je dois sans cesse aspirer. Ce n'est pas une histoire inventée par un habitant des brouillards, c'est une vérité indiscutable ; car le Roi de la patrie au brillant soleil est venu trente-trois ans dans le pays des ténèbres... Hélas ! et les ténèbres n'ont point compris qu'il était la lumière du monde (1).

Mais, Seigneur, votre enfant l'a comprise votre divine lumière ! elle vous demande pardon pour ses frères incrédules, elle accepte de manger aussi longtemps que vous le voudrez



1 Joan., I, 5.



le pain de la douleur, elle s'assied pour votre amour à cette table remplie d'amertume, où les pauvres pécheurs prennent leur nourriture et d'où elle ne veut point se lever avant le signe de votre main. Mais ne peut-elle pas dire en son nom, au nom de ses frères coupables : « Ayez pitié de nous, Seigneur, car nous sommes de pauvres pécheurs (1) » ? Renvoyez-nous justifiés ! Que tous ceux qui ne sont point éclairés du flambeau de la foi le voient luire enfin! O mon Dieu, s'il. faut que la table souillée par eux soit purifiée par une âme qui vous aime, je veux bien y manger seule le pain des larmes, jusqu'à ce qu'il vous plaise de m'introduire dans votre lumineux royaume; la seule grâce que je vous demande, c'est de ne jamais vous offenser !



Je vous disais, ma Mère, que la certitude d'aller un jour loin de mon pays ténébreux m'avait été donnée dès mon enfance; non seulement je croyais d'après ce que j'entendais dire, mais encore je sentais dans mon coeur, par des aspirations intimes et profondes, qu'une autre terre, une région plus belle, me servirait un jour de demeure stable, de même que le génie de Christophe Colomb lui faisait pressentir un nouveau monde. Quand, tout à coup, les brouillards qui m'environnent pénètrent dans mon âme et m'enveloppent de telle sorte, qu'il ne m'est plus possible même de retrouver en moi l’image si douce de ma patrie... Tout a disparu!...

Lorsque je veux reposer mon coeur, fatigué des ténèbres qui l’entourent, par le souvenir fortifiant d'une vie future et éternelle, mon tourment redouble. Il me semble que les ténèbres, empruntant la voix des impies, me disent en se moquant de moi : « Tu rêves la lumière, une patrie embaumée, tu rêves la possession éternelle du Créateur de ces



1 Lucae, XVIII, 13.



merveilles, tu crois sortir un jour des brouillards où tu languis; avance !... avance !... réjouis-toi de la mort qui te donnera, non ce que tu espères, mais une nuit plus profonde encore, la nuit du néant!... »



Mère bien-aimée, cette image de mon épreuve est aussi imparfaite que l'ébauche comparée au modèle; cependant je ne veux pas en écrire plus long, je craindrais de blasphémer... j'ai peur même d'en avoir trop dit. Ah! que Dieu me pardonne! Il sait bien que, tout en n'ayant pas la jouissance de la foi, je m'efforce d'en faire les oeuvres. J'ai prononcé plus d'actes de foi depuis un an que pendant toute ma vie.

A chaque nouvelle occasion de combat, lorsque mon ennemi veut me provoquer, je me conduis en brave : sachant que c'est une lâcheté de se battre en duel, je tourne le dos à mon adversaire sans jamais le regarder en face; puis je cours vers mon Jésus, je lui dis être prête à verser tout mon sang pour confesser qu'il y a un ciel, je lui dis être heureuse de ne pouvoir contempler sur la terre, avec les yeux de l'âme, ce beau ciel qui m'attend, afin qu'il daigne l'ouvrir pour l'éternité aux pauvres incrédules.

Aussi, malgré cette épreuve qui m'enlève tout sentiment de jouissance, je puis m'écrier encore : « Seigneur, vous me comble de joie par tout ce que vous faites (1). » Car est-il une joie plus grande que celle de souffrir pour votre amour? Plus la souffrance est intense, moins elle paraît aux yeux des créatures, plus elle vous fait sourire, ô mon Dieu ! Et si, par impossible, vous deviez l'ignorer vous-même, je serais encore heureuse de souffrir, dans l'espérance que, par mes larmes, je pourrais empêcher ou réparer peut-être une seule faute commise contre la foi.



1 Ps. XCI, 4.



Vous allez croire sans doute, ma Mère vénérée, que j'exagère un peu la nuit de mon âme. Si vous en jugez par les poésies que j'ai composées cette année, je dois vous paraître inondée de consolations, une enfant pour laquelle le voile de la foi s'est presque déchiré! Et cependant... ce n'est plus un voile, c'est un mur qui s'élève jusqu'aux cieux et couvre le firmament étoilé !

Lorsque je chante le bonheur du ciel, l'éternelle possession de Dieu, je n'en ressens aucune joie; car je chante simplement ce que je veux croire. Parfois, je l'avoue, un tout petit rayon de soleil éclaire ma sombre nuit, alors l'épreuve cesse un instant ; mais ensuite, le souvenir de ce rayon, au lieu de me consoler, rend mes ténèbres plus épaisses encore.

Ah ! jamais je n'ai si bien senti que le Seigneur est doux et miséricordieux; il ne m'a envoyé cette lourde croix qu'au moment où je pouvais la porter; autrefois je crois bien qu'elle m'aurait jetée dans le découragement. Maintenant elle ne produit qu'une chose : enlever tout sentiment de satisfaction naturelle dans mon aspiration vers la patrie céleste.



Ma Mère, il me semble, qu'à présent rien ne m'empêche de m'envoler : car je n'ai plus de grands désirs, si ce n'est celui d'aimer jusqu'à mourir d'amour...

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 12:22
par muirgheal
ti'hamo a écrit :Que l'on grandisse dans la foi, soit ; mais comme vous le rappelez, il y a à la fois grâce de Dieu et volonté humaine. Le passage des Évangiles que je citerais plutôt à ce sujet est ce père qui demande à Jésus de guérir son fils (il me semble) ; Jésus lui demandant s'il croit, l'homme répond : "Seigneur, je crois ! viens au secours de mon incroyance !"
Et ça, c'est très fort.

Cela renvoie également aux "nuits de la foi" des grands mystiques (St Jean de la Croix, Mère Térésa) : une période de doutes profonds, dans laquelle ils crient (intérieurement)...vers Dieu.

Il me semble donc qu'il faut bien préciser ce que l'on entend par "la foi" :
. veut-on parler de "savoir" ? d'"être sûr" ? Mais, en un sens on n'est jamais "sûr" : on pourrait tout aussi bien choisir de tout interpréter autrement.
. veut-on parler du sentiment de foi, de sentir que l'on a la foi ? Mais alors ce serait confondre la foi et ce qu'on ressent de cette foi (de la même façon que ne se confondent pas l'amour et le sentiment amoureux).
. même dans leurs périodes de doute, les saints continuent de vivre de la foi, de se tourner vers Dieu ; donc, le doute n'empêche pas la foi. Donc la foi n'est pas une certitude.
. même si on ne "sent" rien, on peut avoir la foi ; la foi n'est pas un sentiment.

Aussi, qu'entendez-vous lorsque vous parlez de personnes qui voudraient avoir la foi, qui essayent d'avoir la foi, et ne la reçoivent pas ?
Comment se traduit cette attente, cette volonté d'avoir la foi, et comment cette absence de foi ?
Mais, vouloir avoir la foi, espérer la foi, n'est pas toujours avoir la foi. Si l'on croit en Dieu trinité, Jésus, Marie, à ce que l'Eglise propose ... et qu'on espère avoir la foi, alors oui c'est déjà avoir la foi. Si on croit en Dieu, mais qu'on doute du reste, qu'on ne sait pas quelle religion est la bonne, je ne suis pas certaine qu'on puisse appeler ça la foi. Donc ce que j'entends par la foi, c'est en effet d'être convaincu que Dieu trinité existe, que l'Eglise ne se trompe pas. C'est donc faire confiance totale à Dieu et à l'Eglise.

- Le sentiment de la foi, le ressenti est pour certaines personnes très importantes. Lorsque l'on désire se marier, on connait d'abord un sentiment amoureux très fort (soit de suite, soit ce sentiment amoureux se précise de plus en plus), on apprend à connaître la personne choisie et à se rendre compte que nous sommes faits l'un pour l'autre : sentiments, projets de vie, caractères ... Même si il est évident que se sentiment amoureux très fort au début change dans le temps et se transforme en amour, tendresse, complicité ... et qu'il y aura parfois des coups durs, on ne peut pas se donner toute sa vie à une autre personne sans se sentiment amoureux. Enfin, ça dépend peut-être des personnes.

De même avec Dieu, il me semble que c'est un peu la même chose. On peut chercher sans cesse, mais si on ne reçoit pas cette grâce de Dieu, ce sentiment d'amour tellement puissant qui nous envahit, il est sans doute extrêmement difficile d'être convaincu. Certains le seront peut-être, par la force de leur volonté. D'autres, à la moindre petite difficulté perdront peut-être la foi. Mais si on a connu une fois dans sa vie cette grâce, cette rencontre avec Dieu, on ne peut plus douter. Tout devient "lumineux" et le doute n'est plus permis. Une autre vie s'ouvre devant nous.
Si on désire suivre le chemin de Jésus, après avoir connu celà (et en ayant rencontrer Dieu ainsi, il est très difficile ne pas vouloir faire des efforts en ce sens), on fait tout pour ne pas oublier ces moments merveilleux et on est sans doute mieux armé à faire face à la nuit de la foi (mais je me trompe peut-être totalement). Et j'imagine que lorsque le doute survient, ayant entre temps fait des efforts pour satisfaire à Dieu, pour le prier, pour assister à la messe ... on a pris des habitudes et aussi la volonté de toujours poursuivre ces efforts dans ce sens. On sait que cette nuit de la foi peut nous prendre à tout moment, mais qu'il faut continuer malgré tout car c'est Dieu qui nous met peut-être à l'épreuve. Et à ce moment là, la foi n'est en effet plus un sentiment, mais une volonté de se tourner vers Dieu. Mais avant, il y a eu le sentiment d'amour qui est très important pour consolider cette foi et cette volonté.

Ce que j'entends par les personnes qui souhaitent avoir la foi ?

Avant, je pensais avoir la foi. Je disais et j'étais convaincue que j'étais très croyante car Dieu ne faisait aucun doute pour moi, mais j'ai remis en doute et même renié à certaines périodes tout ce que l'Eglise proposait. J'ai donc cherché Dieu ailleurs, j'ai cherché à avoir la foi en lisant la Bible, en me renseignant sur d'autres religions ou religiosités, mais tout celà en vain, à ces périodes là. Donc finalement, je n'avais pas du tout la foi. Je connais d'autres personnes ayant eu la même attitude et recherche que moi et qui se sont converties à d'autres religions. Mais ces personnes ne m'ont jamais parlé de ce sentiment merveilleux, d'une rencontre avec Dieu. Ils se sont convertis par la seule force de leur volonté car ce que cette religion leur proposait leur "parlait".
Je voulais la foi car je savais que Dieu ne pouvait qu'exister. J'avais toujours ressenti un manque dans ma vie, qui était l'amour de Dieu et satisfaire à sa volonté. Mais je ne Le trouvais pas. Même si d'un point de vue "sociétal" j'ai plutôt réussi ma vie pas trop mal, j'ai toujours trouvé qu'il manquait quelque chose de très important et que finalement tout celà n'avait pas de sens. J'ai cherché Dieu de différentes manières, mais je me suis finalement fermée à tout ce qui était catho (malgré une bonne éducation catho). J'ai cherché, beaucoup lu, et me suis perdue dans mes recherches. Finalement un jour, j'ai décidé de lutter contre tous mes préjugés et mon aversion sur la religion catholique (aversion très grande, même si j'ai continué les traditions cathos : mariage, baptême ...), et ceci car lorsqu'on croit en Dieu, sans la foi, ou finit par l'oublier ou le laisser de côté et la vie est très sombre dans ces moments là . C'était un petit déclic qui s'est opéré en moi, une petite voix qui me disait : et si c'était "la vérité" malgré tout ? A force de persévérance, de lectures, de discutions, j'ai ouvert mon esprit, j'ai laissé tomber mes préjugés, j'ai cherché Dieu d'une autre manière, aves plus de sincérité, et avec beaucoup de volonté, en m'"offrant" à Lui, j'ai recommencé à aller à la messe, à prier d'une manière chrétienne ... et un jour Il est venu à moi. Et celà à complètement changé ma vie. Mais j'ai dû attendre 25 ans pour celà. Actuellement, j'ai encore ce "sentiment amoureux" en moi, mais si je commets des petits péchés, je ne le ressens plus, j'ai l'impression de me couper de Dieu, de m'éloigner de Lui. Donc finalement, connaître ce sentiment d'amour, ne peut que pousser à progresser et à s'améliorer. Et est un puissant moteur pour persévérer dans la connaissance et l'amour de Dieu.

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 15:29
par gerardh
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Bonjour,

Je rappelle Jean 1, 12-13 : à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, [savoir] à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

Egalement Hébreux 11, 1 : Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas. (tout le chapitre traite des hommes de foi de l'AT).

Romains 10, 17 : Ainsi la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la Parole de Dieu.


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Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 16:54
par La Chartreuse
muirgheal a écrit :i

- Le sentiment de la foi, le ressenti est pour certaines personnes très importantes. Lorsque l'on désire se marier, on connait d'abord un sentiment amoureux très fort (soit de suite, soit ce sentiment amoureux se précise de plus en plus), on apprend à connaître la personne choisie et à se rendre compte que nous sommes faits l'un pour l'autre : sentiments, projets de vie, caractères ... Même si il est évident que se sentiment amoureux très fort au début change dans le temps et se transforme en amour, tendresse, complicité ... et qu'il y aura parfois des coups durs, on ne peut pas se donner toute sa vie à une autre personne sans se sentiment amoureux. Enfin, ça dépend peut-être des personnes.
Pour ma part, la foi en Dieu où l'amour de Dieu n'est pas une question de sentiment, puisque ces deux sentiments se situent dans la volonté.

Sainte Thérèse de l’enfant Jésus n’a jamais éprouvé de sentiment et pourtant elle est la plus grande sainte des temps moderne.

Désirer, vouloir aimer et poser des gestes est beaucoup plus solide que ce frêle sentiment d'un moment que le vent emporte!

Nul besoin de ressentir que nous aimons pour nous donner à Dieu il s'agit de savoir que Dieu existe et qu'il a donné son Fils unique pour nous sauver de la mort pour comprendre profondément qu’Il mérite tout notre amour et notre reconnaissance.

Connaître Dieu, l’aimer parce qu’il est Dieu et le servir est le devoir le plus important d’une créature!
Dieu attire parfois des âmes à lui en leur faisant ressentir des sentiments et il en attire d’autres justes par le désir de l’aimer (Volonté!)

Ceux qui éprouvent des sentiments seront vite mis à l’épreuve, car ses sentiments ne durent jamais bien longtemps. Pour ma part, il ne faut jamais s’appuyer sur ce que l’on ressent pour commencer à servir et aimer Dieu!

Sentiment ou pas, Dieu mérite d’être aimé alors aimons-le pour ce qu’Il Est!

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 19:47
par Griffon
gerardh a écrit :_________

"Cherchez et vous trouverez" s'applique à la foi, à la vérité, aux questions que l'on se pose touchant les choses de Dieu et qui n'ont pas encore de réponses, etc.


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Ouhhhh
Comme vous y aller, cher gerardh !

C'est à dessein que j'ai repris cet exemple, car la recherche de Marie et de Joseph symbolise très bien notre recherche des choses de Dieu.

Jésus n'est-elle pas LA chose de Dieu, par excellence ?

C'est en imitant Marie et Joseph tels que nous les présente Luc, qu'on trouvera Jésus, la Foi, et le Royaume.
N'en êtes vous pas convaincu ?

Bien à vous,

Griffon.

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 20:12
par gerardh
_________

Cher Griffon,


Je pense que votre interprétation reviendrait à forcer le sens des symboles. Mais elle est quand même originale.

Cherchez et vous trouverez : on trouvera Jésus bien sur, qui est le chemin, la vérité et la vie (éternelle).


__________

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 20:18
par Griffon
Bonsoir La Charteuse.

Vous avez changé d'avatar ? Bon choix !

J'avoue que votre message me glace un peu les sangs !
J'avais choisi de ne pas le relever,... et pourtant, me voici.

Bien maladroit, malheureusement.
Aussi, ne croyez pas à mal de ma part.
La Chartreuse a écrit : Pour ma part, la foi en Dieu où l'amour de Dieu n'est pas une question de sentiment, puisque ces deux sentiments se situent dans la volonté.
Disons ok.
Mais un sentiment ne se situe pas dans la volonté: il y a le sentiment et la volonté.
Et aussi et surtout, la grâce de Dieu.
Surtout : le sentiment permet d'incarner ces grâces.
La Chartreuse a écrit : Sainte Thérèse de l’enfant Jésus n’a jamais éprouvé de sentiment et pourtant elle est la plus grande sainte des temps moderne.
Là... vraiment pas d'accord.
Ste Thérèse a vécu la nuit de la foi. Mais elle a pu le faire grâce aux sentiments qui lui avait permis de savoir toute la couleur, la jouissance de la foi.
Par ailleurs, quand vous la lisez, vous lisez des sentiments à chaque ligne.
Le manque de Dieu, le désespoir de la vie sans Lui, cela relève aussi du sentiment.
Et rien de tel que les ténèbres pour comprendre la Lumière.

La Chartreuse a écrit : Nul besoin de ressentir que nous aimons pour nous donner à Dieu il s'agit de savoir que Dieu existe et qu'il a donné son Fils unique pour nous sauver de la mort pour comprendre profondément qu’Il mérite tout notre amour et notre reconnaissance.
Pour mettre de l'amour dans ses actions, il s'agit bien d'éveiller le sentiment, et y croire, même si on ne le sent pas, car nous savons que le sentiment va revenir.
La Chartreuse a écrit : Connaître Dieu, l’aimer parce qu’il est Dieu et le servir est le devoir le plus important d’une créature!
Si aimer Dieu est un devoir, cela casse tout !
On aime Dieu, car Dieu lui-même éveille en nous l'amour à son endroit.
Sans cela, ce serait impossible.
La Chartreuse a écrit : Dieu attire parfois des âmes à lui en leur faisant ressentir des sentiments et il en attire d’autres justes par le désir de l’aimer (Volonté!)
Ben... le désir relève bien du sentiment.
La Chartreuse a écrit : Ceux qui éprouvent des sentiments seront vite mis à l’épreuve, car ses sentiments ne durent jamais bien longtemps. Pour ma part, il ne faut jamais s’appuyer sur ce que l’on ressent pour commencer à servir et aimer Dieu!
Il ne s'agit pas de s'appuyer uniquement sur ses sentiments.
On ne prend pas de décision sur la base de sentiments.
Mais on loue le Seigneur, car il éveille en nous des sentiments.
La Chartreuse a écrit : Sentiment ou pas, Dieu mérite d’être aimé alors aimons-le pour ce qu’Il Est!
AMEN !

Re: La foi, don de Dieu

Publié : ven. 19 mars 2010, 20:34
par Griffon
gerardh a écrit :_________

Cher Griffon,


Je pense que votre interprétation reviendrait à forcer le sens des symboles. Mais elle est quand même originale.

Cherchez et vous trouverez : on trouvera Jésus bien sur, qui est le chemin, la vérité et la vie (éternelle).


__________
Forcer le symbole ? Originale ?
Quand Jésus nous dit : "Cherchez, et vous trouverez", c'est d'abord et avant tout de Lui-même qu'Il parle.

Quoiqu'il en soit,
A celui qui cherche Dieu, où voyez-vous qu'on doive lui répondre : "Cherchez et vous trouverez" ?
Ne voyez-vous pas la soufflet que représente une telle réponse ?
Et en plus, en présentant ce verset détourné, vous en appelez à la caution des évangiles pour donner une réponse qui y est contraire.


Ne connaissez-vous pas cette autre citation ?
Pierre 3,15 a écrit :Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous dès que quelqu’un vous demande vos raisons.


Quand quelqu'un pose une question, cela ne convient-il pas mieux comme attitude ?

Plus clair que cela, je ne puis.
Vous comprendrez que votre bref message m'avait choqué par son manque de charité envers muirgheal.
Manifestement, vous ne vous en rendiez pas compte.

Cordialement,

Griffon.