Dans mon groupe chrétien, un pédophile serait excommunié, de même que ceux qui l'auraient toléré ou caché.
On excommunie chez les protestants ?
Pour le reste, cette "polémique" est puante, comme les autres. Cela dit elle me semble beaucoup moins virulente. L'habitude ? Le sentiment que c'est trop gros ?
Une chose est claire, cette modernité qui se prétend tolérante, ouverte et soucieuse de préserver la liberté individuelle des opinions de chacun est comme toute les structures intellectuelles : elle se bat contre ce qui lui paraît faux.
Nous faisons pareil, nous nous battons contre le mensonge. Et certains chrétiens ne se gêne pas pour faire aussi dans la diffamation.
La différence ? l'Église dans sa globalité n'use pas des techniques immondes qu'use en toute bonne conscience nos journaleux au pouvoir.
Autre différence : l'Église ne prétend pas considérer comme égale les vérités individuelles de chacun. Elle est franche, là ou nos "modernes" mentent : leur "tolérance" s'arrête lorsque nous ne sommes pas d'accords avec eux...
Enfin, c'est le tribut à payer pour vivre dans une "démocratie" bourgeoise : perte du sens politique (calomnie etc.) et tolérance fondée sur les intérêts individuels (groupes de pressions etc.). Les défauts des avantages que cette structure politique nous apporte (il y en a

).
Ça me fait penser à un article de Ratzinger parut dans Communio autour des années 70/80, un article sur la philosophie et la théologie. Il y explique très clairement en quoi la philosophie c'est enfermée dans une sorte d'auto-promotion de la raison qui méprise toute donnée de la foi, jusqu'à dépérir, et comment la théologie s'est effondré ou dans son auto-destruction par la critique philosophique refusant tout apport de la Révélation, ou dans un anti-rationalisme déssèchant.
Dans ce texte il fait le constat d'une modernité qui, au nom de la tolérance et le respect des opinions individuelles, refuse toute philosophie/doctrine/... qui prétendrait apporter la Vérité, une vérité une etc. Il relie cela au criticisme, à cette séparation entre théologie et philosophie (toute personne qui a lue mes interventions sur la question du signe et de l'Être sait combien je partage sa lecture du problème moderne

) qui conduit, selon lui, nécessairement à une détestation de toute religion instituée, de tout clergé, de toute structure prétendant être dépositaire d'une Vérité donnée par autre chose que la raison individuelle.
Or nous sommes exactement là-dedans.
Le monde moderne déteste l'Église catholique car elle est structurellement inacceptable à ses yeux. Les affaires de pédophilies, ou autre, ne sont pour les militants de cette univers de pensée qu'un moyen (ignominieux) d'atteindre une structure qu'ils haïssent.
Or ils ne devraient pas la haïr, car ils sont sensés représenter ces hommes rationnels et tolérants qui respectent à égale valeur les intérêts et les opinions de chacun.
Comme ils ne disposent d'aucun arguments sérieux pour combattre l'Église (sans tomber dans la contradiction), ils renversent le problème : l'Église est inacceptable car elle est intolérante.
1) C'est faux : l'Église tolère mais elle ne considère par toutes les opinions comme ayant la même valeur.
2) Elle n'a jamais prétendue, comme les modernes, mettre sur le même plan les opinions de chacun.
Dans les faits l'Église est infiniment plus tolérante et plus "dialogique" : elle a toujours acceptée le dialogue avec ses adversaires de pensée. Il suffit de lire les Saints, les encycliques, les traités de théologies. Il y a des choses jugées erronées, mais il est toujours expliqué pourquoi cela est erroné.
Dans les faits le monde moderne est incapable de dialogue, et est profondément dictatorial : "fait ce que tu veux tant que tu respectes ceci et cela. Je ne te demande pas de savoir pourquoi tu dois respecter ceci et cela, tu dois. Pour le reste chacun pense ce qu'il veut, et personne n'a le droit de lui dire qu'il a tort."
Ainsi le divorce est complet. L'Église cherche toujours à dialoguer, à expliquer, à comprendre, même lorsqu'elle ordonne. Voyez l'affaire de la théologie de la libération. Ratzinger fut conspué pour son intransigeance. Oui, il fut intransigeant. Il fut intransigeant parce que ce qui nous a été révélé par Dieu était en jeu. Il fut intransigeant, mais le jugement fut le fruit d'un véritable dialogue, d'une volonté de comprendre ces théologiens et d'expliquer pourquoi ils se trompaient. Et il pouvait dire qu'il se trompait car l'Église reconnaît des vérités de fait (les dogmes).
Le monde moderne ne cherche pas à comprendre ni a dialoguer, il ne cherche qu'à préserver des intérêts. Le dialogue ne compte pour rien, et les interdictions sont impensables sauf si un groupe de pression suffisamment fort suppose que tel ou tel droit ne peut être remis en cause.
Ainsi l'avortement. Peut-être que dans 10 ans l'avortement sera considéré comme problématique par ce même monde pour diverses raisons (il faut faire plus d'enfants, les dégâts psychologiques sont improductifs etc.), et nous verrons toute la population changer d'opinion comme des girouettes.
Benoit XVI avait parfaitement perçut les problèmes que pose au monde moderne l'Église. Et son action est d'autant plus forte, et plus violente pour les "médias", qu'il a fait de la Vérité son "cheval de bataille". On sent, à le lire, qu'annoncer la Vérité, quelqu'en soi les conséquences
contre soi, a toujours été sa "vocation", si je puis dire.
En repensant à "l'affaire" Pie XII, je me dis que les chemins sont étonnamment semblable.
Benoit XVI comme Pie XII sont les cibles d'attaques d'autant plus injustifiées qu'elles visent à dire de la personne l'inverse de ce qu'elle est ou a fait de manière tout à fait ouverte.
Ainsi Pie XII, considéré à la sortie de la guerre comme le
seul "dirigeant" à avoir fait et dit quelque chose pour les juifs (par des journalistes américains, par les juifs eux-mêmes etc.), devient quelque temps après, extraordinairement, un pape nazi (pour les plus extrêmistes).
Comme par hasard : années 60, un auteur protestant et un producteur communiste...
La population aurait pu ne pas suivre, cette même population qui 20 ans avant considérait Pie XII comme un saint. Elle a suivit. Elle a suivit car elle y trouvait son intérêt.
Une pièce de théâtre venait calomnier, et tout le monde a suivit. Même les personnes les plus "intelligentes". C'est extraordinaire !
Ce monde qui glorifie la rationalité contre les délire des cathos (qui croient en Dieu, les pauvres), venait dans sa plus grande majorité de reconsidérer une personne sur une obscure pièce de théâtre contre tous les faits.
Il faut ouvrir les archives entend-on... Elle le sont déjà, les documents sont déjà en grande partie publiée, et son action est connue. Il n'y a RIEN, rien derrière l'argumentation des calomniateurs. Du flanc, du pipeau.
Et pourtant, tout le monde se sent aujourd'hui obligé de passer par là pour parler de Pie XII. Même ceux qui l'aiment.
La récente affaire autour de Benoit XVI, c'est pareil. J'écoutais France Musique, chronique : scandale, le frère de Benoit XVI était directeur d'une chorale ou a eu lieu des crimes pédophiles, il devait être au courant, et donc son frère aussi, et donc Benoit XVI est coupable pour son "silence complice" (oui oui !), c'est une honte qui décridibilise les "valeurs" de l'Église.
Je croyais rêver. Moi qui savais que Benoit XVI a fait des choses concrètes pour lutter contre ces crimes dans l'Église, je ne comprenais pas d'où venait cette chronique folle.
J'apprends que tout vient de Kung.
Mais que font les journalistes ? La vérifications des sources ? Pourtant Kung n'est pas connu pour sa sympathie envers Ratzinger. Ce genre de propos venant de lui devrait au moins inviter à la prudence. Nada !
Qu'importe la vérité, qu'importe que ce soit tout l'inverse qui soit vrai : il fallait profiter des propos de cet imbécile de Kung pour attaquer non pas le pape, au fond, mais toute l'Église, cette chose scandaleuse.
Ainsi Benoit XVI, ainsi Pie XII : Pie XII a sauvé des milliers de juifs ? Qu'importe, cette pièce de théâtre nous arrange, elle va nous permettre d'en finir avec cette structure que nous haïssons.
Ce qui est extraordinaire, vraiment extraordinaire, c'est que cette pratique (la calomnie) qui fonctionne dans des petits groupes et des cas isolés, mais qui est globalement combattus dans nos pays "démocratique", lorsqu'elle vise l'Église catholique arrive à constituer la Vérité pour le monde entier... Et je n'exagère pas, c'est cela qui est extraordinaire !
Nous sommes face à un FAIT : la calomnie, la pure et simple calomnie, passe MONDIALEMENT lorsqu'elle vise un pape.
Voilà le visage de nos contemporains qui se prévalent des Lumières, de la Raison et de la critique historique...