Responsabilité de l'Eglise et prêtre pédophile argumentaire

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Pierre-Antoine
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Responsabilité de l'Eglise et prêtre pédophile argumentaire

Message non lu par Pierre-Antoine »

Lassé par le bas niveau de la campagne médiatique à l'encontre de l'Eglise catholique, je vous propose ces quelques réflexions, qui pourront, je l'espère, aider certains à appréhender le problème.

1/ Le péché

Avant d'être puni par la loi, l'acte pédophile est un péché grave (violation du huitième commandement : "tu ne commettras pas l'adultère" ; et du dixième commandement "tu ne désireras rien de ce qui est à ton prochain").

Il ne s'agit pas d'atténuer la gravité des actes commis. De plus lorsqu'ils ont été commis par des hommes ordonnés prêtres, on peut difficilement leur trouver des circonstances atténuantes, notamment en ce qui concerne la pleine connaissance de la gravité l'acte (les études de séminaires comporte normalement quelques cours de morale).

Cependant le Christ est mort et ressuscité sur la croix pour le pardon de tous les péchés, y compris les plus grave, y compris les actes de pédophilie.

Un pédophile, malgré le caractère ignoble de son acte est digne du pardon de Dieu, donc du pardon des hommes. Ce pardon ne va pas sans une certaine réparation des personnes lésées. En effet pour que le pardon puisse être accordé, il est indispensable que la contrition soit sincère. La conséquence de cette contrition est la réparation.

La confession est le sacrement du pardon. Nous y reviendrons.

2/ le crime

La pédophilie est un crime, ignoble certes, mais traité du point de vue du droit de la même manière que tous les crimes.

Pour qu'il y ait action pénale en France, il est nécessaire soit qu'il y ait plainte déposée par une des victimes (ou son représentant légal) soit que le ministère public (le parquet) se saisisse du dossier (crime étant considéré comme lésant la société, ce que l'Eglise considère également : la violation de la loi lèse le bien commun et donc est donc un péché).
Des dénonciations par des personnes extérieures à une affaire, sont délicate à prendre en compte par le parquet (Outreau)
Enfin le déclenchement des poursuites doit avoir lieu avant la prescription de l'acte prévu par la loi.

Après cela il y a enquête puis jugement qui débouche sur une condamnation, un non-lieu ou un acquittement.

3/ Analyse critiques des faits

Lorsqu'on lit les média, on a l'impression que l'Église a soustrait à la justice des hommes, prêtres, qu'elle devait savoir pédophile à la justice. C'est-à-dire, qu'elle a empêché la 'action publique de suivre son court. Et donc qu'elle a permis à ces hommes de vivres dans la clandestinité à l'abri de la justice.

D'où les quelques questions de bon sens et d'esprit critique que l'on doit se poser lorsque la presse cloue au pilori l'Eglise pour des actes de pédophilie d'un prêtre :
- Ces actes ont-ils donné lieu à une action judiciaire ? oui/non
- Cette action judiciaire a-t-elle pu aller à terme ? oui/non
- si oui : a-t-elle débouchée sur une condamnation de la personne accusée ? oui/non
- si non : cette affaire est de la calomnie pure et simple et il n'y a aucune raison objective de limiter le ministère du prêtre prévenu. Il est déclaré innocent des actes pour lesquels il a été accusés.
- si oui : cf. infra
- si non : est-ce par des actes d'obstruction à l'action de justice ? oui/non
- si non : cette affaire est de la calomnie pure et simple
- si oui : on peut commencer alors à se poser la question de qui à aider le prévenu à se soustraire à l'action de justice. Cf. 4/

- si cette action a débouché sur une condamnation, a-t-elle été exécutée ?
- si oui : on ne peut reprocher à l'Eglise qu'un éventuel manque de prudence si à la suite de sa peine on a continué à lui confier des mission apostolat auprès d'enfants ou d'adolescents (on le met en danger de récidive et on met en danger les enfants)
- si non : cf. 4/

4/ Obstruction à la justice

Est-ce que cette obstruction à la justice est du fait de la hiérarchie et de l'institution de l'Eglise ? oui/non

Une obstruction ou une soustraction à la justice arrive lorsque la justice ne peut pas accéder aux preuve (destruction de preuve) ou que le prévenu est sorti de sa juridiction.
Dans les cas que nous présenté la presse, il ne me semble pas avoir vu de telle chose.

Cependant, si un évêque envoyait en mission à l'étranger un des prêtres de son diocèse pour lui éviter des poursuites judiciaires dans son pays, il serait alors coupable d'avoir aide à la fuite.
Un évêque qui accueille dans son diocèse un prêtre pour lui permettre d'exercer un ministère limitant le risque de récidive ou lui permettant de se soigner et ne le soustrayant pas la justice, ne peut être accusé de soustraction à la justice. Le Christ nous a bien enseigné de visiter les prisonniers et non de les rejeter à la lie de l'humanité.

5/ secret de la confession

Reste le dilemme du secret de la confession.

Que doit faire un prêtre qui entend en confession un crime (pédophilie, commis par un prêtre ou non), viol, meurtre,etc. ?

Le secret de la confession ne lui permet pas de dénoncer lui-même le pénitent au bras séculier.

En revanche, le sacrement de confession nécessitant un acte de contrition sincère et un acte de pénitence, il peut demander au pénitent d'aller se livrer lui-même au bras séculier en réparation, imparfaite, du crime qu'il a commis.

6/ pardon et réparation de la faute

Notre société oublie le pardon et la réparation de la faute. La campagne médiatique (notamment par l'ancienneté des faits qu'ils nous présentent) semble dénier toute possibilité de pardon de nos péchés et d'amélioration de nos fautes. On a l'impression que ces prêtres pédophile, qui pour certains ont été condamnés par le bras séculier ou acquittés, ont purgé leur peine ne peuvent pas s'amender et sont à jamais considéré comme des pestiférés à qui il serait même interdit de donner un peu de pain sous peine de partager leur crime.

C'est bien loin de l'enseignement du Christ, mort et ressuscité pour le pardon de TOUS les péchés.

A l'approche de la semaine sainte et de la commémoration de la Passion du Christ, prions que nous puissions à la suite du Christ accordé notre pardon au criminels, visiter les prisonnier...

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