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Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : lun. 06 sept. 2010, 13:57
par Antestor
Bonjour à tous,
Je débattais sur l’avortement quand on a soulevé le problème de la « fin de vie » et je me suis rendu compte que j’étais partagé.
L’histoire est simple : Une femme âgée est un légume, depuis 10 ans elle est dans un lit, elle ne communique presque plus et ses muscles sont complètement atrophiés, on la nourrit par des tubes parce qu’elle ne peut plus déglutir. Que faire ? Attendre et la voir souffrir ?
Je suis contre l’avortement, si je veux rester honnête je dois être contre l’arrêt volontaire de la vie, non ?
Dans cette situation terrible et de façon générale, quelle est la parole de l’Eglise ?
[ Les intervenants sont invités à ne répondre qu'à la question en gras ; toute tentative de débat dans cette rubrique du forum sera déplacée dans le forum Apologétique, ou bien supprimée | Cordialement, Cgs ]
Re: Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : lun. 06 sept. 2010, 19:47
par Griffon
Voici ce que recommande l'Eglise catholique.
L'Eglise s'oppose à l'acharnement thérapeutique.
Donc, si la personne ne vit que grâce à des appareils, on peut les arrêter.
Il faut laisser mourir la personne dignement avec tous les soutiens spirituels possibles, donc les sacrements évidemment.
Mais, l'Eglise sait aussi que le vie est reçue de Dieu.
On n'exécute pas un patient.
Et si le patient doit être nourri, on ne le laisse pas mourir de faim ou de soif. Même si cette alimentation se fait par une sonde.
Cordialement,
Griffon.
Re: Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : lun. 06 sept. 2010, 20:24
par Christophe
Antestor a écrit :Dans cette situation terrible et de façon générale, quelle est la parole de l’Eglise ?
«
Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie ».
Ensuite, toute la question est de savoir où se termine la thérapie et où commence l'acharnement, où est la frontière entre le refus de l'acharnement et l'euthanasie…
Re: Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : jeu. 09 sept. 2010, 13:59
par Antestor
Merci pour vos réponses.

Re: Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : jeu. 09 sept. 2010, 16:59
par La Chartreuse
Christophe a écrit :Antestor a écrit :Dans cette situation terrible et de façon générale, quelle est la parole de l’Eglise ?
«
Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie ».
Ensuite, toute la question est de savoir où se termine la thérapie et où commence l'acharnement, où est la frontière entre le refus de l'acharnement et l'euthanasie…
Bonjour,
L’euthanasie est une action ou une omission dont l’intention première vise la mort d’un malade pour supprimer sa douleur.
L’euthanasie est une mort imposée qui s’oppose à la mort naturelle.
Ceux qui revendiquent l’euthanasie justifient souvent cette demande par un refus de l’acharnement thérapeutique. Les soins de base (soulager la douleur, respecter la conscience du malade et communiquer avec lui, lutter contre la sensation de soif et de faim, respecter la pudeur, assurer l’hygiène..) sont toujours dus au malade, quelque soit la situation.
Je pense que la ligne de démarcation est là.
Re: Fin de vie naturelle et Suicide
Publié : ven. 10 sept. 2010, 4:22
par Anne
Pendant ce temps, au Québec, le débat public est enclanché. Et, fallait s'y attendre:
L’objectivité de la Commission sur le droit de mourir dans la dignité a à nouveau été mise en doute, jeudi. Pour une deuxième fois en à peine trois jours, un intervenant a accusé l’exercice de consultation publique d’avoir un biais favorable à l’euthanasie.
http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-g ... commission
On a même eu droit à un mémoire citant Sa Sainteté Pie XII lui-même, qui était en faveur de l'euthanasie! Du moins c'est sorti comme ça aux nouvelles... Faut dire que les journalistes ne font pas dans la nuance et pour ce qui est de l'information précise, ils peuvent repasser! Je me suis prise à penser en entendant la chose: "Ben, depuis quand la parole d'un pape peut avoir une influence au Québec?!"
Mais, bon, ça va barder!
Dans une réflexion éthique sur le refus ou l’interruptions de traitements, le Pape Pie XII avait déjà distingué entre moyens ordinaires et moyens extraordinaires de conserver la vie.
[...]
Le Pape Pie XII a enseigné que le devoir d’un médecin est toujours de soulager les souffran-ces d’un mourant, au risque même d’abréger sa vie. La ligne de conduite est tracée par un principe éthique fondamental : sauvegarder la dignité de la personne qui meurt. C’est le cas lorsqu’un médecin, sans chercher à donner la mort, s’efforce d’apaiser les souffrances d’un mourant par des soins palliatifs dont les effets prévisibles entraîneront le décès.
A ce propos le Catéchisme de l’Église catholique enseigne : « L’usage des analgésiques pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être morale-ment conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue, ni comme fin ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable » (n. 2279).
Mourir dans la dignité - Lettre pastorale des évêques suisses sur l'euthanasie et l'accompagnement des mourants
http://www.kath.ch/sbk-ces-cvs/pdf/Mour ... ignite.pdf