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Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : sam. 02 oct. 2010, 18:57
par etienne lorant
Si l'on considère un "camp de concentration" comme un lieu clos et gardé où l'on retient des personnes, non pour avoir commis des actes répréhensibles, mais seulement parce qu'on les destine à une quelconque forme de mise à l'écart... dès lors, Vottem est l'un des camps de concentration de Belgique. Il y a eu une évasion cette année:
http://www.sudpresse.be/actualite/belgi ... 8135.shtml
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : sam. 02 oct. 2010, 19:38
par VexillumRegis
etienne lorant a écrit :Si l'on considère un "camp de concentration" comme un lieu clos et gardé où l'on retient des personnes, non pour avoir commis des actes répréhensibles, mais seulement parce qu'on les destine à une quelconque forme de mise à l'écart...
La définition que vous donnez d'un "camp de concentration" ne peut aucunement s'appliquer au centre de rétention que vous prenez pour exemple, puisque, selon l'article même que vous citez, les personnes qui y sont internées le sont pour avoir pénétré illégalement sur le territoire belge, ce qui constitue effectivement un "acte répréhensible" devant le Législateur, à ce qu'il me semble...
Votre minable
reductio ad hitlerum tombe donc complètement à l'eau !
Cordialement,
- VR -
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : lun. 04 oct. 2010, 10:12
par etienne lorant
A propos de la ma "minable" reductio ad hitlerum (dixit Vexillum Regis), je voulais tout de même citer ce cas, qui a éclairé - mais durant peu de temps, ce qui peut se passer dans ces camps de rétention et lors de l'application de la législation.
Les méthodes employées dans le témoignage des trois gendarmes, ne peuvent évidemment être comparées à des méthodes "Nazies", jugez par vous-même:
Deuxième jour d’audience
Le témoignage des gendarmes
jeudi 11 septembre 2003.
"Les trois anciens gendarmes qui ont maintenu Semira Adamu alors qu’elle étouffait, lors de sa tentative de rapatriement dans un avion Sabena le 22 septembre 1998, ont souligné ce matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles leur manque de formation dans la "technique du coussin", l’un d’eux faisant même allusion à une "pression de la hiérarchie" pour faire aboutir un fois pour toute l’expulsion de la jeune Nigériane. Premier prévenu à être interrogé par le président du tribunal, Danny Cr. a tenu le fameux coussin pour empêcher Semira Adamu de crier et ainsi avertir les autres passagers. "J’ai maintenu le coussin sur sa bouche, en exerçant une pression non constante. Il est possible que le gant ait glissé légèrement sur son nez, mais il n’y avait pas de pression sur le nez et à tout moment elle pouvait respirer", a indiqué l’homme, qui a précisé n’avoir jamais rien constaté d’anormal dans l’état de la jeune femme. Et quand il l’a entendue s’étouffer, il a interprété cela comme des sanglots. Le moment où Semira a perdu ses selles, assimilé par le médecin légiste à son entrée dans le coma, est survenu "quelques minutes à peine" après l’immobilisation, selon les (désormais) policiers. Tous ont interprété ce fait comme une nouvelle preuve de rébellion de la jeune femme. Ce n’est que lorsque Danny Cl., arrivé plus tard pour tenir la main de Semira, a vérifié si les mains de la jeune femme remuaient encore, que les gendarmes ont été alertés, trop tard cependant. Le président du tribunal a également tenté d’éclaircir le moment, absent de la vidéo projetée mercredi matin, où la jeune femme se serait rebellée. Les trois ex-gendarmes ont dit l’avoir vue tenter de se libérer de ses liens dans son dos, chanter de plus en plus fort et parler (crier selon certains), dès le moment où les premiers passagers sont entrés dans l’avion.
Danny Cr., Johnny P. et Danny Cl. ont tous trois souligné l’absence de formation à la "technique du coussin", dont ils n’avaient connaissance que par des directives écrites ou par une faible expérience. "La formation, c’était accompagner une équipe de rapatriement et observer l’utilisation de la ’technique du coussin’ afin de l’appliquer soi-même par la suite", a expliqué Danny Cr., rejoint par ses deux collègues. Ils ont également indiqué n’avoir appris que peu de temps avant le rapatriement (la veille pour l’un, le matin même pour l’autre) l’éventuelle difficulté du cas qu’ils auraient à gérer. Depuis plusieurs mois, après cinq tentatives de rapatriement qui avaient échoué, Semira Adamu était devenue une figure de proue des mouvements d’opposition aux expulsions forcées, notamment le "Collectif contre les expulsions". Danny Cr. aurait, selon ses dires, ressenti ce matin-là une certaine pression de la part de ses supérieurs afin que l’expulsion de Semira Adamu soit la bonne. Si Danny Cr. et Danny Cl. ont fait preuve de beaucoup de sang froid tout au long de l’audience, Johnny P., pour qui le ministère public n’a pas requis la suspension du prononcé comme peine subsidiaire en raison d’une sanction disciplinaire antérieure, n’a pu s’empêcher de pleurer en évoquant les difficultés - notamment un long congé maladie et des réaffectations - auxquelles les trois gendarmes ont été confrontés après le drame. L’audience s’est poursuivie par les auditions de Marc V. et de Karl W., les deux officiers chargés de l’encadrement de l’opération.
Belga - 11/09/2003
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : lun. 04 oct. 2010, 10:42
par etienne lorant
26 septembre 2010, récit de la manifestation au centre de rétention 127 bis à Bruxelles.
(Depuis la mort de Sémira Adamu)
Depuis lors, chaque année, une manifestation se déroule en son hommage . La manifestation de cette année devait commencer à 14 heures à la gare de Nossegem.
La police en a décidé autrement . Les gens qui sortaient du train ont été fouillés, filmés ont du justifier de leur identité. La gare était également le lieu de rendez vous pour les cyclistes et les gens venus en voiture. Ils ont eu le droit au même traitement.
Paranoiaques comme ils savent être, la police a même considéré une petite feuille de papier avec quelques noms étrangers , trouvé dans une voiture comme une preuve que les activistes étaient en fait des passeurs.
Enfin , la manifestation se mit en marche et arriva bientôt au centre de détention. Il avait été en grande partie vidé , mais certains migrants étaient encore là et ont essayé de prendre contact avec les activistes de l’extérieur.
Nous étions attendus:les autorités avaient prévu des hélicoptères, des chevaux, des canons à eau et un gros effectif de policiers suréquipés. Tout cela pour environ 100 manifestants. La moindre tentative de faire une action, même symbolique, comme un sit-in devant l’entrée principale, a conduit à l’arrestation immédiate de 11 militants.
Il y a eu certain temps de répit jusqu’à ce que la police montée décide de repousser les manifestants vers la gare. Malgré leur petit nombre , les manifestants n’ont pas été intimidés et des chaînes ont été formés à l’avant et à l’arrière du cortège.
La situation est devenue très tendue, Il était clair que la police avait hâte d’utiliser cette technologie hors de prix dont elle avait été pourvue pour l’occasion. Cependant , deux personnes ont été gravement maltraités sans raison apparente . Une femme a fini à l’hôpital après avoir été frappée à la tête. Un photographe a été « puni » pour avoir pris une photo d’un policier qui avait des ecchymoses au visage. Ce bleu n’a pourtant pas empêché cet officier de police d’arracher la caméra. Ils ont traîné le photographe derrière un bloc de béton et l’ont matraqué sans retenue. Un avocat ,témoin de l’incident a confirmé que ce n’était en aucun cas une situation qui justifiait la légitime défense des policiers. A ce stade de l’ action 4 ou 5 personnes avaient été arrêtés.
La manifestation a finalement atteint la gare de Nossegem, où la plupart des manifestants arrêtés ont été libérés. Les manifestants à pied ont pris le train, « escortés » par un certain nombre de policiers. Dans le même temps les gares de Bruxelles-Nord et Schaerbeek ont été occupées par d’autres policiers afin de s’assurer que personne ne descendrait du train "non-protégé".
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : lun. 04 oct. 2010, 12:31
par Fée Violine
Je ne pense pas qu'on puisse parler ici de "reductio ad Hitlerum", car les camps de concentration ont existé avant les nazis.
Par exemple la France a eu, avant la guerre, des "camps de concentration" (c'était leur nom), qui n'étaient certes pas des "camps d'extermination", ouverts au début de 1939, pour enfermer les réfugiés espagnols, qui ont été reçus en France comme des chiens...
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : mar. 05 oct. 2010, 9:35
par etienne lorant
D'où l'importance des définitions ! Ainsi, le camp de Drancy fut d'abord un camp d'internement et ensuite un camp de transit. Pratiquement, on n'y mourrait que de faim et de dysenterie - et pas d'extermination, mais parfois de mauvais traitement. Cependant, si vous cherchez sur wikipedia, la définition du camp de concentration, vous lirez: "On nomme camp de concentration un lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie, généralement dans de très mauvaises conditions." Percevez-vous bien la nuance ?
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : mar. 05 oct. 2010, 9:47
par Fée Violine
Non, Gyrovague, vous faites erreur.
J'habite à Mende, en Lozère. Il y a eu, en dehors de la ville, dans le vallon de Rieucros, un camp de concentration ouvert début 1939, où le célèbre écrivain Michel del Castillo a séjourné avec sa mère quand il avait entre 6 et 9 ans. Ce camp renfermait des femmes étrangères "indésirables". A une autre époque, il y avait des Espagnols, dont l'un a laissé une sculpture sur un rocher. Cette sculpture est tout ce qui reste du camp, car les bâtiments ont ensuite été détruits. Une association s'efforce de maintenir le souvenir de ce lieu.
Bien entendu, à cette époque le terme "camp de concentration" n'avait pas la connotation qu'il a prise par la suite. Il est vrai que depuis le nazisme, on évite d'employer l'expression dans le sens qu'elle avait avant.
A la même époque, d'autres camps de concentration ont été ouverts dans le sud pour parquer les réfugiés espagnols, à Argelès sur mer et autres localités de la région.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : mar. 05 oct. 2010, 10:18
par Fée Violine
Ce que je veux dire, c'est qu'à l'époque, on employait le terme.
Re: Camps de concentration d'aujourd'hui
Publié : mar. 05 oct. 2010, 10:39
par coeurderoy
Fée Violine a écrit :Non, Gyrovague, vous faites erreur.
J'habite à Mende, en Lozère. Il y a eu, en dehors de la ville, dans le vallon de Rieucros, un camp de concentration ouvert début 1939, où le célèbre écrivain Michel del Castillo a séjourné avec sa mère quand il avait entre 6 et 9 ans. Ce camp renfermait des femmes étrangères "indésirables". A une autre époque, il y avait des Espagnols, dont l'un a laissé une sculpture sur un rocher. Cette sculpture est tout ce qui reste du camp, car les bâtiments ont ensuite été détruits. Une association s'efforce de maintenir le souvenir de ce lieu.
Bien entendu, à cette époque le terme "camp de concentration" n'avait pas la connotation qu'il a prise par la suite. Il est vrai que depuis le nazisme, on évite d'employer l'expression dans le sens qu'elle avait avant.
A la même époque, d'autres camps de concentration ont été ouverts dans le sud pour parquer les réfugiés espagnols, à Argelès sur mer et autres localités de la région.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration
Voici quelques camps français d'internement (photos des AN, en ligne, base Archim) :
http://www.culture.gouv.fr/documentatio ... ancais.htm
Dans l'histoire des camps, seuls les "centre de mise à mort" (presque tous en Pologne) étaient effectivement des centres d'extermination (ex. Treblinka, Sobibor). Auschwitz par ex. était ce qu'on appelle un camp mixte (concentration et extermination, à l'instar de Majdanek, près de Lublin, où les chambres à gaz ont été conservées...).
à gyrovague : Compiègne-Royallieu (500 m de chez moi) était comme Drancy une antichambre des camps d'extermination : si les prisonniers qui venaient de la prison de la Roquette y trouvaient (l'espace de 15 jours , 3 semaines) une impression de relative liberté (temps libre, pas de brimades ou très peu) il faut savoir que le camp comportait plusieurs secteurs (Français résistants, Juifs, Anglo-canadiens...) et que les conditions de vie y étaient très différentes : ainsi beaucoup de Juifs marseillais (rafle du Vieux-Port) y moururent de faim ou de froid : comme dans les goulags c'est déjà une forme d'extermination (programmée dès l'entrée dans les wagons à bestiaux pour ceux qui avaient fait le voyage depuis Marseille avec femmes, vieillards et enfants) : cette réalité française n'est pas à méconnaître : tous les Compiègnois de l'actuelle rue de Paris qui voyaient passer sous leurs fenêtres les files de prisonniers en route pour la gare peuvent encore en témoigner (dont une de mes voisines, 13 ans à l'époque...)
http://www.memorial-compiegne.fr/