L'Eglise au Portugal
Publié : mar. 14 mars 2006, 9:02
L’Eglise au Portugal
Il y a une semaine, dans le ZENIT en version portugaise, il y avait un article sur la situation de l’Eglise dans ce pays. Je vais essayer de vous le traduire puis d’y ajouter mes commentaires :
…………………..
La 20ème édition de « L’annuaire Catholique du Portugal » lancée maintenant en 2006 confirme la chute du nombre de baptisés et d’ordination de prêtres dans le pays.
Cette édition réunit et présente un ensemble important de données sur l’Eglise au Portugal.
« Cette Eglise, dans son pèlerinage au cours de l’histoire, est une réalité en perpétuelle évolution », dit le père Joaquim Garrido, directeur du Secrétariat Général du CEP, responsable de cette édition selon l’agence Ecclesia.
Les statistiques présentées se rapportent à l’année 2003. Elles confirment le travail du Secrétariat d’Etat du Vatican, à travers son département central de statistiques. Au Portugal, selon l’annuaire, 91,52 % de la population professe la foi catholique.
Pour l’annuaire, selon les données recueillies par l’agence d’information de l’Eglise Catholique au Portugal, de 2000 à 2003, le nombre de prêtres diocésains a diminué de 3.159 à 3.029 ( moins 130 ), cependant que le clergé religieux se maintenait pratiquement au même niveau. La situation de 2003 montre que, pour deux prêtres qui meurent ( cette année ce furent 80 prêtres ), à peine un est ordonné ( 37 nouveaux prêtres ).
Malgré cette chute du nombre de prêtres, la majorité des 4.000 paroisses est confiée à une administration sacerdotale ( 99,15 % ) et à peine 37 paroisses sont administrées pastoralement par des diacres, des religieux ou des laïcs.
Les séminaristes en philosophie et théologie diminuent, aussi, selon les dernières statistiques disponibles : de 547, entre diocésains et religieux, en 2000, ils sont passés à 471 en 2003.
Le nombre de baptêmes montre une réduction de presque 10.000 personnes, mais cette statistique doit être interprétée en relation avec la variation annuelle du nombre de naissances. En 2000 ont été baptisés plus de 92.000 enfants de moins de 7 ans et, en 2003, ils étaient 82.640. Le nombre de baptisés de plus de 7 ans représente actuellement près de 6 % du total des baptisés, en 2003, 5.516 ( 5.938 en 2.000 ).
Les statistiques, cependant, ne sont qu’une petite partie de l’Annuaire Catholique qui donne des informations sur le Pape, le Vatican, la Conférence Episcopale Portugaise, les diocèses du pays, les instituts de vie consacrée, les mouvements et les œuvres.
……………….
Ouf ! Maintenant mes petits commentaires.
En pratique je ne connais bien que le Sud du Portugal où je vais, chaque année, deux ou trois fois, depuis 40 ans.
Le Nord du Portugal est le bastion du catholicisme dans ce pays. Il me semble qu’il l’est encore.
Nos femmes de ménage et concierges portugaises sont, en grande majorité, du Nord et sont très religieuses. Il suffit de voir le nombre de celles qui aient dans les églises.
La jeunesse ? Les exemples que je connais sont moins réjouissants mais, au moins, l’indifférence est moins profonde que dans le Sud.
Le centre du Portugal Est a toujours été assez déchristianisé. C'était le bastion du communisme avec les rapports étranges qu'ont souvent les communistes avec les chrétiens.
Le Sud du Portugal, l’Algarve, est assez différent du reste du pays. Depuis tous temps la pratique religieuse y est moindre que dans le Nord.
Autrefois, pourtant, tout le monde allait à la messe, les femmes surtout, les hommes restant à discuter sur la place des églises. Combien sont-ils maintenant à participer aux offices. Une minorité, sans doute, essentiellement des femmes. Il m’arrive, quand je vais à la messe en semaine, d’être le seul homme. Mais le groupe des femmes à réciter le Rosaire est toujours compact.
Une partie importante de la population s’est donc détournée de l’Eglise. La majorité est devenue athée ou d’un christianisme mou, mou, mou …. Une autre a été très attirée par les évangélistes et, il y a une vingtaine d’années ils avaient le vent en poupe. Il me semble que leur progression est stoppée mais est venu le phénomène des Témoins de Jéhovah. Eux, aussi, ont bien labouré le champ de la foi.
Le fait de se faire baptiser et de se marier à l’église reste, encore, dans les mœurs.
Dans ma famille tous ces courants se retrouvent et les catholiques pratiquants ne sont que moins de 10 %, comme en France.
Il y a toujours eu peu de prêtres dans le Sud du Portugal. Leur nombre a baissé mais moins qu’ailleurs, j’ai l’impression. Leur situation est intermédiaire entre la situation de « notable » qui existait il y a 50 ou 60 ans et la situation actuelle en France. J’en connais 6 ou 7. Malheureusement une part d’entre eux devrait apprendre ce que c’est que la fraternité. Ce point est très important et leur a fait beaucoup de mal. Bien des chrétiens se détournent de ces prêtres suffisants et, un peu, méprisants.
Heureusement un certain nombre sont habités par leur enthousiasme – au sens grec du terme - et le service aux fidèles. C’est, aussi, bien sûr le cas des sœurs.
L’évêque est très sympathique. Quand je l’ai rencontré, pour la confirmation d’une de mes filleules, il m’a tout de suite parlé en français avec beaucoup de gentillesse. Il a évacué les problèmes administratifs dus au fait que je n’ai pas, et ne peux avoir, de certificat de baptême.
Lors du repas communautaire, il a su l’introduire avec un Benedicite chanté de toute beauté.
Peut être que, comme en France, on assiste à un frémissement d’augmentation de la pratique religieuse.
Je suis allé une fois regarder la « boutique d’en face », c’est à dire l’Eglise Evangélique. Mais, d ‘une part, au Portugal, ce serait considéré comme un « crime » - bonjour l’oecuménisme ! –
Et, d’autre part, j’ai eu droit au même discours sympathique mais trop militant de certaines communautés évangéliques de France.
Peu de choses à dire sur les statistiques. Bien sûr les 91 % sont on ne peut plus irréalistes. Vous pouvez remarquer que le nombre de prêtres est relativement faible pour un pays de 9.000 .000 d’habitants mais cela a toujours été les cas. Leur diminution de 1% par an et de 2 % pour ce qui est des séminaristes est un peu inquiétante mais, sans doute, moins qu’en France. Le faible niveau et la diminution des baptêmes adultes doit faire réfléchir. Au moins ceux qui en sont des chauds partisans; ce serait le meilleur moyen de vider encore plus nos églises.
Enfin, cerise sur le gâteau, vous remarquerez que l’on ne parle pas des sœurs, des diacres et autres personnes consacrées. Bonjour la journée de la femme !
Il y a une semaine, dans le ZENIT en version portugaise, il y avait un article sur la situation de l’Eglise dans ce pays. Je vais essayer de vous le traduire puis d’y ajouter mes commentaires :
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La 20ème édition de « L’annuaire Catholique du Portugal » lancée maintenant en 2006 confirme la chute du nombre de baptisés et d’ordination de prêtres dans le pays.
Cette édition réunit et présente un ensemble important de données sur l’Eglise au Portugal.
« Cette Eglise, dans son pèlerinage au cours de l’histoire, est une réalité en perpétuelle évolution », dit le père Joaquim Garrido, directeur du Secrétariat Général du CEP, responsable de cette édition selon l’agence Ecclesia.
Les statistiques présentées se rapportent à l’année 2003. Elles confirment le travail du Secrétariat d’Etat du Vatican, à travers son département central de statistiques. Au Portugal, selon l’annuaire, 91,52 % de la population professe la foi catholique.
Pour l’annuaire, selon les données recueillies par l’agence d’information de l’Eglise Catholique au Portugal, de 2000 à 2003, le nombre de prêtres diocésains a diminué de 3.159 à 3.029 ( moins 130 ), cependant que le clergé religieux se maintenait pratiquement au même niveau. La situation de 2003 montre que, pour deux prêtres qui meurent ( cette année ce furent 80 prêtres ), à peine un est ordonné ( 37 nouveaux prêtres ).
Malgré cette chute du nombre de prêtres, la majorité des 4.000 paroisses est confiée à une administration sacerdotale ( 99,15 % ) et à peine 37 paroisses sont administrées pastoralement par des diacres, des religieux ou des laïcs.
Les séminaristes en philosophie et théologie diminuent, aussi, selon les dernières statistiques disponibles : de 547, entre diocésains et religieux, en 2000, ils sont passés à 471 en 2003.
Le nombre de baptêmes montre une réduction de presque 10.000 personnes, mais cette statistique doit être interprétée en relation avec la variation annuelle du nombre de naissances. En 2000 ont été baptisés plus de 92.000 enfants de moins de 7 ans et, en 2003, ils étaient 82.640. Le nombre de baptisés de plus de 7 ans représente actuellement près de 6 % du total des baptisés, en 2003, 5.516 ( 5.938 en 2.000 ).
Les statistiques, cependant, ne sont qu’une petite partie de l’Annuaire Catholique qui donne des informations sur le Pape, le Vatican, la Conférence Episcopale Portugaise, les diocèses du pays, les instituts de vie consacrée, les mouvements et les œuvres.
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Ouf ! Maintenant mes petits commentaires.
En pratique je ne connais bien que le Sud du Portugal où je vais, chaque année, deux ou trois fois, depuis 40 ans.
Le Nord du Portugal est le bastion du catholicisme dans ce pays. Il me semble qu’il l’est encore.
Nos femmes de ménage et concierges portugaises sont, en grande majorité, du Nord et sont très religieuses. Il suffit de voir le nombre de celles qui aient dans les églises.
La jeunesse ? Les exemples que je connais sont moins réjouissants mais, au moins, l’indifférence est moins profonde que dans le Sud.
Le centre du Portugal Est a toujours été assez déchristianisé. C'était le bastion du communisme avec les rapports étranges qu'ont souvent les communistes avec les chrétiens.
Le Sud du Portugal, l’Algarve, est assez différent du reste du pays. Depuis tous temps la pratique religieuse y est moindre que dans le Nord.
Autrefois, pourtant, tout le monde allait à la messe, les femmes surtout, les hommes restant à discuter sur la place des églises. Combien sont-ils maintenant à participer aux offices. Une minorité, sans doute, essentiellement des femmes. Il m’arrive, quand je vais à la messe en semaine, d’être le seul homme. Mais le groupe des femmes à réciter le Rosaire est toujours compact.
Une partie importante de la population s’est donc détournée de l’Eglise. La majorité est devenue athée ou d’un christianisme mou, mou, mou …. Une autre a été très attirée par les évangélistes et, il y a une vingtaine d’années ils avaient le vent en poupe. Il me semble que leur progression est stoppée mais est venu le phénomène des Témoins de Jéhovah. Eux, aussi, ont bien labouré le champ de la foi.
Le fait de se faire baptiser et de se marier à l’église reste, encore, dans les mœurs.
Dans ma famille tous ces courants se retrouvent et les catholiques pratiquants ne sont que moins de 10 %, comme en France.
Il y a toujours eu peu de prêtres dans le Sud du Portugal. Leur nombre a baissé mais moins qu’ailleurs, j’ai l’impression. Leur situation est intermédiaire entre la situation de « notable » qui existait il y a 50 ou 60 ans et la situation actuelle en France. J’en connais 6 ou 7. Malheureusement une part d’entre eux devrait apprendre ce que c’est que la fraternité. Ce point est très important et leur a fait beaucoup de mal. Bien des chrétiens se détournent de ces prêtres suffisants et, un peu, méprisants.
Heureusement un certain nombre sont habités par leur enthousiasme – au sens grec du terme - et le service aux fidèles. C’est, aussi, bien sûr le cas des sœurs.
L’évêque est très sympathique. Quand je l’ai rencontré, pour la confirmation d’une de mes filleules, il m’a tout de suite parlé en français avec beaucoup de gentillesse. Il a évacué les problèmes administratifs dus au fait que je n’ai pas, et ne peux avoir, de certificat de baptême.
Lors du repas communautaire, il a su l’introduire avec un Benedicite chanté de toute beauté.
Peut être que, comme en France, on assiste à un frémissement d’augmentation de la pratique religieuse.
Je suis allé une fois regarder la « boutique d’en face », c’est à dire l’Eglise Evangélique. Mais, d ‘une part, au Portugal, ce serait considéré comme un « crime » - bonjour l’oecuménisme ! –
Et, d’autre part, j’ai eu droit au même discours sympathique mais trop militant de certaines communautés évangéliques de France.
Peu de choses à dire sur les statistiques. Bien sûr les 91 % sont on ne peut plus irréalistes. Vous pouvez remarquer que le nombre de prêtres est relativement faible pour un pays de 9.000 .000 d’habitants mais cela a toujours été les cas. Leur diminution de 1% par an et de 2 % pour ce qui est des séminaristes est un peu inquiétante mais, sans doute, moins qu’en France. Le faible niveau et la diminution des baptêmes adultes doit faire réfléchir. Au moins ceux qui en sont des chauds partisans; ce serait le meilleur moyen de vider encore plus nos églises.
Enfin, cerise sur le gâteau, vous remarquerez que l’on ne parle pas des sœurs, des diacres et autres personnes consacrées. Bonjour la journée de la femme !
