Essence et existence
Publié : mar. 11 janv. 2011, 14:11
Je reviens sur la digression que j’avais faite sur l’essence et l’existence, et sur la conclusion anti-existentialiste : l’essence précède l’existence.
L’objection existentialiste pouvant être soulevée à l’encontre de cette conclusion est de dire : Si l’essence précède l’existence alors cela veut dire que l’essence existe avant l’existence, ce qui est absurde.
Ce à quoi il me faut répondre que nous ne parlons pas ici de la même existence.
Certes l’humanité est une essence créée préexistant au premier homme : l’humanité fut avant que le premier homme ne soit.
Mais l’existence de l’humanité n’est pas l’existence du premier homme.
Car l’existence du premier homme est l’existence par soi de la substance.
Et donc en affirmant que l’essence précède l’existence on affirme que l’existence de l’essence précède l’existence par soi de la substance.
Prolongeons : l’essence spécifie l’existence et cette spécification est une perfection.
Pourquoi dit-on par exemple que l’existence actuelle est plus parfaite que l’existence possible ?
Remarquons que « existence actuelle » et « existence possible » sont déjà des existences spécifiées, la première par une essence que l’on appelle « l’actualité » et l’autre par une essence que l’on appelle « la possibilité ».
Et c’est parce que l’actualité est supérieure à la possibilité que l’on peut dire que l’existence actuelle est plus parfaite que l’existence possible.
De même pourquoi dit-on que l’existence substantielle est plus parfaite que l’existence accidentelle ? Parce que l’existence substantielle est spécifiée par le « par soi » (per se) alors que l’existence accidentelle est spécifiée par le « par un autre ».
C’est donc là aussi un argument contre la preuve ontologique qui fait de l’existence une perfection alors qu’en fait la perfection n’est jamais dans l’existence elle-même, mais dans l’essence qui spécifie l’existence.
Si nous observons les êtres habituels nous constatons que l’existence de leur essence est toujours distincte de leur existence : ce bleu n’est pas le bleu, Pierre n’est pas l’humanité etc… Il y donc composition entitative entre une essence spécifiant et une existence spécifiée, et l’existence spécifiée n’est pas la même que l’existence de l’essence.
Or en Dieu l’existence de son essence est la même que son existence, c'est-à-dire que dans ce cas unique l’essence spécifie sa propre existence : L’essence parfaite parfait sa propre existence, elle se spécifie elle-même, il n’y a alors plus de relation d’antériorité ou de postériorité entre l’essence et l’existence.
L’objection existentialiste pouvant être soulevée à l’encontre de cette conclusion est de dire : Si l’essence précède l’existence alors cela veut dire que l’essence existe avant l’existence, ce qui est absurde.
Ce à quoi il me faut répondre que nous ne parlons pas ici de la même existence.
Certes l’humanité est une essence créée préexistant au premier homme : l’humanité fut avant que le premier homme ne soit.
Mais l’existence de l’humanité n’est pas l’existence du premier homme.
Car l’existence du premier homme est l’existence par soi de la substance.
Et donc en affirmant que l’essence précède l’existence on affirme que l’existence de l’essence précède l’existence par soi de la substance.
Prolongeons : l’essence spécifie l’existence et cette spécification est une perfection.
Pourquoi dit-on par exemple que l’existence actuelle est plus parfaite que l’existence possible ?
Remarquons que « existence actuelle » et « existence possible » sont déjà des existences spécifiées, la première par une essence que l’on appelle « l’actualité » et l’autre par une essence que l’on appelle « la possibilité ».
Et c’est parce que l’actualité est supérieure à la possibilité que l’on peut dire que l’existence actuelle est plus parfaite que l’existence possible.
De même pourquoi dit-on que l’existence substantielle est plus parfaite que l’existence accidentelle ? Parce que l’existence substantielle est spécifiée par le « par soi » (per se) alors que l’existence accidentelle est spécifiée par le « par un autre ».
C’est donc là aussi un argument contre la preuve ontologique qui fait de l’existence une perfection alors qu’en fait la perfection n’est jamais dans l’existence elle-même, mais dans l’essence qui spécifie l’existence.
Si nous observons les êtres habituels nous constatons que l’existence de leur essence est toujours distincte de leur existence : ce bleu n’est pas le bleu, Pierre n’est pas l’humanité etc… Il y donc composition entitative entre une essence spécifiant et une existence spécifiée, et l’existence spécifiée n’est pas la même que l’existence de l’essence.
Or en Dieu l’existence de son essence est la même que son existence, c'est-à-dire que dans ce cas unique l’essence spécifie sa propre existence : L’essence parfaite parfait sa propre existence, elle se spécifie elle-même, il n’y a alors plus de relation d’antériorité ou de postériorité entre l’essence et l’existence.