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Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 12:14
par espoir1001
Voici un article intéressant du journal La-croix, dans cet article ce qui m'a étonnée voir choquée est le contenu de la question posée par le Grand Rabbin de France Gilles Berneim mais après réflexion je me suis dit qu'il devait s'agir d'ignorance ou de préjugés bien ancrés
http://www.la-croix.com/Des-responsable ... 2457368/40
En dehors de cela, cette conférence semble avoir porté ses fruits

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 13:32
par Fée Violine
Gilles Bernheim, grand rabbin de France, a en outre posé deux questions essentielles. La première s’adressait aux catholiques : «Qu’est-ce qui, au-delà du Nouveau Testament, a conduit l’Église à faire à ce point du christianisme une religion sinon antijuive, en tout cas non juive ?» La seconde interpellait les juifs : «Dans quelle mesure les juifs sont-ils capables de prêter attention au projet chrétien en laissant de côté la question de vérité ultime qui sépare les juifs et les chrétiens ?»
Je trouve que ce sont de très bonnes questions.

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 15:00
par Raistlin
Gilles Bernheim a écrit :«Qu’est-ce qui, au-delà du Nouveau Testament, a conduit l’Église à faire à ce point du christianisme une religion sinon antijuive, en tout cas non juive ?»
Je ne sais pas... Au hasard : l'Esprit-Saint ?

Hé puis, ils me font rire ces rabbins qui s'attaquent au soi-disant antijudaïsme chrétien. Qu'ils se posent donc la question de savoir pourquoi leur Talmud contient des propos orduriers sur Jésus et sur Marie. Ils pourraient aussi se demander si un certain antijudaïsme chrétien n'est pas né de ce qui l'a précédé : l'antichristianisme juif. Car faut-il rappeler que la première intolérance fut juive ? Le martyr des premiers chrétiens (notamment Étienne) en témoigne.

La repentance unilatérale, ça commence à bien faire... Notez que je ne nie pas qu'il y ait une repentance à faire du côté chrétien pour certaines dérives qui, d'ailleurs, ne sont pas le fait de l'Église puisqu'elle protégea les Juifs à de nombreuses reprises par la voix des papes (comme quoi les rabbins ne sont pas toujours bien informés). Mais franchement, il faudrait peut-être que les accusateurs enlèvent la poutre de leur oeil avant de vouloir aller chercher la paille dans l'oeil de leur voisin.



Quant à la deuxième question :
Gilles Bernheim a écrit :«Dans quelle mesure les juifs sont-ils capables de prêter attention au projet chrétien en laissant de côté la question de vérité ultime qui sépare les juifs et les chrétiens ?»
Ben oui, c'est cela, écartons question de la vérité ultime. :/

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 17:30
par roll
Raistlin a écrit :Je ne sais pas... Au hasard : l'Esprit-Saint ?
euh... :sonne:
Raistlin a écrit :Hé puis, ils me font rire ces rabbins qui s'attaquent au soi-disant antijudaïsme chrétien. Qu'ils se posent donc la question de savoir pourquoi leur Talmud contient des propos orduriers sur Jésus et sur Marie. Ils pourraient aussi se demander si un certain antijudaïsme chrétien n'est pas né de ce qui l'a précédé : l'antichristianisme juif. Car faut-il rappeler que la première intolérance fut juive ? Le martyr des premiers chrétiens (notamment Étienne) en témoigne.
Encore une victime de la propagande antisémite des Pranaitis et confrères je présume !! La prochaine fois, vous allez citez quoi, les protocoles des Sages de Sion ?

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 17:42
par lmx
L'introduction d'une prière contre les chrétiens (la "Birkat haMinim") qui fréquentaient encore les synagogues a certainement joué un rôle.

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 18:56
par Fée Violine
Raistlin a écrit:
les rabbins ne sont pas toujours bien informés). Mais franchement, il faudrait peut-être que les accusateurs enlèvent la poutre de leur oeil avant de vouloir aller chercher la paille dans l'oeil de leur voisin.
Je pense en effet que les juifs dans leur ensemble (et pas seulement les rabbins) sont très mal informés sur le christianisme. Aussi je trouve injuste de votre part de reprocher à ce rabbin de poser une question dont à votre avis il devrait savoir la réponse depuis 2000 ans. Mais depuis 2000 ans les juifs et les chrétiens ignorent presque tout les uns des autres, je me réjouis des efforts réciproques pour nous connaître mieux, et je ne pense pas que "la poutre" soit dans leur camp...

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 19:26
par Ren'
espoir1001 a écrit :Voici un article intéressant du journal La-croix
Le lien ne marche pas chez moi :(

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : ven. 04 mars 2011, 22:13
par Fée Violine

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 8:58
par Ren'
Mersi braz !

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 10:19
par Et.H
lmx a écrit :L'introduction d'une prière contre les chrétiens (la "Birkat haMinim") qui fréquentaient encore les synagogues a certainement joué un rôle.
Voilà un texte qui parle de ces prières, pleines d'amour :saint: , dirigées contre nous. La conclusion me semble tout à fait judicieuse.
Plusieurs cercles juifs et des organes de presse ont réagi vivement à l’occasion de la promulgation du "Motu Proprio Summorum Pontificum" de Benoît XVI sur la Messe ancienne, en appréhendant la réintroduction de la prière pour les Juifs, celle dont le Pape Jean XXIII avait enlevé l’adjectif « perfidis ».

Certainement, peu de gens savent que les Oraisons solennelles du Vendredi Saint ont une correspondance dans la « birkat ha-minim » (bénédiction contre les hérétiques) de la liturgie juive, qui est la suivante :

« Qu’il n’y ait pas d’espérance pour les apostats ; déracine rapidement de nos jours le royaume de l’orgueil ; et périssent en un instant les nazaréniens (ndlr : les judéo-chrétiens - Nazarénisme) et les hérétiques : qu’ils soient effacés du livre des vivants, et qu’ils ne soient pas inscrits avec les justes. Béni sois-tu Yahvé qui plie les orgueilleux ».

C’est ce que récite la XII° bénédiction de la liturgie de la synagogue dans la forme primitive. Dans le Talmud babylonien plus répandu aujourd’hui, on trouve ceci :

« Afin qu’il n’y ait pas d’espérance pour les calomniateurs et les hérétiques, et que tous périssent en un instant ; que tous Tes ennemis soient détruits en un instant, et Toi, humilie-les rapidement de nos jours. Bénis es-tu Seigneur, qui brise les ennemis et humilie les orgueilleux ».

L’Oraison du Vendredi Saint dans sa version de 1962, déclare : « Nous prions aussi pour les Juifs, afin que le Seigneur notre Dieu enlève le voile de leur cœur, de manière à ce que, eux aussi, ils reconnaissent avec nous Jésus-Christ Notre Seigneur. Prions : Ô Dieu tout puissant et éternel, ne rejette pas non plus les Juifs de ta miséricorde, exauce les prières que nous t’adressons pour ce peuple aveuglé, afin qu’il admette que le Christ est la lumière de ta vérité, et sorte ainsi des ténèbres !».

La version du Missel de 1970 a été ainsi modifiée : « Prions pour les Juifs : que le Seigneur notre Dieu qui les a choisis comme premiers parmi tous les peuples pour accueillir sa Parole, les aide à progresser toujours dans l’amour de son Nom et dans la fidélité à son Alliance ». (¨Prière en silence) : « Dieu tout puissant et éternel, qui a fait tes promesses à Abraham et à sa descendance, écoute avec bienveillance la prière de ton Église, pour que le peuple aîné de ton Alliance, puisse parvenir à la plénitude de ta Rédemption ».


En comparant les formules, on note que la formule juive se sert des invectives propres à certains psaumes et textes prophétiques (par exemple le psaume 58), qui ne sont pas étrangères non plus au Nouveau Testament. La formule chrétienne de l’ancien Missel rappelle l’invitation de Saint Paul à la communauté chrétienne à prier pour tous les hommes (cf 1 Timothée 2, 1), puis pour les Juifs, et lui rappelle le caractère irrévocable de l’élection divine d’Israël (cf Romains 11, 25-26). D’après De Clerck, cette prière pourrait être « d’une grande antiquité des ‘orationes sollemnes’, ou pourrait remonter à une période où les Juifs étaient nombreux à Rome. Quand à l’oraison du nouveau Missel, le thème est le peuple d’Abraham, dépositaire des promesses divines « irrévocables », et appelé de toute façon « à la plénitude de la rédemption ». Cela a toujours été la conscience de l’Église qui, dans l’oraison, demande à Dieu de hâter la réalisation de cette promesse.

Ce n’est donc pas le cas pour nos ‘frères aînés’ de continuer à se scandaliser de la prière que les chrétiens élèvent à Dieu pour eux, quand ils devraient veiller à modifier leur prière, étant donné que, dans la première forme, et dans celle du Talmud Babylonien, la malédiction de Dieu qui ne se concilie pas avec son amour universel, n’a été enlevée
source : http://eucharistiemisericor.free.fr/ind ... 807072_bux

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 11:52
par roll
Avec ce petit jeu ridicule, on peux aussi compter les innombrables fois, où l'église (ou au moins des hommes d'église), a promis l'enfer aux hérétiques...

Ou les paroles fort sympathiques de Saint Thomas d'Aquin:
Pour n’avoir pas brulé vifs Voltaire, Diderot et quelques autres, l’Occident est devenu post-chrétien, impie, génocidaire : une masse de damnation ! Aimer son prochain de charité théologale, c’est avant tout vouloir son salut, nullement se rendre complice de ses fautes par faiblesse, négligence, indifférence. Quant la faute vise à l ’apostasie du peuple, il faut frapper brutalement, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 12:16
par Sofia
roll a écrit :Ou les paroles fort sympathiques de Saint Thomas d'Aquin:
Pour n’avoir pas brulé vifs Voltaire, Diderot et quelques autres, l’Occident est devenu post-chrétien, impie, génocidaire : une masse de damnation ! Aimer son prochain de charité théologale, c’est avant tout vouloir son salut, nullement se rendre complice de ses fautes par faiblesse, négligence, indifférence. Quant la faute vise à l ’apostasie du peuple, il faut frapper brutalement, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Comment Thomas d'Aquin peut-il avoir écrit cela, alors qu'il était mort depuis plusieurs siècles lorsque Voltaire et Diderot sont nés ?

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 12:42
par lmx
En plus, le vocabulaire est moderne : "génocidaire", "post-chrétien".

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 13:31
par Eriluc
Fée Violine a écrit :Mais depuis 2000 ans les juifs et les chrétiens ignorent presque tout les uns des autres, je me réjouis des efforts réciproques pour nous connaître mieux, et je ne pense pas que "la poutre" soit dans leur camp...
Bonjour,

Il y a eu des époques ou les érudits de chacune des trois religions monothéistes avait une connaissance poussée de la langue et des écrits des 2 autres et pour les juifs : Maïmonide à Cordoue par exemple.

Je croix qu'il y a aujourd'hui une fracture effectivement mais elle est plus moderne et je la situerais pour ma part à l'époque des lumières. Ce phénomène d' "ignorance inter-religieuse" me semble plutôt cyclique que constante dans l'histoire, n'étant pas historien je ne voudrais pas avancer de théorie sulfureuse, mais j'y vois plus une causalité communautariste et politique, plutôt que lié au faits religieux ou dogmatiques.

La où je vous rejoins totalement est que cette méconnaissance n'est pas unilatérale et les effort non plus.

Fraternellement

Eric

Re: Dialogue judeo-catholique

Publié : sam. 05 mars 2011, 13:45
par roll
Sofia a écrit :
roll a écrit :Ou les paroles fort sympathiques de Saint Thomas d'Aquin:
Comment Thomas d'Aquin peut-il avoir écrit cela, alors qu'il était mort depuis plusieurs siècles lorsque Voltaire et Diderot sont nés ?
au temps pour moi, il s'agit d'un commentaire d'une parole de Saint Thomas :zut: Vous avez raison, j'aurais du tilter :s