La Messe de la Ste Cène est certes en ornements blancs mais le Jeudi Saint fait bien partie du carême et c'est un jour de pénitence. C'était autrefois un jour où le jeûne était précepte.
L'Office divin (heures) n'est d'ailleurs pas particulièrement festif le jeudi saint (hymne En acetum aux laudes, etc.) et, sauf erreur de ma part, se célèbre en violet.
Balken a écrit :Pourriez-vous m'en dire plus sur ce que l'Eglise attend de nous ce jour là ?
Si vous le pouvez, assistez à la Messe de la Cène du Seigneur.
Outre l'adoration du St Sacrement, une autre dévotion est particulièrement indiquée en ce jour : l'heure sainte.
Cette dévotion fut prescrite à Ste Marguerite Marie par Jésus-Christ en ces termes :
« Toutes les nuits du jeudi au vendredi, je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j’ai bien voulu sentir au jardin des Olives ; laquelle tristesse te réduira, sans que tu la puisses comprendre, à une espèce d’agonie plus rude à supporter que la mort. Et pour m’accompagner dans cette humble prière que je présentai alors à mon Père parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit, pour te prosterner une heure avec moi, la face contre terre, tant pour apaiser la divine colère, en demandant miséricorde pour les pécheurs, que pour adoucir en quelque façon, l’amertume que je sentais à l’abandon de mes apôtres, qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure tu feras ce que je t’enseignerai. »
Ainsi donc, cela consiste à :
a) pendant une heure, de onze heures à minuit
b) par l'oraison mentale et par des prières vocales,
c) s'unir aux tristesses que Jésus ressentit lors de la Sainte Agonie,
d) implorer miséricorde pour les pauvres pécheurs,
e) chercher à apaiser la justice divine,
f) consoler le Sauveur de l'ingratitude et de l'abandon des siens.
Le Pape Pie XI enseigna d'ailleurs, dans son encyclique Miserentissimus Redemptor :
Miserentissimus Redemptor a écrit :«Toute âme aimant Dieu avec ferveur, quand elle jette un regard sur le passé, peut voir et contempler dans ses méditations le Christ travaillant pour l'homme, affligé, souffrant les plus dures épreuves, pour nous autres hommes et pour notre salut, presque abattu par la tristesse, l'angoisse et les opprobres ; bien plus, “broyé sous le poids de nos crimes, il nous guérit par ses meurtrissures” (Isaïe 53, 5). Tout cela, les âmes pieuses ont d'autant plus de raison de le méditer que ce sont les péchés et les crimes des hommes commis en n'importe quel temps qui ont causé la mort du Fils de Dieu; ces mêmes fautes, maintenant encore, causeraient la mort du Christ, entraîneraient les mêmes douleurs et les mêmes afflictions, puisque chacune d'elles, ainsi qu'on l'admet, est censée renouveler à sa manière la Passion du Seigneur : Crucifiant de nouveau pour leur part le Fils de Dieu et le livrant à l'ignominie (Hébreux 6, 6). Que si, à cause de nos péchés futurs, mais prévus, l'âme du Christ devint triste jusqu'à la mort, elle a, sans nul doute, recueilli quelque consolation, prévue elle aussi, de nos actes de réparation, alors qu'un ange venant du ciel lui apparut, pour consoler son cœur accablé de dégoût et d'angoisse (Luc XXII, 43).
Ainsi donc, ce Cœur sacré incessamment blessé par les péchés d'hommes ingrats, nous pouvons maintenant et même nous devons le consoler d'une manière mystérieuse, mais réelle, d'autant que le Christ lui-même se plaint, par la bouche du Psalmiste, ainsi que la liturgie sacrée le rappelle, d'être abandonné de ses amis : Mon cœur a attendu l’opprobre et la misère; j'ai espéré celui qui s'affligerait avec moi et il n'est point venu, celui qui me consolerait et je ne l'ai point trouvé. » (Psaume 68, 21).
Bon Jeudi Saint !