En tant que fille, j'aurais aimé que ma mère soit un peu plus "virile", moins servile, moins "coincée", plus cultivée... Je pouvais tout confier à mon père, j'hésitais constamment avec ma mère, malgré les qualités intérieures indéniables de ma mère. Heureusement, mes grands-mères ont été la mère parfaite... La conception ringarde et machiste du rôle des mères et des filles de mon grand-père maternel a complètement anéanti le potentiel de ma mère

. Pour mon grand-père, une femme devait être à la maison, tenir son intérieur, être là pour son époux, s'occuper des enfants et en plus, être contente de le faire

Bizarrement, avec moi qui étais plus intello (et mon grand-père avait un doctorat de droit), il a été très différent et trouvais mon "féminisme" très vivifiant. Il m'aidait le soir à faire mes versions de grec, on discutait philo et politique pendant des heures.
Mes grands-mères étaient parfaites :
- Mères aimantes
- Epouses aimantes (véritablement pour l'une qui était très amoureuse de mon grand-père paternel qui était aussi un époux exceptionnel ; "dans le devoir d'état" pour la seconde qui a su dès la nuit de noces que mon grand-père la ferait souffrir toute sa vie par son autoritarisme -et les thérapies de couple n'existaient pas à l'époque).
- Généreuses avec leurs familles et avec leurs amis, ainsi qu'avec les déshérités de leurs quartiers.
- Excellentes cuisinières.
- Pleine d'humour, indépendantes et cultivées (mes deux grands-mères, nées en 1921, avaient le bac et avaient poursuivi des études supérieures, l'une en droit, l'autre en philo).
- Sobres et bienveillantes.
Quant à moi, je dirais qu'une mère est le vis à vis du père. La mère est, comme le père, au service du fruit de l'Amour du couple.
La mère perçoit les failles et les forces, même si elle ne dit rien. Elle doit maintenir un foyer chaleureux afin que chacun s'y sente à sa place et s'y plaise. Elle doit aimer et respecter son époux (si on l'a choisi, ce n'est pas très difficile : c'est pour moi la chose la plus simple

). Elle doit être signe de compassion plus que de justice. Elle doit savoir engager sa famille vers la sobriété et la générosité plutôt que vers la prudence excessive (mon mari par exemple, a tendance à tout prévoir, à faire des réserves, à avoir peur de manquer : c'est normal puisqu'il se sent à charge de famille). Elle doit être "la prière intérieure continuelle" de la famille (mais je ne sais pas ce que c'est de vivre avec un mari catholique pratiquant)
Après, pour la soumission à Dieu, elle est de même nature que celle du père... et pour les taches quotidiennes auprès des enfants, c'est à chaque couple de définir son propre équilibre.
Fraternellement.
En Jésus et par Marie.
Cécile