Salve Popeye,
Mon idée est que seule la vérité à des droits.
Les droits de la vérité ne sont opposables qu’à ceux qui la reconnaissent. (J’inclus ici dans ce terme de ‘vérité’ des notions voisines comme celles de ‘certitude’). Il existe alors 3 cas de figure :
-
j’accepte la vérité et je suis lié par les conséquences (si l’Eglise catholique dit la vérité, alors je dois convenir que la sexualité hors-mariage est peccamineuse)
-
je ne tiens pas pour vraie l’évidence qu’on me présente (par ex., le message du scientologue Ron Hubbard)
et ses tenants n’ont aucun droit sur moi. Par réciprocité, je me refuse à avoir des droits sur eux. Nous nous en tenons alors au principe fondateur de toute société civilisée :
nous serons d’accord de n’être pas d’accord
- dans les rares cas où une décision doit être prise en commun,
nous nous mettons d’accord sur une procédure rigoureuse pour établir la vérité, en acceptant que si cette procédure est correctement suivie, le résultat sera réputé ‘vrai’, même si l’une ou l’autre partie n’est pas convaincue. Par exemple, si l’enquête policière, l’instruction et le procès ont été menés selon la procédure établie à l’avance, la culpabilité de l’accusé sera tenue pour certaine.
Et parmis ceux-ci [les catholiques en état de grâce], sont aptes aux affaires qui sont aptes, par leurs vertus intellectuelles et morales, à régir le territoire. D'où un système de cooptation sénatoriale. En fait, je suis partisan d'un sénat catholique titulaire des pouvoirs exécutif et législatif.
Même prob que ci-dessus. Si la légitimité de ce sénat est sa catholicité (de plus, ‘en état de grâce’, qu’on suppose identifiable par autrui), son autorité ne sera pas nécessairement acceptée par les non cathos.
Comment alors éviter la guerre ?
On a imaginé trois solutions dans l’Histoire :
- soit de
mettre hors jeu ce qui sépare les parties. Précédent déterminant : aux uns qui réclament un Etat marqué par une religion et aux autres qui le veulent marqué par telle autre, on décide qu’il ne sera marqué par aucune. (Mais il est des questions de société qu’on ne peut évacuer ainsi).
- soit la
sécession territoriale (Evidente, mais refusée par beaucoup et coûteuse de toutes façons)
- soit
le communautarisme, qui est en fait une sécession politique, mais non territoriale (plus facile à mettre en place, donc une menace bien réelle pour les gouvernants actuels)
Sauf que ce communautarisme est illusoire, […] ces collectivités incarnées dans un terroir donné, en tant qu'elles cohabitent avec d'autres, elles s'insèrent dans un Etat dont elles ne sont qu'une partie
L’autogestion de communautés, largement pratiquée autrefois, par exemple, dans l’Empire Ottoman, redevient possible dans les sociétés hypermodernes, où la possession de la terre n’est plus un facteur de richesse. Puisque l’Etat ne peut plus rester neutre entre des communautés trop diverses, laissons chacune d’elles se prendre en main,
non pas en lui assignant un territoire, mais plutôt les êtres humains qui se réclament de cette communauté, où qu’ils résident.
La gestion du territoire proprement dit est assez bien assurée par des propriétaires privés : agriculteurs, stés d’autoroutes et de chemins de fer, propriétaires de sites naturels, etc.
Les communautés ont à remplir les fonctions qui sont naturellement les leurs : éducation, culture, police et justice.
L’avantage est évident. Toute discipline consentie est mieux acceptée. Un musulman, par exemple, se soumettra plus volontiers à la charia qu’au Code civil. Ce qui nous convient fort bien.
Car du moment qu’un individu ne vole pas, peu nous chaut de savoir à qui il obéit quand il ne vole pas.
L’heure n’est plus à l’assimilation, mais à la socialisation (dans le sens de sociabiliser). Or des communautés, défendant une culture bien vivante et des valeurs fortes, sont mieux à même de motiver et discipliner une population qu'une tristounette république.
Christian