L'avenir de la Belgique

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muirgheal
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Re: Mgr Léonard succède au Cardinal Danneels

Message non lu par muirgheal »

Qu'en est-il de l'avenir de la Belgique ? Je ne crois pas à l'éclatement. Disons que la Flandre et la Wallonie seraient une sorte de vieux couple. Comme dans tout couple, il y a des disputes, parfois plus profonde et puis des réconciliations (dans les cas extrêmes, il y a divorce, mais actuellement je n'y crois pas vraiment pour la Belgique). Mais Flandre et Wallonie (à part les séparatistes qui se font beaucoup plus entendre que les modérés) veulent rester soudés.

Un des problèmes entre les deux parties du pays est un problème de mentalité. En gros pour les flamands, ils sont avant tout flamands, puis européens et puis belges. Un wallon est en général d'abord belge, puis européen et puis wallon. Donc divergences de vues. Actuellement, on fait tout en Flandre pour augmenter le sentiment d'identité flamande, chose qu'on ne retrouve pas en wallonie. On verra ce que ça donnera dans les années à venir.

Et comme partout, les extrémistes et ceux qui font un repli identitaires se font plus entendre et crient plus fort que les autres ...
Tu as frappé à la porte de mon cœur !
J'ai entendu ta voix et je t'ai ouvert.
Allume en mon cœur un grand feu de joie.
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Bisdent
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Re: Mgr Léonard succède au Cardinal Danneels

Message non lu par Bisdent »

Voici un petit cadeau pour vous, une Brabanconne jazzie !!!

http://www.youtube.com/watch?v=5rrmryaIoi4
Ahhh puisque vous semblez apprécier les versions remaniées de la Brabançonne, voici donc cette version bilingue, dont le titre rend hommage à l'un des plus grands surréalistes belges ; cette chanson, qui en soit n'est pas d'un grand intérêt musical, a été réalisée au pic de la crise des gouvernements Leterme I et Leterme II, avant la nomination d'Herman van Rompuy par le Roi :

http://www.youtube.com/watch?v=R4wPjpQ1 ... re=related

Sinon, cher gyrovague, ce que vous me demandez est quasiment impossible : résumer la situation politique belge actuelle.

D'abord, quelques éléments :

- La petite année (décembre 2008-novembre 2009) durant laquelle Herman van Rompuy succéda aux deux gouvernements catastrophiques d'Yves Leterme, ramena le calme et la sérénité dans un pays que Leterme avait laissé au bord du chaos (on se souvient notamment de la peur de la population qui provoqua la grande manifestation pro-belge de Bruxelles qui avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes). Cette prouesse fut saluée par ses pairs européens qui commençaient eux-mêmes à craindre ces agitations en Belgique.

- Une fois H. van Rompuy nommé Président de l'Europe, Yves Leterme redevient Premier Ministre. Mais cette fois, la crise est bien installée. Et donc, les priorités du gouvernement Leterme III sont donc strictement économiques et sociales. Les dossiers communautaires sont repoussés aux élections de 2011 avec, fait remarquable, la bénédiction de Bart de Wever, président de la N-VA (nationalistes flamands). Les dossiers explosifs sont donc mis une fois de plus au frigo.

- La Flandre commence à entrevoir les problèmes sociaux qui rongent la Wallonie depuis 40 ans : fermetures annoncées ou effectives de grandes entreprises et montée en flèche du chômage. Les médias flamands utilisent le terme - pour eux - très péjoratif de "wallonisation" de la Flandre. L'arrogance laisse petit à petit la place à la solidarité forcée.

Ensuite, si je puis émettre une réaction par rapport à votre analyse, muirgheal, je ne pense pas que le problème vienne d'une vision asymétrique des sentiments identitaires wallons et flamands. En France, nous pourrions citer pas mal de régions où le sentiments régional (voire européen) est plus marqué que le sentiment français, alors que dans d'autres régions, c'est le sentiment français qui prédomine : cela ne remet pas pour autant en cause la sauvegarde de l'état. Le problème est infiniment plus complexe.

Pour moi, le problème ne se situe pas dans les Régions (Petit rappel pour les non Belges, les trois régions sont Flandre, Wallonie, Bruxelles) ni dans les Communautés (Communautés française, flamande, germanophone), il se situe plutôt dans les Régions linguistiques (région de langue néerlandaise, région de langue française, région de langue germanophone, région bilingue fr-nl de Bruxelles-Capitale, régions des communes à facilités aux francophones en Région de langue néerlandaise, régions des communes à facilités aux néerlandophones en Région de langue française, régions des communes à facilités aux germanophones en Région de langue française et régions des communes à facilités aux francophones en Région de langue allemande) plus particulièrement dans la Région linguistique de Bruxelles-Capitale et dans les communes à facilités autour de Bruxelles (donc essentiellement francophones en région de langue néerlandaise). C'est dans ces régions linguistiques bilingues "de fait" que le problème se pose. Car, à part Bruxelles, toutes les communes à facilités sont des régions linguistiques de fait et non de droit. Et donc, ce qui n'est pas régit par le droit est sujet à querelle. Et dans l'état actuel des choses, il est impossible de légiférer sans léser l'une ou l'autre partie. C'est donc le statu quo et la poursuite des querelles.

Pour moi, une séparation est fort peu probable, en raison de l'existence de Bruxelles : siège de la plupart des institutions européennes et internationales comme l'OTAN, mais surtout capitale de la Région Flamande, capitale de la Région de Bruxelles-Capitale, capitale de la Communauté française (et évidemment aussi capitale de la Belgique, faut-il le rappeler ?). Il n'y a guère que la Communauté germanophone qui ait une capitale différente - à savoir Eupen - et la Région wallonne - à savoir Namur.

En ce qui concerne la Communauté germanophone, je ne m'inquiète pas pour elle. Elle passe pour être, avec la Région de Bruxelles-Capitale, la partie du pays où les habitants sont les plus belgicains (pour les non Belges, belgicain signifie "Partisan du maintien de l'unité de la Belgique, contre le séparatisme de la Flandre et de la Wallonie"). Malgré cela, la communauté germanophone a, au fil des ans, sans revendications, obtenu autant d'autonomie que les autres communautés et deviendra sans doute un jour également une région à part entière (pour rappel, la communauté germanophone fait toujours partie de la Wallonie). Mais toujours dans le plus grand respect des institutions fédérales.

Si, par malheur, le scénario catastrophe devait se réaliser, il est quasi certain que toutes les entités éclatées deviendraient indépendantes et qu'aucune ne demanderait un rattachement à un état voisin. Pas de germanophones en Allemagne, pas de flamands aux Pays-Bas, pas de Wallons en France. Ces rattachements relèvent essentiellement des fantasmes des pays voisins et les scores du parti politique pronant le rattachement de la Wallonie à la France réalise d'année en année des scores insignifiants (aucun parti ne milite pour d'autres rattachements dans les autres communautés linguistiques).

Mais, à mon humble avis, l'Europe elle-même ne laisserait pas une dislocation pareille se réaliser, laissant alors la porte ouvertes aux revendications similaires des Écossais, Corses, Bretons, Bavarois, Siciliens, Catalans, Basques, Macédoniens de Grèce, etc.

Je crois que mon message commence à faire un peu long, si d'autres choses me reviennent, je les posterai plus tard.

Bien à vous,
Bisdent

Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.
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