Comment laver les blessures infligées à son propre enfant ?
Publié : mar. 03 juil. 2012, 15:14
Chers amis,
Il me coûte de parler de cela mais voilà, j'ai un problème énorme avec mon aîné Cyprien (7 ans). C'est un enfant intelligent, plutôt précoce, mais "intenable". C'est simple, nous avons le sentiment d'avoir un adolescent à la maison. Il a toujours besoin d'attirer l'attention sur lui, de se faire remarquer (et pas forcément de la bonne manière), est constamment sur la défensive et en colère contre tout (et tous), ne sait pas s'exprimer autrement qu'en râlant ou en hurlant, ne supporte aucune contrainte, se plaint constamment de ne pas être aimé et ne tient absolument pas en place (y compris pour les repas). A côté de cela, il est très "spirituel" et très profond, curieux de tout mais il faut constamment "l'occuper".
Or, je suis persuadée que s'il est aussi "difficile", c'est de ma faute. Bien qu'il ait été désiré, j'étais excessivement déçue que ce soit un garçon. Je désirais trois filles car je savais que de manière générale, les filles étaient plus calmes. Il est né dans des conditions difficiles : mes parents se sont séparés et ont divorcé cette année là (et de la façon la moins élégante qui soit) et je suis fille unique donc j'étais réellement prise à partie. Mes grands-parents qui m'ont preque élevée sont décédés aussi cette année-là. L'accouchement a duré 24 heures et Cyprien a été placé en couveuse en service de nénatologie durant trois jours car il avait inhalé le liquide amiotique. Et, dès le retour à la maison, Cyprien devait hurler 8 heures par jour, ne dormait jamais, vomissait tout ce qu'il avalait. Dès que son père arrivait, je le lui passais pour m'enfuir. Dès qu'il a su tenir des objets dans les mains, les objets volaient. Il n'a jamais su jouer calmement avec une petite voiture : les voitures volaient dans l'appartement. J'étais au bord de la crise de nerf : je ne le supportais pas. Je voyais mes copines avec leur landeaux ou leur porte-bébé, tranquilles, au restau, au parc ou ailleurs sans que leur bébé hurle. Nous, c'était impossible d'être quelque paret sans hurlement. Il était couvert d'eczéma, ne tenait déjà pas en place. Et quand il a commencé à marcher, je ne pouvais même pas me rendre aux toilettes sans l'enfermer avec moi tant il faisait de bêtises. Seul son père arrivait à le supporter car le seul moment où Cyprien se taisait, c'était sur le dos de son père qui l'emmenait faire du vélo tout terrain ou l'embarquait dans des rando de plus de 1500 mètres de dénivelée (oui, oui, mon mari est un grand sportif).
Quand Clovis est né, 19 mois après, j'avais le sentiment d'avoir enfin un bébé "normal". Et réellement, j'en voulais à Cyprien de me parasiter la relation nouée avec mon second. Clovis était toujours souriant, ne criait jamais sauf lorsqu'il avait faim, jouait calmement, était toujours content et, pour mon plus grand bonheur, n'aimait pas trop sortir. Clovis, à 2 ans, est tombé gravement malade et durant tous ses soins pour sa leucémie, j'ai été avec lui à l'hôpital, Cyprien restant seul à la maison avec son père et avec mes parents. Les soins de Clovis ont duré 3 ans. Après quoi, on lui a diagnostiqué un autisme atypique. De nouveau, il fallait s'occuper de Clovis et non de Cyprien, d'autant qu'entre temps, Constant était né, et que lui aussi avait été gravement malade (ce qui m'avait là-aussi valu deux mois passé à l'hôpital).
Bref, mon petit Cyprien souffre non seulement d'un sentiment d'abandon, bien normal après tout ce qui est arrivé, mais pas que de cela. Je suis plutôt patiente avec mes autres enfants (mais ils sont assez faciles aussi). Mais lui, je ne supporte pas d'être avec lui, je l'ai souvent "maltraité" verbalement, lui disant que je ne le supportais pas, qu'il me pourrissait la vie, je suis toujours en train de lui hurler dessus. IL est maladroit, casse tout, ne fait rien correctement. Ca, c'est un fait mais l'humilier à cause de cela n'est pas très productif et lui enlève le peu de confiance qu'il a en lui. Il est tellement à l'opposé de moi que je n'arrive pas à entrer en communication avec lui. Alors, j'ai essayé de l'embarquer à Paray-le Monial pour une session famille mais il me reprochait de le laisser au catéchisme : j'étais dans l'incapacité de me retrouver seule avec lui car je ne savais pas qu'en faire. Je l'ai emmené à Paris mais nous avons du écumé tous les lieux scientifiques de la capitale quand je rêvais de lui montrer Versailles, Notre-Dame, et tous les lieux chargés d'histoire. Mon fils aime tout ce que je déteste. Et il aime faire tout ce que je déteste faire. Aucune convergence possible. J'essaye de trouver des moment "à deux" mais on ne sait pas que faire tous les deux... Pas de restaurant possible : il n'aime pas manger et ne tient pas en place. Pas d'atelier cuisine pour les mêmes raisons. Pas de lecture : il n'aime pas lire (même s'il est très bon à l'école et a très vite appris à lire). Pas de promenade : il n'aime pas marcher s'il n'y a pas de copains. Il aime jouer aux jeux vidéo (et c'est la guerre pour maintenir une dose "normale"), il aime ce qui est bruyant, il aime que la maison soit remplie de copains (mais nous habitons un appartement de 70 m² et je suis une solitaire), il aime ce qui est "physique".
Il me lance souvent : "tu ne m'as jamais aimé, tu ne m'aimes pas". Evidemment je lui réponds que non. Mais un fond de moi dit qu'il est en partie dans le vrai. Lorsque je dois m'absenter, il est le seul de mes enfants qui ne me manque pas réellement (les autres ne me manquent pas vraiment non plus mais je suis heureuse de les retrouver, pas lui).
Je me suis confessée mille fois mais aucun prêtre ne me prend au sérieux : il pense simplement que je me laisse déborder par mes trois garçons et qu'après toutes les épreuves et un congé parental qui n'en finit plus, je suis au bord de la rupture à tout instant. Mon mari trouve que je fais des efforts énormes pour "réparer" et lui-même s'occupe énormément ed Cyprien afin de contrebalancer mes propres sentiments à son égard, mais les blessures sont là, indéniablement.
Or, s'il est facile de parler à un adulte, je ne vois pas comment faire avec mon propre enfant qui, à 7 ans, ne comprend pas tout. Je lui ai souvent demandé pardon, mais j'ai le sentiment que soit ce n'est pas sincère, soit qu'il ne le reçoit pas.
Je ne voudrais pas que vous pensiez que je ne l'aime pas : dès qu'il lui arrive quelque chose ou qu'il est rejeté par certaines personnes, je suis la première à le défendre et à le consoler mais, m'occuper de lui est un effort permanent.
Alors voilà : il y a eu blessure de ma part, mais si Jésus Lui-même me pardonne à travers la confession, est-ce que cette confession et ces pardons répétés peuvent aider à guérir mon fils des blessures qu'il a reçues de ma part ? Comment faire ?
C'est tout de même dingue que j'arrive si facilement à être bienveillante avec des personnes odieuses du village, que je puisse faire oraison si facilement, que je sois considérée par les autres comme une personne calme et posée, pleine de de générosité, alors que je me sens être un monstre pour mon fils aîné (et pas du tout pour les deux autres).
J'ai appris que j'étais violente avec Cyprien. Avant, ma vie n'était que calme et silence. Je ne savais pas, jusqu'à 30 ans, que je pouvais me mettre en colère ou que je pouvais faire preuve de violence...
Pardon pour ce long monologue.
Fraternellement.
Cécile
Il me coûte de parler de cela mais voilà, j'ai un problème énorme avec mon aîné Cyprien (7 ans). C'est un enfant intelligent, plutôt précoce, mais "intenable". C'est simple, nous avons le sentiment d'avoir un adolescent à la maison. Il a toujours besoin d'attirer l'attention sur lui, de se faire remarquer (et pas forcément de la bonne manière), est constamment sur la défensive et en colère contre tout (et tous), ne sait pas s'exprimer autrement qu'en râlant ou en hurlant, ne supporte aucune contrainte, se plaint constamment de ne pas être aimé et ne tient absolument pas en place (y compris pour les repas). A côté de cela, il est très "spirituel" et très profond, curieux de tout mais il faut constamment "l'occuper".
Or, je suis persuadée que s'il est aussi "difficile", c'est de ma faute. Bien qu'il ait été désiré, j'étais excessivement déçue que ce soit un garçon. Je désirais trois filles car je savais que de manière générale, les filles étaient plus calmes. Il est né dans des conditions difficiles : mes parents se sont séparés et ont divorcé cette année là (et de la façon la moins élégante qui soit) et je suis fille unique donc j'étais réellement prise à partie. Mes grands-parents qui m'ont preque élevée sont décédés aussi cette année-là. L'accouchement a duré 24 heures et Cyprien a été placé en couveuse en service de nénatologie durant trois jours car il avait inhalé le liquide amiotique. Et, dès le retour à la maison, Cyprien devait hurler 8 heures par jour, ne dormait jamais, vomissait tout ce qu'il avalait. Dès que son père arrivait, je le lui passais pour m'enfuir. Dès qu'il a su tenir des objets dans les mains, les objets volaient. Il n'a jamais su jouer calmement avec une petite voiture : les voitures volaient dans l'appartement. J'étais au bord de la crise de nerf : je ne le supportais pas. Je voyais mes copines avec leur landeaux ou leur porte-bébé, tranquilles, au restau, au parc ou ailleurs sans que leur bébé hurle. Nous, c'était impossible d'être quelque paret sans hurlement. Il était couvert d'eczéma, ne tenait déjà pas en place. Et quand il a commencé à marcher, je ne pouvais même pas me rendre aux toilettes sans l'enfermer avec moi tant il faisait de bêtises. Seul son père arrivait à le supporter car le seul moment où Cyprien se taisait, c'était sur le dos de son père qui l'emmenait faire du vélo tout terrain ou l'embarquait dans des rando de plus de 1500 mètres de dénivelée (oui, oui, mon mari est un grand sportif).
Quand Clovis est né, 19 mois après, j'avais le sentiment d'avoir enfin un bébé "normal". Et réellement, j'en voulais à Cyprien de me parasiter la relation nouée avec mon second. Clovis était toujours souriant, ne criait jamais sauf lorsqu'il avait faim, jouait calmement, était toujours content et, pour mon plus grand bonheur, n'aimait pas trop sortir. Clovis, à 2 ans, est tombé gravement malade et durant tous ses soins pour sa leucémie, j'ai été avec lui à l'hôpital, Cyprien restant seul à la maison avec son père et avec mes parents. Les soins de Clovis ont duré 3 ans. Après quoi, on lui a diagnostiqué un autisme atypique. De nouveau, il fallait s'occuper de Clovis et non de Cyprien, d'autant qu'entre temps, Constant était né, et que lui aussi avait été gravement malade (ce qui m'avait là-aussi valu deux mois passé à l'hôpital).
Bref, mon petit Cyprien souffre non seulement d'un sentiment d'abandon, bien normal après tout ce qui est arrivé, mais pas que de cela. Je suis plutôt patiente avec mes autres enfants (mais ils sont assez faciles aussi). Mais lui, je ne supporte pas d'être avec lui, je l'ai souvent "maltraité" verbalement, lui disant que je ne le supportais pas, qu'il me pourrissait la vie, je suis toujours en train de lui hurler dessus. IL est maladroit, casse tout, ne fait rien correctement. Ca, c'est un fait mais l'humilier à cause de cela n'est pas très productif et lui enlève le peu de confiance qu'il a en lui. Il est tellement à l'opposé de moi que je n'arrive pas à entrer en communication avec lui. Alors, j'ai essayé de l'embarquer à Paray-le Monial pour une session famille mais il me reprochait de le laisser au catéchisme : j'étais dans l'incapacité de me retrouver seule avec lui car je ne savais pas qu'en faire. Je l'ai emmené à Paris mais nous avons du écumé tous les lieux scientifiques de la capitale quand je rêvais de lui montrer Versailles, Notre-Dame, et tous les lieux chargés d'histoire. Mon fils aime tout ce que je déteste. Et il aime faire tout ce que je déteste faire. Aucune convergence possible. J'essaye de trouver des moment "à deux" mais on ne sait pas que faire tous les deux... Pas de restaurant possible : il n'aime pas manger et ne tient pas en place. Pas d'atelier cuisine pour les mêmes raisons. Pas de lecture : il n'aime pas lire (même s'il est très bon à l'école et a très vite appris à lire). Pas de promenade : il n'aime pas marcher s'il n'y a pas de copains. Il aime jouer aux jeux vidéo (et c'est la guerre pour maintenir une dose "normale"), il aime ce qui est bruyant, il aime que la maison soit remplie de copains (mais nous habitons un appartement de 70 m² et je suis une solitaire), il aime ce qui est "physique".
Il me lance souvent : "tu ne m'as jamais aimé, tu ne m'aimes pas". Evidemment je lui réponds que non. Mais un fond de moi dit qu'il est en partie dans le vrai. Lorsque je dois m'absenter, il est le seul de mes enfants qui ne me manque pas réellement (les autres ne me manquent pas vraiment non plus mais je suis heureuse de les retrouver, pas lui).
Je me suis confessée mille fois mais aucun prêtre ne me prend au sérieux : il pense simplement que je me laisse déborder par mes trois garçons et qu'après toutes les épreuves et un congé parental qui n'en finit plus, je suis au bord de la rupture à tout instant. Mon mari trouve que je fais des efforts énormes pour "réparer" et lui-même s'occupe énormément ed Cyprien afin de contrebalancer mes propres sentiments à son égard, mais les blessures sont là, indéniablement.
Or, s'il est facile de parler à un adulte, je ne vois pas comment faire avec mon propre enfant qui, à 7 ans, ne comprend pas tout. Je lui ai souvent demandé pardon, mais j'ai le sentiment que soit ce n'est pas sincère, soit qu'il ne le reçoit pas.
Je ne voudrais pas que vous pensiez que je ne l'aime pas : dès qu'il lui arrive quelque chose ou qu'il est rejeté par certaines personnes, je suis la première à le défendre et à le consoler mais, m'occuper de lui est un effort permanent.
Alors voilà : il y a eu blessure de ma part, mais si Jésus Lui-même me pardonne à travers la confession, est-ce que cette confession et ces pardons répétés peuvent aider à guérir mon fils des blessures qu'il a reçues de ma part ? Comment faire ?
C'est tout de même dingue que j'arrive si facilement à être bienveillante avec des personnes odieuses du village, que je puisse faire oraison si facilement, que je sois considérée par les autres comme une personne calme et posée, pleine de de générosité, alors que je me sens être un monstre pour mon fils aîné (et pas du tout pour les deux autres).
J'ai appris que j'étais violente avec Cyprien. Avant, ma vie n'était que calme et silence. Je ne savais pas, jusqu'à 30 ans, que je pouvais me mettre en colère ou que je pouvais faire preuve de violence...
Pardon pour ce long monologue.
Fraternellement.
Cécile