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Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 14:07
par Cinci
«... l'islamologue Émile Demenghem s'exprimait ainsi : Mahomet est à coup sûr un prophète de la lignée biblique sémite : lyrique inspirée, âme ardente, coeur intrépide, avec les grandeurs et faiblesses humaines, chef, guerrier, promouvant des massacres comme on en trouve tout le long de l'Exode, des Juges et des Rois. Proclamant quelques unes des plus prenantes affirmations religieuses. Il a en commun avec Israël un monothéisme intraitable, un sens aigu de la révélation d'un Dieu personnel et transcendant, d'un ''Dieu avec nous'' toujours préoccupé de sa communauté d'élection, une foi invincible dans le triomphe final de la justice.»

Le cardinal Charles Journet, en 1960, attibuait à Muhammad un don de «lumière prophétique partielle, extracanonique»

Jacque-Albert Cuttat, alors consulteur au Secrétariat romain pour les religions non chrétiennes, reconnaissait Muhammad comme «Sceau des prophètes», au sens de messager «au devant de Celui qui revient», qui revient à la fin des temps [...] dont l'annonce et la vision sont précisément le propre des prophètes, y compris le prophète d'islam [...]. L'islam s'inscrit dans la relation de l'Après à l'Avant instauré par le Christ.

Le père Giuseppe Basett-Sani voyait «Muhammad comme un vrai prophète dans l'histoire du salut centré sur le Christ».

Le père C. Geffré va nous retenir, car c'est lui qui s'est engagé le plus sur ce sujet et il a formé des générations d'étudiants en théologie : «Je n'hésite pas à dire que la révélation dont Mohamed est le messager est une Parole de Dieu qui m'interpelle dans ma foi. Je ne dis pas que le Coran est la Parole de Dieu, mais j'accepte de dire qu'il y a dans le Coran une confession de foi du Dieu unique qui me concerne comme chrétien et qui m'invite donc à considérer Mohamed comme un authentique témoin du Dieu auquel je crois».

«Nous [chrétiens et musulmans] croyons au même Dieu» - Jean Paul II, Casablanca, 19 août 1985

Le père Michel Henrie a fait son mémoire avec les pères C.Jeffré et M.Lelong [...] : «[...] Essentiellement, nous pouvons affirmer, sans trop redouter le schématisme, que l'islam est détenteur - ou serviteur - d'une vérité prophétique qui, déjà dans l'Ancien Testament, avait été proclamée par divers prophètes et sages [...] Muhammad a vécu une expérience spirituelle digne de foi, qui l'apparente étroitement aux prophètes bibliques, chargés de reffermir la fidélité au Dieu de l'Alliance [...]»

Le groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC), formé d'intellectuels cooptés dans les deux religions, déclarait «voir dans le Coran une Parole de Dieu authentique, mais en partie formellement différente de la Parole de Jésus-Christ».

Le père Robert Caspar :«[....] Il faut admettre que l'islam n'est pas plus une religion naturelle que le christianisme et que son origine doit être surnaturelle, c'est à dire divine». Il dit clairement : «Nous croyons que Muhammad est prophète; mais que pour un chrétien, la plénitude de la prophétie se trouve en Jésus-Christ». Et avec d'autres chrétiens de la prélature de Tunis (prêtres, religieuses et laïcs), R. Caspar dit [...] «Je reconnais dans cette proclamation puissante du Dieu unique et transcendant un rappel du message de Jésus et une invitation à en vivre davantage. Je crois donc que Muhammad a reçu de Dieu la mission de proclamer cette vérité essentielle». Ils ajoutent : «Dans l'intérêt du dialogue entre musulmans et chrétiens, il convient d'accepter l'authenticité des Écritures du partenaire, sur lesquelles il fonde sa foi, comme on l'a demandé au colloque de Tripoli (février 1976).»

Olivier Clément, grand théologien orthodoxe, affirme : «La prophétie muhammadienne prend place dans les desseins de Dieu [...] Muhammad n'est pas seulement un prophète de l'Ancien testament attardé à l'ère chrétienne, c'est aussi un prophète de l'ultime.»

Norman Daniel écrivait : «Il est essentiel que les chrétiens voient en Muhammad une figure sainte, c'est à dire le voient comme le voient les musulmans. Dans ce cas ils partageront par empathie les prières et les dévotions des autres. Ils doivent accepter de suspendre leur scepticisme [...]».

Mgr Jean-Luc Brunin, bon connaisseur de l'immigration et des banlieues, affirme dès le début de son livre : Comme les autres religions révélées, l'islam est né de l'irruption d'une Parole reconnue comme venant de Dieu. Et vers la fin du livre, il estime que «dénier au Coran tout caractère de Parole révélée est une attitude extrême et irrecevable». Pour lui, semble-t-il, l'islam fait partie de la Révélation biblique.

Le père Michel Quesnel s'exprime sans réserve sur le même plan : «[...] le Coran des musulmans et la Thora des juifs sont à la fois un don de Dieu et le chemin vers lui.»

E. Platti utilise de nombreuses expressions ambigües, qui semblent conforter la même thèse : «Tout ce qui se trouve dans la plus ancienne partie du Coran montre que le christianisme a part au même message que Muhammad. Le Coran a un caractère profondément biblique. Coran et Psaumes, les deux Écritures sont profondément ancrées dans une même conception biblique de Dieu et de l'être humain. Le Coran appartient indiscutablement au même monde religieux que le courant sapientel de la Bible».

le père Paolo Dall'Oglio, refondateur du monastère de Mar Moussa en Syrie pour la rencontre interreligieuse, se plaint : «Dans l'Église, je n'ai pas aujourd'hui le droit de dire que Mahomet est un prophète [...] Je souhaiterais dire à l'Église que le fait de considérer Mahomet comme prophète ne fait rien perdre au Christ, en qui je crois.»

pp. 190-196 ( cf. Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans)

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 16:05
par Suliko
Je ne comprends pas le titre de votre fil...Etes-vous d'accord avec ces déclarations sur l'islam?

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 16:56
par Isabelle47
Merci de nous faire partager ces citations pro musulmanes; mais que voulez-vous dire en les alignant de la sorte?
Pouvez-vous préciser qui est Norman Daniel que vous citez?

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 21:40
par gerardh
________

Bonjour,

C'est un faux prophète et une fausse religion.


_________

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 22:20
par Isabelle47
@ Cinci,
Les listes de citations extraites de leurs contextes, cela ne crée aucun sens même si vous souhaitez produire un effet cumulatif (ou augmentatif) par empilement de citations.
C'est une mauvaise technique, en plus d'être malhonnête intellectuellement; cela aboutit à l'incohérence et au résultat opposé de ce que vous souhaitiez: convaincre!
Mais peut-être, à en juger par le titre que vous avez choisi, vouliez vous vous convaincre vous-même? ;)

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : sam. 21 juil. 2012, 23:14
par Cinci
Le titre est ironique tout simplement. Non, je ne suis pas à la veille d'adopter les cinq piliers.

;)

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 0:03
par lmx
C'est une mauvaise technique, en plus d'être malhonnête intellectuellement; cela aboutit à l'incohérence et au résultat opposé de ce que vous souhaitiez: convaincre!
MERCI de dire tout haut ce que je pensais, comme j'avais un peu marre de m'énerver et de passer pour un impulsif je suis resté silencieux ...
Pour en rajouter une couche et comme de toute façon je n'ai pas fessebook :
ce genre de procédé est idiot

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 0:38
par Cinci
Suliko,
Etes-vous d'accord avec ces déclarations sur l'islam?


En rien.

Il s'agit d'un florilège de citations que l'on trouve en annexe dans l'ouvrage du père Jourdan. Le nombre de commentateurs ecclésiastiques pris en faute d'islamophilie est proprement effarant. Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Assez désolant. Le désir d'être gentil, le volontarisme à vouloir dialoguer à tout prix, la simple méprise, l'ignorance, l'oubli plus ou moins involontaire, les expressions malheureuses : on verrait qu'il serait plutôt un besoin urgent de clarifier le discours de l'Église vis à vis la place qui est celle de l'islam, sa place ou son statut; du moins, devrait-on commencer par clarifier tout cela chez soi.

La fameuse ouverture au dialogue entraîne beaucoup de confusions à la fois pour les commentateurs et leurs lecteurs en bout de ligne. N'avoir jamais participer d'un forum comme celui-ci, ne pas profiter de telle référence pour aller la consulter, ne pas prendre le temps de lire sur la question mais juste me contenter d'un seul chapitre et d'un seul ouvrage : voilà que je serais convaincu que le Vatican reconnaît le prophétisme de Muhammad d'une certaine manière et que l'islam fait partie du tronc commun, etc.

Ce discours du pape à Casablanca par exemple... moi, je dis que c'était du confusionnisme... bien dommage !... Oui, même quand c'est le pape qui l'aurait dit. À ce moment-là, le discours était twisté. Or si même le pape... Oui, alors on comprend la floraison d'auteurs catholiques pouvant émettre des commentaires du genre qu'écrirait bien les gens du Service des relations avec l'islam. Et il reste que c'est drôlement agaçant, à l'instar de la fameuse photo du pape incliné sur le Coran. Ouch !

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 0:45
par lmx
N'avoir jamais participer d'un forum comme celui-ci, ne pas profiter de telle référence pour aller la consulter, ne pas prendre le temps de lire sur la question mais juste me contenter d'un seul chapitre et d'un seul ouvrage : voilà que je serais convaincu que le Vatican reconnaît le prophétisme de Muhammad d'une certaine manière et que l'islam fait partie du tronc commun, etc.

Ah parce que vous croyez que vous n'êtes pas entrain d'ajouter à la confusion ?

Quid de celui qui est passé, qui a lu votre message avec ce titre au premier degré et qui n'a donc pas pu lire ces dernières explications ? Vous avez un peu réfléchi ?

parfois je trouve l'admin du "forum catholique" trop dur mais si j'étais admin je ferais comme lui : un post dans ce genre et bam suspension.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 3:30
par Cinci
Le titre me convient très bien. C'est moi qui l'ai choisi. J'ai mes raisons. Puis anticiper la moindre réaction possible-imaginable ou même inimaginable de monsieur chose avant de pouvoir écrire une phrase ? Non, je ne crois pas que ceci fasse parti du réglement. Gros malin, va.

J'ai un mal de chien à écrire en ce moment et à raison d'un problème technique avec la souris. C'est aussi pourquoi je n'ai pas élaboré en matière de présentation. Je suis capable de prendre les critiques constructives des gens aimables. Mais je ne vais pas prendre le baratin frustré issu d'idées fantasmatiques (vaut ici pour «la malhonnêté intellectuelle», «les procédés» et tutti).

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 16:10
par lmx
Il n'y a rien de fantasmatique au fait qu'un "passant" puisse prendre votre message au premier degré en s'imaginant que ceci représente la position de l'Eglise. La confusion, en vous permettant de pointer du doigt le discours du Pape, n'était-ce pas ce que vous dénonciez ?
Enfin, il n'y a aucune critique dans mon message ni dans celui d'Isabelle47 qui est très sensé, juste le constat que votre empilement de citations islamophiles sans aucune explication est inutile, nuisible, et encore moins amusant.
Le titre me convient très bien. C'est moi qui l'ai choisi. J'ai mes raisons.
Il m'avait semblé qu'un forum n'est pas une poubelle où l'on peut écrire tout ce qui nous passe par la tête.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : dim. 22 juil. 2012, 21:33
par Mac
le gyrovague a écrit :...Conclusion: l'humour "second degré" en public ne sied pas à des sujets sérieux ou qui tiennent trop à coeur. :oui:
Bonjour frères, soeurs en Jésus Christ.

Oui, cinci mon frère il s'agit de ne pas oublier que les messages sont publics et que certains s’arrêteront juste à la lecture du titre et en plus s'ils ont des difficultés de compréhension ça risque de ne pas arranger l'affaire. Les informations que vous avez éditées sont intéressantes, mais bien que je respecte vos raisons, prenez du recul , relisez votre titre avec neutralité, et voyez s'il n'y a pas une modification à prévoir dans votre titre.

Amitié.

Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 9:32
par François-Xavier
Je trouverais intéressant d'essayer de voir pourquoi on en est arrivé là, sur le plan psychologique et sur le plan théologique.
Parce que, dans la série "citations choquantes", il y a celle ci :
Christian Troll sj a écrit :« le Coran contient une parole de Dieu, et pas seulement pour les musulmans mais pour tous les hommes et donc aussi pour moi personnellement. En effet je puis dans l’annonce puissante du Dieu unique et transcendant du Coran transmis par Mahomet reconnaître le rappel d’un élément essentiel du message de Jésus et une invitation à vivre davantage en cohérence avec ce message. Ainsi comme chrétien je puis reconnaître que Mahomet a reçu de Dieu la mission d’annoncer cet aspect essentiel de la vérité, à savoir l’unicité et la transcendance de Dieu. ». Que répondre aux Musulmans? (traduction Jacques Weisshaupt, éditions Fidélité, Namur, 2011)
C'est donc incroyable de voir autant de personnes, y compris de prélats, théologiens, cardinaux, dire des choses aussi "henaurmes".
Je pense queuant à moi que cet "état de déliquescence" qui concrètement conduit à une stérilisaiton de l'apostolat vers l'islam a 3 sources :

1 - le pensée de Louis Massignon : qui promeut un
Massignon a écrit :« expatriement où nous entraîne notre « substitution » aux âmes musulmanes, cette grâce de Dieu qui les justifie devant Lui, en nous sanctifiant”, ou encore une “mise à la disposition spirituelle, toute offerte au désir que Jésus a des âmes, pour répondre à leur place à Son Appel » (Lettre de la Badaliya n° 3 et 4, citées par Jacques Keryell in Louis Massignon et ses contemporains, Paris, Karthala, 1997, p.365).
pour finalement affirmer que
Massignon a écrit :“L’Islam constitue une réponse mystérieuse de la grâce à la prière d’Abraham pour Ismaël et les Arabes” auxquels “Dieu a donné le Coran en signe de bénédiction” (Parole donnée, Paris, Seuil, rééd. 1983, p.267)
2 - une lecture erronée de Vatican II :
Nostra Aetate a écrit :« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, [ici le texte de dit pas « regarde avec estime l’islam »] qui adorent le Dieu unique, [le texte ne dit pas « qui adorent comme nous » un Dieu unique] vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ( Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ; PL 148, 451 A.), qui a parlé aux hommes [le texte ne dit pas : qui a a parlé au prophète Mahomet]. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. [le texte ne dit pas que l’islam est une des trois religions abrahamiques] Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. [le texte voit bien la clef du dialogue avec l’islam, qui est eschatologique] Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, [c’est un euphémisme, ici : puisqu’il s’agit concrètement de guerres et de batailles rangées, y compris menées directement par les armées pontificales pour certaines d’entre elles] le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »
Lumen Gentium 16 a écrit :Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, [Donc : les hommes sont appelés à tous recevoir l’Evangile] sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu (Cf. Saint Thomas, Somme théologique III, q. 8, a. 3, ad 1.) et, en premier lieu, ce peuple [hébreu] qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rm 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l’élection, à cause des Pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rm 11, 28-29). Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, [le texte ne dit pas : ils ont la foi d’Abraham] adorent avec nous le Dieu unique, [le texte affirme … contre les Musulmans que nous ne sommes pas associateurs « mushrikin »] miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. [perception de l’enjeu eschatologique du dialogue avec les Musulmans] Et même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là mêmes Dieu n’est pas loin, puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Ac 17, 25-28), et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (cf. 1 Tm 2, 4).
En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [peuvent arriver ne signifie certainement pas arrivent à coup sûr] (Cf. Lettre de la Sacrée Congrégation du Saint-Office à l’archevêque de Boston. : Denz. 3869-72.). À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, [la grâce divine qui n’est pas enfermée dans son exercice à l’intérieur des frontières de l’Eglise visible] à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique (Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio Evangelica, 1, 1 : PG 21, 28 AB.) et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie.
Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, [Ce qui pourrait être une préparation évangélique est cependant « bien souvent » une cause de chute et de malheur. Le texte d’origine dit même « saepius » c'est-à-dire en fait « le plus souvent »] ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm 1, 21.25) 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. C’est pourquoi l’Église, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : « Prêchez l’Évangile à toutes créatures» (Mc 16, 16), met tout son soin à encourager et soutenir les missions. [A aucun moment on en voit donc l’Eglise dans Vatican II décourager les missions vers l’Islam]
3 - un développement théologique qui ne donne pas toute sa place à la question de l'anthropologie : quelle est la place de l'homme dans le dessein de Dieu ? Qui entraîne alors une torsion de l'enseignement magistériel post conciliaire avec une vision de l'homme et de son salut qui part non pas de la tradition apostolique mais d'un certain jansénisme. Et il est vrai que certaines affirmations journetiennes par exemple finissent par être troublantes, si on n'est pas capable de distinguer dans le discours de Journet les affirmations qui concernent le salut en acte et le salut en puissance. Tout cela est également très en lien avec deux questions complémentaires :
- la difficulté posée par l'hypothèse de S. Thomas sur les "limbes" qui en réalité oblige à "mal" penser la question du salut des non baptisés.
- la crise de la pensée ecclésiologique dans les années 1980 qui a amené l'émergence dans les milieux intellectuels chrétiens des hypothèses du P. Dupuis, combattues par Rome (notamment au travers de la déclaration Dominus Iesus, et de la notification de 1999 au sujet de l'ouvrage "Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux" Paris, Cerf 1997.

On est donc pour le moins dans une grande difficulté non pas théologique (parce que le magistère et les CDF s'expriment clairement sur ces questions) mais dans une difficulté catéchétique. L'emergence de l'islam dans la société française de façon particulière mais aussi dans l'environnement occidental oblige à éclaircir et à promouvoir pastoralement une position ecclesiale claire.
Cependant, touts ne suivent pas le senseignements de l'Eglise. Un bon exemple de dérapage c'est le livre de Christian Salenson (ardemment promu par le SRI et la librairie Siloë) qui utilise largement Christian de Chergé dans le quel on peut lire sans rire :
Christian Salenson, [i]Christian de Chergé, une théologie de l'Espérance[/i] a écrit :« Il ne suffit pas de dire, à juste titre, que nous ne devons pas relativiser la foi chrétienne et affirmer l'universelle médiation du Christ, encore faut-il en tirer les conséquences c'est-à-dire, en Église, recevoir un visage du Christ qui nous vient précisément de cette médiation universelle dans les cultures et les religions. » (p. 126)
«Puisque la médiation salvifique s'exerce dans l'islam, et que les chrétiens ne peuvent prétendre tout connaître du Christ qui dépasse les frontières des religions, les chrétiens doivent recevoir aussi le Christ de l'islam. Que signifie recevoir le Christ de l'islam? Certainement, recevoir avec bienveillance ce que le Coran dit du Christ : « je suis sûr que le Christ du Coran a quelque chose à voir avec celui de notre foi ». Il faut aussi recevoir ce que l'islam vécu nous fait mieux comprendre du Christ : « pour enrichir notre connaissance partielle du moment, nous avons besoin de ce que l'autre peut y ajouter par ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il croit » (Christian de Chergé, « L’invincible espérance, p. 174)
Mais pour pouvoir recevoir le Christ aussi d'une autre tradition religieuse, il faut accepter de vivre le mystère pascal dans la compréhension que nous avons du Christ: Comme les apôtres, il faut accepter de perdre le Christ, la connaissance que nous en avons et Le retrouver.
« II nous faut perdre le Christ, Le laisser mourir dans l'humanité tellement nôtre dont nous l'avons revêtu et parfois maquillé, pour le laisser renaître, autre et identique, dans ce surcroît d'humanité où notre place est marquée, celle de l'autre aussi » (Christian de Chergé, Correspondance avec un ami, lettre du 7 juillet 81).
Notre connaissance du Christ est partielle, si elle est absolutisée elle devient enfermante.
« Pour entrer en vérité dans le dialogue, il nous faudra accepter, au nom du Christ, que l'islam ait quelque chose à nous dire de la part du Christ » (Christian de Chergé, Correspondance avec un ami, lettre du 12 juin 82)
C'est cette pensée qui est dominante aujourd'hui dans les ISTR (peut être pas à Toulouse où il y a un changement de chef !) et au SRI. Et on voit bien malheureusement, il faut accepter de le regarder en face, que c'est directement contraire à ce que dit la CDF dans Dominus Iesus ; et pour le constater, on n'a pas besoin d'avoir fait une thèse en théologie ; voyez plutôt :
Congrégation de la doctrine de la Foi, Dominus Iesus, Cardinal Ratzinger a écrit :6. Est donc contraire à la foi de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ." (...)
7. (...) On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui « permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente », la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 10:02
par Raistlin
Cinci a écrit :«... l'islamologue Émile Demenghem s'exprimait ainsi : Mahomet est à coup sûr un prophète de la lignée biblique sémite : lyrique inspirée, âme ardente, coeur intrépide, avec les grandeurs et faiblesses humaines, chef, guerrier, promouvant des massacres comme on en trouve tout le long de l'Exode, des Juges et des Rois. Proclamant quelques unes des plus prenantes affirmations religieuses. Il a en commun avec Israël un monothéisme intraitable, un sens aigu de la révélation d'un Dieu personnel et transcendant, d'un ''Dieu avec nous'' toujours préoccupé de sa communauté d'élection, une foi invincible dans le triomphe final de la justice.»
L’islamologue Émile Demenghem ferait bien de relire la Bible. Le prophétisme biblique est tout autre chose que des illuminés faisant la guerre et massacrant à tour de bras.

Cinci a écrit :Le cardinal Charles Journet, en 1960, attibuait à Muhammad un don de «lumière prophétique partielle, extracanonique»
Dieu merci, les cardinaux ne sont pas infaillibles.

Cinci a écrit :Jacque-Albert Cuttat, alors consulteur au Secrétariat romain pour les religions non chrétiennes, reconnaissait Muhammad comme «Sceau des prophètes», au sens de messager «au devant de Celui qui revient», qui revient à la fin des temps [...] dont l'annonce et la vision sont précisément le propre des prophètes, y compris le prophète d'islam [...]. L'islam s'inscrit dans la relation de l'Après à l'Avant instauré par le Christ.
Sauf que le message de Muhammad s’oppose à la Révélation du Christ.

Cinci a écrit :Le père Giuseppe Basett-Sani voyait «Muhammad comme un vrai prophète dans l'histoire du salut centré sur le Christ».
C’est une absurdité et je serais curieux de savoir comment ce prêtre conjugue l’œuvre du Salut opéré par le Christ avec sa négation formelle par l’islam. Il n’est pas interdit de réfléchir même quand on est ordonné.

Cinci a écrit :Le père C. Geffré va nous retenir, car c'est lui qui s'est engagé le plus sur ce sujet et il a formé des générations d'étudiants en théologie : «Je n'hésite pas à dire que la révélation dont Mohamed est le messager est une Parole de Dieu qui m'interpelle dans ma foi. Je ne dis pas que le Coran est la Parole de Dieu, mais j'accepte de dire qu'il y a dans le Coran une confession de foi du Dieu unique qui me concerne comme chrétien et qui m'invite donc à considérer Mohamed comme un authentique témoin du Dieu auquel je crois».
Et on se demande justement quel est le dieu auquel croit ce prêtre. Plus le Dieu de Jésus-Christ à l’évidence.

Cinci a écrit : «Nous [chrétiens et musulmans] croyons au même Dieu» - Jean Paul II, Casablanca, 19 août 1985
Attention avec les citations hasardeuses tout de même. Il faut voir ce que Jean-Paul II a voulu dire par là : si c’est qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que chrétiens et musulmans s’adressent nécessairement à lui, même si les musulmans en ont une fausse vision, il est dans le vrai.
Cinci a écrit :Le groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC), formé d'intellectuels cooptés dans les deux religions, déclarait «voir dans le Coran une Parole de Dieu authentique, mais en partie formellement différente de la Parole de Jésus-Christ».
Ou comment ménager la chèvre et le chou… Le problème de cette soi-disant « parole de Dieu authentique » c’est qu’elle contredit formellement l’enseignement de la Bible, autre parole de Dieu authentique.
Cinci a écrit :Le père Robert Caspar :«[....] Il faut admettre que l'islam n'est pas plus une religion naturelle que le christianisme et que son origine doit être surnaturelle, c'est à dire divine».
Surnaturelle, pourquoi pase. Mais le père Caspar oublie que qu’ils y a deux types de surnaturel : le divin et le diabolique.

Cinci a écrit :Norman Daniel écrivait : «Il est essentiel que les chrétiens voient en Muhammad une figure sainte, c'est à dire le voient comme le voient les musulmans. Dans ce cas ils partageront par empathie les prières et les dévotions des autres. Ils doivent accepter de suspendre leur scepticisme [...]».
Je suspendrai mon scepticisme sur le prophétisme de Muhammad le jour où les musulmans suspendront le leur sur la divinité du Christ.

Cinci a écrit :Mgr Jean-Luc Brunin, bon connaisseur de l'immigration et des banlieues, affirme dès le début de son livre : Comme les autres religions révélées, l'islam est né de l'irruption d'une Parole reconnue comme venant de Dieu. Et vers la fin du livre, il estime que «dénier au Coran tout caractère de Parole révélée est une attitude extrême et irrecevable». Pour lui, semble-t-il, l'islam fait partie de la Révélation biblique.
Le père François Jourdan a clairement montré en quoi l’islam n’était pas une religion de type biblique. Il ne suffit pas de piocher du matériel vaguement biblique, et de le tourner à sa sauce pour en faire une révélation.

Cinci a écrit :Le père Michel Quesnel s'exprime sans réserve sur le même plan : «[...] le Coran des musulmans et la Thora des juifs sont à la fois un don de Dieu et le chemin vers lui.»
Le père Quesnel a-t-il donc oublié que « le Chemin, la Vérité et la Vie », c’est Jésus et lui seul ?

Cinci a écrit :le père Paolo Dall'Oglio, refondateur du monastère de Mar Moussa en Syrie pour la rencontre interreligieuse, se plaint : «Dans l'Église, je n'ai pas aujourd'hui le droit de dire que Mahomet est un prophète [...] Je souhaiterais dire à l'Église que le fait de considérer Mahomet comme prophète ne fait rien perdre au Christ, en qui je crois.»
Idiotie monumentale. Puisque le Coran nie la crucifixion et la Résurrection du Christ, comment donc ce prêtre peut-il dire que reconnaître Mahomet comme prophète ne fait rien perdre au Christ ?


Ah il y a des moments où je regrette sincèrement l’Inquisition. Tous ces prêtres qui font des yeux doux à une religion si viscéralement antichrétienne, c’en est presque obscène.

Re: Je soigne mon islamophobie

Publié : lun. 23 juil. 2012, 10:19
par etienne lorant
Sur base des lectures de ce lundi, je ne veux pas me joindre à la critique des musulmans. Par exemple, je ne comprends pas en quoi ne rien boire ni rien manger durant la journée, mais le faire durant la nuit est l'indice d'une pratique louable de sa religion. Cependant, il en est de même pour tout catholique qui, par une pratique impeccable, en tous les sacrements, s'imagine que Dieu le préfèrera aux fidèles qui ne s'y connaissent pas mais cherchent le Seigneur avec de pauvres moyens. Nous avons reçu deux commandements - je ne vais pas rappeler le premier, puisque tous ici le connaissent, mais le second qui lui est semblable: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Le prochain peut être musulman: si nous n'aimons pas le prochain, comment notre dévotion à Dieu serait-elle parfaite ?