Nos évêques sont surprenants...
Publié : lun. 23 oct. 2006, 7:43
Pris sur le site de l'association Pro Liturgia
Les évêques de France sont, pour le moins, des gens surprenants.
A les entendre, tout ne va pas très bien: les séminaires sont vides, les messes deviennent rares, la pratique dominicale est en baisse, la catéchèse est en crise... et voilà que - horreur! - des communautés traditionalistes émergent çà et là et attirent des fidèles grâce à une liturgie célébrée dans un décorum hérité de ce que le XIXème siècle a fourni de plus lourd et de plus compassé.
Pourtant, les évêques de France avaient tout fait pour que l'Eglise soit dynamique, les fidèles nombreux et motivés, les traditionalistes définitivement réduits au silence. Oui, ils avaient tout fait: ils ont interdit le latin et le chant grégorien (alors qu'ils n'en avaient pas le droit, mais passons); ils ont fait l'expérience des messes célébrées sur des tables de cuisines, en HLM, par des prêtres en civil; ils ont inventé l'animation liturgique, comme si le Bon Dieu n'était pas le meilleur des animateurs de la messe; ils ont orné (!) les sanctuaires avec des panneaux aux couleurs de la gay-pride; ils ont multiplié les messes anticipées du samedi soir; ils ont envoyé sur les roses les fidèles qui se plaignaient de la b... lisation des messes; ils ont encouragé les "bible's boom", les "messes rock", les rondes et les farandoles autour des autels, les sermons à coloration socialo-communiste, les quêtes de carême à but politique, les absolution collectives; ils ont restructuré les paroisses et nommé des personnes compétentes à la tête des bureaux diocésains...
Et tout cela semble avoir fait "pschitt", comme aurait pu dire un homme politique bien connu. On ne comprend pas les raisons de ces échecs qui atteignent une pastorale qui devait être promise à un grand avenir.
Nous avons pourtant eu, en France, des évêques à la hauteur: des "hommes de terrain" toujours "à l'écoute" et prêts à "cheminer"; des hommes prêchant l' "ouverture", la "tolérance", l' "écoute de l'autre" et ayant même le courage de critiquer l'intransigeance (supposée) de l'ancien cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Quel magnifique programme! Mais voilà notre épiscopat soudain un peu moins "tolérant", un peu moins "ouvert", un peu moins "à l'écoute" depuis qu'il sent peser sur lui la menace du retour d'une vie liturgique qui pourrait profiter aux baptisés...
C'est vrai, nos évêques ont tout essayé... et incontestablement raté un certain nombre de choses.
Tout essayé? Peut-être pas: ils n'ont jamais essayé, depuis plus de 40 ans que le Concile est achevé, d'obliger leurs prêtres diocésains de célébrer la liturgie exactement comme elle figure dans le missel romain actuel. Ça non: ils ne l'ont jamais essayé... L'expérience de la liturgie authentique de l'Eglise, ils n'ont jamais voulu la faire. Pourquoi? Qu'est-ce qui les en aurait empêché? Mystère et boule de gomme: aucun évêque de France n'a jamais pu ou voulu répondre à cette question. Curieux, non?