les autorités ecclésiastiques catholiques sont conscientes des pratiques populaires (et ipso facto des pratiques populistes),
C'est de l'humour ?
2- l'encadrement de ces pratiques est-il induit dans un but quantitatif (se garantir la masse) ou qualitatif (préservation de la foi digne de ce nom) ?
Réfléchissez deux minutes : le Catéchisme a été publié en 1992, si l'Eglise voulait se garantir la masse, elle aurait depuis longtemps fait l'apologie des contraceptifs, permit le divorce et promulguée Lady Gaga en modèle.
Il y a un truc qui vous échappe : la foi des catholiques est une foi réaliste, elle prend dans toutes ses dimensions, où qu'il se trouve. Elle l'invite, grâce à la foi, à se départir du mal où qu'il se trouve, et à chercher le bien, partout où il est,
car tout ce qui est bon vient de Dieu. C'est pour cette raison qu'il n'a pas été difficile à un Saint Augustin de s'inspirer des néo-platoniciens, à un Saint Thomas d'Aristote ; c'est pour cette raison que la foi catholique est personnelle
et cosmique ; c'est pour cette raison que Dieu est un
et trine ; et c'est pour cette raison que l'Eglise valorise la culture dite savante, comme la culture dite populaire, que son art propre dépasse ces cadres (le grégorien est populaire, et "savant") et que les Ecritures même, si riches, furent pour une bonne part écrite par des gens simples.
Si vous n'entrez pas dans la foi chrétienne dans toutes ses dimensions, en prenant en considération qu'elle est une foi qui répond à toutes les intuitions humaines imaginables (résurrection des corps, béatitude spirituelle, Dieu Un et pourtant Trois, donc relationnel comme auto-suffisant, jugement et pardon, exigence et miséricorde, unité et diversité, matière et esprit, mystique et théologique, apophatique et cataphatique etc. etc. etc.),
alors vous ne comprendrez rien !
Vous allez me dire : comment une foi si complexe peut-elle donc être à destination des simples ?
Et bien voyez-vous, c'est le miracle de la foi qu'à bien exprimé,
parce qu'il l'a vécu (et moi aussi), saint Augustin :
credo ut intellegam (je crois pour comprendre).
La foi donne aux simples de comprendre tout cela dans leur coeur (attention, il ne s'agit pas du coeur "romantique", des sentiments, mais bien du coeur "pascalien" : le lieu de la connaissance intuitive si l'on peut dire.). Et cela est une vérité que j'ai suffisamment vécue et vue pour que tout discours théorique sceptique sur ce point me laisse de glace (et je suis "philosophe", au sens académique, donc la théorie je la connais et elle ne me fait pas peut hein

).
Voilà la forme de notre foi. Sa chair, c'est le Christ.