Et pour ce qui concerne "les fameux 4 sens" il y a belle lurette (disons qcq dizaines d'années) qu'ils sont dépassés
Il vous faut commencer par lire le texte que vous citez
L'interprétation de la Bible dans l'Eglise :
2.B. Sens de l’écriture inspirée
L’apport moderne des herméneutiques philosophiques et les développements récents de l’étude scientifique des littératures permettent à l’exégèse biblique d’approfondir la compréhension de sa tâche, dont la complexité est devenue plus évidente. L’exégèse ancienne, qui ne pouvait évidemment pas prendre en considération les exigences scientifiques modernes, attribuait à tout texte de l’Écriture plusieurs niveaux de sens La distinction la plus courante se faisait entre sens littéral et sens spirituel. L’exégèse médiévale distingua dans le sens spirituel trois aspects différents, qui se rapportent, respectivement, à la vérité révélée, à la conduite à tenir et à l’accomplissement final. De là le célèbre distique d’Augustin de Danemark (13e siècle) : « Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quid speres anagogia ». En réaction contre cette multiplicité de sens, l’exégèse historico-critique a adopté, plus ou moins ouvertement, la thèse de l’unicité de sens, selon laquelle un texte ne peut pas avoir simultanément plusieurs significations. Tout l’effort de l’exégèse historico-critique est de définir « le » sens précis de tel ou tel texte biblique dans les circonstances de sa production.
Mais cette thèse se heurte maintenant aux conclusions des sciences du langage et des herméneutiques philosophiques, qui affirment la polysémie des textes écrits.
Le problème n’est pas simple et il ne se pose pas de la même façon pour tous les genres de textes : récits historiques, paraboles, oracles, lois, proverbes, prières, hymnes, etc. On peut cependant donner quelques principes généraux, tout en tenant compte de la diversité des opinions.
Et qu'est-ce qui suit l'introduction à cette section ?
La présentation des sens suivants : littéral, spirituel et plénier. Et voyez ce passage :
Un des aspects possibles du sens spirituel est l’aspect typologique
Mais c'est quoi cet "aspect typologique" ?
Simplement l'un des 4 sens de l'Ecriture tels que nommés par Thomas d'Aquin (ça correspond chez lui au sens allégorique) dans
S.T. I, Q.1, a.10
Et
Verbum Domini qui met les choses au clair :
Ignorant, bien sûr, les ressources d’ordre philologique et historique qui sont à la disposition de l’exégèse moderne, la tradition patristique et médiévale savait reconnaître les divers sens de l’Écriture en commençant par le sens littéral, celui qui est « signifié par les paroles de l’Écriture et découvert par l’exégèse qui suit les règles de la juste interprétation »[120]. Par exemple, saint Thomas d’Aquin affirme : « tous les sens de la Sainte Écriture se basent sur le sens littéral »[121]. Il est nécessaire, cependant, de rappeler qu’au temps patristique et médiéval, toute forme d’exégèse, y compris littérale, était conduite sur la base de la foi et ne faisait pas nécessairement la distinction entre sens littéral et sens spirituel. Rappelons ici la distinction classique qui établit la relation entre les divers sens de l’Écriture :
«Littera gesta docet, quid credas allegoria,
Moralis quid agas, quo tendas anagogia.
Le sens littéral enseigne les événements, l’allégorie ce qu’il faut croire,
le sens moral ce qu’il faut faire, l’anagogie vers quoi il faut tendre »[122].
Notons ici l’unité et l’articulation entre sens littéral et sens spirituel, lequel se subdivise en trois sens, avec lesquels sont décrits les contenus de la foi, de la morale et de la tension eschatologique.
En définitive, en reconnaissant la valeur et la nécessité, même avec ses limites, de la méthode historico-critique, nous apprenons de l’exégèse patristique que « on n’est fidèle à l’intentionnalité des textes bibliques que dans la mesure où on essaie de retrouver, au cœur de leur formulation, la réalité de foi qu’ils expriment et qu’on relie cette réalité à l’expérience croyante de notre monde »[123]. C’est seulement dans cette perspective que l’on peut reconnaître que la Parole de Dieu est vivante et s’adresse à chacun dans l’actualité de sa vie. En ce sens, l’affirmation de la Commission Biblique Pontificale demeure pleinement valable, qui définit le sens spirituel selon la foi chrétienne comme « le sens exprimé par les textes bibliques lorsqu’on les lit sous l’influence de l’Esprit Saint dans le contexte du mystère pascal du Christ et de la vie nouvelle qui en résulte. Ce contexte existe effectivement. Le Nouveau Testament y reconnaît l’accomplissement des Écritures. Il est donc normal de relire les Écritures à la lumière de ce nouveau contexte, qui est celui de la vie dans l’Esprit »
Dès lors vous dites :
il est hors de mon propos d'exclure la "prière" et le "chant" ... mais il me semble que ceci sort du cadre initial de la question posée
L'Eglise nous apprend que la seule manière d'être fidèle à l'intentionalité des textes bibliques est d'essayer
de retrouver, au cœur de leur formulation, la réalité de foi qu’ils expriment et qu’on relie cette réalité à l’expérience croyante de notre monde.
Je ne pense donc pas du tout que la prière sorte du cadre de la question posée.