L'Europe et sa mythologie...

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

L'Europe et sa mythologie...

Message non lu par etienne lorant »

A défaut de changer de politique monétaire, Mario Draghi a annoncé ce jeudi le lancement d’une deuxième série de billets en euros, baptisée «Europe», illustrée avec une visage de femme grecque, celui de la déesse Europe.
Le visage de la déesse provient d’un vase datant de plus de 2000 ans, découvert dans le sud de l’Italie, et conservé au Louvre, à Paris. «Cette figure a été choisie car est clairement associée au continent européen, et apporte une touche d’humanité aux billets».

Les premiers billets à changer de visage en mai 2013 sont ceux de 5 euros, les plus manipulés. Toute la gamme des billets en euros (5,10, 20, 50, 100, 200, 500) sera changée progressivement sur plusieurs années. Il s’agit de la deuxième série de billets lancée depuis le lancement de l’euro au premier janvier 2002. Les billets existants seront progressivement retirés de la circulation.

Si la BCE change le visage des billets, ce n’est pas seulement pour faire plaisir aux femmes ou à la Grèce – qui peut y voir une nouvelle assurance qu’elle restera dans la zone euro…-, mais pour des raisons de sécurité. Les nouveaux billets offriront une meilleure protection contre la contrefaçon, assure la BCE.

Le graphisme des nouvelles coupures sera dévoilé le 10 janvier 2013.Les motifs des nouveaux billets s’inspireront toujours de la série «époques et styles architecturaux» et conserveront leurs couleurs dominantes mais le dessin général sera modifié. Les chiffres seront plus gros, pour tenir compte des remarques des utilisateurs.

Le billet de 5 euros, le plus utilisé, donc le plus usé et le plus facilement déchiré sera protégé par un enduit spécial censé améliorer sa durée de vie. C’est le graphiste berlinois Reinhold Gerstetter qui a été choisi pour repenser le dessin de la monnaie commune.

Le Figaro
[+] Texte masqué
ortune.fdesouche.com/288204-euro-nouveaux-billets-leffigie-de-la-deesse-grecque-europe#more-288204
La mythologie politique européenne

"Bien sûr que vous pourriez être pardonnés pour l’analogie à ce mythe, car après tout, notre propre nom est tiré de la mythologie - la déesse Europe étant une magnifique jeune fille emportée par le dieu Zeus déguisé en taureau. Cela dit, l’Europe d’aujourd’hui, bien qu’elle soit jolie, ne ressemble déjà plus à ce genre de fille".

Cette citation tirée d’un discours prononcé par l’ancien commissaire aux affaires extérieures de l’UE, Mr Ferrero-Waldner, fait référence au mythe en tant que moyen de se référer aux évolutions que l’UE a connues dans le cadre de la politique étrangère. Ian Manners repère trois manières de lire le mythe, chacune d’entre elles ayant à voir avec une phase de la politique extérieure commune contemporaine :

Dans la première version du mythe, "le viol d’Europe", le taureau représente l’extrême puissance du nationalisme, de la violence et de l’oppression qu’incarne le nazisme. Europe est la victime d’une force brutale à laquelle elle tente d’échapper en vain. Cette interprétation fournit les fondations d’une Europe unie : l’intégration européenne est l’ambition d’une âme blessée européenne pour surmonter la force brutale et maléfique.

Une deuxième interprétation du mythe, qui date de l’après-guerre, se présente comme la "séduction d’Europe". Le taureau est le libérateur de l’Europe, les Etats-Unis d’Amérique, qui finissent par épouser Europe. Le taureau américain vient en aide à l’Europe, lui permet d’échapper à son passé peu glorieux, et l’escorte vers un futur plus rayonnant passant par des relations plus étroites entre les deux bords de l’Atlantique. Une version négative de cette interprétation est récurrente des discours actuels : Europe s’est installée si confortablement sur le dos de la toute puissante bête américaine qu’elle ne souhaite plus abandonner ce confort et nager seule en eaux troubles. L’Europe reste les yeux rivés sur les USA au lieu de se diriger vers une plus grande autonomie.

Dernière interprétation, celle de la « transition d’Europe ». Cette métaphore moins évidente va au-delà du viol ou de la séduction pour analyser la trajectoire historique de l’Europe. La déesse est assassinée par le taureau dans les années 1930-1940. Dans l’immédiat après-guerre, une Europe post-nationale renaît de ses cendres, plus forte que jamais. La délicate jeune fille est devenue mère et reine, à la fois responsable et conscience d’elle-même. Cette version peut être vue comme une synthèse des deux premières : l’Europe serait à la fois un produit traumatisé de politiques agressives, en tant que promoteur de politiques pacifiques, de même qu’un joueur majeur de l’arène internationale. C’est dans le cadre de cette interprétation qu’on peut situer la citation de Ferrero-Waldner.

L’appropriation symbolique d’un mythe est un jeu complexe qui sous-tend la sélection de certains passages et la suppression d’autres. Le mythe n’échappe pas à de multiples interprétations, impossibles à contrôler. Une interprétation moins élogieuse à l’égard des politiques européennes ne semble pas difficile à mettre en œuvre. A l’autre bout de l’échiquier politique, les Europhobes n’hésitent pas à s’outrager face à l’UE qui s’enorgueillit ouvertement d’un mythe violent.

Eurosceptiques et Europhobes réécrivent ce mythe, considéré comme le symbole semi-officiel de l’UE, afin d’illustrer leur peur d’avancer vers une plus grande intégration européenne. Dans cette interprétation l’élite non-démocratique européenne est incarnée par le taureau qui ment sur son identité et ses intentions et finit par violer Europa symbolisant les Européens n’ayant pas leur mot à dire.
[+] Texte masqué
http://www.taurillon.org/La-deesse-Euro ... urope,4383
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Ahrefs [Bot] et 3 invités