Je viens de regarder ce que disent les médias, c'est assez écoeurant de voir leur parti pris. bref.
Donc à 3 heures du mat, notre car est parti de Mende. Arrivés au péage un peu avant Paris, nous avons attendu avec d'autres cars que la police nous trie par régions. Et puis au bout d'un bon moment, ils étaient perplexes car nous n'étions pas sur leur liste. En effet les autres départements du Languedoc-Roussillon, quand ils vont à Paris, prennent la vallée du Rhône. Mais nous, nous passons par Clermont-Ferrand. Nous sommes donc allés rejoindre les cars de notre région à la porte d'Italie, nous sommes descendus du car et un peu avant midi, nous étions place d'Italie où nous avons pique-niqué. Vers midi et demi nous avons commencé à avancer un peu, la foule grandissait toujours.
(bon, j'ai un problème, je n'arrive pas à mettre les images. imagehotel ne fonctionne plus, avec imageshack je n'y arrive pas, et imagesia je ne comprends pas comment ça marche. Dommage car j'ai fait plein de photos !)
On nous avait dit d'apporter une écharpe blanche ou un vêtement blanc. Une des personnes qui étaient avec moi, Anne, ne le savait pas. Du coup, elle a noué sur sa tête une serviette de table! Moi j'avais un bonnet blanc et une écharpe blanche, mais comme le bonnet est en grosse laine donc laisse passer l'air froid, j'ai noué l'écharpe par-dessus le bonnet, ce n'est pas très chic mais on s'en fiche. Du coup, à un moment où j'étais à côté d'Anne, quelqu'un nous a appelées "mes soeurs" !
Nous étions venus dans un seul car, d'autres Lozériens étaient venus en voiture ou en train, mais ça ne faisait pas grand monde mais nous sommes habitués à être le département le moins peuplé de France!
Il y avait notre évêque, le vicaire général, quelques élus avec leur écharpe tricolore, un avocat en robe (président des AFC de Lozère).
Dans la manif, les gens des diverses régions brandissaient fièrement les magnifiques drapeaux de leur région, nous avions seulement une modeste banderole disant "groupe Lozère" qui servait surtout à ne pas se perdre les uns les autres !
Paris est une jolie ville, même sans soleil (heureusement il ne pleuvait pas), j'en ai profité pour admirer au passage ce quartier que je connaissais assez peu.
Ce qui est dommage, c'est que pendant les premières heures où nous étions encore pleins d'énergie, les gens étaient à table et peu de gens nous ont vus chanter, danser, crier les slogans (à part deux trois personnes du haut de leurs fenêtres). Et après, quand il y avait du monde dans les rues pour nous voir, nous étions fatigués. Même quand les jeunes qui animaient du haut de leur char ont lancé le slogan "celui qui ne saute pas est pour la loi", je dois dire que peu de gens ont sauté !
Il y avait pas mal d'humour dans les slogans, notamment (sur l'air de "Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite":
"Taubira, si tu savais, ta réforme, ta réforme
Taubira, si tu savais, ta réforme où on s'la met,
Aucu aucu aucune hésitation"
Nous avons suivi quelques boulevards, sommes passés à Montparnasse, devant l'église saint François-Xavier des gens ont demandé au curé de sonner les cloches (il l'a fait), un peu avant le Champ de Mars on nous a dit de nous desserrer pour le comptage.
Le Champ de Mars n'était pas plein. Peu à peu nous nous sommes avancés vers le devant, surtout quand le grand écran où nous pouvions voir et entendre les orateurs et artistes s'est subitement éteint ! Du coup, je n'ai pas vu Frigide Barjot car c'était un peu avant qu'elle arrive. Nous l'entendions de loin, pas très bien. Mais tant que l'écran et la sono fonctionnaient, nous avons pu voir et entendre (pas en même temps car c'était mal synchronisé ! Le son arrivait au moins 2 secondes après l'image) plusieurs interventions très touchantes, notamment un jeune garçon de 17 ans, d'origine vietnamienne, qui a donné le point de vue des enfants adoptés. Et puis Xavier Pontgibaud (je crois), qui a présenté ses excuses pour son dérapage de midi dont nous n'avions pas entendu parler, il a dit que c'est parce qu'il était blessé et il a demandé pardon à François Hollande. Nous avons vu aussi la présentation de toutes les associations organisatrices de la manif, où il y a un peu de tout, y compris Enfants du Mékong.
J'ai vu passer des gens portant une banderole "les musulmans de France n'accepteront jamais ça".
Les Bretons de Brest, avec leurs drapeaux qui volaient fièrement devant la tour Eiffel (mais qui retombaient sournoisement chaque fois que j'essayais de les prendre en photo

) jouaient du biniou.
Je n'ai vu aucun incident, aucune mauvaise humeur, aucun débordement. Toute la manif était calme et gaie, parfaitement organisée, avec partout des jeunes volontaires en t-shirt jaune pour l'accueil, orange pour la sécurité, verts pour la logistique.
Pour le nombre de personnes, il semble que les avis soient contradictoires. Au Champ de Mars, vers 5 heures, on nous a dit 800 000. Juste après, nous avons commencé à partir, au moment de la Marseillaise, car la nuit tombait et nous avions encore une longue route à faire (d'autres en avaient encore davantage, certains sont partis de chez eux à minuit). En sortant du Champ de Mars, nous avons pris le boulevard Suffren (je crois), où nous avons croisé un autre cortège qui arrivait. D'après leurs drapeaux, c'étaient les Basques, tout le long de ce boulevard. Leurs rangs n'étaient pas serrés, mais ensuite le flot était très compact et ça arrivait toujours, on n'en a pas vu la fin car notre car nous attendait rue Lecourbe. Avant de partir, j'ai donné mon drapeau et ma pancarte ("touche pas à ma parité") à ces gens qui arrivaient.
A 5 heures on nous a dit qu'il y avait des gens qui n'avaient pas encore pu partir des places de départ (car, je le rappelle, il y avait trois manifs partant de 3 endroits de Paris pour se retrouver au Champ de Mars).
Bref, je ne sais pas combien nous étions, mais nous étions très
très
très nombreux.
Dans le car, on nous a passé un DVD : "Chantons sous la pluie", qui a achevé de nous mettre dans l'euphorie.
Cette manif était un peu fatigante, mais excellente pour le moral!
En arrivant à Mende, à 2 heures et quart, on nous a dit que d'après le maire du Chesnay (qui était dans les organisateurs de la manif), la préfecture évaluait le nombre à 1 300 000. Mais ça me paraît quand même beaucoup. Enfin je n'en sais rien.
De toute façon, comme a dit élégamment le gouvernement, nous pouvons toujours causer, ça ne sert à rien! C'est beau la démocratie !