Vatican II : la réforme en question
Publié : jeu. 18 avr. 2013, 0:52
Du grand art! Va-t'il briser un tabou des hautes sphères de l'Eglise?
Pour l'intelligence de la foi
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Bonjour Raistlin.Raistlin a écrit :Je crois qu'il souffle chez certains un vent des plus malsains et qui n'est certainement pas celui de l'Esprit-Saint.
Je répète donc la position traditionnelle catholique : il n'est pas de la compétence des fidèles de mettre en doute un concile s'étant déroulé selon les règles. Ce faisant, c'est de l'Esprit-Saint dont on doute.
Certes, il y eut des abus, nul ne le nie, et j'en souffre autant que tout le monde. Mais je ne me permets pas pour autant d'attaquer un concile authentique, surtout quand l'on sait que les dérives constatées - si elles s'enracinent effectivement dans une certaine interprétation du concile - n'en sont point l'oeuvre directe.
Alors on peut pleurer, dire que "c'était mieux avant", se mettre en colère, se réfugier dans le traditionalisme, etc. Mais il y a une chose qui me semble absolument impensable pour un digne fils de l'Église : douter du concile Vatican II.
C'est bien ce Concile qui défendait les légitimes traditions de l'Eglise contre ceux qui imaginent des nouveautés, des "hérétiques maudits". Et pour ceux qui penserait que ça ne concerne que le contexte de l'iconoclasme d'une époque révolue (pourtant, l'iconoclasme ne s'est jamais aussi bien porté que depuis Vatican II), le Pape Saint Pie X rappelait il y a un siècle la valeur normative de ce canon pour tout catholique:VIIe Concile Oecuménique (Nicée II, 787) a écrit :Ceux qui osent penser ou enseigner autrement, ou à la suite des hérétiques maudits mépriser les traditions de l'Eglise et imaginer quelque.nouveauté, ou rejeter l'un des objets consacrés offerts à l'Eglise, évangiles, représentations de la croix, tableau ou saintes reliques d'un martyr ; ou imaginer de tortueuses et fourbes manoeuvres pour renverser quelque chose dans les légitimes traditions de l'Eglise catholique ; ou encore faire servir à des usages profanes les objets sacrés ou les saints monastères : tous ceux-là, s'ils sont évêques ou clercs, nous ordonnons de les déposer ; s'ils sont moines ou laïcs, de les exclure de la communion.
Je suis à la fois d'accord et pas du tout d'accord.Alors on peut pleurer, dire que "c'était mieux avant", se mettre en colère, se réfugier dans le traditionalisme, etc. Mais il y a une chose qui me semble absolument impensable pour un digne fils de l'Église : douter du concile Vatican II.
Mais je ne vous parle de ce que l'on croit être la liturgie dans les premiers siècles de l'Eglise ni de son évolution, je vous parle simplement de ce qui s'est passé dans les années 60.Si vous regardez en comparaison au débt du second siècle les rites d'une part chaldéens d'Adaï et de Mari, et d'autre part les rites judéo-chrétiens comme dans le Didachè, vous pouvez vous dire que franchement, par rapport à ce que faisaient les Apôtres avec Jésus, l'évolution a été spectaculaire, Vatican II a été une vraie promenade de santé.
Ah tient, encore le fond et la forme ... Bon, je ne sais pas pourquoi vous me parlez de cela, ça n'était pas le sujet.Et puis dans la Bible, partout les Apôtres insistent sur la foi, la morale, mais la forme, ils passent de l'une à l'autre sans état d'âme
Mais de quoi parlez-vous ?Et arrêtez enfin s'il vous plaît de ne juger Vatican II que par l'échec de son application dans le monde francophile
Enfin, qu'appelez-vous un bouleversement? Un changement plus grand qu'un autre? Et comment définissez-vous la mesure? Par autorité personnelle?
Enfin, Pie XII déjà comme l'a montré le cher Cinci, était déjà favorable à des évolutions liturgiques. Après tout, si cela a été brusque, cela était qu'il fallait rattrapper le coup d'un endormissement en ce domaine de 200 ans au moins...
Aucun rapport, la longueur de l'homélie n'a rien à voir avec le fait que l'on accorderait plus d'importance à la "pastorale" qu'au fait que l'on rende un culte.Si l'habitude est devenue de faire de la célébration non pas avant tout un événement pastoral, cela a été une déviation par rapport à saint Paul: cf. le passage des Actes des Apôtres où il parle avant de partir à Corinthe je crois tellement longtemps qu'un jeune homme s'assoupit et tombe du haut de plusieurs étages. Il est dit qu'"il prolongea son discours jusqu'à minuit". Par la suite, après la chute, il pria je crois près du garçon qui paraissait mort, puis célébra l'eucharistie, mais tout indique que de façon bien plus courte.
Il ne voudrait pas dire non plus que les fidèles disposent maintenant d'une chaire personnelle et à partir de laquelle pouvoir nullifier les articles qui leur plairaient moins. Ce n'est juste pas le boulot des quidams de s'élever d'eux-mêmes en juges, dans l'Église, afin de venir nous déterminer ce qui est saint, ce qui ne le serait pas, etc. En pareil cas, il ne servirait strictement à rien de tenir des conciles.Il reste qu'un Concile n'est pas en soi, comme le disait Ratzinger, un super-dogme. Il peut y avoir dans un Concile des choses mal formulées, des choses qui avaient du sens à une époque mais qui furent mal appliquée, ou devenues obsolètes quelques années plus tard, voire même nocives. - jeanbaptiste
Certainement, c'est aussi la raison pour laquelle tout catholique a un devoir d'obéissance envers son évêque.Il ne voudrait pas dire non plus que les fidèles disposent maintenant d'une chaire personnelle et à partir de laquelle pouvoir nullifier les articles qui leur plairaient moins.
On ne peut pas mettre ainsi sur un plan d'égalité un concile et un dogme. Un dogme ne peut pas changer ni n'être annulé, il est par nature permanent, bien qu'il puisse être reformulé et approfondi.La compréhension d'un concile peut être affiné ? Oui, au même titre qu'un dogme. Il n'en équivaut jamais à nier, casser le sens, dévier l'esprit, faire marche arrière, etc.
C'est ce pour quoi j'approuvais les propos de Raistlin.Le fidèle devrait (on le présumerait) en avoir déjà suffisamment plein les baskets juste à s'occuper de sa propre sanctification personnelle pour commencer (sourire).
Hmmm... justement, je pense qu'il y a un problème dans cette notion qu'il y a d'un côté les dogmes, les définitions de foi, qui ne peuvent pas être modifiés, de l'autre la discipline ecclésiale (qui englobe tout le reste, même la liturgie qui, pourtant, est une formulation vécue du dogme, donc par certains côtés est un dogme plus essentiel que les définitions de foi écrites) qui peut être modifiée au gré du temps et selon les "nécessités pastorales du moment" auxquelles l'histoire montre qu'on peut faire dire tout et n'importe quoi.jeanbaptiste a écrit :On ne peut pas mettre ainsi sur un plan d'égalité un concile et un dogme. Un dogme ne peut pas changer ni n'être annulé, il est par nature permanent, bien qu'il puisse être reformulé et approfondi.La compréhension d'un concile peut être affiné ? Oui, au même titre qu'un dogme. Il n'en équivaut jamais à nier, casser le sens, dévier l'esprit, faire marche arrière, etc.
Mais des éléments (non dogmatiques) d'un concile œcuménique peuvent très bien être quelques temps plus tard annulés, voire même contredits !
Ce qui ne signifie pas que ce qui avait été dit dans tel concile était mauvais, mais simplement que les temps changeant, des mesures disciplinaires (ou autres) n'ont plus lieu d'être voire même peuvent être devenues nocives.
Quand on intime au fidèle d'accepter des notions qui ne sont pas catholiques (comme l'idée que s'il résiste à la démolition de ce que l'Eglise a toujours tenu pour sacré, il s'oppose à l'Esprit Saint - ce qui est contraire à la foi et à ce que l'Esprit a enseigné depuis toujours à l'Eglise: suivre l'Esprit n'a rien à voir avec le fait de suivre les modes et les emballements du moment), il est normal et même nécessaire qu'il manifeste son désaccord, même s'il n'a pas le pouvoir de lier et de délier réservé aux successeurs des Apôtres. Le fidèle laïc ne légifère pas, mais il a un devoir essentiel de conservation de la Foi.Cinci a écrit :Le fidèle devrait (on le présumerait) en avoir déjà suffisamment plein les baskets juste à s'occuper de sa propre sanctification personnelle pour commencer (sourire).
Bonjour,jeanbaptiste a écrit : En fait je pense que vous réagissez à partir de préjugés que vous avez sur ma personne.
Je sais. Non, vous n'avez pas besoin de le redire non plus (pas pour moi), ni être sur la défensive. Je n'attaque personne, jeanbaptiste. Fallait voir l'émoticône placer à dessein par moi à la fin de l'envoi, afin de donner le ton. Je suis d'accord en gros avec l'ensemble de votre message. Il n'est qu'une petite nuance que je voulais faire ressortir. Voilà.Je ne suis pas opposé aux réformes de Paul VI (dois-je encore le dire ? [...])
C'est peut-être ce que vous diriez en premier ?Quant à la réforme du Pape Paul VI, elle dépasse largement les préconisations des pères conciliaires.
"Tout indique"? Vraiment?françois67 a écrit :Si l'habitude est devenue de faire de la célébration non pas avant tout un événement pastoral, cela a été une déviation par rapport à saint Paul: cf. le passage des Actes des Apôtres où il parle avant de partir à Corinthe je crois tellement longtemps qu'un jeune homme s'assoupit et tombe du haut de plusieurs étages. Il est dit qu'"il prolongea son discours jusqu'à minuit". Par la suite, après la chute, il pria je crois près du garçon qui paraissait mort, puis célébra l'eucharistie, mais tout indique que de façon bien plus courte.
Il est vrai que St Paul semble prêcher particulièrement longtemps, mais bon, "jusqu'au point du jour", c'est tout sauf une cérémonie brèveActes 20, 7-12 a écrit :Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s'entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu'au milieu de la nuit.
Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis.
Un adolescent, du nom d'Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort.
Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : " Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. "
Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu'au point du jour. C'est alors qu'il partit.
Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation.
Evidemment, entre une évolution organique sur plusieurs siècles et un bouleversement du jour au lendemain, vous ne voyez toujours pas la différence.Enfin, qu'appelez-vous un bouleversement? Un changement plus grand qu'un autre? Et comment définissez-vous la mesure? Par autorité personnelle? Si vous regardez en comparaison au début du second siècle les rites d'une part chaldéens d'Adaï et de Mari, et d'autre part les rites judéo-chrétiens comme dans le Didachè, vous pouvez vous dire que franchement, par rapport à ce que faisaient les Apôtres avec Jésus, l'évolution a été spectaculaire, Vatican II a été une vraie promenade de santé.
La déclaration de Pie X reprend les canons de deux Conciles Oecuméniques et la profession de foi de deux papes .Pour terminer, cette déclaration de Pie X ne constitue à ma connaissance pas un article de foi frappé d'infaillibilité.
2 réponses:Une dernière chose: pourquoi l'usage du vernaculaire serait-il si dommageable?
Le fidèle s'est vu priver de la plus grande partie de l'environnement sacramentel, de la musique sacrée, du rite constitutif de l'Eglise d'Occident, pour voir le tout remplacé par des chansonnettes débiles, des liturgies mornes avec des textes insipides (ça leur fait une belle jambe de comprendre plus facilement ces textes-là...), des églises saccagées... Je ne suis pas sûr que sa "place" soit tellement plus enviable.L'intérêt de Vatican II, est d'avoir redonné une place au fidèle supérieure à celle avant