Bonsoir
seba15 a écrit :C'est à partir de quel moment que les juifs on commencer a croire à la résurection comme dans le nouveau testament ?
Dès Abraham et l'épisode de la ligature d'Isaac. Car Dieu a promis à Abraham une descendance nombreuse par son fils Isaac, puis il lui demande ensuite de le sacrifier : la foi dont témoigne Abraham qui entraîne son obéissance ne peut dès lors qu'être la foi en la résurrection. Et de fait, le targum de la Genèse sur la ligature d'Isaac, vraisemblablement antérieur au premier siècle pour ce qui est de sa fixation, le décrit bien ainsi : Abraham et Isaac marchait d'un seul pas, confiant. Abraham verse le quart du sang de son fils Isaac, mais Dieu arrête alors sa main. Isaac voit les cieux s'ouvrir, son âme y monte, puis elle redescend et il ressuscite.
Même s'il ne s'agit pas ici d'une fois en la résurrection eschatologique, c'en est au moins le germe. Et cet épisode est capital dans la foi d'israël et ne quittera plus ses fils, au point que la Pâque, le sang de l'agneau, est totalement enracinée dans le sacrifice d'Isaac. Avec lui, avec la promesse et le renouvellement de l'alliance, ce sont les germes de la résurrection qui se perpétuent.
Pour plus de détails, voir la thèse de Roger Le Déaut, La nuit Pascale. Plus accessible, et plus facile à trouver, le livre de Michel Remaud, "L'évangile à la lumière de la tradition rabbinique" dont un chapitre s'intitule : "Telle est la circoncision du Christ", et qui revient beaucoup sur la tradition targumique et midrashique concernant la ligature d'Isaac.
Sinon, dans la controverse qu'a Jésus avec les sadducéens sur la résurrection, on a une illustration typique, mais très abrégée (résumée en fait, c'est juste allusif) des controverses de l'époque entre pharisiens et sadducéens sur ce sujet. Jésus reprend à son compte l'argumentation pharisienne de l'époque, telle qu'on en retrouve des éléments dans le talmud, avec quelques variantes. Je pourrai donner plus de détails plus tard, si cela vous intéresse.
Mais l'important est de comprendre que les sadducéens niaient la résurrection en grande partie parce qu'il n'accordaient de crédit qu'à la Torah (écrite uniquement, pas orale) et aucune autorité aux prophètes et hagiographes (sinon c'eut été facile). Si bien que tout le travail des sages pharisiens, au temps de Jésus, était de trouver des arguments en faveur de la résurrection dans l'interprétation de la Torah écrite uniquement. Le principal étant analogue à celui que donne Jésus, à savoir que la fameuse terre promise était l'objet de la promesse faite par Dieu aux patriarches, et qu'il faut donc que les patriarches ressuscitent un jour pour jouir de cette terre promise.