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Disparition du mot "race" dans la constitution

Publié : dim. 19 mai 2013, 15:24
par etienne lorant
L'Assemblée nationale a adopté jeudi une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot "race" de la législation française. La majorité PS s'est ralliée à cette proposition soulignant qu'il s'agissait d'"une première étape". François Hollande s'était en effet engagé pendant la campagne présidentielle à supprimer le mot "race" de la Constitution.

Le texte, débattu dans le cadre d'une "niche" parlementaire réservée aux propositions du Front de gauche, se propose donc de supprimer le mot "race" du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Le rapporteur de la proposition, Alfred Marie-Jeanne, a fait valoir que le mot "race", "ce concept aberrant, ayant servi de fondement aux pires idéologies, n'a pas sa place dans notre ordre juridique".

Pour ne pas risquer de faire tomber l'incrimination de racisme, les députés socialistes ont fait adopter un amendement affirmant explicitement, dans l'article premier, que "la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race."
[+] Texte masqué
http://www.lepoint.fr/politique/le-mot- ... 852_20.php
J'aimerais comprendre ces soudaines disparitions des mots de vocabulaire... Par exemple, comment la République peut-elle affirmer qu'elle combat le racisme, puisque les races n'existent plus ? Pour moi, c'est une forme de folie, ni plus ni moins. Si le mot "race" disparaît, comment fera-t-on la différence entre tels et tels animaux ? Car le mot "race" ne concerne pas que les humains, évidemment !

Quant aux humains, ils ne sont déjà plus ni homme ni femme, le monde socialiste est de plus en plus bizarre.

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Re: Disparition du mot "race" dans la constitution

Publié : dim. 19 mai 2013, 17:14
par spk
Il serait intéressant de savoir concrètement quels textes sont modifiés et comment. Mais a priori, le concept de race n'ayant aucun sens juridique appliqué à l'homme, ce nettoyage s'imposait. Même s'il n'y avait probablement pas de quoi fouetter le moindre représentant de la race féline :D , que je suppose non concerné par cette mesure, cela semble donc une bonne chose, et je serais étonné que certains députés aient voté contre. Serait-ce le cas?

Re: Disparition du mot "race" dans la constitution

Publié : dim. 19 mai 2013, 19:07
par Cinci
A propos de :
que "la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie


«... Maurras écrivait : Quand on veut définir la république démocratique, il faut se dire : c'est le gouvernement d'un parti. Quand on veut savoir quel parti gouverne depuis vingt-cinq ans, la troisième République française, il faut se répondre : c'est le parti juif, le parti protestant et le parti métèque confédérés dans la franc-maçonnerie. On peut dire, mieux encore : les quatre États confédérés juif, protestant, maçon, métèque, car ces quatre partis sont organisés en eux-mêmes et entre eux comme de vrais États, des États différents et alliés contre l'État français

Quand Maurras s'en prend aux minorités agissantes dans la République française, il a à l'esprit l'exemple des juifs qui se sont engagés efficacement et avec succès dans la réhabilitation de leur coreligionnaire Dreyfus. Il a celui de Francis de Pressensé et Ferdinand Buisson, tous deux d'origine protestante, fondateurs de la ligue des droits de l'homme qui joua, elle aussi, un grand rôle dans la campagne en faveur de Dreyfus. En outre, Buisson, ancien directeur de l'enseignement primaire au ministère de l'Instruction publique, est depuis 1902 député radical de la Seine et soutient activement la lutte du ministère Combes contre le «cléricalisme». Les métèques ce sont les Steeg, Spuller Waddington, qui peuplent les ministères. Quant aux franc-maçons, il est établi qu'ils ont constitués, de 1877 à 1914, quarante pour cent du personnel gouvernemental. (p. 198)

[...]

... dans une polémique avec le comte de Haussonville, parlementaire royaliste libéral qui, dans une polémique avec Bourget et l'Action française, avait dit s'accommoder de la démocratie et des élections parce que c'étaient des faits. Maurras avait répondu : La démocratie n'est pas un fait. La démocratie est une idée [...] l'idée démocratique est fausse, en ce qu'elle est en désaccord avec la nature ... l'idée démocratique est mauvaise en ce qu'elle soumet constamment le meilleur au pire, le supérieur à l'inférieur, au nombre la qualité, c'est à dire la compétence et l'aptitude.

[...]

Dans sa nouvelle encyclique, consacrée à l'action populaire chrétienne ou démocratique chrétienne, Léon XIII faisait une mise au point sémantique sur le mot démocratie. La démocratie chrétienne, disait le pape, ne pouvait être identifiée à la démocratie politique ou sociale. Il mettait en garde évêques, publicistes et hommes politiques chrétiens contre l'emploi immodéré du mot démocratie : Il ne faut l'employer, écrivait-il, qu'en lui ôtant tout sens politique et en ne lui attachant aucune autre signification que celle d'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple. En effet, les préceptes de la nature et de l'évangile étant, par leur autorité propre, au-dessus des viscissitudes humaines, il est nécéssaire qu'ils ne dépendent d'aucune forme de gouvernement civil; ils peuvent pourtant s'accommoder de n'importe laquelle de ces formes, pourvu qu'elle ne répugne ni à l'honnêteté ni à la justice.

Ces paroles prudentes enthousiasmèrent Maurras.

«Le pape a surpassé nos espèrances écrivit-il. Pour avoir consenti à la République, le Saint-Père ne cède point tout à la barbarie.» On peut dater de cet article une nouvelle considération de Maurras envers le catholicisme romain. Dans ses polémiques futurs avec Marc Sangnier et le Sillon et les démocrates chrétiens, Maurras tirera souvent argument de cette encyclique. Léon XIII mettait aussi en garde contre les programmes politiques, même s'ils se réclamaient du christianisme, qui visaient à bouleverser les structures économiques et sociales en privilégiant certaines classes au détriment d'autres. Maurras loua le pape d'avoir souci de la prospérité de la société tout entière. Et significativement, il ajoutait : «Telle est la haute politique du catholicisme romain, avec laquelle on ne s'étonnera plus que des esprits tout pénétrés de politique naturelle trouvent utile et nécéssaire de construire au plus tôt une barricade contre l'anarchie libérale et la barbarie égalitaire qui menacent.»

On notera le renvoi dos à dos du capitalisme sauvage et du socialisme collectiviste. Jamais Maurras ne sera un partisan du libéralisme économique sans frein et du conservatisme social. L'Action française, dans la lignée de la doctrine sociale de l'Église, sera toujours favorable à l'organisation et à la réglementation du travail et du marché, estimant que c'est au pouvoir politique à intervenir pour empêcher les abus et surseoir aux défaillances des particuliers, pour prévoir et organiser. Quelque mois plus tard, Maurras disait son opposition au capitalisme confiant dans les seules lois du marché : «Non, non, le jeu spontané des lois naturelles ne suffit pas pour établir l'équilibre économique.»

[...]

Cet antisémitisme politique de Maurras reçut de manière attendue le renfort du prétendant. En février 1899, recevant dans une de ses résidences de villégiature, à San Remo, les représentants des groupes royalistes de six départements du Sud-Est, le duc d'Orléans s'expliqua sur l'antisémitisme. «Fermement opposé aux persécutions et aux guerres de race et de religion, déclara-t-il, je n'en suis pas moins décidé, quand le pouvoir me sera confié, à protéger notre génie national.» Il stigmatisait ensuite dans une formule devenue célèbre «la fortune anonyme et vagabonde». Il désignait ainsi la fortune mobilière et ceux qui la dominent («ceux qui, non seulement n'aiment pas la terre, mais sont réfractaires à ses attaches») par opposition à la fortune immobilière, terrienne. Le duc d'Orléans dénonçait ainsi «l'accaparement par quelques uns de la puissance financière d'un pays». Étaient ainsi visé, à mots couverts, les financiers juifs et cosmopolites. (p. 154)


Nombre de défenseurs de Dreyfus étaient juifs (Bernard Lazare, Joseph Reinach, Zadoc Kahn, grand rabbin de France, Émile Weyl, la famille Dreyfus), ils trouvaient l'appui de certaines personnalités protestantes et de la grande majorité des journaux républicains. Maurras expliqua que la campagne dreyfusarde confirmait en tous points une analyse de la mentalité juive que Bernard Lazare avait faite en 1894 dans L'Antisémitisme et ses causes. Bernard Lazare avait écrit : «Le juif a l'esprit révolutionnaire; conscient ou non, il est un agent de révolution et il avait ajouté le juif est conservateur dit-on, Il faut encore expliquer dans quel sens et de quelle manière. Il est conservateur vis à vis de lui-même, conservateur de ses traditions, de ses rites, de ses coutumes.»

De multiples fois, dans d'autres écrits, Maurras mettra à nouveau en exergue ces deux phrases pour stigmatiser le rôle de certains juifs dans la société. [...] «Si dans le cas de Dreyfus, M. Lazare et ses compatriotes ont été parfaitement secondés par les protestants, ce n'est pas simplement en vertu d'intérêts communs aux deux confessions, ni de simple sympathie politique. Nourri de judaïsme, le véritable protestant naît ennemi de l'État et partisan de la révolte individuelle.

Bernard Lazare, dans son livre, avait expliqué de manière identique la révolte juive : «Partant de cette idée que le bien, c'est à dire le juste, devait se réaliser non pas outre-tombe - puisque outre-tombe il y a le sommeil jusqu'au jour de la résurrection du corps - mais pendant la vie, ils cherchèrent la justice et ne la trouvant jamais, perpétuellement insatisfaits, ils s'agitèrent pour l'avoir.»

S'appuyer sur d'anciens écrits du premier défenseur de Dreyfus pour dénoncer l'esprit juif dans l'Affaire ne valut pas à Maurras des circonstances atténuantes. Avant d'être catalogué à partir de 1900 comme théoricien de la monarchie, il fut classé comme auteur antisémite. Que cet antisémitisme soit et resta toujours d'ordre politique et non racial ne changea rien à l'accusation. Plus tard, Maurras distinguera «antisémitisme d'État» et «antisémitisme de peau» : la dénonciation du rôle révolutionnaire de certains juifs dans la société et de l'esprit cosmopolite qu'ils répandaient ne signifiaient pas hostilité à l'égard de tous les juifs et volonté d'anéantissement de leurs personnes, de leur religion et de leur culture. La distinction ne fut jamais admise par ses adversaires.

Dans les années à venir, Maurras va défendre l'Église [...] Il va être amené à défendre une véritable «politique religieuse». Lui, qui ne niait pas le surnaturel mais ne partageait pas la foi catholique, allait devenir un défenseur de l'Église et, selon l'expression du pape Pie X en 1914 : «un beau défenseur de la foi». (p. 200) »


Source : Yves Chiron, La vie de Maurras, Perrin, 199, 498 p.


Par exemple, comment la République peut-elle affirmer qu'elle combat le racisme, puisque les races n'existent plus ?
Le République combattera les malfaisants, c'est à dire ces individus qui refuseront de se plier clairement à la «vugate de l'antiracisme» et telle que définie et comprise dans la pensée politique partagée par les pairs qui vont siéger sur les bancs de la magistrature.

Il s'agit de neutraliser les finauds, les amateurs de dérivés maurrasiens, les amateurs de catholicisme «injustement révulsés» par la pensée correcte des animateurs du parti socialiste, de l'UMP et associés. «... les diverses branches du parti unique», comme disait Antonio Gramsci, le leader du parti communiste italien des années 1920; ce que dit aussi Jacques Généreux à notre époque.

http://dissociete.fr/

Il s'agira de stigmatiser «la pensée malodorante» et «agressante pour les terminaisons nerveuses des fosses nasales» des patrons du parti. Il ne s'agit pas tellement de justice en vérité comme d'un rapport de force s'enracinant aussi dans une affaire de divergence d'opinions, comme d'interprétation de ceci et cela.

La réalité est beaucoup plus complexe que ses traductions manichéennes outrancières et démonisantes que l'on retrouve tout le temps dans le discours des partisans et tenants d'une idéologie bien particulière, un discours livré pour servir à l'encontre de «ceux d'en face».