Bonjour,
d'abord, précisons, même si c'est peut-être hors-sujet, que "la mort est la fin du pèlerinage terrestre de l’homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime." (
CEC 1013). Le prêtre de la vidéo ne dit pas que l'âme du défunt se retrouve devant Dieu à réfléchir si elle veut aller en enfer ou au paradis et comparer les prestations des deux lieux. Ce n'est plus à ce moment là que vous avez le choix.
Je vais tenter une comparaison :
1.
Je tue quelqu'un pour toucher l'héritage, mais que je ne suis pas douée pour camoufler mes traces.
La police m'arrête.
Cour d'assises.
On me condamne à la réclusion perpétuelle.
2.
J'ai de bonnes raisons de croire en Dieu mais que je refuse quand même de devenir catholique parce que ça m'ennuie.
Je meurs.
Jugement dernier.
Je vais en enfer.
(sachant que la différence entre les deux, c'est que la justice humaine est faillible : elle peut se tromper, faire condamner un innocent, prononcer une peine injuste...)
A chaque fois, vous êtes jugés en gros sur ce que vous avez fait (ou pas fait) (bon précisément le jugement dernier "
[met] en lumière la conduite de chacun (cf. Mc 12, 38-40) et le secret des cœurs"). Or j'avais le choix : je pouvais, dans le premier cas, ne pas tuer cette personne, et dans le deuxième cas, me convertir. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre le "on va en enfer parce qu'on l'a choisi" du prêtre. Je savais ce que je risquais, je l'ai fait quand même, j'assume. Pour le dire autrement,
à un moment donné, fini de jouer,
je dois répondre de mes actes.
Un petit extrait du catéchisme :
679. Le Christ est Seigneur de la vie éternelle. Le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes appartient à Lui en tant que Rédempteur du monde. Il a " acquis " ce droit par sa Croix. Aussi le Père a-t-il remis " le jugement tout entier au Fils " (Jn 5, 22 ; cf. Jn 5, 27 ; Mt 25, 31 ; Ac 10, 42 ; 17, 31 ; 2 Tm 4, 1). Or, le Fils n’est pas venu pour juger, mais pour sauver ( cf. Jn 3, 17) et pour donner la vie qui est en lui (cf. Jn 5, 26). C’est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge déjà lui-même (cf. Jn 3, 18 ; 12, 48), reçoit selon ses œuvres (cf. 1 Co 3, 12-15) et peut même se damner pour l’éternité en refusant l’Esprit d’amour (cf. Mt 12, 32 ; He 6, 4-6 ; 10, 26-31).
Le contexte de la vidéo est importante. Le prêtre, dans le cadre d'un "dialogue" islamo-chrétien, tente de démontrer que la proposition :
"Dieu a décidé de toute éternité qui serait damné, qui irait au paradis ou en enfer".
... n'est pas valable pour le christianisme. Il n'y a pas de "destin" dans votre religion : quand vous vous conduisez mal, ce n'est pas parce que Dieu a décidé que vous vous conduiriez mal, Dieu est étranger au mal et ne fait pas pécher l'homme (
"1037 Dieu ne prédestine personne à aller en enfer (cf. DS 397 ; 1567) ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin."). Vous le faites librement. Ce faisant, vous choisissez de vous séparer de Dieu, et l'enfer catholique c'est principalement cela.
Là, j'ai choisi librement de vous répondre, mais si je me trompe, j'autorise les catholiques du forum à me condamner au bûcher.
Enfin faudra déjà m'attraper.
Bien à vous,