Désolé de faire plusieurs messages d'affilée, mais je pense que ce sera plus facile à lire, étant donné qu'il y a des choses très différentes
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1/ La liturgie et la "messe des familles" (messe d'enfants)
Suliko a écrit :Mais cela pose un problème de taille: ce ne sont pas aux enfants du caté et à leurs catéchistes de préparer la messe. Tout est dans le missel et il suffit de s'y conformer. Il reste donc peu de place à la créativité, car la liturgie n'a pour but ni d'être créative, ni d'être une sorte de séance de catéchèse.
Indépendamment de la question de la messe des familles et de ses modalités, non, tout n'est pas dans le missel. Le missel prévoit explicitement des alternatives, des possibilités de faire autre chose que ce qui est écrit, et même demande des choses qui ne sont pas écrites.
Avant la célébration
On peut commencer bien avant le début de la célébration, avec la décoration florale, qui est bien plus que quelques fleurs pour faire joli, mais qui est une réponse symbolique et esthétique à la Parole. D'ordinaire, c'est une équipe spécialisée qui s'en occupe, mais ce pourrait être fait avec la participation des enfants.
Hier soir, notre évêque expliquait aux équipes liturgiques de notre secteur qu'à chaque messe, il y a toujours au moins une personne qui vient et qui n'a pas mis les pieds dans une église depuis longtemps (à une messe des familles, ce n'est pas une personne, mais des dizaines). Quand ces personnes arrivent à l'église, la personne qui les y accueille est le premier visage qu'elles voient de la paroisse, de l'Eglise, de Jésus. Quel est ce visage que nous voulons leur montrer ? Il ne me semblerait pas idiot du tout de réfléchir là-dessus avec les enfants du catéchisme, et de leur confier l'accueil avant la célébration, un accueil joyeux et simple, un accueil avec un coeur d'enfant.
Entrée
Dans le déroulement de la messe, il va évidemment y avoir la question de la musique et des chants. Evidemment, si vous prenez le missel grégorien et chantez a capella, ça supprime la question. Mais je pense que vous n'allez pas jusqu'à dire que c'est la seule possibilité valable, et de fait le missel prévoit bel et bien qu'on puisse faire autrement. Il va donc falloir se poser la question de ce qui est chanté, et avec quels chants.
Il y a aussi des rites où il y a des options à décider. Notamment pour la préparation pénitentielle. Puisque c'est une célébration qui est tout particulièrement prévue pour permettre une meilleure participation des enfants, il faut trouver une manière de faire cette préparation pénitentielle qui leur soit accessible. Participation des enfants, cela ne veut pas dire agitation ni saynètes ridicules : ça veut dire qu'il faut que eux aussi puisse faire, dans leur coeur, cette préparation pénitentielle. Chanter un kyrie grégorien, il est probable que ça ne les y aidera pas beaucoup. Dans le meilleur des cas, ils se tiendront sagement et un ou deux trouveront la musique belle (je rêve un peu), dans la majorité des cas, ils commenceront à se dissiper, à regarder ailleurs, à jouer entre eux, au lieu de rentrer dans la célébration.
Je ne l'ai pas souvent vu faire, mais je trouve qu'à une messe d'enfant, il serait tout à fait adapté de faire une aspersion, pour faire le lien avec leur baptême, surtout si les enfants ne communient pas encore. Quand on va à la messe, c'est aussi notre baptême qui est actualisé à chaque fois (et pour "les grands", notre confirmation).
Liturgie de la Parole
Il y a le psaume, qu'il ne s'agit pas de remplacer par un chant (à moins que ce ne soit une mise en musique du psaume) ni par un spectacle, mais où on peut réfléchir à la manière de le chanter pour que les enfants se l'approprient (là tout de suite, je n'ai pas masse d'idées, mais je vais y réfléchir).
Il y a l'alleluia, où on pourrait par exemple utiliser un évangéliaire et faire une procession pour montrer explicitement l'importance de l'Evangile, où l'on va entendre un passage de la vie de celui qui est la Parole de Dieu. On peut sûrement imaginer bien des choses encore.
Une idée, comme ça : "laissez venir à moi les petits enfants". Si l'espace le permet, pourquoi ne pas les faire tous venir s'asseoir au pied de l'ambon, pour la proclamation de l'évangile, comme autrefois les disciples venaient s'asseoir au pied du maître pour l'écouter ? Evidemment, si on veut que ça se fasse de manière digne, il faut avoir préparé... Ce pourrait être par exemple en une procession en chantant l'alleluia.
Il y a la question de l'homélie, qui ne peut pas se faire sans le prêtre évidemment, mais où on peut adopter d'autres modalités qu'un discours en chaire. C'est quand même plus facile pour le prêtre si ça a été préparé à l'avance avec lui et avec les enfants que si on lui confie la troupe et débrouille toi avec...
Il y a la prière universelle, qui se prête tout particulièrement à la participation des enfants, et où le minimum serait quand même de leur faire proposer des intentions. Il serait étonnant qu'ils n'aient pas de camarades autour d'eux ou de circonstances de vie pour qui prier. D'ailleurs, les textes de PU sont presque toujours trop généraux : on confond général et universel. Notre évêque nous disait hier soir qu'il faut partir du particulier pour être universel. Prier "pour les chrétiens persécutés dans le monde", ce n'est pas la même chose que prier "pour le père Vandenbeusch et les autres otages de groupes terroristes".
Liturgie eucharistique
Il y a l'offertoire, où ce peut être une occasion de faire une belle procession des offrandes.
Il y a l'intercession pour les défunts, où les enfants pourraient proposer des défunts de leur famille pour qui ils souhaitent prier. Entendre le nom de leur grand-mère, oncle, et même parfois frère ou soeur, prononcé par le prêtre pendant la consécration, ça leur rendra la messe nettement plus personnelle qu'entendre le nom de quelqu'un qu'ils ne connaissent pas.
Il y a le Notre Père : je n'aime pas cette habitude de faire venir tous les enfants dans le choeur, mais il y a sûrement d'autres possibilités. A la rigueur, je préfère encore qu'on se tienne tous la main, même si je ne suis pas fan non plus).
Il y a le rite de la Paix : on pourrait quand même trouver quelque chose de plus digne que d'avoir tout le monde qui gesticule dans tous les sens, avec des gamins qui courrent partout, où ce grand fatras serait supposé être un "signe de paix". Mais, plutôt que des enfants soldats, envoyer les enfants porter la paix à l'assemblée des fidèles, quel beau signe ! Là encore, il faut avoir préparé la manière de faire, si on veut que ça reste digne...
Envoi
Il y a la sortie : il faut que j'y réfléchisse un peu parce que j'ai un doute, mais ça ne me semblerait pas idiot de placer les enfants dans la procession de sortie, derrière les cierges mais devant le prêtre, signe que eux aussi de par leur baptême sont prêtres, prophètes et rois. (et mine de rien, c'est une occasion de susciter des vocations au service d'autel... et pourquoi pas, au sacerdoce).
Bref, il y a des tas de choses que l'on peut faire dans une messe d'enfants, sans en faire une kermesse, un spectacle, une cour d'école, mais une vraie célébration liturgique, digne, simple et joyeuse. Qui serait aussi une célébration priante pour les adultes, une célébration où ce jour-là, Jésus leur parlerait avec le visage d'un enfant. Pour y arriver, il faut bien l'avoir préparée, y compris avec les enfants.