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Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostasie?
Publié : mar. 19 nov. 2013, 7:30
par françois67
Bonjour,
Je suis bien troublé aujourd'hui; au cours d'une séance formative d'anglais où il se trouvait question des jurons -de fait, cela reste en soit non-négligeable-, celui que je dénommerai "intervenant" a fait passer la conversation sur les jurons religieux. Dans ce cadre, il a demandé une chose qui me paraît inappropriée. En effet, il a demandé si quelqu'un était "religieux". Sur le coup, j'ai frémis, me demandant: "que faire?" Dans la foulée, il fut demandé si quelqu'un se trouvait être "catholique romain". Il dit: "c'est bon, n'ayez pas peur". Vu ce qui allait suivre, on voit bien ce que valaient ces mots. Ma "politique" sur la question est d'essayer de ne pas en parler, sachant que l'affirmative peut vous valoir d'être déconsidéré ou raillé. Mais, me disant que ne rien manifester voudrait dire "non", ce qui reviendrait à apostasier, crime que j'éviterais par la mort s'il le fallait, j'ai timidement et gêné levé mon avant-bras au niveau de ma tête. L'intervenant se tournant peu à peu vers ma position, étant dos tourné ou presque si ma mémoire est bonne lorsqu'il avait demandé, je me souviens avoir alors incliné puis posé en courbant ma main contre ma tête et/ou mon visage, cela pouvant sûrement paraître pour un grattement de visage ou un appui de ce dernier. Cela était-il de la dissimulation mensongère par omission, ou une simple dévalorisation de l'apparence sans pour autant être un camouflage total? Cela est-il mon premier péché dans l'histoire? Je vous le demande, mais il me semble remémorer le fait que mon esprit dans ce court instant était tiraillé par cette interrogation. Quoi qu'il en soit, sur le coup, cela n'était pas je crois une offense capitale puisque je ne faisais que me demander si l'acte était peccamineux, donc même si la matière était grave, la condition de la pleine conscience de l'acte n'était pas remplie. Ou alors, aurais-je dû appliquer un principe de précaution disant de faire le plus exigeant dans le doute? Quoiqu'il en soit, il me vint à l'esprit de demander alors ce qu'il entendait par "très religieux" afin d'esquiver si possible la question. En réalité, cela me permettait de passer à une autre question et de rendre non-requérant de réponse, au moins sur le coup, le dilemme de la manifestation par la main décrit ci-dessus. Se détournant directement de moi, il rétorque en riant: "Qui va à l'église." Puis il me semble qu'ayant fait tomber mon outil d'écriture, j'en profite pour ignorer la discussion. Quelqu'un répond "jamais", une autre "à Noël seulement". J'éprouve quelques difficultés à me rappeler mon état d'esprit exact alors. Il me semble qu'il s'agit d'un mélange entre autre d'inquiétude à propos du fait de ne pas répondre qui me faisait penser que je venais d'apostasier et l'idée que je ne faisait après tout qu'ignorer la question et que j'avais même modestement signalé mon appartenance au catholicisme par un signe. Néanmoins, il me semblait ne pas faire de mal, donc là non plus, sur le coup, il ne s'agissait il me semble pas d'un péché mortel. Puis, la discussion passa sur le thème des jurons religieux. Néanmoins, deux ou trois personnes firent des commentaires sur les personnes se trouvant offensées par de tels jurons, ce qui était censé être la justification de toute cette discussion. Leurs remarques furent bien sûr très regrettables selon ma sensibilité, une personne disant même que les personnes offensées "n'étaient sûrement pas très futées". Merci, j'apprécie. Cela me donne un avant-goût de ce qui me serait arrivé si j'avais librement exprimé tout ce que j'aurais pu -ou plutôt voulu ou surtout si cela se trouve et je vous le demande dû dire-: j'aurais été comme jeté aux loups, de manière subtile certes, mais non moins nuisible. En tout cas, cela est après ces remarques que j'ai commencé à endurer les tourments des interrogations de la conscience que je vous présente. Le pire, qui me met dans le plus important état de trouble, est sans doute de ne pas avoir malgré mes instincts de conscience- dont il faut néanmoins signaler la nuance et la remise en cause par l'hypothèse dont j'ai la conviction que mon comportement n'était pas illégitime- rectifié le tir par la suite en avouant ma pensée à tout ce qui venait d'être posé. Pourtant, la nécessité de cela m'a parue contestable, et de plus le sujet de la séance formative ayant changé, je m'interrogeais sur l'opportunité. D'un côté, je me disais que de ne pas l'avoir avoué était sans justification et que dans le doute je devais le faire car on ne joue pas avec l'apostasie, de l'autre je pensais qu'il n'y a pas de principe de précaution en catholicisme, quoi que cette affirmation soit sujette à remise en question. D'ailleurs, je me disais que je répondrais si cela se trouve après vous avoir demandé et obtenu une réponse. Mais là aussi, cela peut être coupable, étant donné le fait qu'on ne fait pas attendre Dieu. De plus, je me justifiais en me disant que ce que j'avais fait n'était pas un reniement, mais un refus de répondre. Mais peut-être a-t'il été mal compris? Et dans ce cas, que dois-je faire? Enfin, une autre chose: on peut dire que j'ai répondu en évitant de répondre en posant ma question. Ainsi, mon silence mensonger hypothétique n'aurait porté que sur la participation à la messe et sur la religiosité, pas sur mon appartenance religieuse. Cela serait ainsi peut-être un mensonge simple, donc péché véniel seulement. D'un autre côté, je n'ai pensé à cela que bien après coup, l'hypothétique péché mortel serait donc la période de non-réponse claire aux questions car j'aurais agis en pensant commettre une entorse grave à la loi naturelle, même si en réalité cela ne l'était pas.
Je regrette douloureusement de ne pas avoir répondu tout bonnement: "Cela ne me concerne que moi", ou "cela est mon affaire privée" par exemple. En somme, une manière claire de ne répondre ni oui ni non, donc de garder la fidélité au Seigneur sans dévoiler ma foi aux persécuteurs modernes.
Bref, que pensez-vous? Ai-je commis quelque péché? Si oui, mortel ou véniel, et le(s)quel(s)? Dois-je faire quelque chose en réparation? Avez-vous des conseils pour l'avenir?
Je n'espère que pouvoir retrouver la paix de l'âme.
La Paix soit sur vous, et si possible sur moi.
Aidez-moi je vous prie, en prière aussi.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 9:16
par PaxetBonum
Bien Cher François67,
La longueur de votre intervention est à l'image du trouble que vous ressentez.
Avez-vous oui ou non abandonné le Christ devant la foule ?
Excusez ma franchise : mais c'est oui.
Apostasié ?
A moins que depuis vous ayez décidé de ne plus suivre le Christ pour que cette situation ne se renouvelle plus : non.
Les examens de conscience propose une étude par les commandements
Sous le 1er commandement on lit : Tiédeur. Respect humain pour manifester sa propre foi. N’ai-je pas souvent agi par lâcheté en me dérobant à mes responsabilités ou en évitant de me compromettre (respect humain...) ? Si j’ai cédé à toutes ces attitudes (précipitation, témérité, inconstance, négligence, lâcheté), cela provient de ma tiédeur à cultiver la vertu de prudence...
Je ne vais pas vous jeter la pierre car je participe de cette lâcheté.
Péché que nous partageons avec St Pierre…
La tension, le tempérament de chacun, l'adrénaline nous empêchent de réagir sainement…
Mais n'est-ce pas parce que le Seigneur n'est pas encore tout dans notre vie.
Au-dessus des jugements de ceux qui nous entourent ?
Vous vous interrogez sur la notion de péché. Je pense qu'il s'agit bien d'un péché.
Nous sommes devenus des cryptochrétiens comme au temps des catacombes.
Les lions prêt à nous dévorer ne sont pas moins nombreux qu'à l'époque mais les blessures sont plus psychologiques et tuent à petit feu si nous ne nous appuyons pas sur le Seigneur.
Mortel ? Véniel ? Ce n'est pas à moi de juger, à vous de vous interrogez.
La pénitence pourrait être celle de St Pierre : réaffirmer votre Foi devant tous à la prochaine occasion : "Pierre m'aimes-tu ?"
C'est tout le courage que je vous souhaite.
Que Dieu vous redonne Paix et Joie.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 11:34
par Kerniou
Pourquoi cet intervenant a-t-il posé cette question ?
Il n'aurait eu, à mon avis, légitimité à la poser que si, avant, il avait dit où lui-même se situait.
Pour ce qui vous concerne, n'oubliez pas que, parce qu'il avait peur, le premier chef de l'Eglise désigné par Jésus lui-même, saint-Pierre, l'a renié trois fois, avant de donner, beaucoup plus tard, sa vie pour Lui.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 13:34
par Peccator
Apostasier, c'est affirmer publiquement avoir renié sa religion.
Vous avez timidement affirmé être chrétien, catholique, pratiquant.
Vous êtes donc loin de l'apostasie, vous avez même fait tout le contraire.
Je ne comprend même pas pourquoi ce formateur pose une telle question, de toute façon.
Vos tourments de conscience étant bien visibles dans votre message, je ne peux moi aussi que vous inviter à méditer sur Pierre, 3 questions, le chant du coq et le sourire du Christ, un doux sourire plein d'amour pour celui sur qui Il bâtira son Eglise alors que tout porte à croire qu'il n'est qu'une pierre bien fragile.
Ensuite, quand vous serez rassuré sur ce plan, vous pourrez réfléchir à votre attitude devant des questions, et pourquoi vous trouvez ces jurons offensants, et pourquoi les railleries de ces chrétiens qui ne vont jamais à l'église vous ont blessées. "Heureux êtes vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !"
Si nous avions la foi, non seulement nous arriverions à déplacer des montagnes, mais nous souririons sous ces moqueries, au lieu d'en être blessé ou en colère. Mais comme Pierre tentant de marcher sur les eaux, nous doutons, nous qui avons peu de foi, et comme Pierre nous coulons. Alors il ne nous reste plus à faire que ce que Pierre a fait : appeler Jésus à notre secours.
Quand je réfléchis à ces railleries, je me dis que la meilleure réponse serait de sourire tendrement, rester impassible de coeur, et montrer que les moqueries ne nous touchent pas. Ce serait un beau témoignage d'amour chrétien. Mais je ne suis pas l'un des 7 frères du Livre des Maccabées, et je sais bien que pour l'instant, ma réaction est la même que la vôtre, François. J'affirme ma foi, mais timidement.
Alors continuons de prier le Seigneur, qu'Il fasse grandir en nous la foi.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 15:01
par PaxetBonum
Peccator a écrit :
Quand je réfléchis à ces railleries, je me dis que la meilleure réponse serait de sourire tendrement, rester impassible de coeur, et montrer que les moqueries ne nous touchent pas.
Les railleries, les coups touchaient le Seigneur, le blessaient, mais il pardonnait le pécheur.
Nous n'avons pas à avoir honte d'être touchés, peinés de ces attaques, mais nous devons apprendre à les surpasser pour aboutir au pardon, à aimer nos ennemis (car se sont des ennemis).
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 17:59
par françois67
Bonjour,
Premièrement, merci pour vos réponses. Néanmoins, il y a quelque chose de non-clair: vous affirmez que je n'ai pas apostasié, je l'espère bien, mais alors qu'ai-je fait? Car dans ce cas ma situation n'est pas analogue à Pierre, qui a affirmativement renié sa religion. Il a dit: "Je ne Le connais pas", donc littéralement: "Je ne suis pas chrétien". Or à ma connaissance, nul part il n'est écrit qu'on est obligé de crier sa foi sur les toits; d'ailleurs, les chrétiens sous l'empire romain se cachaient dans des catacombes et justement restaient silencieux à propos de leur religion, surtout en public. La raison pour laquelle ils ont été poussé au martyr était qu'on leur demandait d'adorer positivement un idole.
De quel péché suis-je coupable selon vous?
La raison pour laquelle je crains un tel comportement d'apostat est que mon silence a pu être interprété comme une affirmation à caractère négatif quant à mon appartenance religieuse.
En outre, si jamais je devais réaffirmer ma foi en public, à quelle occasion, puisque cela n'est plus le sujet?
Enfin, une chose: rassurez-moi le fait d'attendre et de réfléchir à ce qu'il faut faire est chose saine, il ne se trouve pas y avoir d'obligation de, par précaution, lors d'un dilemme moral, agir de la façon la plus contraignante juste par "sûreté".
La Paix soit sur vous.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 18:26
par Peccator
françois67 a écrit :vous affirmez que je n'ai pas apostasié, je l'espère bien, mais alors qu'ai-je fait?
Vous avez porté un témoignage timide, tout simplement.
Car dans ce cas ma situation n'est pas analogue à Pierre, qui a affirmativement renié sa religion.
Tout à fait. Méditer l'exemple de Pierre ne doit pas vous conduire à l'idée que vous avez apostasié, mais que, si Jésus a souri face au triple reniement de Pierre, combien doit Il vous montrer de tendresse quand vous n'êtes qu'un enfant timide !
De quel péché suis-je coupable selon vous?
Je ne suis pas confesseur, je n'aime pas m'exprimer sur le péché de mes frères. Mais à mon avis, vous n'avez commis aucun péché. Au pire, celui d'avoir eu peur, de n'avoir pas eu confiance en l'Esprit, le Paraclet que Jésus nous envoie pour nous inspirer une "défense" adéquate.
Face à la peur, mon confesseur hier m'a donné pour pénitence de méditer le passage où Jésus marche sur les eaux (ce qui m'a fait rire, puisque je donnais il y a quelques jours ce même conseil sur le forum). C'est un excellent moyen de revenir à Dieu et de Lui demander de réparer en nous ce que la peur a abîmé.
L'évangile de dimanche dernier me semble aussi tout à fait approprié, pour ce qui est de la persévérance et de se fier totalement à Jésus.
En outre, si jamais je devais réaffirmer ma foi en public, à quelle occasion, puisque cela n'est plus le sujet?
Déjà, vous le ferez dimanche prochain : récitez le Credo avec une attention peut-être plus soutenue encore que d'ordinaire. Car c'est bien ce que nous faisons chaque dimanche : après avoir écouté la Parole, nous répondons en affirmant publiquement notre foi.
Certes, c'est plus facile à la messe, au milieu de nos frères chrétiens.
Alors demandez à Dieu la grâce d'avoir moins peur la prochaine fois qu'on vous posera en public une question sur votre foi, comme là pendant cette formation, d'avoir moins peur et de pouvoir répondre en confiance que vous être chrétien. Ne vous tracassez pas, l'occasion reviendra.
Enfin, une chose: rassurez-moi le fait d'attendre et de réfléchir à ce qu'il faut faire est chose saine, il ne se trouve pas y avoir d'obligation de, par précaution, lors d'un dilemme moral, agir de la façon la plus contraignante juste par "sûreté".
Le "principe de précaution" me semble plus une façon pharisienne que chrétienne de voir les choses : dans le doute, agissons de la manière la plus contraignante pour nous...
Lors d'un dilemme moral, je pense que notre réaction devrait avant tout être de prier et de demander à l'Esprit la grâce de nous guider. Non pas "qu'est-ce que je pense que je dois faire ?", mais "face à cette situation, toi Jésus, que fais-Tu ?"
Bien souvent, nous n'arrivons pas à faire ce silence en nous, et nous continuons à vouloir être capable de décider par nous-même de ce qui est bien, à vouloir montrer que "nous avons compris la leçon", et arrivons donc à tenir par nous-même un raisonnement correct. Mais Dieu est miséricordieux, et Il nous pardonne ces faiblesses quand nous revenons à Lui pour lui demander la réconciliation.
Dimanche prochain, offrez à Dieu cet instant de faiblesse pendant votre préparation pénitentielle.
Nous ne commençons pas la messe en étant juste, mais en nous présentant à Dieu tel que nous sommes : avec nos faiblesses, nos timidités, nos peurs, nos hésitations... et notre volonté d'être justes par nos propres forces au lieu de laisser agir en nous l'Esprit.
La Paix soit sur vous.
Et que la Paix soit avec votre esprit, la Paix qui est par le Christ et pour le Christ.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 18:32
par Altior
François,
Je trouve que "apostasie" est un mot trop fort pour ce que vous présentez. Car vous n'avez pas renié Notre Seigneur, ni le baptême, ni vous n'avez pas apporté du culte aux autres dieux. Il s'agit, simplement, de peur. Peur pour être le sujet de la raillerie générale et des moqueries des ennemies de Jésus. Je ne me rend pas compte si c'est un péché grave ou pas. Votre confesseur peut vous le dire. Mais, c'est sûr que vous avez raté une très bonne occasion d'être heureux (Luc 6:22). Avec les persécutions montantes des chrétiens dans notre état laïque anti-chrétien, vous aurez bientôt d'autres occasions d'affirmer publiquement votre foi.
C'est plus grave ce que j'ai fait moi, il y a plus de 20 ans, quand j'étais étudiant en Roumanie, pendant la dictature communiste. Alors, un "apparatchik" qui était notre professeur en "socialisme scientifique", a demandé: "J'espère que vous n'êtes pas croyants!". Après (je pense qu'il avait certaines infos de la Police politique) il a tourné les yeux vers moi, il m'a regardé et m'a demandé frontalement: "Toi, tu crois en Dieu ?" (le "vouvoyement" n'était pas à la mode) . Une terrible peur m'a paralysé et a bloqué mon jugement, ainsi que je lui ai répondu: "Non, je ne crois pas en Dieu!". Et je me souviens que j'ai même rigolé à cette hypothèse. Alors, ça, oui, c'est bien de l'apostasie. Bien sûr, j'ai demandé pardon, et le bon Dieu, par l'absolution de Son prêtre, m'a pardonné. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir, même aujourd'hui, après tant d'années, une immense honte.
Heureusement, je trouve que ce que vous racontez est complètement autre chose. En union de prière,
A.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 22:05
par PaxetBonum
françois67 a écrit :Bonjour,
Premièrement, merci pour vos réponses. Néanmoins, il y a quelque chose de non-clair: vous affirmez que je n'ai pas apostasié, je l'espère bien, mais alors qu'ai-je fait?
De quel péché suis-je coupable selon vous?
Comme je l'ai signalé précédemment, si vous ouvrez un missel à l'examen de conscience vous aurez sous le 1er commandement des exemples de péchés contre ce commandement.
- [+] Texte masqué
- 1er COMMANDEMENT:
Négligence dans la pratique religieuse (réception des sacrements, prière, etc...). Tiédeur. Respect humain pour manifester sa propre foi. Manque d'adhésion à l'enseignement du Pape et des évêques, Manque d'effort pour améliorer sa propre formation religieuse. Orgueil. Suffisance. Manque de confiance en Dieu, Désespoir. Sacrements reçus en état de péché mortel. Abandon total de la pratique religieuse. Adhésion à. des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Lectures portant atteinte à la foi ou à la morale. Superstition, spiritisme. Sacrilèges.
Votre hésitation a professer votre Foi est de la tiédeur qui par respect humain (par crainte d'être raillé par les autres) vous a conduit a cacher votre fidélité au Christ.
Le Christ est clair : 'les tièdes je les vomirais de ma bouche'.
'Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.'
Vous n'avez pas apostasié car vous n'avez pas renié votre Foi, mais vous l'avez caché préférant vous attirer un regard humain tolérable plutôt que de vous montrer fiers du Christ devant tous au risque de vous faire fustiger.
C'est le péché de Pierre : Pierre n'apostasie pas, il a honte et peur et ne veut affirmer son attachement au Christ. Mais il ne renie pas pour autant les enseignements du Christ.
Le Christ lui accordera à nouveau sa confiance après 3 actes d'amours en réparation des 3 actes de tiédeur, le Christ y voyait bien une faute.
françois67 a écrit :
La raison pour laquelle je crains un tel comportement d'apostat est que mon silence a pu être interprété comme une affirmation à caractère négatif quant à mon appartenance religieuse.
En outre, si jamais je devais réaffirmer ma foi en public, à quelle occasion, puisque cela n'est plus le sujet?
L'occasion viendra et plus vite que vous ne le pensez (occasion parfois quotidienne).
C'est fréquent que l'on raille les chrétiens, à nous de ne pas avoir honte du Christ pour dire que nous en sommes.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 22:16
par PaxetBonum
Altior a écrit : Alors, ça, oui, c'est bien de l'apostasie.
Je comprends votre honte mais la peur nous fait perdre nos moyens.
A mon sens vous n'avez pas apostasié : renié votre Foi, quitté votre Foi (puisque c'est à l'Eglise que vous avez demandé le pardon de Dieu dans votre fidélité).
C'est le même cas : vous avez eu peur du jugement des autres et de leurs conséquences plus que de celui de Dieu.
Vous avez caché votre appartenance au Christ mais ne l'avez pas quittée.
C'est de la tiédeur, du respect humain.
Le martyr est plein de Foi et ne connaît pas cette tiédeur.
Si vous aviez répondu que vous croyez en Dieu et en Jésus Sauveur, vous auriez été un martyr même sans perdre la vie, le regard et les jugements de beaucoup vous auraient été un supplice constant.
Vous n'êtes pas un apostat.
Nos frères d'Orient sont confrontés à l'apostasie quand les musulmans leurs demandent de renoncer au Christ et de prononcer la Chaada pour adhérer à l'islam. Un jeune de 16 ans a été abattu froidement devant sa famille en Syrie pour avoir refusé de le faire ou en Lybie 2 coptes…etc
Prions pour que le jour où cela nous arrivera nous n'apostasions pas !
Prions pour ceux qui subissent cette épreuve en ce moment.
http://www.aleteia.org/fr/religion/arti ... e-12834001
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mar. 19 nov. 2013, 22:31
par Relief
françois67 a écrit :, il y a quelque chose de non-clair: vous affirmez que je n'ai pas apostasié, je l'espère bien, mais alors qu'ai-je fait?
Matthieu 7.6. "
Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent".
...je ne me serais pas déclaré catholique quand deux secondes avant on m'annonce que l'on va parler de jurons. Vous n'avez donc rien à vous reprocher, Francis.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mer. 20 nov. 2013, 9:43
par poche
Il y avait deux aspects là. La première est que la question était de savoir qui est religieux. Vous pouvez être religieux et ne pas être Catholic.Protestants, musulmans, juifs, ils peuvent tous être religieux et ne pas être catholique. J'ai etait posé cette question et je l'ai toujours dit, "oui, je suis un catholique." S'ils veulent m'attaquer alors ils vont m'attaquer.
Si vous pensez que vous avez fait quelque chose de mal dans la façon dont vous avez répondu à cette question, alors pourquoi ne pas mentionner que dans la confession.
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mer. 20 nov. 2013, 14:17
par Johnny
Ayant été "tiède" dans le passé dans des circonstances similaires, je comprends bien votre interrogation.
Bien sûr vous n'avez pas apostasié, mais vous avez perdu une occasion de "bien" faire, à savoir de témoigner. Je ne sais pas si c'est un péché grave, parlez en confession.
Dans ce genre de situation un peu délicate où on est surpris, il faut avoir anticipé et déterminé sa conduite à l'AVANCE !
Par exemple, je me dis toujours que si quelqu'un me demande mon portefeuille dans le métro : je le lui donne (surtout s'il est vide)...
De même si quelqu'un est agressé, je "devrais" lui porter secours, au moins en détournant l'attention des agresseurs (ce qui suffit le plus souvent).
Pour la foi, c'est simple : chaque fois que la question est posée, la réponse sort : je suis catholique romain pratiquant. Fort et clair. Il n'y a pas d'autres attitudes possibles, tant pis si ça dérange. Je dirais même tant mieux si ça dérange, car cela génère un questionnement chez ceux qui sont dérangés.
Prenez exemple sur les musulmans : dès que vous discutez avec l'un d'eux, au bout de cinq minutes, il vous dira qu'il est muslim. Nous, il faut faire pareil, nous sommes minoritaires, et devons être fiers de notre minorité, tout comme les juifs, les bouddhistes...
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mer. 20 nov. 2013, 18:33
par etienne lorant
françois67 a écrit : Mais, me disant que ne rien manifester voudrait dire "non", ce qui reviendrait à apostasier, crime que j'éviterais par la mort s'il le fallait, j'ai timidement et gêné levé mon avant-bras au niveau de ma tête.
Aidez-moi je vous prie, en prière aussi.
Vous avez bel et bien levé la main, même si après coup la peur vous a saisi. Cela rappelle Pierre se lançant pour marcher sur l'eau de la mer de Galilée. Non, vous n'avez pas péché. Qui vous dit que que vous n'avez pas été vu par quelqu'un d'autre ? Par quelqu'un d'autre qui avait besoin de voir votre signe - et qui l'a vu ?
Vous êtes fidèle, mais comme vous êtes scrupuleux ! Je prie pour vous l'Esprit Saint, afin que vous connaissiez la joie simple et profonde de cet abandon.
Dieu vous bénisse !
Etienne
Re: Suis-je coupable d'un comportement semblable à l'apostas
Publié : mer. 20 nov. 2013, 19:28
par etienne lorant
PaxetBonum a écrit :Vous n'avez pas apostasié car vous n'avez pas renié votre Foi, mais vous l'avez caché préférant vous attirer un regard humain tolérable plutôt que de vous montrer fiers du Christ devant tous au risque de vous faire fustiger. C'est le péché de Pierre : Pierre n'apostasie pas, il a honte et peur et ne veut affirmer son attachement au Christ. Mais il ne renie pas pour autant les enseignements du Christ. Le Christ lui accordera à nouveau sa confiance après 3 actes d'amours en réparation des 3 actes de tiédeur, le Christ y voyait bien une faute.
Non, François n'a pas commis le péché de Pierre. Il a levé sa main - même s'il l'a rabaissée ensuite. Mais Pierre a carrément dit par trois fois : "Non, je ne connais pas cet homme" (Jésus). Pierre n'a pas commis des actes de tiédeur, c'est pire: il a vigoureusement renié sa foi - plus encore : il a nié le connaître.
J'espère que François se remet de ses émotions: il apprend, et c'est difficile. Moi aussi, je le dis publiquement : dans les premiers temps où j'ai participé à une messe quotidienne, j'avais peur du regard des autres sur moi. Maintenant, je n'ai plus peur, certaines personnes m'ont carrément renié à cause de ma pratique - et j'en ai de la joie - car je suis renié comme mon maître avant moi.