"Francesco-manie": quels signes ?
Publié : sam. 21 déc. 2013, 17:46
Le style du pape François, l'enthousiasme qu'il suscite et les interprétations qui le voient en rupture profonde avec le passé, irritent certains cercles au Vatican, relèvent les vaticanistes.
Dans une interview récente à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal américain Raymond Burke, conservateur proche de Benoît XVI, n'a pas caché son amertume, déplorant que François ne défende pas assez la vie et la famille et n'encourage pas les prêtres à parler de l'avortement.
"On a un peu l'impression, ou alors c'est interprété dans ce sens par les médias, que le pape pense que nous parlons trop de l'avortement ou de l'intégrité du mariage entre un homme et une femme. Mais nous ne parlerons jamais assez de ces questions !", estime Mgr Burke.
François a brusquement écarté cette semaine ce cardinal de l'importante Congrégation pour les évêques et l'a remplacé par l'Américain plus modéré William Wuerl. François manifeste ainsi sa priorité: l'évêque doit être pasteur avant d'être gardien de la doctrine.
Et il montre sa détermination: plusieurs bonnes sources vaticanes font état d'une certaine rudesse du pape argentin, voire d'un autoritarisme dans le quotidien, loin de l'image aimable et douce qu'il donne dans la foule.
Un autre signe d'énervement, non à l'égard du pape mais de tous ceux qui voient en lui un progressiste, est venu de Mgr Georg Gänswein, plus proche collaborateur du pape émérite Joseph Ratzinger.
Selon des extraits d'une interview à paraître dans le magazine allemand Cicero, Mgr Gänswein s'en prend durement à certains dans l'Eglise allemande.
"L'enthousiasme pourrait rester en travers de la gorge des enthousiastes", prédit-il. "Je ne crois pas que le pape donnera de l'espace à certaines initiatives provenant de l'Allemagne", ajoute-t-il, à l'adresse notamment de ceux qui espèrent que Jorge Mario Bergoglio acceptera l'ordination de femmes diacres, une suggestion défendue par un cardinal allemand à la retraite, le réformiste Walter Kasper.
Défiance très palpable chez certains prélats
Mgr Gänswein, selon qui il n'y a pas rupture théologique entre François et Benoît XVI, fustige aussi la manière dont des secteurs de l'Eglise allemande ont annoncé que la communion des divorcés remariés pourrait bientôt être autorisée par le pape, cherchant à "l'arrimer à leur attelage".
Le quotidien Corriere della Sera a relevé vendredi une autre contradiction "étrange": un pape qui dénonce un système économique gouverné par le marché a recours à des cabinets d'audit privés de ce même système --McKinsey, KPGM, Ernst-Young, Promontory-- pour réformer le petit Etat.
Le pape Bergoglio a semblé vouloir apaiser les malentendus, dans une interview dimanche au quotidien La Stampa. Il y rappelle qu'il n'a annoncé aucune décision sur les divorcés remariés, que les réformes prendront du temps... et qu'il n'est en aucun cas marxiste, comme l'accusent certains conservateurs américains.
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/signe ... 43995.html
Dans une interview récente à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal américain Raymond Burke, conservateur proche de Benoît XVI, n'a pas caché son amertume, déplorant que François ne défende pas assez la vie et la famille et n'encourage pas les prêtres à parler de l'avortement.
"On a un peu l'impression, ou alors c'est interprété dans ce sens par les médias, que le pape pense que nous parlons trop de l'avortement ou de l'intégrité du mariage entre un homme et une femme. Mais nous ne parlerons jamais assez de ces questions !", estime Mgr Burke.
François a brusquement écarté cette semaine ce cardinal de l'importante Congrégation pour les évêques et l'a remplacé par l'Américain plus modéré William Wuerl. François manifeste ainsi sa priorité: l'évêque doit être pasteur avant d'être gardien de la doctrine.
Et il montre sa détermination: plusieurs bonnes sources vaticanes font état d'une certaine rudesse du pape argentin, voire d'un autoritarisme dans le quotidien, loin de l'image aimable et douce qu'il donne dans la foule.
Un autre signe d'énervement, non à l'égard du pape mais de tous ceux qui voient en lui un progressiste, est venu de Mgr Georg Gänswein, plus proche collaborateur du pape émérite Joseph Ratzinger.
Selon des extraits d'une interview à paraître dans le magazine allemand Cicero, Mgr Gänswein s'en prend durement à certains dans l'Eglise allemande.
"L'enthousiasme pourrait rester en travers de la gorge des enthousiastes", prédit-il. "Je ne crois pas que le pape donnera de l'espace à certaines initiatives provenant de l'Allemagne", ajoute-t-il, à l'adresse notamment de ceux qui espèrent que Jorge Mario Bergoglio acceptera l'ordination de femmes diacres, une suggestion défendue par un cardinal allemand à la retraite, le réformiste Walter Kasper.
Défiance très palpable chez certains prélats
Mgr Gänswein, selon qui il n'y a pas rupture théologique entre François et Benoît XVI, fustige aussi la manière dont des secteurs de l'Eglise allemande ont annoncé que la communion des divorcés remariés pourrait bientôt être autorisée par le pape, cherchant à "l'arrimer à leur attelage".
Le quotidien Corriere della Sera a relevé vendredi une autre contradiction "étrange": un pape qui dénonce un système économique gouverné par le marché a recours à des cabinets d'audit privés de ce même système --McKinsey, KPGM, Ernst-Young, Promontory-- pour réformer le petit Etat.
Le pape Bergoglio a semblé vouloir apaiser les malentendus, dans une interview dimanche au quotidien La Stampa. Il y rappelle qu'il n'a annoncé aucune décision sur les divorcés remariés, que les réformes prendront du temps... et qu'il n'est en aucun cas marxiste, comme l'accusent certains conservateurs américains.
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/signe ... 43995.html