Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis
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Exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis
Seloni-média,l'exhortation apostolique post-synodale sur l'Eucharistie,sera publiée le 13 mars prochain.
Elle devrait donner des indications pour la célébration de la messe...Entr'autre...
C'est une bonne nouvelle![/url]
Elle devrait donner des indications pour la célébration de la messe...Entr'autre...
C'est une bonne nouvelle![/url]
CHRISTUS VINCIT!
CHRISTUS REGNAT!
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jean_droit
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Sacramentum Caritatis
La voilà toute chaude ....
Texte complet :
http://www.vatican.va/holy_father/bened ... is_fr.html
Du Salon Beige :
...............
Sacramentum caritatis
La présentation de l'exhortation apostolique sur l'Eucharistie est en cours à Rome. Le Saint-Père y recommande notamment la célébration de la messe en latin et en grégorien pour les rassemblements internationaux, l'"ars celebrandi" est la meilleure condition de l'"actuosa participatio" (malheureusement souvent traduite pae "participation active").
Lire la présentation (en italien)
L'exhortation est en ligne en français. Quelques extraits :
§35 : "la liturgie, comme du reste la Révélation chrétienne, a un lien intrinsèque avec la beauté : elle est veritatis splendor."
§38 : L'ars celebrandi est la meilleure condition pour une actuosa participatio. L'ars celebrandi découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité".
§50 : "nécessité de trouver alors des moyens brefs et incisifs pour rappeler à tous le sens de la communion sacramentelle et les conditions de sa réception".
§52 : "la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d'une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l'existence quotidienne"
§62 : "je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien".
§65 : "Un signe convaincant que la catéchèse eucharistique est efficace chez les fidèles est certainement la croissance, en eux, du sens du mystère de Dieu présent parmi nous. [...] Je pense, d'une manière générale, à l'importance des gestes et des postures, comme le fait de s'agenouiller pendant les moments centraux de la prière eucharistique."
§93 : "Un Compendium sera publié par les soins des Dicastères compétents; il comprendra [...] tout ce qui pourra se révéler utile pour la compréhension correcte, pour la célébration et pour l'adoration du Sacrement de l'autel."
Texte complet :
http://www.vatican.va/holy_father/bened ... is_fr.html
Du Salon Beige :
...............
Sacramentum caritatis
La présentation de l'exhortation apostolique sur l'Eucharistie est en cours à Rome. Le Saint-Père y recommande notamment la célébration de la messe en latin et en grégorien pour les rassemblements internationaux, l'"ars celebrandi" est la meilleure condition de l'"actuosa participatio" (malheureusement souvent traduite pae "participation active").
Lire la présentation (en italien)
L'exhortation est en ligne en français. Quelques extraits :
§35 : "la liturgie, comme du reste la Révélation chrétienne, a un lien intrinsèque avec la beauté : elle est veritatis splendor."
§38 : L'ars celebrandi est la meilleure condition pour une actuosa participatio. L'ars celebrandi découle de l'obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité".
§50 : "nécessité de trouver alors des moyens brefs et incisifs pour rappeler à tous le sens de la communion sacramentelle et les conditions de sa réception".
§52 : "la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d'une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l'existence quotidienne"
§62 : "je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien".
§65 : "Un signe convaincant que la catéchèse eucharistique est efficace chez les fidèles est certainement la croissance, en eux, du sens du mystère de Dieu présent parmi nous. [...] Je pense, d'une manière générale, à l'importance des gestes et des postures, comme le fait de s'agenouiller pendant les moments centraux de la prière eucharistique."
§93 : "Un Compendium sera publié par les soins des Dicastères compétents; il comprendra [...] tout ce qui pourra se révéler utile pour la compréhension correcte, pour la célébration et pour l'adoration du Sacrement de l'autel."
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[align=center]EXHORTATION APOSTOLIQUE
POST-SYNODALE
SACRAMENTUM CARITATIS
DU PAPE
BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES, AUX PRÊTRES, AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET AUX FIDÈLES LAÏCS
SUR L'EUCHARISTIE
SOURCE ET SOMMET DE LA VIE
ET DE LA MISSION DE L'ÉGLISE
Introduction [1]
La nourriture de la vérité [2]
Le développement du rite eucharistique [3]
Le Synode des Évêques et l'Année de l'Eucharistie [4]
Finalité de la présente Exhortation [5]
PREMIÈRE PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À CROIRE
La foi eucharistique de l'Église [6]
Sainte Trinité et Eucharistie
Le pain descendu du ciel [7]
Don gratuit de la Sainte Trinité [8]
Eucharistie: Jésus véritable Agneau immolé
La nouvelle et éternelle alliance dans le sang de l'Agneau [9]
L'institution de l'Eucharistie [10]
Figura transit in veritatem [11]
L'Esprit Saint et l'Eucharistie
Jésus et l'Esprit Saint [12]
Esprit Saint et célébration eucharistique [13]
Eucharistie et Église
Eucharistie, principe causal de l'Église [14]
Eucharistie et communion ecclésiale [15]
Eucharistie et Sacrements
Sacramentalité de l'Église [16]
I. Eucharistie et initiation chrétienne
Eucharistie, plénitude de l'initiation chrétienne [17]
L'ordre des sacrements de l'initiation [18]
Initiation, communauté ecclésiale et famille [19]
II. Eucharistie et sacrement de la Réconciliation
Leur lien intrinsèque [20]
Quelques points d'attention pastorale [21]
III. Eucharistie et Onction des malades [22]
IV. Eucharistie et sacrement de l'Ordre
In persona Christi capitis [23]
Eucharistie et célibat sacerdotal [24]
Manque de prêtres et pastorale des vocations [25]
Gratitude et espérance [26]
V. Eucharistie et Mariage
Eucharistie, sacrement sponsal [27]
Eucharistie et unicité du mariage [28]
Eucharistie et indissolubilité du mariage [29]
Eucharistie et eschatologie
Eucharistie: don à l'homme en chemin [30]
Le banquet eschatologique [31]
Prière pour les défunts [32]
L'Eucharistie et la Vierge Marie [33]
DEUXIÈME PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À CÉLÉBRER
Lex orandi e lex credendi [34]
Beauté et liturgie [35]
La célébration eucharistique, œuvre du « Christus totus »
Christus totus in capite et in corpore [36]
L'Eucharistie et le Christ ressuscité [37]
Ars celebrandi [38]
L'Évêque, liturge par excellence [39]
Le respect des livres liturgiques et de la richesse des signes [40]
L'art au service de la célébration [41]
Le chant liturgique [42]
La structure de la célébration eucharistique [43]
Unité intrinsèque de l'action liturgique [44]
La liturgie de la Parole [45]
L'homélie [46]
La présentation des dons [47]
La prière eucharistique [48]
Le geste de paix [49]
Distribution et réception de l'Eucharistie [50]
L'envoi: « Ite, missa est » [51]
Actuosa participatio [52]
Participation authentique [52]
Participation et ministère sacerdotal [53]
Célébration eucharistique et inculturation [54]
Conditions personnelles pour une « actuosa participatio » [55] »
Participation des chrétiens non catholiques [56]
Participation par les moyens de communication [57]
« Actuosa participatio » des malades [58]
L'attention aux prisonniers [59]
Les migrants et la participation à l'Eucharistie [60]
Les grandes concélébrations [61]
La langue latine [62]
Célébrations eucharistiques en petits groupes [63]
Participation intériorisée à la célébration
Catéchèse mystagogique [64]
Le respect envers l'Eucharistie [65]
Adoration et piété eucharistique
La relation intrinsèque entre célébration et adoration [66]
La pratique de l'adoration eucharistique [67]
Les formes de dévotion eucharistique [68]
Le lieu du tabernacle dans l'église [69]
TROISIÈME PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À VIVRE
Forme eucharistique de la vie chrétienne
Le culte spirituel – logiké latreía (Rm 12, 1) [70]
Efficacité intégrale du culte eucharistique [71]
« Iuxta dominicum viventes » – Vivre selon le dimanche [72]
Vivre le précepte dominical [73]
Le sens du repos et du travail [74]
Assemblées dominicales en l'absence de prêtre [75]
Une forme eucharistique de l'existence chrétienne, l'appartenance ecclésiale [76]
Spiritualité et culture eucharistique [77]
Eucharistie et évangélisation des cultures [78]
Eucharistie et fidèles laïcs [79]
Eucharistie et spiritualité sacerdotale [80]
Eucharistie et vie consacrée [81]
Eucharistie et transformation morale [82]
Cohérence eucharistique [83]
Eucharistie, mystère à annoncer
Eucharistie et mission [84]
Eucharistie et témoignage [85]
Jésus Christ, unique Sauveur [86]
Liberté de culte [87]
Eucharistie, mystère à offrir au monde
Eucharistie, pain rompu pour la vie du monde [88]
Les implications sociales du Mystère eucharistique [89]
La nourriture de la vérité et l'indigence de l'homme [90]
La doctrine sociale de l'Église [91]
Sanctification du monde et sauvegarde de la création [92]
Utilité d'un Compendium eucharistique [93]
Conclusion [94][/align]
POST-SYNODALE
SACRAMENTUM CARITATIS
DU PAPE
BENOÎT XVI
AUX ÉVÊQUES, AUX PRÊTRES, AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET AUX FIDÈLES LAÏCS
SUR L'EUCHARISTIE
SOURCE ET SOMMET DE LA VIE
ET DE LA MISSION DE L'ÉGLISE
Introduction [1]
La nourriture de la vérité [2]
Le développement du rite eucharistique [3]
Le Synode des Évêques et l'Année de l'Eucharistie [4]
Finalité de la présente Exhortation [5]
PREMIÈRE PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À CROIRE
La foi eucharistique de l'Église [6]
Sainte Trinité et Eucharistie
Le pain descendu du ciel [7]
Don gratuit de la Sainte Trinité [8]
Eucharistie: Jésus véritable Agneau immolé
La nouvelle et éternelle alliance dans le sang de l'Agneau [9]
L'institution de l'Eucharistie [10]
Figura transit in veritatem [11]
L'Esprit Saint et l'Eucharistie
Jésus et l'Esprit Saint [12]
Esprit Saint et célébration eucharistique [13]
Eucharistie et Église
Eucharistie, principe causal de l'Église [14]
Eucharistie et communion ecclésiale [15]
Eucharistie et Sacrements
Sacramentalité de l'Église [16]
I. Eucharistie et initiation chrétienne
Eucharistie, plénitude de l'initiation chrétienne [17]
L'ordre des sacrements de l'initiation [18]
Initiation, communauté ecclésiale et famille [19]
II. Eucharistie et sacrement de la Réconciliation
Leur lien intrinsèque [20]
Quelques points d'attention pastorale [21]
III. Eucharistie et Onction des malades [22]
IV. Eucharistie et sacrement de l'Ordre
In persona Christi capitis [23]
Eucharistie et célibat sacerdotal [24]
Manque de prêtres et pastorale des vocations [25]
Gratitude et espérance [26]
V. Eucharistie et Mariage
Eucharistie, sacrement sponsal [27]
Eucharistie et unicité du mariage [28]
Eucharistie et indissolubilité du mariage [29]
Eucharistie et eschatologie
Eucharistie: don à l'homme en chemin [30]
Le banquet eschatologique [31]
Prière pour les défunts [32]
L'Eucharistie et la Vierge Marie [33]
DEUXIÈME PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À CÉLÉBRER
Lex orandi e lex credendi [34]
Beauté et liturgie [35]
La célébration eucharistique, œuvre du « Christus totus »
Christus totus in capite et in corpore [36]
L'Eucharistie et le Christ ressuscité [37]
Ars celebrandi [38]
L'Évêque, liturge par excellence [39]
Le respect des livres liturgiques et de la richesse des signes [40]
L'art au service de la célébration [41]
Le chant liturgique [42]
La structure de la célébration eucharistique [43]
Unité intrinsèque de l'action liturgique [44]
La liturgie de la Parole [45]
L'homélie [46]
La présentation des dons [47]
La prière eucharistique [48]
Le geste de paix [49]
Distribution et réception de l'Eucharistie [50]
L'envoi: « Ite, missa est » [51]
Actuosa participatio [52]
Participation authentique [52]
Participation et ministère sacerdotal [53]
Célébration eucharistique et inculturation [54]
Conditions personnelles pour une « actuosa participatio » [55] »
Participation des chrétiens non catholiques [56]
Participation par les moyens de communication [57]
« Actuosa participatio » des malades [58]
L'attention aux prisonniers [59]
Les migrants et la participation à l'Eucharistie [60]
Les grandes concélébrations [61]
La langue latine [62]
Célébrations eucharistiques en petits groupes [63]
Participation intériorisée à la célébration
Catéchèse mystagogique [64]
Le respect envers l'Eucharistie [65]
Adoration et piété eucharistique
La relation intrinsèque entre célébration et adoration [66]
La pratique de l'adoration eucharistique [67]
Les formes de dévotion eucharistique [68]
Le lieu du tabernacle dans l'église [69]
TROISIÈME PARTIE
EUCHARISTIE, MYSTÈRE À VIVRE
Forme eucharistique de la vie chrétienne
Le culte spirituel – logiké latreía (Rm 12, 1) [70]
Efficacité intégrale du culte eucharistique [71]
« Iuxta dominicum viventes » – Vivre selon le dimanche [72]
Vivre le précepte dominical [73]
Le sens du repos et du travail [74]
Assemblées dominicales en l'absence de prêtre [75]
Une forme eucharistique de l'existence chrétienne, l'appartenance ecclésiale [76]
Spiritualité et culture eucharistique [77]
Eucharistie et évangélisation des cultures [78]
Eucharistie et fidèles laïcs [79]
Eucharistie et spiritualité sacerdotale [80]
Eucharistie et vie consacrée [81]
Eucharistie et transformation morale [82]
Cohérence eucharistique [83]
Eucharistie, mystère à annoncer
Eucharistie et mission [84]
Eucharistie et témoignage [85]
Jésus Christ, unique Sauveur [86]
Liberté de culte [87]
Eucharistie, mystère à offrir au monde
Eucharistie, pain rompu pour la vie du monde [88]
Les implications sociales du Mystère eucharistique [89]
La nourriture de la vérité et l'indigence de l'homme [90]
La doctrine sociale de l'Église [91]
Sanctification du monde et sauvegarde de la création [92]
Utilité d'un Compendium eucharistique [93]
Conclusion [94][/align]
- Boris
- Tribunus plebis

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- Inscription : lun. 21 août 2006, 17:46
- Localisation : France - Centre (28)
Comme d'habitude, elle passera inaperçue en France.
snif ...
Je vois déjà mon curé m'expliquant qu'il ne peut pas virer les incompétentes en place au sommet de la paroisse et que de ce fait concernant la Liturgie, il ne peut pas non plus imposer le respecter normes.
Par contre, il peut sans problème m'interdire de mettre en place un progression au sein des enfants de choeur car le conseil pastoral est contre !
snif ...
Je vois déjà mon curé m'expliquant qu'il ne peut pas virer les incompétentes en place au sommet de la paroisse et que de ce fait concernant la Liturgie, il ne peut pas non plus imposer le respecter normes.
Par contre, il peut sans problème m'interdire de mettre en place un progression au sein des enfants de choeur car le conseil pastoral est contre !
UdP,
Boris
Boris
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jean_droit
- Tribunus plebis

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- Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
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Résumé de monseigneur Vingt Trois
L’Exhortation Apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis a été publiée aujourd'hui par le Vatican. Mgr André Vingt-Trois a écrit une brève présentation que vous pouvez lire en ligne.
Présentation de l'exhortation apostolique par Mgr André Vingt-Trois
L'Eucharistie, coeur de l'Eglise
L’Exhortation Apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis que vient de nous adresser le Pape Benoît XVI nous propose une relecture très argumentée du travail des évêques réunis pour la onzième session synodale à Rome en octobre 2005. Elle mérite une lecture attentive : ce texte nous conduit, en effet, à parcourir toutes les harmoniques du sacrement de l’Eucharistie dans la vie de l’Église et dans la vie de chaque chrétien. Les amateurs de nouveautés ou de scoop seront probablement déçus. Cette exhortation apostolique n’apporte aucune révélation ni aucune innovation quant à la discipline de l’Église ; elle replace l’ensemble de cette discipline dans une ample méditation de la réalité eucharistique dans toutes ses dimensions.
A ceux qui doutaient que le Pape fût vraiment dans le droit fil du Concile Vatican II et qui imaginaient qu’il pourrait en relativiser les orientations liturgiques, elle apporte toutes les précisions nécessaires dès son introduction (n°3). Le Pape y resitue ces décisions et ces orientations liturgiques dans une lecture historique des adaptations successives des rites. " Les Pères synodaux, écrit-il, ont en particulier constaté et rappelé l’influence bénéfique que la réforme liturgique réalisée à partir du Concile œcuménique Vatican II a eue pour la vie de l’Église…Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le Concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite lui-même, sans introduire de ruptures artificielles. "
A chaque instant la méditation théologique et spirituelle est appliquée à des situations pastorales pour lesquelles sont formulées des orientations pratiques. Ainsi celles-ci ne sont-elles pas coupées de leurs fondements ; elles apparaissent dans leur pleine vérité. L’exhortation apostolique ne veut pas être un catalogue de prescriptions rituelles. La méditation du Pape sur le sacrement de l’Eucharistie et sur la vie eucharistique de l’Église se développe en trois étapes :
L’Eucharistie, Mystère à croire.
L’Eucharistie, Mystère à célébrer.
L’Eucharistie, Mystère à vivre.
La première partie expose et commente la foi de l’Église dans l’Eucharistie. Elle est tout entière centrée sur l’amour trinitaire et l’amour de Dieu pour les hommes qui se manifeste dans le sacrifice du Christ rendu accessible par le sacrement eucharistique. L’Eucharistie est perçue dans son lien fondateur avec l’Église et dans sa relation avec les autres sacrements, notamment les sacrements de l’initiation chrétienne.
La deuxième partie concerne plus directement la célébration de l’Eucharistie en insistant sur le lien entre la célébration et la beauté. Il n’est pas question seulement de la beauté des bâtiments et de l’espace liturgique mais avant tout de la beauté de l’action liturgique elle-même : la manière de célébrer, la place de la musique et des chants, l’intériorisation par chacun du mystère célébré. La structure de la célébration est elle-même brièvement rappelée, notamment pour souligner l’unité de l’action liturgique du commencement à la fin de la célébration. Selon l’intention pastorale du Concile, cet ensemble de réflexions veut servir la participation active des chrétiens à la liturgie.
Enfin, la troisième partie explore les modalités de la mise en œuvre d’une forme eucharistique de la vie chrétienne. Elle rappelle le sens et l’obligation de la sanctification du Jour du Seigneur. Mais, plus largement, elle envisage comment l’Eucharistie transforme nos manières de vivre en nous associant pleinement au don d’amour que nous y recevons : laissons à nouveau nos mœurs être modelés par l’amour auquel nous sommes appelés.
Quelques jours avant les fêtes de Pâques, alors que nous nous préparons à célébrer la dernière Cène, cette exhortation nous invite tous à renouveler notre compréhension de l’Eucharistie et à améliorer notre manière de la célébrer et d’y participer. Dans les semaines qui viennent, sans doute sera-t-il nécessaire d’organiser dans les paroisses des temps de rencontre pour aider chacun à assimiler l’enseignement très riche de cette exhortation sans se contenter de quelques titres de journaux.
Plus largement, le Pape nous invite à nous joindre à l’action de grâce des Pères du synode pour les fruits produits par la mise en œuvre de la réforme liturgique du Concile, rappelée sans ambigüités. Nous sommes confortés dans notre désir d’améliorer sans cesse nos manières de célébrer dignement la liturgie, dans notre résolution de corriger ce qui doit l’être dans nos pratiques pour que progresse encore la beauté de notre vie ecclésiale.
+ André Vingt-Trois
Archevêque de Paris
Présentation de l'exhortation apostolique par Mgr André Vingt-Trois
L'Eucharistie, coeur de l'Eglise
L’Exhortation Apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis que vient de nous adresser le Pape Benoît XVI nous propose une relecture très argumentée du travail des évêques réunis pour la onzième session synodale à Rome en octobre 2005. Elle mérite une lecture attentive : ce texte nous conduit, en effet, à parcourir toutes les harmoniques du sacrement de l’Eucharistie dans la vie de l’Église et dans la vie de chaque chrétien. Les amateurs de nouveautés ou de scoop seront probablement déçus. Cette exhortation apostolique n’apporte aucune révélation ni aucune innovation quant à la discipline de l’Église ; elle replace l’ensemble de cette discipline dans une ample méditation de la réalité eucharistique dans toutes ses dimensions.
A ceux qui doutaient que le Pape fût vraiment dans le droit fil du Concile Vatican II et qui imaginaient qu’il pourrait en relativiser les orientations liturgiques, elle apporte toutes les précisions nécessaires dès son introduction (n°3). Le Pape y resitue ces décisions et ces orientations liturgiques dans une lecture historique des adaptations successives des rites. " Les Pères synodaux, écrit-il, ont en particulier constaté et rappelé l’influence bénéfique que la réforme liturgique réalisée à partir du Concile œcuménique Vatican II a eue pour la vie de l’Église…Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le Concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite lui-même, sans introduire de ruptures artificielles. "
A chaque instant la méditation théologique et spirituelle est appliquée à des situations pastorales pour lesquelles sont formulées des orientations pratiques. Ainsi celles-ci ne sont-elles pas coupées de leurs fondements ; elles apparaissent dans leur pleine vérité. L’exhortation apostolique ne veut pas être un catalogue de prescriptions rituelles. La méditation du Pape sur le sacrement de l’Eucharistie et sur la vie eucharistique de l’Église se développe en trois étapes :
L’Eucharistie, Mystère à croire.
L’Eucharistie, Mystère à célébrer.
L’Eucharistie, Mystère à vivre.
La première partie expose et commente la foi de l’Église dans l’Eucharistie. Elle est tout entière centrée sur l’amour trinitaire et l’amour de Dieu pour les hommes qui se manifeste dans le sacrifice du Christ rendu accessible par le sacrement eucharistique. L’Eucharistie est perçue dans son lien fondateur avec l’Église et dans sa relation avec les autres sacrements, notamment les sacrements de l’initiation chrétienne.
La deuxième partie concerne plus directement la célébration de l’Eucharistie en insistant sur le lien entre la célébration et la beauté. Il n’est pas question seulement de la beauté des bâtiments et de l’espace liturgique mais avant tout de la beauté de l’action liturgique elle-même : la manière de célébrer, la place de la musique et des chants, l’intériorisation par chacun du mystère célébré. La structure de la célébration est elle-même brièvement rappelée, notamment pour souligner l’unité de l’action liturgique du commencement à la fin de la célébration. Selon l’intention pastorale du Concile, cet ensemble de réflexions veut servir la participation active des chrétiens à la liturgie.
Enfin, la troisième partie explore les modalités de la mise en œuvre d’une forme eucharistique de la vie chrétienne. Elle rappelle le sens et l’obligation de la sanctification du Jour du Seigneur. Mais, plus largement, elle envisage comment l’Eucharistie transforme nos manières de vivre en nous associant pleinement au don d’amour que nous y recevons : laissons à nouveau nos mœurs être modelés par l’amour auquel nous sommes appelés.
Quelques jours avant les fêtes de Pâques, alors que nous nous préparons à célébrer la dernière Cène, cette exhortation nous invite tous à renouveler notre compréhension de l’Eucharistie et à améliorer notre manière de la célébrer et d’y participer. Dans les semaines qui viennent, sans doute sera-t-il nécessaire d’organiser dans les paroisses des temps de rencontre pour aider chacun à assimiler l’enseignement très riche de cette exhortation sans se contenter de quelques titres de journaux.
Plus largement, le Pape nous invite à nous joindre à l’action de grâce des Pères du synode pour les fruits produits par la mise en œuvre de la réforme liturgique du Concile, rappelée sans ambigüités. Nous sommes confortés dans notre désir d’améliorer sans cesse nos manières de célébrer dignement la liturgie, dans notre résolution de corriger ce qui doit l’être dans nos pratiques pour que progresse encore la beauté de notre vie ecclésiale.
+ André Vingt-Trois
Archevêque de Paris
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Démultiplication de l'Exhortation Apostolique de notre Saint
Je suis en train de diffuser auprès des paroisses que je fréquente le message suivant :
Suggestion : Démultiplication de l’Exhortation Apostolique du Saint Père
Il me semble qu’il serait utile que soit démultiplié auprès des fidèles l’exhortation apostolique de Benoît XVI « Sacramentum caritatis ».
Il s’agirait de diffuser auprès des fidèles peu, pas ou mal informé un résumé de ce texte.
Les médias ont presque totalement occulté le fait qu’il s’agit d’abord d’un texte religieux et se sont focalisés sur tout ce qui peut faire polémique.
Ce résumé peut être, par exemple, le texte de monseigneur Vingt Trois disponible sur le site de l’archevêché de Paris ou ce qui existe sur ZENIT.org.
Ce résumé pourrait être lu durant la messe dominicale ou/et inclus dans la feuille paroissiale ou/et diffusé séparément.
Il est, peut-être, utile, aussi, qu’elle soit commentée de façon plus approfondie lors d’une réunion spécifique.
Suggestion : Démultiplication de l’Exhortation Apostolique du Saint Père
Il me semble qu’il serait utile que soit démultiplié auprès des fidèles l’exhortation apostolique de Benoît XVI « Sacramentum caritatis ».
Il s’agirait de diffuser auprès des fidèles peu, pas ou mal informé un résumé de ce texte.
Les médias ont presque totalement occulté le fait qu’il s’agit d’abord d’un texte religieux et se sont focalisés sur tout ce qui peut faire polémique.
Ce résumé peut être, par exemple, le texte de monseigneur Vingt Trois disponible sur le site de l’archevêché de Paris ou ce qui existe sur ZENIT.org.
Ce résumé pourrait être lu durant la messe dominicale ou/et inclus dans la feuille paroissiale ou/et diffusé séparément.
Il est, peut-être, utile, aussi, qu’elle soit commentée de façon plus approfondie lors d’une réunion spécifique.
- VexillumRegis
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Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (synthèse)
[align=center][font=Arial]Exhortation Apostolique Sacramentum Caritatis (I)[/font]
L’Eucharistie : rien qu’un mystere d’amour ![/align]
[align=justify]Six mois après la "controverse de Ratisbonne", voici que se rejoue un scénario sans surprise : le Pape s’exprime en une longue méditation, les journalistes s’emparent de quelques positions à fort contenu passionnel, ils les retranchent de la riche pensée dans laquelle elles trouvent leur sens, les érigent en slogans outrés… privant ainsi tous ceux qui, comme eux, ne prendront pas le temps de méditer les 140 pages du document et d’en recueillir la vérité profonde.
"Le Pape ferme la porte…", accusent les mêmes qui s’emploient à barricader de leurs gros titres l’entrée dans ce "Mystère d’Amour" (Sacramentum Caritatis) dont Benoît XVI ouvre le porche à la méditation des fidèles catholiques. Aussi avons-nous un devoir de vérité : Quels sont précisément la nature et le contenu de cette longue exhortation apostolique ? De quelle manière les "questions sensibles" y sont-elles abordées ? Qu’en devons-nous retenir, nous catholiques, à qui ce discours s’adresse ? Nous répondrons cette semaine à la première question.
Un document étonnamment consensuel
"Sacrement de l'amour, la sainte Eucharistie est le don que Jésus-Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme. Dans cet admirable Sacrement se manifeste l'amour “le plus grand”, celui qui pousse “à donner sa vie pour ses amis"."
Ainsi commence, par la révélation de "l’amour infini de Dieu pour tout homme", l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis dans laquelle le Pape Benoît XVI fait connaître au peuple chrétien les conclusions du Synode des évêques, tenu à Rome à l’automne 2005, sur le thème de l’Eucharistie, suivant l’ultime désir du Pape Jean-Paul II.
Peu de commentateurs auront noté le caractère largement consensuel de ce texte, fruit d’intenses échanges fraternels entre 250 évêques du monde entier, 32 experts, 26 auditeurs laîques et délégués de communautés non catholiques. Par cette exhortation "post-synodale", l’évêque de Rome, Chef du Collège des évêques, se propose de synthétiser "la richesse multiforme de réflexions et de propositions" exprimées par les Pères synodaux avec une grande variété de sensibilités. Ce faisant, le Pape ne ‘ferme pas les portes’, il les ouvre au contraire aux préoccupations les plus diverses de toute la catholicité !
Ces nombreuses réflexions, Benoît XVI les organise suivant un plan limpide : l’Eucharistie est un mystère à croire (I), à célébrer (II) et à vivre (III). Ceux qui désirent croire, célébrer et vivre ce mystère d’amour peuvent ainsi pénétrer par la bonne porte dans l’Exhortation !
Un mystère à croire : "Il est grand le Mystère de la foi !"
Une première partie énonce quelques profondes convictions de foi touchant le mystère de l’Eucharistie. Qu’on n’y cherche pas, cependant, une catéchèse complète sur ce sacrement. On la trouvera plutôt, avec toutes les références à la Tradition, dans la dernière encyclique du pape Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, "par laquelle il nous a laissé une référence magistérielle sûre concernant la doctrine eucharistique et un ultime témoignage sur la place centrale que ce divin sacrement occupait dans son existence."
Dans cette exhortation, le Saint-Père reprend plutôt les points de doctrine évoqués par les Pères synodaux, en les plaçant à la lumière de son encyclique Deus caritas est ("Dieu est amour"), c’est-à-dire dans la perspective de l’amour-agapè que Dieu réserve à l’homme.
Le don du Dieu d’Amour
Toute vérité de foi, en effet, prend source en Dieu qui veut faire comprendre aux hommes son Amour. "Dieu est Amour", et cet Amour s’appelle Trinité, c’est-à-dire communion d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Cet Amour (agapè), la Trinité le partage gracieusement avec les hommes afin qu’ils le reçoivent en eux, que cette grâce les unisse à Elle et les sauve, leur procurant un bonheur vraiment divin (SC 8). Aussi, la foi chrétienne et chacune de ses exigences morales ne sont données à l’homme que pour lui permettre de vivre avec Dieu une alliance d’Amour.
Le Sacrifice de l’Alliance nouvelle
Le pacte par lequel Dieu a scellé cette alliance avec les hommes, c’est le Sacrifice de la Croix, "dans lequel Dieu se donne pour relever l’homme et le sauver – tel est l’amour dans sa forme la plus radicale." Jésus est ainsi le véritable Agneau pascal, "qui s’est spontanément offert lui-même en sacrifice pour nous, réalisant ainsi la nouvelle et éternelle Alliance" (SC 9). Il est l’Agneau immolé, victorieux de la mort par sa Résurrection, qui mène à son achèvement la Pâque juive, figure annonciatrice de l’Alliance nouvelle.
Or "l’Eucharistie contient en elle cette nouveauté radicale, qui se propose de nouveau à nous dans chaque célébration." A chaque Messe, les fidèles sont invités à participer au Sacrifice définitif de l’Agneau, qui est toujours présent dans le Sacrement de l’Eucharistie, par la puissance de l’Esprit Saint. "L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus… Il nous attire en Lui" (SC 11).
L’Eucharistie fait l’Eglise
Lorsque Jésus a donné sa vie sur la Croix, il "a engendré l’Eglise comme son Epouse et son Corps" (SC 14). L’Eucharistie, qui est la présence actuelle du Sacrifice de la Croix, donne vie chaque jour à l’Eglise : "l’Eglise vit de l’Eucharistie", selon le titre de l’encyclique de Jean-Paul II.
Si l’Eucharistie est la source de l’Eglise, tous les actes par lesquels l’Eglise répand l’Amour de Dieu plongent leurs racines dans l’Eucharistie. Le Saint-Père décrit alors le lien vital entre l’Eucharistie et chacun des sacrements : l’Eucharistie couronne l’initiation chrétienne (SC 17-19) ; elle instaure une authentique communion avec Dieu et avec nos frères, communion que restaure de manière merveilleuse le sacrement de Réconciliation (SC 20-21) ; l’Eucharistie est offerte, en la personne du Christ et au nom de toute l’Eglise, par ces "humbles serviteurs" qui participent d’une manière spécifique au sacerdoce de la Nouvelle Alliance : les Èvêques et les prêtres qui, par leur célibat consacré, sont identifiés au "Christ Epoux, qui donne sa vie pour son Epouse" (SC 23-24) ; comme "sacrement de la charité" et "banquet des noces" entre le Christ et son Eglise, l’Eucharistie signifie et "fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien" (SC 27-29).
Le signe du banquet éternel
Enfin, l’Eucharistie donne de goûter déjà aux fruits du festin éternel, et cet avant-goût fortifiant "vient en aide à notre liberté en chemin" vers le Bonheur éternel (SC 30-32)
Ce Don de Dieu, dont la richesse nous est décrite en de longues et belles pages, c’est la Vierge Marie qui nous apprend la bonne manière de l’accueillir, elle qui a si parfaitement participé à l’offrande de son Fils et en a, la première, recueilli tous les fruits (SC 33).
Un mystère à célébrer : la beauté de l’action liturgique
Lex orandi, lex credendi
Le Synode a mis en évidence le lien que toute la Tradition a établi entre la juste manière de prier (lex orandi) et la juste manière de croire (lex credendi), en "soulignant le primat de l’action liturgique" (SC 34). Quand l’Eglise célèbre les mystères liturgiques, elle formule et explique sa foi.
Beauté et liturgie
Le Saint-Père offre alors une magnifique méditation sur la beauté dans la liturgie. La beauté que la foi nous invite à contempler ne consiste pas "en une simple harmonie de formes", en un choix esthétique. Ici, dit-il, c’est la splendeur de la gloire de Dieu qui "dépasse toute beauté présente dans le monde. La beauté véritable est l’Amour de Dieu, qui s’est définitivement révélé à nous dans le mystère pascal."
Ce mystère de beauté est l’œuvre du Christ ressuscité qui inclut l’Eglise dans son action, cette Action sacrée par excellence que toute la liturgie doit s’employer à représenter de manière resplendissante. Elle est en effet "l’expression très haute de la gloire de Dieu et elle constitue, en un sens, le Ciel qui vient sur la terre." (SC 35-37).
L’art de bien célébrer
On a souvent opposé, dans un passé récent, "l’art de bien célébrer", c’est-à-dire la fidélité au rituel liturgique, et la "participation active des fidèles". Pourtant, on ne peut pas concevoir de participation vraiment active et intérieure des fidèles sans une célébration qui favorise, avec ses langages propres, le sens du sacré : paroles liturgiques forgées par deux millénaires d’histoire et de foi, architecture sacrée, noblesse des lieux et des objets de culte, musique et chant sacrés, "valorisant de manière appropriée le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine" (SC 38-42).
La participation active et authentique à la liturgie
Après avoir mis en lumière quelques parties significatives du rite eucharistique, avec une attention particulière à la digne manière de recevoir la sainte Communion (SC 43-51), Benoît XVI livre une réflexion originale sur la "participation authentique" des fidèles à la célébration eucharistique.
D’emblée, il écarte une participation extérieure qui consisterait à donner à chacun quelque chose à "faire" : "En réalité, la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d’une plus grande conscience du mystère qui est célébré" (SC 52). Aussi rappelle-t-il le primat qui revient aux ministres sacrés dans la présidence et les tâches spécifiques de l’action sacrée (SC 53). Enfin, avec les Pères synodaux, il met en relief "les conditions personnelles dans lesquelles doit se trouver tout fidèle pour une participation fructueuse" : un esprit de constante conversion, le recueillement et le silence, le jeûne et, quand cela est nécessaire, la confession sacramentelle, l’esprit missionnaire (SC 55).
Le Pape revient ensuite en profondeur sur ce propos en rappelant la manière par laquelle les fidèles pourront "entrer toujours mieux dans les mystères qui sont célébrés" et qu’il appelle un "itinéraire mystagogique" (chemin à l’intérieur du mystère). Cet itinéraire est balisé par les rites, les attitudes et les signes liturgiques, qui recèlent toutes les richesses de la foi et de la vie spirituelle, mais à l’égard desquels une grande œuvre d’éducation et de catéchèse reste encore à accomplir (SC 64-65).
Adoration et piété eucharistique
Célébrer le Mysterium caritatis requiert enfin une "attitude d’adoration envers Celui que nous recevons" en communion. Par cette adoration profonde, "nous devenons un seul être avec Lui et nous goûtons par avance la beauté de la liturgie céleste" (SC 66). Aussi la pratique de l’adoration eucharistique doit-elle être vivement louée et encouragée, comme aussi tout ce qui favorise la piété eucharistique (SC 67-69).
Un mystère à vivre : le Pain de la vie
Une vie transformée par l’Eucharistie
Ainsi doit-être la vie chrétienne. En affirmant que "celui qui me mange vivra par moi", le Christ nous fait comprendre qu’il nous attire dans sa propre vie. "Ce n’est pas l’aliment eucharistique qui se transforme en nous, mais c’est nous qui sommes mystérieusement changés par lui." Aussi l’Eglise, et chacun de ses membres, participent-ils au propre culte du Christ ; or ce culte est un "sacrifice" – une "action qui rend sacré" –, si bien que toute la vie chrétienne est rendue sacrée et devient un culte agréable à Dieu, une vie "intrinsèquement eucharistique" (SC 70-71).
Une vie dominicale
Cette influence intérieure de l’Eucharistie sur la vie du chrétien fait de lui un homme "vivant selon le dimanche" (S. Ignace d’Antioche). "Le dimanche est donc le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence (…)". “Vivre selon le dimanche” signifie vivre dans la conscience de la libération apportée par le Christ et accomplir son existence comme l’offrande de soi à Dieu" (SC 72). Et de rappeler avec profondeur le sens du précepte dominical et du repos qui y est attaché (SC 73-74). Toute la vie du chrétien, et singulièrement sa vie dans la communauté humaine, se trouve ainsi convertie par la célébration eucharistique dans laquelle chaque vocation chrétienne retrouve sa "forme" et sa "cohérence" eucharistiques (SC 76-83).
Un mystère pour la vie du monde
L’Exhortation s’achève par un envoi en mission. "En effet, nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous". Aussi, "nous ne pouvons nous approcher de la Table eucharistique sans nous laisser entraîner dans le mouvement de la mission qui, prenant naissance dans le Cœur même de Dieu, veut rejoindre tous les hommes" (SC 84).
La mission première qui nous vient des saints Mystères est de rendre témoignage par une vie chrétienne cohérente – jusqu’au martyre – dans les milieux où le Seigneur veut que nous l’annoncions (SC 85). Le Saint-Père rend grâce pour tous les chrétiens qui apportent ce témoignage au péril de leur vie, dans les régions où la liberté de culte leur est déniée (SC 87). Ils sont comme "le froment de Dieu" moulu par leurs persécuteurs pour devenir, dans le martyre, "le pur pain du Christ", vraiment eucharistique.
Ensuite, le mystère eucharistique nous enseigne à donner notre vie "jusqu’au bout" pour nos frères, à nous laisser manger comme un pain rompu "pour que le monde ait la vie" (SC 88). Transformés ainsi en "pain vivant" par la communion au Pain de Vie, nous devons étendre cette communion à tous les hommes pour lesquels le Christ a versé son sang. L’Eucharistie nous donne ainsi des forces nouvelles pour édifier la "civilisation de l’amour", depuis l’humble geste du pain partagé avec les plus pauvres jusqu’à "un engagement courageux dans les structures de notre monde" selon le réalisme et l’équilibre de la doctrine sociale de l’Eglise (SC 89-91).
Le Saint-Père souhaite enfin la publication d’un Compendium sur l’Eucharistie qui permette "que le mémorial de la Pâque du Seigneur devienne chaque jour davantage source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise."
A venir… Sacramentum Caritatis (II) : Les questions disputées
Thomas Diradourian, prêtre +[/align]
L’Eucharistie : rien qu’un mystere d’amour ![/align]
[align=justify]Six mois après la "controverse de Ratisbonne", voici que se rejoue un scénario sans surprise : le Pape s’exprime en une longue méditation, les journalistes s’emparent de quelques positions à fort contenu passionnel, ils les retranchent de la riche pensée dans laquelle elles trouvent leur sens, les érigent en slogans outrés… privant ainsi tous ceux qui, comme eux, ne prendront pas le temps de méditer les 140 pages du document et d’en recueillir la vérité profonde.
"Le Pape ferme la porte…", accusent les mêmes qui s’emploient à barricader de leurs gros titres l’entrée dans ce "Mystère d’Amour" (Sacramentum Caritatis) dont Benoît XVI ouvre le porche à la méditation des fidèles catholiques. Aussi avons-nous un devoir de vérité : Quels sont précisément la nature et le contenu de cette longue exhortation apostolique ? De quelle manière les "questions sensibles" y sont-elles abordées ? Qu’en devons-nous retenir, nous catholiques, à qui ce discours s’adresse ? Nous répondrons cette semaine à la première question.
Un document étonnamment consensuel
"Sacrement de l'amour, la sainte Eucharistie est le don que Jésus-Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme. Dans cet admirable Sacrement se manifeste l'amour “le plus grand”, celui qui pousse “à donner sa vie pour ses amis"."
Ainsi commence, par la révélation de "l’amour infini de Dieu pour tout homme", l’Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis dans laquelle le Pape Benoît XVI fait connaître au peuple chrétien les conclusions du Synode des évêques, tenu à Rome à l’automne 2005, sur le thème de l’Eucharistie, suivant l’ultime désir du Pape Jean-Paul II.
Peu de commentateurs auront noté le caractère largement consensuel de ce texte, fruit d’intenses échanges fraternels entre 250 évêques du monde entier, 32 experts, 26 auditeurs laîques et délégués de communautés non catholiques. Par cette exhortation "post-synodale", l’évêque de Rome, Chef du Collège des évêques, se propose de synthétiser "la richesse multiforme de réflexions et de propositions" exprimées par les Pères synodaux avec une grande variété de sensibilités. Ce faisant, le Pape ne ‘ferme pas les portes’, il les ouvre au contraire aux préoccupations les plus diverses de toute la catholicité !
Ces nombreuses réflexions, Benoît XVI les organise suivant un plan limpide : l’Eucharistie est un mystère à croire (I), à célébrer (II) et à vivre (III). Ceux qui désirent croire, célébrer et vivre ce mystère d’amour peuvent ainsi pénétrer par la bonne porte dans l’Exhortation !
Un mystère à croire : "Il est grand le Mystère de la foi !"
Une première partie énonce quelques profondes convictions de foi touchant le mystère de l’Eucharistie. Qu’on n’y cherche pas, cependant, une catéchèse complète sur ce sacrement. On la trouvera plutôt, avec toutes les références à la Tradition, dans la dernière encyclique du pape Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, "par laquelle il nous a laissé une référence magistérielle sûre concernant la doctrine eucharistique et un ultime témoignage sur la place centrale que ce divin sacrement occupait dans son existence."
Dans cette exhortation, le Saint-Père reprend plutôt les points de doctrine évoqués par les Pères synodaux, en les plaçant à la lumière de son encyclique Deus caritas est ("Dieu est amour"), c’est-à-dire dans la perspective de l’amour-agapè que Dieu réserve à l’homme.
Le don du Dieu d’Amour
Toute vérité de foi, en effet, prend source en Dieu qui veut faire comprendre aux hommes son Amour. "Dieu est Amour", et cet Amour s’appelle Trinité, c’est-à-dire communion d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Cet Amour (agapè), la Trinité le partage gracieusement avec les hommes afin qu’ils le reçoivent en eux, que cette grâce les unisse à Elle et les sauve, leur procurant un bonheur vraiment divin (SC 8). Aussi, la foi chrétienne et chacune de ses exigences morales ne sont données à l’homme que pour lui permettre de vivre avec Dieu une alliance d’Amour.
Le Sacrifice de l’Alliance nouvelle
Le pacte par lequel Dieu a scellé cette alliance avec les hommes, c’est le Sacrifice de la Croix, "dans lequel Dieu se donne pour relever l’homme et le sauver – tel est l’amour dans sa forme la plus radicale." Jésus est ainsi le véritable Agneau pascal, "qui s’est spontanément offert lui-même en sacrifice pour nous, réalisant ainsi la nouvelle et éternelle Alliance" (SC 9). Il est l’Agneau immolé, victorieux de la mort par sa Résurrection, qui mène à son achèvement la Pâque juive, figure annonciatrice de l’Alliance nouvelle.
Or "l’Eucharistie contient en elle cette nouveauté radicale, qui se propose de nouveau à nous dans chaque célébration." A chaque Messe, les fidèles sont invités à participer au Sacrifice définitif de l’Agneau, qui est toujours présent dans le Sacrement de l’Eucharistie, par la puissance de l’Esprit Saint. "L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus… Il nous attire en Lui" (SC 11).
L’Eucharistie fait l’Eglise
Lorsque Jésus a donné sa vie sur la Croix, il "a engendré l’Eglise comme son Epouse et son Corps" (SC 14). L’Eucharistie, qui est la présence actuelle du Sacrifice de la Croix, donne vie chaque jour à l’Eglise : "l’Eglise vit de l’Eucharistie", selon le titre de l’encyclique de Jean-Paul II.
Si l’Eucharistie est la source de l’Eglise, tous les actes par lesquels l’Eglise répand l’Amour de Dieu plongent leurs racines dans l’Eucharistie. Le Saint-Père décrit alors le lien vital entre l’Eucharistie et chacun des sacrements : l’Eucharistie couronne l’initiation chrétienne (SC 17-19) ; elle instaure une authentique communion avec Dieu et avec nos frères, communion que restaure de manière merveilleuse le sacrement de Réconciliation (SC 20-21) ; l’Eucharistie est offerte, en la personne du Christ et au nom de toute l’Eglise, par ces "humbles serviteurs" qui participent d’une manière spécifique au sacerdoce de la Nouvelle Alliance : les Èvêques et les prêtres qui, par leur célibat consacré, sont identifiés au "Christ Epoux, qui donne sa vie pour son Epouse" (SC 23-24) ; comme "sacrement de la charité" et "banquet des noces" entre le Christ et son Eglise, l’Eucharistie signifie et "fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien" (SC 27-29).
Le signe du banquet éternel
Enfin, l’Eucharistie donne de goûter déjà aux fruits du festin éternel, et cet avant-goût fortifiant "vient en aide à notre liberté en chemin" vers le Bonheur éternel (SC 30-32)
Ce Don de Dieu, dont la richesse nous est décrite en de longues et belles pages, c’est la Vierge Marie qui nous apprend la bonne manière de l’accueillir, elle qui a si parfaitement participé à l’offrande de son Fils et en a, la première, recueilli tous les fruits (SC 33).
Un mystère à célébrer : la beauté de l’action liturgique
Lex orandi, lex credendi
Le Synode a mis en évidence le lien que toute la Tradition a établi entre la juste manière de prier (lex orandi) et la juste manière de croire (lex credendi), en "soulignant le primat de l’action liturgique" (SC 34). Quand l’Eglise célèbre les mystères liturgiques, elle formule et explique sa foi.
Beauté et liturgie
Le Saint-Père offre alors une magnifique méditation sur la beauté dans la liturgie. La beauté que la foi nous invite à contempler ne consiste pas "en une simple harmonie de formes", en un choix esthétique. Ici, dit-il, c’est la splendeur de la gloire de Dieu qui "dépasse toute beauté présente dans le monde. La beauté véritable est l’Amour de Dieu, qui s’est définitivement révélé à nous dans le mystère pascal."
Ce mystère de beauté est l’œuvre du Christ ressuscité qui inclut l’Eglise dans son action, cette Action sacrée par excellence que toute la liturgie doit s’employer à représenter de manière resplendissante. Elle est en effet "l’expression très haute de la gloire de Dieu et elle constitue, en un sens, le Ciel qui vient sur la terre." (SC 35-37).
L’art de bien célébrer
On a souvent opposé, dans un passé récent, "l’art de bien célébrer", c’est-à-dire la fidélité au rituel liturgique, et la "participation active des fidèles". Pourtant, on ne peut pas concevoir de participation vraiment active et intérieure des fidèles sans une célébration qui favorise, avec ses langages propres, le sens du sacré : paroles liturgiques forgées par deux millénaires d’histoire et de foi, architecture sacrée, noblesse des lieux et des objets de culte, musique et chant sacrés, "valorisant de manière appropriée le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine" (SC 38-42).
La participation active et authentique à la liturgie
Après avoir mis en lumière quelques parties significatives du rite eucharistique, avec une attention particulière à la digne manière de recevoir la sainte Communion (SC 43-51), Benoît XVI livre une réflexion originale sur la "participation authentique" des fidèles à la célébration eucharistique.
D’emblée, il écarte une participation extérieure qui consisterait à donner à chacun quelque chose à "faire" : "En réalité, la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d’une plus grande conscience du mystère qui est célébré" (SC 52). Aussi rappelle-t-il le primat qui revient aux ministres sacrés dans la présidence et les tâches spécifiques de l’action sacrée (SC 53). Enfin, avec les Pères synodaux, il met en relief "les conditions personnelles dans lesquelles doit se trouver tout fidèle pour une participation fructueuse" : un esprit de constante conversion, le recueillement et le silence, le jeûne et, quand cela est nécessaire, la confession sacramentelle, l’esprit missionnaire (SC 55).
Le Pape revient ensuite en profondeur sur ce propos en rappelant la manière par laquelle les fidèles pourront "entrer toujours mieux dans les mystères qui sont célébrés" et qu’il appelle un "itinéraire mystagogique" (chemin à l’intérieur du mystère). Cet itinéraire est balisé par les rites, les attitudes et les signes liturgiques, qui recèlent toutes les richesses de la foi et de la vie spirituelle, mais à l’égard desquels une grande œuvre d’éducation et de catéchèse reste encore à accomplir (SC 64-65).
Adoration et piété eucharistique
Célébrer le Mysterium caritatis requiert enfin une "attitude d’adoration envers Celui que nous recevons" en communion. Par cette adoration profonde, "nous devenons un seul être avec Lui et nous goûtons par avance la beauté de la liturgie céleste" (SC 66). Aussi la pratique de l’adoration eucharistique doit-elle être vivement louée et encouragée, comme aussi tout ce qui favorise la piété eucharistique (SC 67-69).
Un mystère à vivre : le Pain de la vie
Une vie transformée par l’Eucharistie
Ainsi doit-être la vie chrétienne. En affirmant que "celui qui me mange vivra par moi", le Christ nous fait comprendre qu’il nous attire dans sa propre vie. "Ce n’est pas l’aliment eucharistique qui se transforme en nous, mais c’est nous qui sommes mystérieusement changés par lui." Aussi l’Eglise, et chacun de ses membres, participent-ils au propre culte du Christ ; or ce culte est un "sacrifice" – une "action qui rend sacré" –, si bien que toute la vie chrétienne est rendue sacrée et devient un culte agréable à Dieu, une vie "intrinsèquement eucharistique" (SC 70-71).
Une vie dominicale
Cette influence intérieure de l’Eucharistie sur la vie du chrétien fait de lui un homme "vivant selon le dimanche" (S. Ignace d’Antioche). "Le dimanche est donc le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence (…)". “Vivre selon le dimanche” signifie vivre dans la conscience de la libération apportée par le Christ et accomplir son existence comme l’offrande de soi à Dieu" (SC 72). Et de rappeler avec profondeur le sens du précepte dominical et du repos qui y est attaché (SC 73-74). Toute la vie du chrétien, et singulièrement sa vie dans la communauté humaine, se trouve ainsi convertie par la célébration eucharistique dans laquelle chaque vocation chrétienne retrouve sa "forme" et sa "cohérence" eucharistiques (SC 76-83).
Un mystère pour la vie du monde
L’Exhortation s’achève par un envoi en mission. "En effet, nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce Sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous". Aussi, "nous ne pouvons nous approcher de la Table eucharistique sans nous laisser entraîner dans le mouvement de la mission qui, prenant naissance dans le Cœur même de Dieu, veut rejoindre tous les hommes" (SC 84).
La mission première qui nous vient des saints Mystères est de rendre témoignage par une vie chrétienne cohérente – jusqu’au martyre – dans les milieux où le Seigneur veut que nous l’annoncions (SC 85). Le Saint-Père rend grâce pour tous les chrétiens qui apportent ce témoignage au péril de leur vie, dans les régions où la liberté de culte leur est déniée (SC 87). Ils sont comme "le froment de Dieu" moulu par leurs persécuteurs pour devenir, dans le martyre, "le pur pain du Christ", vraiment eucharistique.
Ensuite, le mystère eucharistique nous enseigne à donner notre vie "jusqu’au bout" pour nos frères, à nous laisser manger comme un pain rompu "pour que le monde ait la vie" (SC 88). Transformés ainsi en "pain vivant" par la communion au Pain de Vie, nous devons étendre cette communion à tous les hommes pour lesquels le Christ a versé son sang. L’Eucharistie nous donne ainsi des forces nouvelles pour édifier la "civilisation de l’amour", depuis l’humble geste du pain partagé avec les plus pauvres jusqu’à "un engagement courageux dans les structures de notre monde" selon le réalisme et l’équilibre de la doctrine sociale de l’Eglise (SC 89-91).
Le Saint-Père souhaite enfin la publication d’un Compendium sur l’Eucharistie qui permette "que le mémorial de la Pâque du Seigneur devienne chaque jour davantage source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise."
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Dernière modification par VexillumRegis le jeu. 29 mars 2007, 11:19, modifié 3 fois.
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Commentaires sur l'Exhortation du Saint Père ( I )
Dz Zenit :
.................
ZF07031904
2007-03-19
Le p. Mattheeuws analyse l’exhortation sur l’Eucharistie « Sacramentum Caritatis » (II)
Comme témoin et acteur du synode
ROME, Lundi 19 mars 2007 (ZENIT.org) – « Dans les lieux où l’Eglise est persécutée ou minoritaire, les évêques témoignaient de la force qu’est l’Eucharistie pour la vie personnelle et ecclésiale » : dans cet entretien, le P. Alain Mattheeuws, jésuite belge, explique ce qu’a signifié pour lui être « expert » au synode sur l’Eucharistie d’octobre 2005 à Rome, et il présente quelques éléments pour une lecture de l’exhortation apostolique de Benoît XVI. Un document qui prend en compte toutes les situations de l’Eglise, y compris celle des Eglises persécutées.
Le P. Mattheeuws, sj, expert au synode de 2005 sur l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise », est en effet co-auteur d’un « guide de lecture » de l’exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI « Sacramentum Caritatis ». Le deuxième grand document du pontificat a été présenté au Vatican mardi dernier, 13 mars (cf. Zenit des 13 et 14 mars, et Zenit du 15 mars 2007 pour la 1ère partie de cet entretien).
Q - Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans l’exhortation « Sacramentum Caritatis »?
P. A. Mattheeuws - Tout d’abord le désir du pape d’unifier des « propositions » parfois fort diverses qu’il reprend à son compte à travers les yeux de la foi, de l’espérance et de l’amour : le mystère eucharistique, l’action liturgique et le nouveau culte spirituel. Ce sont les trois parties de l’exhortation. Il reprend ainsi la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium n°7. De manière sobre et subtile, il montre que l’Eucharistie est le véritable « espace de l’amour ». Cet amour trinitaire prend forme dans l’histoire de manière continue, sans ruptures, à travers des rites différents et suivant les différentes cultures.
Par ailleurs, la réforme liturgique de Vatican II est une expression voulue par le Concile de cet amour pour notre temps. Non seulement il l’approuve, mais il nous pousse à l’approfondir. Il n’y a pas d’hésitation sur ce point tout comme il n’y en avait pas dans le discours des Pères synodaux aux chrétiens du monde entier.
Théologiquement il prend position et manifeste plus clairement combien l’Eucharistie fonde l’Eglise et pas l’inverse. C’est l’acte de Jésus Christ sauveur qui est toujours premier. Cela donne la mesure de nos réflexions, de nos débats, de nos actions, de tous nos documents. Nos mots et nos liturgies disent en vérité le mystère de Dieu, mais ne l’enferment pas. La meilleure preuve se trouve être la présence de l’Esprit dans toute eucharistie : sans lui, tout ne serait que rite et souvenir du passé. Avec Lui, le Christ est rendu présent personnellement à nos yeux : son corps et son sang nous sont offerts. L’apport de l’Orient et de sa pneumatologie est sensible. Le Christ fait de nous en vérité son propre corps. C’est Lui qui agit et qui construit l’Eglise dans la puissance de l’Esprit.
Ce qui m’a touché aussi, c’est le lien fait par Benoît XVI entre la beauté de la liturgie et l’humilité, la simplicité des gestes et des rites : ce lien n’est pas d’ordre formaliste mais théologique et s’appuie sur la remise en valeur d’une esthétique théologique.
Enfin, il ne faut pas oublier que le synode a voulu réfléchir sur la relation entre l’Eucharistie et la mission. Ce thème parcourt toute l’exhortation, depuis la fondation de la mission dans la Trinité et l’acte d’Amour de Jésus dans l’institution de l’Eucharistie, jusqu’à la perspective eschatologique dans la relation de l’Eucharistie avec l’écologie, en passant par la participation des personnes handicapées à la forme eucharistie de la vie chrétienne.
Q – Comment se présentent le style et de la méthode de cette exhortation apostolique post-synodale ?
P. A. Mattheeuws - L’exhortation se présente plutôt sous la forme d’une méditation. Les références scripturaires en témoignent. Elles sont surtout johanniques. Ne serons-nous pas jugés sur l’amour, sur le sacrement qui nous nourrit ? Les lettres de saint Paul sont aussi régulièrement citées. Le thème central du « culte spirituel » est abondamment commenté (Rm 12, 1). Personnellement, je regrette la référence plus que modeste aux textes de l’Ancien Testament : l’équilibre « Ecriture et Tradition » en est fragilisé. Cette manière de faire ne facilite pas l’intégration paisible de la pensée magistérielle (celle du pape et des évêques). Par ailleurs, le langage « sacramentel » est richement explicité, même s’il nous est difficile d’accès et de compréhension : c’est une question pastorale et théologique décisive pour des sociétés post-industrielles et fortement sécularisée.
L’exhortation traite de l’économie sacramentelle et du sacrement par excellence qu’est l’Eucharistie. Le langage lui-même dépend du sujet traité. Ne nous trompons pas en interprétant trop vite certaines affirmations de l’exhortation. Une affirmation simple et nette n’est pas la négation stricte de son contraire, surtout dans le domaine du langage symbolique et des sacrements. Elle peut dire un souhait, une décision, une prise de position, une demande, une exhortation sur un point précis sans nier d’autres points passés sous silence ou jugés inopportuns à redire ou à dire en ce moment.
Notre culture n’est pratiquement plus apte à recevoir une vérité symphonique et cela se reflète souvent dans les commentaires que nous entendons à propos des documents du magistère, dans nos interprétations même ecclésiales, dans nos querelles fraternelles, pastorales et théologiques. Nous oublions également que certaines questions sont suscitées par d’autres univers que le nôtre. Nous oublions aussi la nécessaire médiation des réflexions théologiques par les évêques, les conférences épiscopales et surtout le langage « pastoral » qui assume ce que dit l’Esprit saint dans le cœur de la personne et de telle communauté. Cela signifie le plus souvent que deux propositions différentes ne peuvent plus être assumées par notre intelligence (et donc aussi par notre affectivité !). Notre esprit est parfois pénétré d’une telle négativité qu’il nous est impossible de penser le « paradoxal » sans le nommer « contradictoire ». Dans l’ordre sacramentaire, c’est très dommageable. Pensons à ce que peut être la beauté liturgique. Pensons, par exemple, à l’unité entre l’art de célébrer et la participation active et fructueuse des fidèles : elle concerne d’abord l’ensemble du peuple sacerdotal et pas la distinction prêtre-laïcs. L’affirmation de l’unité entre les deux Tables, celle de la Parole et celle du Pain et du vin, est un antidote contre une telle herméneutique. D’un point de vue méthodologique, Benoît XVI reprend la plupart des points qui concernent l’eucharistie dans un esprit unifié, désireux de manifester l’unité d’un seul geste liturgique : d’un seul acte sauveur dont l’Eglise fait mémoire et qui la fonde.
Q – En quoi consiste, pour vous, la « nouveauté » de ce second grand document de Benoît XVI ?
P. A. Mattheeuws - La vraie « nouveauté » comme le disait la proposition 3 des Pères synodaux, c’est le Christ. Benoît XVI le dit à de nombreuses reprises dans l’exhortation (cf. par exemple les n°11-12, 22, 70-79). Si ce synode permet de mieux observer la présence du Christ dans notre histoire personnelle, dans celle de nos communautés et dans le monde : c’est gagné. Mais il ne suffit pas d’observer le Christ, il faut « être nouveau » avec Lui : entrer dans son corps, être « par lui, avec lui et en lui » offert au Père. Cette considération me permet d’indiquer que si la charité (l’agapè) ne grandit pas, la « nouveauté » n’est pas encore advenue : c’est un critère de l’Eucharistie. Qu’elle soit clairement articulée à un changement de vie et que ses implications morales sociales et personnelles soient joyeusement perçues. L’Eglise doit servir le Christ. Elle ne peut pas faire mémoire de son acte sauveur sans être changée elle-même, sans être ré-évangélisée. La mission en est le fruit espéré.
Ajoutons le point suivant : le synode concluait l’année de l’Eucharistie. Il montrait à nouveau l’importance de l’acte du Christ : une répétition, une expérience conclusive comme une « confirmation spirituelle » que l’Eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne. Qui dit centre, dit qu’on ne passe pas à côté de l’essentiel : du don total du Christ pour chacun. L’Eucharistie comme thème synodal a montré les poids et les peines qui restent à résoudre. L’humanité, les chrétiens eux-mêmes souffrent et leur vie est en hiatus avec la grâce. Il nous faut à tous un Sauveur : le synode l’a bien montré. L’exhortation le redit. Sans le Christ, rien de solide ne se construit. Tous les membres de l’Eglise peuvent vivre ensemble certaines impuissances : ne pas avoir réponse à tout, ne pas résoudre telle difficulté, attendre qu’une réconciliation s’opère (avec les frères séparés). Déjà la décision de Benoît XVI de laisser les propositions qui lui sont faites à la disposition de tous, telles qu’elles sont, est un acte de courage et d’humilité. Chacun de nous pouvait voir que ce n’était pas si simple. Des questions restent encore à approfondir. Et puis la vie de l’Eglise est plus large qu’un Synode !
Q : Plusieurs thèmes restent « controversés », qu’est-ce qui vous apparaît comme décisif et original dans cette exhortation ?
Le texte de l’exhortation présentée par le cardinal G. Danneels et avec un « guide de lecture » rédigé par les PP. A. Mattheeuws, expert au synode et A. Massie, théologien, sera disponible aux éditions « Fidélité » (Bruxelles, http://www.fidelite.be) à partir de ce lundi, 19 mars.
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ZF07031904
2007-03-19
Le p. Mattheeuws analyse l’exhortation sur l’Eucharistie « Sacramentum Caritatis » (II)
Comme témoin et acteur du synode
ROME, Lundi 19 mars 2007 (ZENIT.org) – « Dans les lieux où l’Eglise est persécutée ou minoritaire, les évêques témoignaient de la force qu’est l’Eucharistie pour la vie personnelle et ecclésiale » : dans cet entretien, le P. Alain Mattheeuws, jésuite belge, explique ce qu’a signifié pour lui être « expert » au synode sur l’Eucharistie d’octobre 2005 à Rome, et il présente quelques éléments pour une lecture de l’exhortation apostolique de Benoît XVI. Un document qui prend en compte toutes les situations de l’Eglise, y compris celle des Eglises persécutées.
Le P. Mattheeuws, sj, expert au synode de 2005 sur l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise », est en effet co-auteur d’un « guide de lecture » de l’exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI « Sacramentum Caritatis ». Le deuxième grand document du pontificat a été présenté au Vatican mardi dernier, 13 mars (cf. Zenit des 13 et 14 mars, et Zenit du 15 mars 2007 pour la 1ère partie de cet entretien).
Q - Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans l’exhortation « Sacramentum Caritatis »?
P. A. Mattheeuws - Tout d’abord le désir du pape d’unifier des « propositions » parfois fort diverses qu’il reprend à son compte à travers les yeux de la foi, de l’espérance et de l’amour : le mystère eucharistique, l’action liturgique et le nouveau culte spirituel. Ce sont les trois parties de l’exhortation. Il reprend ainsi la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium n°7. De manière sobre et subtile, il montre que l’Eucharistie est le véritable « espace de l’amour ». Cet amour trinitaire prend forme dans l’histoire de manière continue, sans ruptures, à travers des rites différents et suivant les différentes cultures.
Par ailleurs, la réforme liturgique de Vatican II est une expression voulue par le Concile de cet amour pour notre temps. Non seulement il l’approuve, mais il nous pousse à l’approfondir. Il n’y a pas d’hésitation sur ce point tout comme il n’y en avait pas dans le discours des Pères synodaux aux chrétiens du monde entier.
Théologiquement il prend position et manifeste plus clairement combien l’Eucharistie fonde l’Eglise et pas l’inverse. C’est l’acte de Jésus Christ sauveur qui est toujours premier. Cela donne la mesure de nos réflexions, de nos débats, de nos actions, de tous nos documents. Nos mots et nos liturgies disent en vérité le mystère de Dieu, mais ne l’enferment pas. La meilleure preuve se trouve être la présence de l’Esprit dans toute eucharistie : sans lui, tout ne serait que rite et souvenir du passé. Avec Lui, le Christ est rendu présent personnellement à nos yeux : son corps et son sang nous sont offerts. L’apport de l’Orient et de sa pneumatologie est sensible. Le Christ fait de nous en vérité son propre corps. C’est Lui qui agit et qui construit l’Eglise dans la puissance de l’Esprit.
Ce qui m’a touché aussi, c’est le lien fait par Benoît XVI entre la beauté de la liturgie et l’humilité, la simplicité des gestes et des rites : ce lien n’est pas d’ordre formaliste mais théologique et s’appuie sur la remise en valeur d’une esthétique théologique.
Enfin, il ne faut pas oublier que le synode a voulu réfléchir sur la relation entre l’Eucharistie et la mission. Ce thème parcourt toute l’exhortation, depuis la fondation de la mission dans la Trinité et l’acte d’Amour de Jésus dans l’institution de l’Eucharistie, jusqu’à la perspective eschatologique dans la relation de l’Eucharistie avec l’écologie, en passant par la participation des personnes handicapées à la forme eucharistie de la vie chrétienne.
Q – Comment se présentent le style et de la méthode de cette exhortation apostolique post-synodale ?
P. A. Mattheeuws - L’exhortation se présente plutôt sous la forme d’une méditation. Les références scripturaires en témoignent. Elles sont surtout johanniques. Ne serons-nous pas jugés sur l’amour, sur le sacrement qui nous nourrit ? Les lettres de saint Paul sont aussi régulièrement citées. Le thème central du « culte spirituel » est abondamment commenté (Rm 12, 1). Personnellement, je regrette la référence plus que modeste aux textes de l’Ancien Testament : l’équilibre « Ecriture et Tradition » en est fragilisé. Cette manière de faire ne facilite pas l’intégration paisible de la pensée magistérielle (celle du pape et des évêques). Par ailleurs, le langage « sacramentel » est richement explicité, même s’il nous est difficile d’accès et de compréhension : c’est une question pastorale et théologique décisive pour des sociétés post-industrielles et fortement sécularisée.
L’exhortation traite de l’économie sacramentelle et du sacrement par excellence qu’est l’Eucharistie. Le langage lui-même dépend du sujet traité. Ne nous trompons pas en interprétant trop vite certaines affirmations de l’exhortation. Une affirmation simple et nette n’est pas la négation stricte de son contraire, surtout dans le domaine du langage symbolique et des sacrements. Elle peut dire un souhait, une décision, une prise de position, une demande, une exhortation sur un point précis sans nier d’autres points passés sous silence ou jugés inopportuns à redire ou à dire en ce moment.
Notre culture n’est pratiquement plus apte à recevoir une vérité symphonique et cela se reflète souvent dans les commentaires que nous entendons à propos des documents du magistère, dans nos interprétations même ecclésiales, dans nos querelles fraternelles, pastorales et théologiques. Nous oublions également que certaines questions sont suscitées par d’autres univers que le nôtre. Nous oublions aussi la nécessaire médiation des réflexions théologiques par les évêques, les conférences épiscopales et surtout le langage « pastoral » qui assume ce que dit l’Esprit saint dans le cœur de la personne et de telle communauté. Cela signifie le plus souvent que deux propositions différentes ne peuvent plus être assumées par notre intelligence (et donc aussi par notre affectivité !). Notre esprit est parfois pénétré d’une telle négativité qu’il nous est impossible de penser le « paradoxal » sans le nommer « contradictoire ». Dans l’ordre sacramentaire, c’est très dommageable. Pensons à ce que peut être la beauté liturgique. Pensons, par exemple, à l’unité entre l’art de célébrer et la participation active et fructueuse des fidèles : elle concerne d’abord l’ensemble du peuple sacerdotal et pas la distinction prêtre-laïcs. L’affirmation de l’unité entre les deux Tables, celle de la Parole et celle du Pain et du vin, est un antidote contre une telle herméneutique. D’un point de vue méthodologique, Benoît XVI reprend la plupart des points qui concernent l’eucharistie dans un esprit unifié, désireux de manifester l’unité d’un seul geste liturgique : d’un seul acte sauveur dont l’Eglise fait mémoire et qui la fonde.
Q – En quoi consiste, pour vous, la « nouveauté » de ce second grand document de Benoît XVI ?
P. A. Mattheeuws - La vraie « nouveauté » comme le disait la proposition 3 des Pères synodaux, c’est le Christ. Benoît XVI le dit à de nombreuses reprises dans l’exhortation (cf. par exemple les n°11-12, 22, 70-79). Si ce synode permet de mieux observer la présence du Christ dans notre histoire personnelle, dans celle de nos communautés et dans le monde : c’est gagné. Mais il ne suffit pas d’observer le Christ, il faut « être nouveau » avec Lui : entrer dans son corps, être « par lui, avec lui et en lui » offert au Père. Cette considération me permet d’indiquer que si la charité (l’agapè) ne grandit pas, la « nouveauté » n’est pas encore advenue : c’est un critère de l’Eucharistie. Qu’elle soit clairement articulée à un changement de vie et que ses implications morales sociales et personnelles soient joyeusement perçues. L’Eglise doit servir le Christ. Elle ne peut pas faire mémoire de son acte sauveur sans être changée elle-même, sans être ré-évangélisée. La mission en est le fruit espéré.
Ajoutons le point suivant : le synode concluait l’année de l’Eucharistie. Il montrait à nouveau l’importance de l’acte du Christ : une répétition, une expérience conclusive comme une « confirmation spirituelle » que l’Eucharistie est bien le centre de la vie chrétienne. Qui dit centre, dit qu’on ne passe pas à côté de l’essentiel : du don total du Christ pour chacun. L’Eucharistie comme thème synodal a montré les poids et les peines qui restent à résoudre. L’humanité, les chrétiens eux-mêmes souffrent et leur vie est en hiatus avec la grâce. Il nous faut à tous un Sauveur : le synode l’a bien montré. L’exhortation le redit. Sans le Christ, rien de solide ne se construit. Tous les membres de l’Eglise peuvent vivre ensemble certaines impuissances : ne pas avoir réponse à tout, ne pas résoudre telle difficulté, attendre qu’une réconciliation s’opère (avec les frères séparés). Déjà la décision de Benoît XVI de laisser les propositions qui lui sont faites à la disposition de tous, telles qu’elles sont, est un acte de courage et d’humilité. Chacun de nous pouvait voir que ce n’était pas si simple. Des questions restent encore à approfondir. Et puis la vie de l’Eglise est plus large qu’un Synode !
Q : Plusieurs thèmes restent « controversés », qu’est-ce qui vous apparaît comme décisif et original dans cette exhortation ?
Le texte de l’exhortation présentée par le cardinal G. Danneels et avec un « guide de lecture » rédigé par les PP. A. Mattheeuws, expert au synode et A. Massie, théologien, sera disponible aux éditions « Fidélité » (Bruxelles, http://www.fidelite.be) à partir de ce lundi, 19 mars.
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jean_droit
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Commentaires sur l'Exhortation du Saint Père ( II )
De Zenit :
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Le p. Mattheeuws analyse l’exhortation sur l’Eucharistie « Sacramentum Caritatis » (III)
« Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! »
ROME, Mardi 20 mars 2007 (ZENIT.org) – « Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! (…) Tel est le but poursuivi : approfondir le sacrement d’un amour qui nous dépasse » : dans cet entretien, le P. Alain Mattheeuws, jésuite belge, présente quelques clefs pour susciter la lecture de l’exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI, « Sacramentum Caritatis ».
Le P. Mattheeuws, sj, expert au synode d’octobre 2005 sur l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise », est en effet co-auteur d’un « guide de lecture » accompagnant le texte de l’exhortation apostolique « Le sacrement de l’amour », présentée par le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles (éd. « Fidélité », http://www.fidelite.be).
Ce deuxième grand document du pontificat a été présenté au Vatican il y a une semaine (cf. Zenit des 13 et 14 mars, et, pour les 1ère et 2e parties de cet entretien, Zenit des 15 et 19 mars 2007).
Q - Plusieurs thèmes restent « controversés », qu’est-ce qui vous apparaît comme décisif et original dans cette exhortation ?
P. A. Mattheeuws - Ce que j’ai dit dans la première interview, en novembre 2005 sur les points délicats tels que le célibat sacerdotal, les divorcés remariés, la cohérence morale me semble pouvoir encore être utile pour comprendre ce qu’en dit maintenant l’exhortation. Par ailleurs, pour répondre à votre question, il me semble qu’il faut souligner trois points théologiques décisifs et approfondis de manière originale : la beauté, le culte et la vie, l’adoration.
Commençons par la Beauté. En italien, le mot « stupore » a une belle sonorité : il chante le mystère. Il évoque et traduit pour l’eucharistie, les mots d’ « émerveillement », de « stupeur », d’« étonnement ». La liturgie eucharistique est un acte de louange qui ouvre les personnes devant le mystère. Elle est « veritatis splendor », splendeur de la vérité (titre d’une encyclique consacrée à la théologie morale !) (n°34). En soi, la liturgie est liée à la beauté. Cette beauté est à comprendre non pas comme un esthétisme de bon ou de mauvais aloi. Elle est « christologique » : elle fait resplendir le visage du Christ dans l’histoire humaine. En ce sens, l’eucharistie est bien d’abord le fait de Dieu avant d’être le fait de l’Eglise. Elle lui est confiée. Elle la construit dans le temps et dans l’espace. Mais il est primordial de comprendre les traits de ce visage : ils appartiennent au mystère pascal (n°36). Jésus est à la fois « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 45,3) et celui qui « n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards » (Is 53,2). Ces paroles de l’Ancien Testament nous aident à comprendre celles du Nouveau : « Qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14,18) ou bien, les mots de Pilate présentant Jésus : « Voici l’homme » (Jn 19,5). Contempler le Christ et son action, c’est ne jamais détourner son regard de ce qu’est l’homme. L’Esprit seul nous découvre son passage en nos vies.
Ensuite le culte et la vie
Le culte spirituel dont nous parle saint Paul (Rm 12,1) n’est pas spiritualisant au point de nous abstraire du temps. Au contraire, il nous place dans le temps. Le Christ se fait « nourriture de vérité et d’amour » en nous pour que nos vies deviennent « cohérentes » dans nos actions et nos pensées. La vie morale est intimement liée à cette offrande du Christ. Cette « vie » nouvelle est à la fois transformée et transformante. L’eucharistie ne nous mène pas au ciel sans nous placer en responsabilité sur la terre, face aux hommes et au cosmos. Les mots « cohérence », « dynamisme », « transformation », « fission nucléaire », « sacrifice saint », « communion », tâchent de rendre compte de cette articulation entre la liturgie eucharistique et la liturgie de la vie qui nous est confiée et qui est la nôtre. Le culte agréable à Dieu, c’est de « vivre selon le dimanche » (n°72). C’était la terminologie d’Ignace d’Antioche pour qualifier les chrétiens.
Enfin, l’adoration
Plusieurs interventions ont souligné l’importance en Occident de l’adoration eucharistique (n°66-67). L’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr J. Perrier, avait noté son actualité pour la prière des jeunes et donné des critères de discernement et d’accompagnement. L’adoration du côté latin a surgi non pas comme une nouvelle forme de prière ou de dévotion, non pas d’abord pour « garder Jésus auprès de soi » ou risquer même de le chosifier, mais pour inscrire la « forme » eucharistique dans l’histoire humaine (n°76). Saint Augustin (cité au n°70) dit de belle manière que si nous mangeons le corps du Christ et nous buvons à la coupe de son sang, le mouvement réciproque est encore plus vrai : c’est le Christ qui nous prend en son corps et fait de nous son corps. L’acte de manducation est de totale et mutuelle confiance. Il doit être fait en « adoration véritable ». Cependant la plus belle des Eucharisties, puisque et tant que notre vie se poursuit, ne nous permet pas d’être totalement mis en Lui, transformé. L’Eglise elle-même est appelée à grandir et à se sanctifier encore et toujours comme « corps du Christ ». Cette « extériorité » que nous pouvons éprouver par rapport à l’acte sauveur du Christ nous est manifestée dans l’acte d’adoration de son corps. Il nous faut passer du temps devant Lui pour que notre être passe en Lui. C’est la Pâque ! Le temps que nous sommes, l’histoire qui est la nôtre a besoin de ce temps d’adoration pour « passer en Lui » totale ment. L’acte du Christ sauveur a besoin de temps pour opérer en nous les fruits du salut. Dans l’adoration véritable et humble de son corps eucharistique, nous avouons notre désir d’être tout entier en Lui et en même temps nous avouons que seule sa grâce peut « faire » cela et que Dieu prend son temps. Toute une théologie de l’histoire est comprise dans ce lien entre l’Acte pascal du Christ et l’adoration de son corps. Ce point est décisif pour la mission et pour l’évangélisation.
Q - D’autres points restent douloureux à en croire différents commentaires ? Quel devrait être le « bon usage » de cette exhortation ?
P. A. Mattheeuws - Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! Si on se fixe uniquement sur ses propres désirs et attentes, on sera frustré ou bien, pire encore, dans la variété des points de l’exhortation, on trouvera toujours un point sur lequel se bloquer et se rigidifier. Avant d’en parler il faut lire l’exhortation calmement, seul ou en bonne compagnie, avec un commentaire. Chacun trouvera dans le texte des points qui l’attireront ou le contraire. Il faut s’arrêter sur les consonances que l’on a pour telle ou telle expression. Ce qui ne résonne pas avec notre mentalité, notre manière de voir, notre sensibilité : il faut l’affronter et essayer de comprendre. Toutes les questions ne sont pas résolues dans une exhortation ou même dans un compendium. Mais voyager paisiblement entre ce qui attire et ce qui éloigne, nous permet peut-être d’approfondir un Mystère qui est au-delà des mots. Tel est le but poursuivi : approfondir le sacrement d’un amour qui nous dépasse.
[FIN]
ZF07032004
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Le p. Mattheeuws analyse l’exhortation sur l’Eucharistie « Sacramentum Caritatis » (III)
« Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! »
ROME, Mardi 20 mars 2007 (ZENIT.org) – « Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! (…) Tel est le but poursuivi : approfondir le sacrement d’un amour qui nous dépasse » : dans cet entretien, le P. Alain Mattheeuws, jésuite belge, présente quelques clefs pour susciter la lecture de l’exhortation apostolique post-synodale de Benoît XVI, « Sacramentum Caritatis ».
Le P. Mattheeuws, sj, expert au synode d’octobre 2005 sur l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise », est en effet co-auteur d’un « guide de lecture » accompagnant le texte de l’exhortation apostolique « Le sacrement de l’amour », présentée par le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles (éd. « Fidélité », http://www.fidelite.be).
Ce deuxième grand document du pontificat a été présenté au Vatican il y a une semaine (cf. Zenit des 13 et 14 mars, et, pour les 1ère et 2e parties de cet entretien, Zenit des 15 et 19 mars 2007).
Q - Plusieurs thèmes restent « controversés », qu’est-ce qui vous apparaît comme décisif et original dans cette exhortation ?
P. A. Mattheeuws - Ce que j’ai dit dans la première interview, en novembre 2005 sur les points délicats tels que le célibat sacerdotal, les divorcés remariés, la cohérence morale me semble pouvoir encore être utile pour comprendre ce qu’en dit maintenant l’exhortation. Par ailleurs, pour répondre à votre question, il me semble qu’il faut souligner trois points théologiques décisifs et approfondis de manière originale : la beauté, le culte et la vie, l’adoration.
Commençons par la Beauté. En italien, le mot « stupore » a une belle sonorité : il chante le mystère. Il évoque et traduit pour l’eucharistie, les mots d’ « émerveillement », de « stupeur », d’« étonnement ». La liturgie eucharistique est un acte de louange qui ouvre les personnes devant le mystère. Elle est « veritatis splendor », splendeur de la vérité (titre d’une encyclique consacrée à la théologie morale !) (n°34). En soi, la liturgie est liée à la beauté. Cette beauté est à comprendre non pas comme un esthétisme de bon ou de mauvais aloi. Elle est « christologique » : elle fait resplendir le visage du Christ dans l’histoire humaine. En ce sens, l’eucharistie est bien d’abord le fait de Dieu avant d’être le fait de l’Eglise. Elle lui est confiée. Elle la construit dans le temps et dans l’espace. Mais il est primordial de comprendre les traits de ce visage : ils appartiennent au mystère pascal (n°36). Jésus est à la fois « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 45,3) et celui qui « n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards » (Is 53,2). Ces paroles de l’Ancien Testament nous aident à comprendre celles du Nouveau : « Qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14,18) ou bien, les mots de Pilate présentant Jésus : « Voici l’homme » (Jn 19,5). Contempler le Christ et son action, c’est ne jamais détourner son regard de ce qu’est l’homme. L’Esprit seul nous découvre son passage en nos vies.
Ensuite le culte et la vie
Le culte spirituel dont nous parle saint Paul (Rm 12,1) n’est pas spiritualisant au point de nous abstraire du temps. Au contraire, il nous place dans le temps. Le Christ se fait « nourriture de vérité et d’amour » en nous pour que nos vies deviennent « cohérentes » dans nos actions et nos pensées. La vie morale est intimement liée à cette offrande du Christ. Cette « vie » nouvelle est à la fois transformée et transformante. L’eucharistie ne nous mène pas au ciel sans nous placer en responsabilité sur la terre, face aux hommes et au cosmos. Les mots « cohérence », « dynamisme », « transformation », « fission nucléaire », « sacrifice saint », « communion », tâchent de rendre compte de cette articulation entre la liturgie eucharistique et la liturgie de la vie qui nous est confiée et qui est la nôtre. Le culte agréable à Dieu, c’est de « vivre selon le dimanche » (n°72). C’était la terminologie d’Ignace d’Antioche pour qualifier les chrétiens.
Enfin, l’adoration
Plusieurs interventions ont souligné l’importance en Occident de l’adoration eucharistique (n°66-67). L’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr J. Perrier, avait noté son actualité pour la prière des jeunes et donné des critères de discernement et d’accompagnement. L’adoration du côté latin a surgi non pas comme une nouvelle forme de prière ou de dévotion, non pas d’abord pour « garder Jésus auprès de soi » ou risquer même de le chosifier, mais pour inscrire la « forme » eucharistique dans l’histoire humaine (n°76). Saint Augustin (cité au n°70) dit de belle manière que si nous mangeons le corps du Christ et nous buvons à la coupe de son sang, le mouvement réciproque est encore plus vrai : c’est le Christ qui nous prend en son corps et fait de nous son corps. L’acte de manducation est de totale et mutuelle confiance. Il doit être fait en « adoration véritable ». Cependant la plus belle des Eucharisties, puisque et tant que notre vie se poursuit, ne nous permet pas d’être totalement mis en Lui, transformé. L’Eglise elle-même est appelée à grandir et à se sanctifier encore et toujours comme « corps du Christ ». Cette « extériorité » que nous pouvons éprouver par rapport à l’acte sauveur du Christ nous est manifestée dans l’acte d’adoration de son corps. Il nous faut passer du temps devant Lui pour que notre être passe en Lui. C’est la Pâque ! Le temps que nous sommes, l’histoire qui est la nôtre a besoin de ce temps d’adoration pour « passer en Lui » totale ment. L’acte du Christ sauveur a besoin de temps pour opérer en nous les fruits du salut. Dans l’adoration véritable et humble de son corps eucharistique, nous avouons notre désir d’être tout entier en Lui et en même temps nous avouons que seule sa grâce peut « faire » cela et que Dieu prend son temps. Toute une théologie de l’histoire est comprise dans ce lien entre l’Acte pascal du Christ et l’adoration de son corps. Ce point est décisif pour la mission et pour l’évangélisation.
Q - D’autres points restent douloureux à en croire différents commentaires ? Quel devrait être le « bon usage » de cette exhortation ?
P. A. Mattheeuws - Il faut la lire ! Avec les yeux ouverts ! Si on se fixe uniquement sur ses propres désirs et attentes, on sera frustré ou bien, pire encore, dans la variété des points de l’exhortation, on trouvera toujours un point sur lequel se bloquer et se rigidifier. Avant d’en parler il faut lire l’exhortation calmement, seul ou en bonne compagnie, avec un commentaire. Chacun trouvera dans le texte des points qui l’attireront ou le contraire. Il faut s’arrêter sur les consonances que l’on a pour telle ou telle expression. Ce qui ne résonne pas avec notre mentalité, notre manière de voir, notre sensibilité : il faut l’affronter et essayer de comprendre. Toutes les questions ne sont pas résolues dans une exhortation ou même dans un compendium. Mais voyager paisiblement entre ce qui attire et ce qui éloigne, nous permet peut-être d’approfondir un Mystère qui est au-delà des mots. Tel est le but poursuivi : approfondir le sacrement d’un amour qui nous dépasse.
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Analyse de l'abbé Laguérie
J'ai trouvé sur le blog de l'abbé Laguérie ( Institut du Bon Pasteur ) cette analyse de l'Exhortation apostolique du Saint Père qui me parait très intéressante :
...................
Chère Madame,
Effectivement, je ne vais pas vous commenter ce document dans son ensemble mais vous donner quelques impressions à chaud. D’autant que la quasi-certitude, à présent, de voir apparaître très rapidement le « Motu Proprio » modifiera considérablement la donne.
Mais tout d’abord, deux coups de cœur merveilleux, des clins d’œil peut-être, qui sait ? Jugez plutôt.
« Le sacerdoce, comme disait saint Augustin, est « amoris officium », est l’office du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ». (au § 23).
Inutile de dire combien une phrase comme celle-ci, outre qu’elle donne à tout prêtre le modèle exemplaire du Bon Pasteur dans l’extrémité de la charité livrant sa propre vie, pulvérise toute autre conception d’un sacerdoce pris comme moyen de sainteté personnelle, alors que c’est très exactement l’inverse : c’est son ministère qui exige et suppose la sainteté chez le prêtre. Je suis sûr que tous mes confrères de l’I.B.P. auront reçu cette phrase comme une exhortation à poursuivre avec ferveur la route inaugurée le 8 septembre dernier.
« Les évêques impliqueront dans les nécessités pastorales (le Pape parle du manque cruel de prêtres, par endroit. Note du Blog) les instituts de vie consacrée et les nouvelles réalités ecclésiales, dans le respect de leur charisme propre, et ils solliciteront tous les membres du clergé à une plus grande disponibilité pour servir l’Eglise là où il en est besoin, même au prix de sacrifices ». (au § 25).
La volonté du Pape est très claire : utiliser tous les prêtres disponibles, ceux en particulier des instituts récents, avec leur charisme propre. C’est la vraie, la seule politique vraiment catholique pour sortir l’Eglise de la désertification qu’elle connaît dans certaines régions comme notre pauvre France. Et non pas ce fantasme inouï d’une église « adapée » un peu partout avec un prêtre, héroïque sans doute, tous les 100 kilomètres. Au Nom de Dieu, les évêques français vont-ils appliquer enfin cette solution qui serait leur honneur et leur salut ? Car de quels sacrifices parle donc le Pape ? Sans doute de ceux des prêtres ainsi lâchés dans une bataille disproportionnée à leurs forces. Mais la grammaire française permet de dire qu’il s’agit aussi bien de ceux des évêques, (seul sujet de la phrase avec cette virgule qui isole le reste), dont on sait que faire appel à ces prêtres ne leur est pas toujours forcément agréable . Si les évêques français, à la suite et à l’exemple précurseur de Mgr Ricard, voulaient bien se mettre à suivre en ce domaine la consigne très claire du Pape, on se prend à rêver. Quelques cinq cent paroisses pourraient être pourvues rapidement de pasteurs et le mouvement ainsi créé remplirait très vite les séminaires. Est-ce une idéologie qui va ainsi humilier tous les chrétiens, face à l’athéisme galopant, et pour très longtemps encore, si les évêques persistent dans ce qu’il faut bien appeler comme le Pape un recul devant le sacrifice ? Qui ne voit que ce sacrifice se changerait bien vite en fierté, en prospérité, avec en prime ce capital insoupçonnable d’admiration retrouvée ? Il y a de la place pour tout le monde, que diable, et bien davantage encore. Jusqu’à quand des prêtres au chômage (comme quelques uns de la Fraternité Saint Pierre) quand le prêtre du diocèse couvre 50, 70 ou 100 paroisses et se tue à une tâche impossible ? Oui, il est grand temps, les évêques doivent solliciter tous les prêtres disponibles et ce, même au prix de sacrifices.
Ce document est dans l’ensemble comme dans le détail une volonté de revenir à une cohérence liturgique. Une volonté de ramener la Tradition dans la liturgie, avec ses droits imprescriptibles et constitutifs. La liturgie est le lieu privilégié de la Tradition et sa quintessence, ne se trouvant dans l’Ecriture que de façon embryonnaire ; on sait aussi que, par définition, toute rupture est létale dans ce domaine comme l’a souvent souligné le Cardinal Ratzinger.
C’est à la lumière de cette volonté qu’il faut lire le §3 du document, sans doute le plus sensible et le plus névralgique ! Citons intégralement ce passage décisif :
Le développement du rite eucharistique
3. En regardant l’histoire bimillénaire de l’Église de Dieu, guidée par l’action sage de l’Esprit Saint, nous admirons, pleins de gratitude, le développement, ordonné dans le temps, des formes rituelles par lesquelles nous faisons mémoire de l’événement de notre salut. Depuis les multiples formes des premiers siècles, qui resplendissent encore dans les rites des antiques Églises d’Orient, jusqu’à la diffusion du rite romain ; depuis les indications claires du Concile de Trente et du Missel de saint Pie V jusqu’au renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II : à chaque étape de l’histoire de l’Église, la célébration eucharistique, en tant que source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, resplendit de toute sa richesse multiforme dans le rite liturgique. La XIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, qui s’est déroulée du 2 au 23 octobre 2005 au Vatican, a exprimé en regard de cette histoire un profond remerciement à Dieu, reconnaissant que l’Esprit Saint la guide activement. Les Pères synodaux ont en particulier constaté et rappelé l’influence bénéfique que la réforme liturgique réalisée à partir du Concile œcuménique Vatican II a eue pour la vie de l’Église. (5) Le Synode des Évêques a eu la possibilité d’évaluer la réception de cette réforme après les assises conciliaires. Les appréciations ont été nombreuses. Les difficultés et aussi certains abus qui ont été relevés ne peuvent pas masquer, a-t-il été affirmé, que le renouveau liturgique, qui contient encore des richesses qui n’ont pas été pleinement explorées, est bon et valable. Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le Concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite lui-même, sans introduire de ruptures artificielles.
A propos duquel nous ferons les remarques suivantes :
L’admirable développement, fruit du Saint-Esprit dont parle le Pape avec action de grâces porte sur tous les rites anciens et va jusqu’au renouveau voulu par le Concile Vatican II. Il n’inclut pas le rite nouveau, quoiqu’il en soit de sa conformité ou non avec ledit renouveau. Comme dit l’autre, c’est peut-être un détail pour vous… pas pour moi !
Le pape attribue aux pères synodaux le constat bénéfique de la réforme liturgique elle-même. Il ne le fait pas sien. On sait combien le Pape a eu de difficultés, au cours du synode lui-même, sur ce point et qu’il a été contré par un grand nombre de pères sur le seul fait de parler de la liturgie traditionnelle. Il suffit de se souvenir de la presse de l’époque.
Enfin, et on reconnaît-là la signature personnelle du Pasteur Commun, le Pape propose de poursuivre l’évaluation, inaugurée au Synode, de la réception de la réforme liturgique proprement dite. Il mentionne que cette réception a connu des difficultés et des abus quoique les pères synodaux (encore eux !) n’y aient vu que du bon et du valable et des richesses non encore explorées. Le Pape introduit alors, en matière liturgique, l’herméneutique de la continuité qu’il avait si bien campée en matière doctrinale dans son document du 22 décembre 2005 à la Curie. Le nouveau rite n’est plus mentionné : il faudra lire les changements voulus par le Concile dans la continuité de la liturgie de toujours en supprimant les éléments qui constituent une rupture artificielle.
C’est de l’art, du très grand art ! A tous ceux qui, comme moi, ont été surpris et quelque peu déçus par une première lecture superficielle de ce paragraphe, je dis : relisez-le à la loupe. Nous tous qui savons, pour l’avoir vécue, la violence, l’injustice et bien souvent les scandales qui ont parsemé cette réforme liturgique postconciliaire, nous devons comprendre que les choses changent et rondement. A ceux qui pensent que les choses ne vont pas assez vite, qu’il faudrait être encore plus clair, je dis tout net : c’est de la gaminerie ! Voilà 30 années que rien ne bougeait, que l’effondrement de la vie chrétienne se poursuivait, morne et inexorable et, en même pas deux ans, nous voici à la veille d’un retour de la messe grégorienne et d’un alignement du nouveau rite sur la base d’une herméneutique de continuité, donc de tradition. Quand on sait les réticences, les craintes et la lenteur du cosmos épiscopal ; quand on sait les préjugés, l’idéologie dominante et militante de bon nombre d’entre eux ; quand on sait la fureur aussi de quelques-uns qui sautent immédiatement dans l’avion pour Rome, depuis de nombreuses années, dès qu’il entendent chuchoter qu’on pourrait éventuellement ramener la Tradition liturgique (qui leur fait, semble-t-il, bien plus peur que la désertification de leur diocèse) : tout cela tient d’un miracle qu’il faudra peut-être utiliser un jour à bon escient…
Souvenez-vous qu’en 1986 le Pape Jean-Paul II a réuni une commission de neuf cardinaux pour leur poser deux questions : le missel du Pape Pie V a-t-il été abrogé et faut-il le réintroduire dans l’Eglise ? Huit des neuf cardinaux avaient répondu non à la première et oui à la seconde. Il se passa alors une chose incroyable : il ne se passa rien. Sauf que les compagnies Air-France et Alitalia s’étonnèrent de transporter autant d’évêques en si peu de temps !
Je n’ai abordé que quelques points de ce document préparatoire capital, bien succinctement. Mais tout de même le paragraphe le plus délicat, reconnaissez-le. Mille autres passages sont de nature à donner l’espoir que le renouveau liturgique est proche. Relevons la tête, mais surtout prions plus ardemment pour que ce qui est annoncé si clairement voit cette fois-ci le jour, pour la gloire de notre Eglise Catholique. Que son éternelle jeunesse soit renouvelée comme celle de l’aigle. (Psaume 102, verset 5)
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Chère Madame,
Effectivement, je ne vais pas vous commenter ce document dans son ensemble mais vous donner quelques impressions à chaud. D’autant que la quasi-certitude, à présent, de voir apparaître très rapidement le « Motu Proprio » modifiera considérablement la donne.
Mais tout d’abord, deux coups de cœur merveilleux, des clins d’œil peut-être, qui sait ? Jugez plutôt.
« Le sacerdoce, comme disait saint Augustin, est « amoris officium », est l’office du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis ». (au § 23).
Inutile de dire combien une phrase comme celle-ci, outre qu’elle donne à tout prêtre le modèle exemplaire du Bon Pasteur dans l’extrémité de la charité livrant sa propre vie, pulvérise toute autre conception d’un sacerdoce pris comme moyen de sainteté personnelle, alors que c’est très exactement l’inverse : c’est son ministère qui exige et suppose la sainteté chez le prêtre. Je suis sûr que tous mes confrères de l’I.B.P. auront reçu cette phrase comme une exhortation à poursuivre avec ferveur la route inaugurée le 8 septembre dernier.
« Les évêques impliqueront dans les nécessités pastorales (le Pape parle du manque cruel de prêtres, par endroit. Note du Blog) les instituts de vie consacrée et les nouvelles réalités ecclésiales, dans le respect de leur charisme propre, et ils solliciteront tous les membres du clergé à une plus grande disponibilité pour servir l’Eglise là où il en est besoin, même au prix de sacrifices ». (au § 25).
La volonté du Pape est très claire : utiliser tous les prêtres disponibles, ceux en particulier des instituts récents, avec leur charisme propre. C’est la vraie, la seule politique vraiment catholique pour sortir l’Eglise de la désertification qu’elle connaît dans certaines régions comme notre pauvre France. Et non pas ce fantasme inouï d’une église « adapée » un peu partout avec un prêtre, héroïque sans doute, tous les 100 kilomètres. Au Nom de Dieu, les évêques français vont-ils appliquer enfin cette solution qui serait leur honneur et leur salut ? Car de quels sacrifices parle donc le Pape ? Sans doute de ceux des prêtres ainsi lâchés dans une bataille disproportionnée à leurs forces. Mais la grammaire française permet de dire qu’il s’agit aussi bien de ceux des évêques, (seul sujet de la phrase avec cette virgule qui isole le reste), dont on sait que faire appel à ces prêtres ne leur est pas toujours forcément agréable . Si les évêques français, à la suite et à l’exemple précurseur de Mgr Ricard, voulaient bien se mettre à suivre en ce domaine la consigne très claire du Pape, on se prend à rêver. Quelques cinq cent paroisses pourraient être pourvues rapidement de pasteurs et le mouvement ainsi créé remplirait très vite les séminaires. Est-ce une idéologie qui va ainsi humilier tous les chrétiens, face à l’athéisme galopant, et pour très longtemps encore, si les évêques persistent dans ce qu’il faut bien appeler comme le Pape un recul devant le sacrifice ? Qui ne voit que ce sacrifice se changerait bien vite en fierté, en prospérité, avec en prime ce capital insoupçonnable d’admiration retrouvée ? Il y a de la place pour tout le monde, que diable, et bien davantage encore. Jusqu’à quand des prêtres au chômage (comme quelques uns de la Fraternité Saint Pierre) quand le prêtre du diocèse couvre 50, 70 ou 100 paroisses et se tue à une tâche impossible ? Oui, il est grand temps, les évêques doivent solliciter tous les prêtres disponibles et ce, même au prix de sacrifices.
Ce document est dans l’ensemble comme dans le détail une volonté de revenir à une cohérence liturgique. Une volonté de ramener la Tradition dans la liturgie, avec ses droits imprescriptibles et constitutifs. La liturgie est le lieu privilégié de la Tradition et sa quintessence, ne se trouvant dans l’Ecriture que de façon embryonnaire ; on sait aussi que, par définition, toute rupture est létale dans ce domaine comme l’a souvent souligné le Cardinal Ratzinger.
C’est à la lumière de cette volonté qu’il faut lire le §3 du document, sans doute le plus sensible et le plus névralgique ! Citons intégralement ce passage décisif :
Le développement du rite eucharistique
3. En regardant l’histoire bimillénaire de l’Église de Dieu, guidée par l’action sage de l’Esprit Saint, nous admirons, pleins de gratitude, le développement, ordonné dans le temps, des formes rituelles par lesquelles nous faisons mémoire de l’événement de notre salut. Depuis les multiples formes des premiers siècles, qui resplendissent encore dans les rites des antiques Églises d’Orient, jusqu’à la diffusion du rite romain ; depuis les indications claires du Concile de Trente et du Missel de saint Pie V jusqu’au renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II : à chaque étape de l’histoire de l’Église, la célébration eucharistique, en tant que source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, resplendit de toute sa richesse multiforme dans le rite liturgique. La XIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, qui s’est déroulée du 2 au 23 octobre 2005 au Vatican, a exprimé en regard de cette histoire un profond remerciement à Dieu, reconnaissant que l’Esprit Saint la guide activement. Les Pères synodaux ont en particulier constaté et rappelé l’influence bénéfique que la réforme liturgique réalisée à partir du Concile œcuménique Vatican II a eue pour la vie de l’Église. (5) Le Synode des Évêques a eu la possibilité d’évaluer la réception de cette réforme après les assises conciliaires. Les appréciations ont été nombreuses. Les difficultés et aussi certains abus qui ont été relevés ne peuvent pas masquer, a-t-il été affirmé, que le renouveau liturgique, qui contient encore des richesses qui n’ont pas été pleinement explorées, est bon et valable. Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le Concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite lui-même, sans introduire de ruptures artificielles.
A propos duquel nous ferons les remarques suivantes :
L’admirable développement, fruit du Saint-Esprit dont parle le Pape avec action de grâces porte sur tous les rites anciens et va jusqu’au renouveau voulu par le Concile Vatican II. Il n’inclut pas le rite nouveau, quoiqu’il en soit de sa conformité ou non avec ledit renouveau. Comme dit l’autre, c’est peut-être un détail pour vous… pas pour moi !
Le pape attribue aux pères synodaux le constat bénéfique de la réforme liturgique elle-même. Il ne le fait pas sien. On sait combien le Pape a eu de difficultés, au cours du synode lui-même, sur ce point et qu’il a été contré par un grand nombre de pères sur le seul fait de parler de la liturgie traditionnelle. Il suffit de se souvenir de la presse de l’époque.
Enfin, et on reconnaît-là la signature personnelle du Pasteur Commun, le Pape propose de poursuivre l’évaluation, inaugurée au Synode, de la réception de la réforme liturgique proprement dite. Il mentionne que cette réception a connu des difficultés et des abus quoique les pères synodaux (encore eux !) n’y aient vu que du bon et du valable et des richesses non encore explorées. Le Pape introduit alors, en matière liturgique, l’herméneutique de la continuité qu’il avait si bien campée en matière doctrinale dans son document du 22 décembre 2005 à la Curie. Le nouveau rite n’est plus mentionné : il faudra lire les changements voulus par le Concile dans la continuité de la liturgie de toujours en supprimant les éléments qui constituent une rupture artificielle.
C’est de l’art, du très grand art ! A tous ceux qui, comme moi, ont été surpris et quelque peu déçus par une première lecture superficielle de ce paragraphe, je dis : relisez-le à la loupe. Nous tous qui savons, pour l’avoir vécue, la violence, l’injustice et bien souvent les scandales qui ont parsemé cette réforme liturgique postconciliaire, nous devons comprendre que les choses changent et rondement. A ceux qui pensent que les choses ne vont pas assez vite, qu’il faudrait être encore plus clair, je dis tout net : c’est de la gaminerie ! Voilà 30 années que rien ne bougeait, que l’effondrement de la vie chrétienne se poursuivait, morne et inexorable et, en même pas deux ans, nous voici à la veille d’un retour de la messe grégorienne et d’un alignement du nouveau rite sur la base d’une herméneutique de continuité, donc de tradition. Quand on sait les réticences, les craintes et la lenteur du cosmos épiscopal ; quand on sait les préjugés, l’idéologie dominante et militante de bon nombre d’entre eux ; quand on sait la fureur aussi de quelques-uns qui sautent immédiatement dans l’avion pour Rome, depuis de nombreuses années, dès qu’il entendent chuchoter qu’on pourrait éventuellement ramener la Tradition liturgique (qui leur fait, semble-t-il, bien plus peur que la désertification de leur diocèse) : tout cela tient d’un miracle qu’il faudra peut-être utiliser un jour à bon escient…
Souvenez-vous qu’en 1986 le Pape Jean-Paul II a réuni une commission de neuf cardinaux pour leur poser deux questions : le missel du Pape Pie V a-t-il été abrogé et faut-il le réintroduire dans l’Eglise ? Huit des neuf cardinaux avaient répondu non à la première et oui à la seconde. Il se passa alors une chose incroyable : il ne se passa rien. Sauf que les compagnies Air-France et Alitalia s’étonnèrent de transporter autant d’évêques en si peu de temps !
Je n’ai abordé que quelques points de ce document préparatoire capital, bien succinctement. Mais tout de même le paragraphe le plus délicat, reconnaissez-le. Mille autres passages sont de nature à donner l’espoir que le renouveau liturgique est proche. Relevons la tête, mais surtout prions plus ardemment pour que ce qui est annoncé si clairement voit cette fois-ci le jour, pour la gloire de notre Eglise Catholique. Que son éternelle jeunesse soit renouvelée comme celle de l’aigle. (Psaume 102, verset 5)
- VexillumRegis
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- Inscription : ven. 21 mai 2004, 22:32
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[align=center][font=Arial]Exhortation Apostolique Sacramentum Caritatis (II)[/font]
Les questions disputées…[/align]
[align=justify]Après notre lecture d’ensemble de l’Exhortation Apostolique Sacramentum Caritatis (SC) de Benoît XVI, il est bon de revenir cette semaine sur quelques rappels qui ont particulièrement ému les médias et le grand public, mais dont le sens apparaît lumineux dès lors qu’on prend la peine de les placer dans la perspective catholique, où l’Eucharistie est tout à la fois Mystère, Offrande de soi et Communion de charité. Ainsi…
ON PARLE DU RETOUR DE LA MESSE EN LATIN ?
« Pour mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II : excepté les lectures, l’homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine ; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues de la tradition de l’Église, et éventuellement que soient exécutées des pièces de chant grégorien. De façon plus générale, je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu’à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien ; on ne négligera pas la possibilité d’éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu’au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie. » (SC 62)
La requête du Saint-Père vise avant tout les Messes célébrées à l’occasion des grands rassemblements, auxquels prennent part des fidèles de cultures et de langues différentes. On comprendra facilement que l’utilisation du latin, « langue universelle de l’Église romaine », permette de « mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Église ». En outre, comme langue cultuelle et sacrée, le latin est propre à suggérer combien l’Eucharistie est un Mystère surnaturel.
Ce rappel n’est en aucun cas un « retour en arrière », mais une simple marque de fidélité aux intentions du concile Vatican II : s’il découle du bon sens que les lectures, l’homélie et la prière universelle soient prononcées dans les langues maternelles, « on veillera, écrit Vatican II, à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine les parties de l’ordinaire de la Messe qui leur reviennent. » Sur ce point, comme sur celui du chant grégorien, il est vrai que le Concile n’aura guère été suivi en France, d’où l’émotion suscitée par ce simple rappel... de bon sens !
D’ACCORD, MAIS LA COMMUNION POUR LES DIVORCES-REMARIES ?
« Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer. L’attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s’agit d’un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. SC 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. »
Il y a là une question de cohérence. La vérité de l’Eucharistie, c’est que ce sacrement signifie le don d’amour total et irréversible que Jésus fait de son Corps à l’Église. La vérité du mariage chrétien, c’est que, dans ce sacrement, les époux signifient par le don total qu’ils se font de leur vie le don total que Dieu fait aux hommes de sa propre vie. Le mariage et l’Eucharistie signifient donc la même vérité : celle de l’amour absolument fidèle – et on sait au prix de quelles souffrances ! – que Dieu veut offrir aux hommes.
Quand, d’une manière qu’il revient à Dieu seul de juger, l’union de deux époux à été non seulement rompue mais remplacée par une seconde union de type conjugal, on comprend aisément que cette situation « contredit objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie », car l’amour de Dieu pour chacun de nous est unique, total et définitif. Dans une telle situation, la Communion eucharistique serait détournée de sa signification.
Si, pour ce motif de cohérence, les personnes divorcées-remariées (comme du reste tout chrétien dont le cœur serait dans une situation d’infidélité à l’amour de Dieu) ne peuvent participer à la Communion, elles n’en sont pas pour autant «excommuniées», comme trop souvent on l’entend dire, et faussement. Cela est très clairement souligné par le Pape et par les évêques qui connaissent de près ces situations complexes et douloureuses :
« Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d’appartenir à l’Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu’ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants. » (MC 29) De quoi, donc, apporter vraiment sa pierre à l’édifice de l’Église !
… ET FINALEMENT, LE CELIBAT DES PRETRES ?
« Les Pères synodaux ont voulu souligner que le sacerdoce ministériel requiert, à travers l’ordination, l’entière configuration au Christ. Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale, il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l’épiscopat. Dans un tel choix, en effet, le dévouement qui conforme le prêtre au Christ et l’offrande exclusive de lui-même pour le Règne de Dieu trouvent une expression particulière. Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité, ait vécu sa mission jusqu’au Sacrifice de la Croix dans l’état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l’Église latine sur cette question. »
Le Synode des Évêques – auquel, il faut le souligner, nombre d’évêques orientaux ont participé – est unanime à souligner la richesse de l’antique tradition latine du célibat des prêtres. Il ne s’agit pas tant, par cet état de célibat, de jouir de cette totale disponibilité pour la vie paroissiale que restreindrait la charge d’une famille. Il s’agit plus fondamentalement d’un célibat « consacré », signe d’un don total que le prêtre fait de sa vie à Dieu et à l’Église, par amour, à l’image du sacrifice que le Christ offrit de sa vie sur la Croix.
Cette consécration du prêtre à Dieu et à la famille spirituelle qui lui est confiée, le prêtre est appelé à la vivre à la manière dont un époux donne toute sa vie pour les siens, à la manière surtout dont le Christ à donné sa vie pour aimer et sauver tous les hommes, et non pas quelques uns en particulier. Aussi l’Exhortation peut-elle écrire :
« Il n’est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal ; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse. Unie à la grande tradition ecclésiale, au Concile Vatican II et aux Souverains Pontifes mes prédécesseurs, je redis la beauté et l’importance d’une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu, et j’en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l’Église et pour la société elle-même. » (SC 24)
Thomas Diradourian, prêtre +[/align]
Les questions disputées…[/align]
[align=justify]Après notre lecture d’ensemble de l’Exhortation Apostolique Sacramentum Caritatis (SC) de Benoît XVI, il est bon de revenir cette semaine sur quelques rappels qui ont particulièrement ému les médias et le grand public, mais dont le sens apparaît lumineux dès lors qu’on prend la peine de les placer dans la perspective catholique, où l’Eucharistie est tout à la fois Mystère, Offrande de soi et Communion de charité. Ainsi…
ON PARLE DU RETOUR DE LA MESSE EN LATIN ?
« Pour mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II : excepté les lectures, l’homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine ; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues de la tradition de l’Église, et éventuellement que soient exécutées des pièces de chant grégorien. De façon plus générale, je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu’à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien ; on ne négligera pas la possibilité d’éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu’au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie. » (SC 62)
La requête du Saint-Père vise avant tout les Messes célébrées à l’occasion des grands rassemblements, auxquels prennent part des fidèles de cultures et de langues différentes. On comprendra facilement que l’utilisation du latin, « langue universelle de l’Église romaine », permette de « mieux exprimer l’unité et l’universalité de l’Église ». En outre, comme langue cultuelle et sacrée, le latin est propre à suggérer combien l’Eucharistie est un Mystère surnaturel.
Ce rappel n’est en aucun cas un « retour en arrière », mais une simple marque de fidélité aux intentions du concile Vatican II : s’il découle du bon sens que les lectures, l’homélie et la prière universelle soient prononcées dans les langues maternelles, « on veillera, écrit Vatican II, à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine les parties de l’ordinaire de la Messe qui leur reviennent. » Sur ce point, comme sur celui du chant grégorien, il est vrai que le Concile n’aura guère été suivi en France, d’où l’émotion suscitée par ce simple rappel... de bon sens !
D’ACCORD, MAIS LA COMMUNION POUR LES DIVORCES-REMARIES ?
« Si l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l’indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer. L’attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s’agit d’un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. SC 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie. »
Il y a là une question de cohérence. La vérité de l’Eucharistie, c’est que ce sacrement signifie le don d’amour total et irréversible que Jésus fait de son Corps à l’Église. La vérité du mariage chrétien, c’est que, dans ce sacrement, les époux signifient par le don total qu’ils se font de leur vie le don total que Dieu fait aux hommes de sa propre vie. Le mariage et l’Eucharistie signifient donc la même vérité : celle de l’amour absolument fidèle – et on sait au prix de quelles souffrances ! – que Dieu veut offrir aux hommes.
Quand, d’une manière qu’il revient à Dieu seul de juger, l’union de deux époux à été non seulement rompue mais remplacée par une seconde union de type conjugal, on comprend aisément que cette situation « contredit objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie », car l’amour de Dieu pour chacun de nous est unique, total et définitif. Dans une telle situation, la Communion eucharistique serait détournée de sa signification.
Si, pour ce motif de cohérence, les personnes divorcées-remariées (comme du reste tout chrétien dont le cœur serait dans une situation d’infidélité à l’amour de Dieu) ne peuvent participer à la Communion, elles n’en sont pas pour autant «excommuniées», comme trop souvent on l’entend dire, et faussement. Cela est très clairement souligné par le Pape et par les évêques qui connaissent de près ces situations complexes et douloureuses :
« Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d’appartenir à l’Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu’ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants. » (MC 29) De quoi, donc, apporter vraiment sa pierre à l’édifice de l’Église !
… ET FINALEMENT, LE CELIBAT DES PRETRES ?
« Les Pères synodaux ont voulu souligner que le sacerdoce ministériel requiert, à travers l’ordination, l’entière configuration au Christ. Tout en respectant les pratiques différentes et la tradition orientale, il convient de rappeler le sens profond du célibat sacerdotal, justement considéré comme une richesse inestimable et confirmé aussi dans la pratique orientale pour les candidats à l’épiscopat. Dans un tel choix, en effet, le dévouement qui conforme le prêtre au Christ et l’offrande exclusive de lui-même pour le Règne de Dieu trouvent une expression particulière. Le fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité, ait vécu sa mission jusqu’au Sacrifice de la Croix dans l’état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l’Église latine sur cette question. »
Le Synode des Évêques – auquel, il faut le souligner, nombre d’évêques orientaux ont participé – est unanime à souligner la richesse de l’antique tradition latine du célibat des prêtres. Il ne s’agit pas tant, par cet état de célibat, de jouir de cette totale disponibilité pour la vie paroissiale que restreindrait la charge d’une famille. Il s’agit plus fondamentalement d’un célibat « consacré », signe d’un don total que le prêtre fait de sa vie à Dieu et à l’Église, par amour, à l’image du sacrifice que le Christ offrit de sa vie sur la Croix.
Cette consécration du prêtre à Dieu et à la famille spirituelle qui lui est confiée, le prêtre est appelé à la vivre à la manière dont un époux donne toute sa vie pour les siens, à la manière surtout dont le Christ à donné sa vie pour aimer et sauver tous les hommes, et non pas quelques uns en particulier. Aussi l’Exhortation peut-elle écrire :
« Il n’est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même. Ce choix est avant tout sponsal ; il est identification au cœur du Christ Époux, qui donne sa vie pour son Épouse. Unie à la grande tradition ecclésiale, au Concile Vatican II et aux Souverains Pontifes mes prédécesseurs, je redis la beauté et l’importance d’une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu, et j’en confirme donc le caractère obligatoire pour la tradition latine. Le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très grande bénédiction pour l’Église et pour la société elle-même. » (SC 24)
Thomas Diradourian, prêtre +[/align]
Dernière modification par VexillumRegis le jeu. 29 mars 2007, 11:23, modifié 2 fois.
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jean_droit
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Où se procurer l'Exhortation Apostolique
En plus du support internet, l'Exhortation Apostolique vient d'être publiée :
1- Vu à La Procure
Exhortation Apostolique post-synodale sur l'eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'église
Sacramentum Caritatis
Benoît XVI
La première exhortation apostolique post-synodale « Sacramentum Caritatis », recueillant les fruits du synode des évêques d’octobre 2005 sur « L'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise » a été présentée à la presse ce matin au Vatican par le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise et rapporteur général de cette 11e assemblée générale ordinaire du synode des évêques, et par le secrétaire général du synode, Mgr Nikola Eterovic. Le document porte la date du 22 février, en la fête de la Chaire de saint Pierre. Il est disponible en français, latin, allemand, anglais, espagnol, italien, polonais et portugais. Le pape annonce également la rédaction d’un compendium sur ce même thème.
Le cardinal Scola a souligné la continuité entre la première encyclique de Benoît XVI « Deus Caritas Est », de janvier 2006, et ce deuxième document important du pape.
« L’insistance du pape, pendant ces deux années de pontificat sur la vérité de l’amour nous dit avec clarté que nous sommes face à l’un des thèmes cruciaux où se joue l’avenir de l’Eglise et de l’humanité », a déclaré le patriarche de Venise.
CERF - 144 pages - 6.65 euros - Le commander
2- Plus malin : Vu Chez Tequi
Edition du Vatican : 5 euros
3- Recommandé ( message de librairiecatholique.com )
Nous vous recommandons également deux autres ouvrages
pour éclairer le texte du Saint-Père
Guide de lecture pour l'Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis
Alain Mattheeuws s.j. et Alban Massie s.j.
Ce Guide de lecture réalisé par Alban Massie et Alain Mattheeuws est d’une double utilité : il permet une lecture personnelle et méditative d’un point précis de l’Exhortation ainsi qu’une lecture et un travail en groupe d’après les questions que les auteurs posent de manière pertinente.
Il comprend en outre une traduction des expressions latines et grecques de l’Exhortation , une table biblique et un index biographique des personnes citées dans l’Exhortation.
LE CERF - 48 pages - 4.27 euros - Le commander
La liturgie, art et métier
François Cassingena-Trévedy
Notre propos veut se situer à la source même de l’émerveillement de la liturgie.
En prenant suffisamment de recul par rapport à certaines initiatives artistiques insuffisamment mûries, comme de certaines maladresses ou précipitations pastorales, il faut faire aujourd’hui, pensons-nous – car on ne la fera jamais assez – une théologie de la liturgie elle-même ; car, dans sa richesse d’expression, la liturgie est à la fois le kaléidoscope qui prismatise toute rencontre avec le Mystère et l’indice de la Beauté le plus certain qui soit au monde.
La méthode que nous suivrons ici ne sera pas cartésienne, sans doute ; mais comment pourrait-elle l’être en de telles matières ? Elle sera expérimentale, intuitive, méditative, impressionniste, circulaire ; homogène à son objet, elle sera elle-même, en un mot, d’ordre artistique. Au commencement d’un siècle nouveau, un demi-siècle après le second concile du Vatican, nous espérons que, secrètement nourries par l’émerveillement devant « la Lumière qui divinise » et le Son qui nous parvient déjà, ces pages pourront susciter une réflexion, une admiration nouvelle pour la liturgie et, tout aussi secrètement, peut-être, réparer et préparer les formes artistiques dont elle a besoin.
AD SOLEM - 184 pages - 19 euros - Le commander
1- Vu à La Procure
Exhortation Apostolique post-synodale sur l'eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'église
Sacramentum Caritatis
Benoît XVI
La première exhortation apostolique post-synodale « Sacramentum Caritatis », recueillant les fruits du synode des évêques d’octobre 2005 sur « L'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise » a été présentée à la presse ce matin au Vatican par le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise et rapporteur général de cette 11e assemblée générale ordinaire du synode des évêques, et par le secrétaire général du synode, Mgr Nikola Eterovic. Le document porte la date du 22 février, en la fête de la Chaire de saint Pierre. Il est disponible en français, latin, allemand, anglais, espagnol, italien, polonais et portugais. Le pape annonce également la rédaction d’un compendium sur ce même thème.
Le cardinal Scola a souligné la continuité entre la première encyclique de Benoît XVI « Deus Caritas Est », de janvier 2006, et ce deuxième document important du pape.
« L’insistance du pape, pendant ces deux années de pontificat sur la vérité de l’amour nous dit avec clarté que nous sommes face à l’un des thèmes cruciaux où se joue l’avenir de l’Eglise et de l’humanité », a déclaré le patriarche de Venise.
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Il comprend en outre une traduction des expressions latines et grecques de l’Exhortation , une table biblique et un index biographique des personnes citées dans l’Exhortation.
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François Cassingena-Trévedy
Notre propos veut se situer à la source même de l’émerveillement de la liturgie.
En prenant suffisamment de recul par rapport à certaines initiatives artistiques insuffisamment mûries, comme de certaines maladresses ou précipitations pastorales, il faut faire aujourd’hui, pensons-nous – car on ne la fera jamais assez – une théologie de la liturgie elle-même ; car, dans sa richesse d’expression, la liturgie est à la fois le kaléidoscope qui prismatise toute rencontre avec le Mystère et l’indice de la Beauté le plus certain qui soit au monde.
La méthode que nous suivrons ici ne sera pas cartésienne, sans doute ; mais comment pourrait-elle l’être en de telles matières ? Elle sera expérimentale, intuitive, méditative, impressionniste, circulaire ; homogène à son objet, elle sera elle-même, en un mot, d’ordre artistique. Au commencement d’un siècle nouveau, un demi-siècle après le second concile du Vatican, nous espérons que, secrètement nourries par l’émerveillement devant « la Lumière qui divinise » et le Son qui nous parvient déjà, ces pages pourront susciter une réflexion, une admiration nouvelle pour la liturgie et, tout aussi secrètement, peut-être, réparer et préparer les formes artistiques dont elle a besoin.
AD SOLEM - 184 pages - 19 euros - Le commander
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Analyse de mgr A.-M. Léonard, Évêque de Namur
S.E Monseigneur André-Mutien Léonard réagit face aux journalistes après la parution de Sacramentum Caritatis
Si j’ai bon souvenir, j’ai entendu Nicolas Buttet parler ainsi de notre Pape lors de sa bouleversante conférence sur l’Eucharistie, à « Bruxelles-Toussaint 2006 ».
Mais, justement, tant que nous en sommes au divin Amadeus, imaginez qu’un splendide concert Mozart soit organisé au Palais des Beaux-Arts (cela rime bien…) et que le chef d’orchestre, tout en expliquant l’architecture et le mouvement de la symphonie « Jupiter », rappelle incidemment à l’auditoire qu’il faut éviter de tousser durant l’exécution et éteindre tout téléphone portable. Vous seriez surpris de lire le lendemain dans la presse une chronique musicale évoquant le concert, sans même mentionner qu’il était consacré à Mozart, mais disant simplement que le chef d’orchestre condamne sans appel la téléphonie sans fil et se montre d’une implacable intransigeance à l’égard des mélomanes enrhumés.
Or c’est à peu près ce qui s’est passé lors de la publication de l’admirable Exhortation post-synodale de Benoît XVI (le Mozart de l’Eucharistie !), intitulée « Le sacrement de l’amour ». Tout en reprenant fidèlement les interventions des évêques présents à ce Synode sur l’Eucharistie en 2005, le Pape y ajoute quelques notes à la tonalité plus personnelle sur la beauté de l’Eucharistie, source, cœur et sommet de la vie chrétienne. Il le fait avec cette simplicité, cette pédagogie, ce beau sens de la formule juste, qui le caractérisent et attirent à Rome, lors des audiences publiques, des foules de plus en plus compactes.
Tout y est dit, sobrement et « bellement », sur l’Eucharistie comme mystère à croire, à célébrer et à vivre.
La première partie est l’occasion d’une limpide catéchèse sur le lien entre l’Eucharistie, les trois Personnes de la Trinité, les sacrements de l’Église, la Vierge Marie et la vie éternelle. Superbe !
La seconde partie donne à Benoît XVI l’occasion de plaider avec cœur, comme il le fait si souvent, pour l’art de bien célébrer la messe, d’une manière si belle et si juste qu’elle soit vraiment digne du mystère de Dieu et de la profondeur de l’existence humaine, en évitant les platitudes qui plaisent pour un temps, mais défigurent à long terme la liturgie de l’Église et la rendent indigne du Seigneur et de l’homme. Benoît XVI s’y exprime longuement, et avec beaucoup de nuances, sur les exigences authentiques d’une « participation active » à la messe. Il consacre également d’admirables développements au sens et à la beauté de l’adoration eucharistique.
Dans la troisième partie, enfin, le Pape développe le rejaillissement de l’Eucharistie sur toutes les vocations chrétiennes et sur les divers aspects du témoignage chrétien à l’intérieur de l’Église et dans le monde, plaidant pour un souci de cohérence entre la participation à l’Eucharistie et nos engagements dans l’Église et la cité.
Quelle surprise, le lendemain de la publication, d’entendre à la radio ou à la télévision ou de lire dans la plupart des journaux des commentaires de l’Exhortation qui, parfois, ne mentionnaient même pas son objet et ne disaient rien de son contenu essentiel ! Ceux qui avaient rédigé ces chroniques semblaient s’être comportés comme ces garnements qui jadis, à l’école, repéraient uniquement dans un roman de Green ou de Mauriac (heureuse époque !) les quelques lignes un peu scabreuses (si peu…) pour s’en délecter. Dans cette immense symphonie du Mozart de l’Eucharistie, ils avaient seulement retenu quelques lignes où, en passant, le Pape rappelle des positions, par ailleurs bien connues, concernant certains points de morale ou de discipline. Comme pour le concert évoqué plus haut !
La presse rend des services inestimables dans nos sociétés démocratiques. Mais je suis quand même régulièrement sidéré par la déconcertante humilité de certains journalistes qui, sans doute pour éviter qu’on se fasse d’eux une idée trop élevée, jugent indispensable de se comporter régulièrement comme des potaches et, en vertu d’un étrange masochisme expiatoire, s’appliquent laborieusement à écrire des commentaires dont l’indigence conduit les lecteurs à déconsidérer leur profession. "Ô l'étrange passion de l'abaissement !", comme aurait dit de Gaulle...
Mgr A.-M. Léonard, Évêque de Namur. 28/03/2007
Si j’ai bon souvenir, j’ai entendu Nicolas Buttet parler ainsi de notre Pape lors de sa bouleversante conférence sur l’Eucharistie, à « Bruxelles-Toussaint 2006 ».
Mais, justement, tant que nous en sommes au divin Amadeus, imaginez qu’un splendide concert Mozart soit organisé au Palais des Beaux-Arts (cela rime bien…) et que le chef d’orchestre, tout en expliquant l’architecture et le mouvement de la symphonie « Jupiter », rappelle incidemment à l’auditoire qu’il faut éviter de tousser durant l’exécution et éteindre tout téléphone portable. Vous seriez surpris de lire le lendemain dans la presse une chronique musicale évoquant le concert, sans même mentionner qu’il était consacré à Mozart, mais disant simplement que le chef d’orchestre condamne sans appel la téléphonie sans fil et se montre d’une implacable intransigeance à l’égard des mélomanes enrhumés.
Or c’est à peu près ce qui s’est passé lors de la publication de l’admirable Exhortation post-synodale de Benoît XVI (le Mozart de l’Eucharistie !), intitulée « Le sacrement de l’amour ». Tout en reprenant fidèlement les interventions des évêques présents à ce Synode sur l’Eucharistie en 2005, le Pape y ajoute quelques notes à la tonalité plus personnelle sur la beauté de l’Eucharistie, source, cœur et sommet de la vie chrétienne. Il le fait avec cette simplicité, cette pédagogie, ce beau sens de la formule juste, qui le caractérisent et attirent à Rome, lors des audiences publiques, des foules de plus en plus compactes.
Tout y est dit, sobrement et « bellement », sur l’Eucharistie comme mystère à croire, à célébrer et à vivre.
La première partie est l’occasion d’une limpide catéchèse sur le lien entre l’Eucharistie, les trois Personnes de la Trinité, les sacrements de l’Église, la Vierge Marie et la vie éternelle. Superbe !
La seconde partie donne à Benoît XVI l’occasion de plaider avec cœur, comme il le fait si souvent, pour l’art de bien célébrer la messe, d’une manière si belle et si juste qu’elle soit vraiment digne du mystère de Dieu et de la profondeur de l’existence humaine, en évitant les platitudes qui plaisent pour un temps, mais défigurent à long terme la liturgie de l’Église et la rendent indigne du Seigneur et de l’homme. Benoît XVI s’y exprime longuement, et avec beaucoup de nuances, sur les exigences authentiques d’une « participation active » à la messe. Il consacre également d’admirables développements au sens et à la beauté de l’adoration eucharistique.
Dans la troisième partie, enfin, le Pape développe le rejaillissement de l’Eucharistie sur toutes les vocations chrétiennes et sur les divers aspects du témoignage chrétien à l’intérieur de l’Église et dans le monde, plaidant pour un souci de cohérence entre la participation à l’Eucharistie et nos engagements dans l’Église et la cité.
Quelle surprise, le lendemain de la publication, d’entendre à la radio ou à la télévision ou de lire dans la plupart des journaux des commentaires de l’Exhortation qui, parfois, ne mentionnaient même pas son objet et ne disaient rien de son contenu essentiel ! Ceux qui avaient rédigé ces chroniques semblaient s’être comportés comme ces garnements qui jadis, à l’école, repéraient uniquement dans un roman de Green ou de Mauriac (heureuse époque !) les quelques lignes un peu scabreuses (si peu…) pour s’en délecter. Dans cette immense symphonie du Mozart de l’Eucharistie, ils avaient seulement retenu quelques lignes où, en passant, le Pape rappelle des positions, par ailleurs bien connues, concernant certains points de morale ou de discipline. Comme pour le concert évoqué plus haut !
La presse rend des services inestimables dans nos sociétés démocratiques. Mais je suis quand même régulièrement sidéré par la déconcertante humilité de certains journalistes qui, sans doute pour éviter qu’on se fasse d’eux une idée trop élevée, jugent indispensable de se comporter régulièrement comme des potaches et, en vertu d’un étrange masochisme expiatoire, s’appliquent laborieusement à écrire des commentaires dont l’indigence conduit les lecteurs à déconsidérer leur profession. "Ô l'étrange passion de l'abaissement !", comme aurait dit de Gaulle...
Mgr A.-M. Léonard, Évêque de Namur. 28/03/2007
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Analyse par la Famille Saint Joseph
Une invitation de la part de la Famille de saint Joseph pour les dimanches de Nazareth :
Le Père Joseph-Marie donnera un enseignement sur l'exhoration apostolique Sacramentum Caritatis
Le 1er avril à Mont-Luzin (près de Lyon) et le 15 avril à saint Joseph de Mont-Rouge (sud de la France).
Le Père Joseph-Marie donnera un enseignement sur l'exhoration apostolique Sacramentum Caritatis
Le 1er avril à Mont-Luzin (près de Lyon) et le 15 avril à saint Joseph de Mont-Rouge (sud de la France).
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