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Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : sam. 28 juin 2014, 17:45
par jean_droit
Voici une analyse du site Pro Liturgia lu dans le Forum Catholique dont je partage une bonne partie des analyses.
J'espère que Pro Liturgia ne m'en voudra pas de recopier ici cet article excellent du 28 juin 2014. Bravo !

__________________
Sam. 28/6/2014 : « On est comme on naît ! ». Telle pourrait être la devise d’une jeune génération non seulement croyante et pratiquante, mais aussi désireuse de garder la foi catholique.

Cette génération-là succède à celle des soixante-huitards. Mais elle n’en est pas le fruit, ni dans les idées, ni dans les faits : elle est même aux antipodes de celle qui l’a précédée.

Cette génération, pour garder et entretenir sa foi à sa manière, est contrainte de s’exiler dans des chapelles ou se déroule une liturgie qui élève autrement l’âme, en l’occurrence - et à défaut de trouver la liturgie conciliaire célébrée avec dignité et respect - dans des lieux où est célébrée la forme “extraordinaire” du rite romain.

Dans les idées, cette nouvelle génération, parfaitement consciente de ce qui n’a pas marché dans l’Eglise de France (et dans la société), concentre parfois le débat d’idée dans des propos qui la font passer pour “réac”. Mais cette appellation lui passe bien au-dessus de la tête.

On a voulu faire croire n’importe quoi à cette génération. Et ce, depuis son enfance. Et ça ne prend plus : ce sont les 20-30 ans qui ouvrent aujourd’hui les yeux.

Dans les églises, cette génération ne veut pas davantage de “tolérance” ou plus de “fraternité” : elle veut Dieu ! Dans la société, elle ne veut pas du mélange des genres ou davantage de social : elle veut affirmer son identité et pleinement l’assumer.

Elle ne veut plus de ces clercs et de ces politiciens formés par les maîtres de 68 : elle n’est pas dupe ; elle ne croit plus n’importe qui ou n’importe quoi. Plus exactement elle ne croit plus ceux qui, dans les églises ou en politique, sont à l’origine de ce néant qu’elle voit autour d’elle. Le seul “bien vivre ensemble” ou le “pluralisme” prôné par les dirigeants de l’ordre moral ou civil ne suffit plus : elle ne veut plus former une société flasque. Et encore moins une Eglise composée de communautés avachies chantant “la paix sera toi, sera moi, sera nous” ou “je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie”. Ça non ! Cette génération nouvelle aspire à être elle-même.

Intuitivement ou peut-être même raisonnablement, cette génération a fui ceux qui, à l’école ou au catéchisme, lui enseignaient de beaux principes en décalage avec la réalité de la vie : elle a fui les professeurs qui prônaient des idées voulant faire d’eux des veaux parfaitement intégrés dans une société sans valeurs ; elle a fui les catéchistes louant la fraternité mais demeurant eux-mêmes à l’abri dans leur petit univers “bobo”.

La raison a pris le dessus : ces jeunes veulent des exemples ! Non pas des beaux discours, des préceptes humanistes : ils veulent des faits et des exemples !

C’est ce qu’ils trouvent dans des paroisses “parallèles” où le dogme - certes parfois présenté de façon sèche - leur donne un repère dont ils ne trouve pas trace dans la paroisse “officielle” du coin. Qui pourrait leur reprocher d’aller se rassasier ailleurs que là où la messe n’est plus qu’une rencontre fraternelle, solidaire ou scénique visant à célébrer l’ “absence réelle” de Dieu ?

Ces jeunes ne veulent plus de ces célébrations soi-disant faites pour eux et qui, en réalité ne sont que des célébrations imaginées par des vieux pour des vieux. Ils veulent des messes pour Dieu et dignes de Dieu !

Tout comme ces jeunes n’ont pas voulu du “mariage pour tous”, ils ne veulent pas davantage de la miséricorde pour tous, c’est-à-dire d’idéologies concentrées sur l’homme qui n’ont plus rien à voir ni avec la louange due à Dieu ni avec les vertus chrétiennes.

Le paradoxe est surprenant : c’est justement la génération de l’instantané et du “zapping” qui s’affirme de plus en plus fortement, à l’inverse de la génération précédente qui aura passé son temps à papillonner d’une idée à l’autre et dont la mollesse laisse des résultats désastreux.

Résultats désastreux qu’elle cherche à camoufler en nous parlant d’églises vides alors que l’expression juste est “églises qu’on a vidées” ; qu’elle cherche à cacher en parlant de “crise des vocations” alors que l’expression juste est “substitution des prêtres par des laïcs” ; [...]

Etant donné que cette nouvelle génération en quête de sens s’identifie à des exemples sérieux (qu’ils ne retrouvent, à de rares exceptions près, ni auprès de l’épiscopat français, ni auprès de son clergé), elle transfère ses talents et son énergie dans le débat public : la foi et l’engagement politique ne sont pas incompatibles, comme l’ont rappelé bon nombre de papes.

Certains diront qu’il est dommage que ces jeunes, sincères et intéressés par la foi catholique, ne fassent pas grandir et éclore les germes de vocations qui sommeillent parmi eux. Mais comment les accabler ?

Dans les paroisses et les séminaires, on fait tout pour les décourager et on ne leur donne aucun exemple qui puisse donner envie d’être prêtre !

Pourtant, vifs et habiles, ils connaissent le Magistère de l’Eglise, s’intéressent au catéchisme, écoutent et suivent ce qui se passe à Rome et à l’échelle de l’Eglise universelle : l’époque des lubies consistant à tout réinterpréter le concile Vatican II et les paroles des papes est révolue.

Ces jeunes tirent des conclusions de ce qu’ils voient autour d’eux et qui n’est que ruines laissées par les générations d’avant, et sont incroyablement attirés par la Majesté de Celui qu’ils ne voient pas. Ces mêmes jeunes disent ce qu’ils savent et ce qu’ils pensent : leur “oui” est “oui” et leur “non” est “non”... ou même parfois autre chose commençant par “m”. Mais toujours est-il que leurs idées sont claires.

Intervient désormais un choc des générations. On en ressent déjà les murmures en politique ; il va indubitablement se faire sentir dans l’Eglise de France. [...]
A quoi risque de ressembler l’Eglise en France dans les prochaines années si on la laisse poursuivre sur les rails posés par les générations post-soixante-huitardes ? A un “rassemblement d’esprits vides sinon de psychopathes”, osait dire un jeune prêtre ? Ne faut-il pas prendre dès aujourd’hui la mesure du problème et anticiper ce qui nous attend demain et saute déjà aux yeux : une sécheresse de la foi, des églises désertées qu’il faudra démolir ou vendre, des évêchés devenus inutiles ?

Essayons de prendre le problème à l’endroit. Ça consiste d’abord à se concentrer sur l’essentiel et non pas prendre la fuite avec des ersatz qui plombent toute perspective de voir refleurir la foi et des vocations. Ça consiste ensuite à imposer une confession mensuelle, une adoration hebdomadaire et un chapelet quotidien à tous les laïcs employés par l’Eglise de France. [...]
Certains prêtres ordonnés dans les années 60 à 90 se sont déjà remis en cause : les uns probablement par une honnête clairvoyance et les autres sans doute par l’imminence de rendre des comptes par rapport à ce qu’ils n’ont pas fait, mal fait ou trahi. On admet forcément la conversion de chacun dès lors qu’elle est sincère.

Mais pour que les choses changent en profondeur, il faudra encore beaucoup d’humilité [...].

L’Eglise de toujours ne sera certainement pas celle de l’échec français ; et l’Eglise de demain ne se fourvoiera pas dans les mêmes erreurs. On voit ce qu’a produit la génération de l’échec. Et maintenant il faut dire : “Ça suffit !” Pour que l’Eglise du Christ soit toujours victorieuse, il faut un changement. Et ce changement devient éminemment urgent et nécessaire !

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 29 juin 2014, 1:53
par James
Alléluia!!! :clap:

Je n'aurai pas dit mieux!

Cependant, je rajouterai tout de même un point à ce constat.
Il est beaucoup fait état des "vieux" qui s'auto-congratulent mais nulle-part l'auteur ne parle des parents et catéchistes qui se servent des cérémonies religieuses comme de représentations théâtrales ou bien des églises comme de salles d'exposition afin de flatter les quelques "talents artistiques" de leurs petits derniers. Cela aussi, ça ne devrait pas prendre place dans nos églises!

Le renouveau de l’Église de France ne peut passer que par une réaffirmation claire et fière de nos Principes suivie bien évidemment par leur mise en application.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 29 juin 2014, 19:27
par ange2b
:coeur: Si seulement il pouvait en naître des milliers tous les jours, de ces jeunes qui garderont le cap pour les futures générations. :coeur:

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : lun. 30 juin 2014, 15:37
par Teano
Pour ma part, je retrouve chez beaucoup de catéchumènes adultes, une acuité et une pertinence dans les questions posées : ils veulent tenir la foi catholique et pas un bagage moral et philosophique juste pour être bien, comme s'ils assistaient à un cours de yoga. Leurs questions sont souvent très précises et appellent de notre part des réponses qui le soient autant, sous peine de passer pour des guignols. Il est vrai que de ce point de vue, on sent parfois le "choc des générations"...

Dans la joie de Marie,

Teano

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : jeu. 03 juil. 2014, 9:45
par jean_droit
Voilà un texte qui commence à circuler ...

Que dire de plus sur un texte que j'approuve presque en entier.

Il demande à nos pasteurs de se réveiller. Mais se réveiller est si difficile et demande à chacun de nous de nous remettre en cause.

Monseigneur Aillet remercie le père Daniel Ange pour cet appel.

Le voici recopié, en partie, à partir du Salon Beige.
Le coup de gueule du père Daniel-Ange aux évêques


"Nous, pasteurs, prêtres, évêques, petits bergers d’un peuple confié à nos cœurs de pères, serons-nous interpellés par les questions que nous pose paisiblement et non sans humour, cette nouvelle génération baptismale ?

Étrange : Vous ne cessez de pousser vos fidèles à s’engager résolument en politique, à être actifs dans la société, à s’immerger dans les combats du monde, à s’investir dans la construction d’un monde plus juste et fraternel, à se responsabiliser dans l’actualité [1].

Et voici des jeunes adultes par centaines de mille, prenant à bras le corps les conséquences d’un projet prométhéen de révolutionner l’humanité, allant jusqu’à se présenter aux élections secouant le monde politique. Et devant une réponse aussi massive à vos appels, vous n’en exulteriez pas de reconnaissance ?

Vous ne cessez de lancer des appels — parfois désespérés — aux jeunes, à leur créativité, générosité, dévouement. Et voilà des jeunes par milliers se donnant sans compter, se dévouant jour et nuit, ne calculant ni leur temps, ni leurs forces, ni leurs sous [2]. Et vous feriez la fine bouche ? « Ah ! mais ce n’est pas à ce genre de jeunes et d’actions que nous pensions.  »

Vous ne cessez d’appeler à évangéliser tous azimuts, de crier l’Évangile par la parole et par l’action. Et voici la plus fantastique des évangélisations. L’Évangile de la vie, de l’amour, de la famille, et de leur indicible beauté, clamé à tout vent, répercuté dans les grands médias, posant la question à une multitude. Et vous vous posez toutes sortes de questions sur leurs motivations, leur financement, leurs intentions…

Vous ne cessez de nous pousser à sortir de nos chapelles et cocons douillets, pour partir vers les banlieues de l’Église. Et voici un gigantesque courant débordant de loin l’Église, mobilisant des gens qui ne mettent jamais les pieds dans une église et, à travers les mass-media, réveillant le simple bon sens humain d’une multitude de non-croyants. Et au lieu d’en exulter, vous semblez vous inquiéter de ces débordements incontrôlables.

Vous nous exhortez inlassablement à nous ouvrir aux pauvres, marginaux, faibles, vulnérables. Et voici tout un peuple qui a compris que les plus pauvres, faibles, vulnérables, sont les tout-petits à qui la vie est arrachée, les enfants qu’on déstabilise et scandalise en les a- ou dé-sexualisant. Et qui sont prêts à se battre pour les protéger, les sauver. Et vos cœurs paternels n’en seraient pas émus ?

Vous nous exhortez à nous insurger contre la violence, la torture, l’injustice, l’intolérance.
Et voilà tout un peuple qui se lève pour défendre l’enfant contre des adoptions dé-structurantes, des éducations sexuelles violant leur innocence, des théories falsifiant leur intelligence, des adultes abusant de leur confiance, brisant leur bon sens, torturant leur conscience. Et aussi, pour sauver tant de petits de la première des tortures, des injustices, exclusions et des violences : la pré-natale. Comment n’en bondissez-vous pas de fierté ?

Vous ne cessez de nous ouvrir à l’œcuménisme, au dialogue interreligieux. Et voici des baptisés, orthodoxes, protestants, évangéliques, anglicans, et catholiques se serrant les coudes, en une formidable fraternité dans les mêmes comités, groupes, réseaux et jusque sur places et boulevards. Et de plus, des juifs, des musulmans, qui s’y joignent en nombre. Tous soudés pour une même et unique cause. Et vous semblez indifférents !

Vous nous incitez à respecter les sciences humaines, à nous en inspirer. Et voici nos psys, scientifiques, médecins, de tous bords, de tous pays qui s’érigent contre une opération de sabotage de l’humanité en tant que telle et qui courageusement se mouillent pour soutenir un même combat pour la Vie ! Comme vous devriez en être heureux !

Vous nous encouragez à nous investir dans le social. Mais nous vous posons la question : qu’y a-t-il de plus social que de préserver la société en tant que telle de la désespérance meurtrière, engendrée par les attaques incessantes contre la vie, minant de l’intérieur le sens même de l’existence ? A quoi cela sert-il de travailler à la promotion matérielle d’une société, si l’on y encourage le suicide jusqu’à l’assister, même pour les enfants ? A quoi cela rime-t-il d’œuvrer à la paix entre les peuples, si dans ces mêmes peuples, on laisse faire la première des guerres, celle des plus forts contre les plus sans-défense, les plus innocents qui soient ? Pourquoi supprimer la peine de mort et l’introduire dans nos hôpitaux et maisons de retraite ? Pourquoi donc se dévouer et pacifier une société, si tout est fait pour engendrer des psycho-pathologies sociales, une société d’une violence inouïe, parce qu’on aura détruit systématiquement depuis l’enfance, tous ses repères et balises ? Parce que les enfants qu’on pervertit aujourd’hui seront les dépravés de demain qui n’auront d’autres cris pour dire qu’ils existent, que la violence. Et vous n’en seriez pas débordants de reconnaissance au Seigneur ?

Vous nous suppliez de soutenir massivement l’Union européenne. Et voilà tout un peuple qui justement, veut sauver l’Europe de cette idéologie libertaire et liberticide qui est la destruction par déstructuration systématique des valeurs même qui l’ont fait exister. Qui veut lui rendre ces racines chrétiennes sans lesquelles elle n’existerait même pas. Qui veut lui insuffler un idéal, un souffle, sans lesquels, elle agonise. Surtout, qui veut rendre à cette vieille dame « fatiguée de vivre, qui semble donner congé à l’histoire  » (Benoît XVI), tout simplement le sens de la vie à recevoir et à transmettre, qui veut la sauver de cet hiver démographique virant vite à l’enfer économique, à force de berceaux changés en tombeaux, faisant de l’Union Européenne un paquebot coulant sous la ligne de flottaison, à pic, pendant qu’on boit du champagne sur le pont. Voilà donc un peuple qui se lève précisément pour sauver la société de demain, c’est-à-dire nos futurs enfants et petits-enfants. Se lever ainsi pour défendre le plus petit et le plus faible, n’est-ce pas en vérité : l’humanitaire à son maximum, le social au top, l’évangélisation en sa fine pointe, la générosité n° 1 ? D’un mot : la charité à son sommet.

Mes si chers pasteurs, que voulez-vous donc ? Nous réalisons vos appels, vos désirs, vos rêves dans tous ces différents domaines. Magnifiquement. Généreusement. Mais, évidemment, de manière non attendue, non prévue, non programmée, non calculée. Donc déroutante, dérangeante, déstabilisante. (Mais notre Pape ne vient-il pas de demander aux fidèles de déranger leurs pasteurs ?) Mais franchement, que faut-il de plus pour vous faire danser avec nous, avec nous descendre dans la rue, rire et pleurer avec nous, être persécutés et triompher avec nous ?

Quand nous jouons de nos guitares, nous n’entendons pas — ou si peu — vos chants ! Quand nous sanglotons sur tant d’aberrations, nous ne voyons pas — ou si rarement — couler vos larmes ! Vos larmes de pères, de pasteurs, au moins de frères et d’amis. « Où sont vos larmes ? » demandait notre pape François à ses prêtres de Rome. Quand nous étions — innocents — molestés, en garde à vue ou en prison — et que le monde s’en alarmait, quand êtes-vous venus nous visiter, nous réconforter, simplement nous aimer, d’un mot, prendre la défense de ceux qui sont vos enfants, même un peu terribles et troublions. Mais n’est-ce pas le propre de cette jeunesse que vous dites aimer ? Où donc étiez-vous quand votre peuple battait le pavé pour simplement sauver l’Homme ? Nous vous attendions. Nous vous cherchions. Nous avions tant besoin de votre présence. Car votre présence, mais ça compte beaucoup pour nous ! Et quel réconfort quand certains se manifestaient, courageux bergers voulant « sentir l’odeur de leurs brebis  » (Pape François)

Ne manquez pas le rendez-vous de notre génération [3]. Ne passez pas votre chemin sans nous voir.

Pasteurs si chers, cette souffrance des tout-petits de votre peuple, de leurs parents horrifiés, l’entendez-vous parmi tant d’autres cris et larmes, dont vous vous faites par ailleurs si bien l’écho ? Une parole forte, intransigeante, unanime de la part de l’épiscopat pourrait réconforter, encourager tous ceux qui luttent désespérément contre cette hydre tentaculaire et planétaire en train de noyauter les mondes de la politique et de l’éducation. D’autant plus que réagir sans tarder peut encore éviter le pire : l’extension annoncée à toute l’Éducation nationale pour septembre. Après, il sera trop tard. On se mordra les doigts, d’avoir été lâche, quand on pouvait encore crier.

Les différentes Conférences épiscopales se prononcent les unes après les autres. Pourquoi la nôtre serait-elle à la traîne, alors que les ravages sont déjà patents chez nous ?

Pourquoi auriez-vous moins de courage que tant de nos maires revendiquant l’objection de conscience par rapport au mariage gay, certains étant prêts même à la prison ? Quels exemples ! Silence rime-t-il avec connivences et timidité avec lâcheté ?

Entendrez-vous les appels qui vous sont de partout lancés ?

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : jeu. 03 juil. 2014, 9:54
par jean_droit
Voilà, aussi, une des annexes de la lettre du père Daniel Ange :

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... êques.html
«  L’Église de France traîne une mauvaise conscience.

Elle regrette d’avoir « perdu » la classe ouvrière au cours du XXe siècle…

Mais aujourd’hui, elle pourrait bien avoir perdu sa propre jeunesse ! La cécité d’une partie des évêques à ne pas lire ce que leur vocabulaire appelle pourtant les « signes des temps » est accablante. Depuis des mois, en effet, des catholiques de base, jeunes ou vieux, essentiellement des familles, se sont mobilisés, par centaines de milliers face à des évolutions de société voulues par le pouvoir socialiste.

Cependant, certains prélats, et non des moindres, font mine de ne pas voir ce mouvement… Une partie des évêques a certes compris et accompagné cette indignation massive en encourageant ouvertement la résistance, et en allant même manifester en personne.

Mais une autre, dont l’actuelle direction de l’épiscopat français, est restée sur la réserve.

En considérant que l’enjeu — la survie ou la disparition de la cellule familiale composée d’un homme et d’une femme et de ses enfants — ne valait pas ce dérangement. Certains évêques, plutôt bienveillants pour le gouvernement socialiste, ne voulaient pas gêner son action, considérant la question du mariage homosexuel comme un débat de société mineur.

Seul problème : en composant avec le politiquement correct, ces évêques perdent leur crédit chez une partie des catholiques, surtout chez les jeunes, qui, loin d’être « réacs » sont devenus d’authentiques « rebelles ». Des insoumis « intérieurs » qui n’entrent dans aucune catégorie politique, encore moins celles de l’extrême droite. Mais qui comprennent mal pourquoi la hiérarchie catholique est si réticente à s’engager franchement sur les grands sujets de société. (…)

La jeune génération des catholiques français a inventé de nouveaux moyens de mobilisation, aiguillonnée par un gouvernement qui a commis l’erreur d’enfiler des gants de boxe pour lutter contre un judoka : en clouant violemment au sol ces jeunes cathos, il a éveillé en eux une conscience citoyenne.  » Jean-Marie Guennois, « Cathos et rebelles », in Figaro Magazine, 18.04.14.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : sam. 05 juil. 2014, 11:05
par francismichel
Bonjour,

peut-être, me direz-vous, après avoir lu mon message, "ce n'est pas ton affaire" ?.

Si vous me le dites, en effet, je ne posterai plus sur cette file de discussion.


Sachez en préalable, que je suis un chrétien baptisé enfant dans l'Eglise catholique, catéchisé jusqu'à la confirmation, puis plus rien pendant très très longtemps, jusqu'au jour où Dieu m'a fait "coucou" dans l'Eglise orthodoxe.

Mon propos na pas pour but la polémique, c'est une époque qui est révolue pour moi, mais un dialogue constructif.....

La chapelle dans laquelle nous avons notre divine liturgie orthodoxe nous est prêtée par le diocèse catholique. Grand merci à l'Eglise catholique et que Dieu la bénisse !

Nous n'avons que deux liturgies par mois. Je vais donc aussi dans d'autres communautés orthodoxes, mais je vais aussi prier dans la chapelle catholique Saint François, située près de mon domicile.

Je prie avec cette communauté catholique, sans toutefois communier.

Dans l'Eglise orthodoxe, nous vivons par et dans la Tradition apostolique. De ce fait, la liturgie que nous vivons et avec laquelle nous prions est celle avec laquelle priez déjà nos anciens des premiers siècles.

Je crois que le tord de l'Eglise catholique actuelle, est probablement en croyant bien faire, pour faire revenir les jeunes, de s'être "modernisée" en faisant entrer des choses du monde dans l'Eglise, comme notamment les instruments de musique, les applaudissements des mains, etc. L'aspect du "mystère", du sacré, s'est estompé !

Tout cela n'existe pas chez nous et tant mieux. Nous faisons la même expérience de Dieu à travers la liturgie que nos pères anciens dans la foi.

je crois qu'il faut cessez de vouloir moderniser, mais revenir tout naturellement à ce que disait Saint Vincent de Lérins: Ce qui a a été toujours cru, en tout lieu et en tout temps.

La Tradition apostolique n'est pas démodée, elle est toujours aussi jeune. Il suffit de lire les Paroles des grands saints comme Saint Silouane, Saint Séraphin de Sarov, Saint Jean de Cronstadt.

Saint Martin de Tours, Saint Hilaire de Poitiers, Saint Germain de Paris, Saint Jean Cassien, Saint Irénée de Lyon, sont des saints qui ont vécu par et dans la Tradition apostolique, dans ses aspects dogmatique, liturgique, ascétique, etc...

Dans l'amour du Christ

Francis

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : sam. 05 juil. 2014, 11:38
par jean_droit
Il est toujours très agréable de converser avec des chrétiens d'autres églises.
Très agréable et très enrichissant.
Vous faites partie, si j'ai bien compris, de ces catholiques qui ont découvert le monde orthodoxe.
Quand j'étais à Paris j'en connaissais quelques uns.
Je crois que le tord de l'Eglise catholique actuelle, est probablement en croyant bien faire, pour faire revenir les jeunes, de s'être "modernisée" en faisant entrer des choses du monde dans l'Eglise, comme notamment les instruments de musique, les applaudissements des mains, etc. L'aspect du "mystère", du sacré, s'est estompé !
Vous posez le bon diagnostic. L'Eglise catholique s'est trompé en essayant de suivre à tout prix le "monde".
Ce qui est amusant, si l'on peut dire, c'est que c'est exactement ce que Notre Seigneur nous demande de ne pas faire.
Je pense que les jeunes, comme nous tous, ont d'abord besoin de spiritualité et de sacré. D'idéal et de foi. De la radicalité du message évangélique ....

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : sam. 05 juil. 2014, 12:11
par francismichel
Bonjour,

je ne jette la pierre à quiconque, car nous aussi orthodoxe, nous sommes en difficulté avec ce que l'on appelle le "philétisme", les églises nationales. Sur un même territoire, il y a plusieurs évêques. Ce qui est est une hérésie totale.

Nous espérons que le prochain concile orthodoxe de 2017, va remettre de l'ordre d'un point de vue ecclésiologique.

Le monde a des millions d'années d'existence et l'Eglise seulement 2000 ans....

Le Christ n'abandonne pas Son Eglise et tout particulièrement ceux qui le cherchent, même dans l'erreur. Regardez ce qui s'est passé avec Saint Paul !

Francis

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : sam. 05 juil. 2014, 17:42
par Kerniou
Je suis peut-être soixante-huitarde, mais je refuse que l'on me traite d'esprit vide et de psychopathe ! A fortiori s'il s'agit d'un évêque.
Je le répète et je déplore que personne ne veuille l'entendre, les églises se sont vidées non à cause de la liturgie mais à cause du fossé qui s'était creusé entre l'église et la population ordinaire. Elles ont commencé à se vider dès les années 50, au moment de l'exode rural.
Que les jeunes réclament qu'on leur parle de Dieu, je suis d'accord avec eux mais d'un Dieu vivant au milieu de tous les hommes et non pas uniquement au milieu des notables et "des gens bien" comme j'en ai eu l'exemple dans ma jeunesse ! J'ai eu droit aux discours dans l'église lors des sermons et aux exemples dans la vie par les fréquentations du clergé, de la mise à l'écart de la classe ouvrière ... Dieu ne peut pas être confisqué.
J'espère qu'il n'en sera pas de la Nouvelle église ce qu'il est advenu du scoutisme créé par Baden Powel pour les enfants des bas quartiers ...

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 9:21
par jean_droit
Kerniou,

L'Eglise s'est fourvoyée en voulant coller à la marche du Monde.

Pour être dans le goût du temps elle a voulu faire du social puis du politique.

L'Eglise avait mis en place les diverses Actions Catholiques dont il faut dire que le bilan est nul ou négatif.
Nul parce que je doute que les Actions Catholiques aient amenés vers l'Eglise beaucoup de fidèles.
Négatif parce qu'elles ont, au fur et à mesure, remplacé la pratique religieuse par les luttes sociales puis politiques.
Elles ont contribuée à éloigner de l'église paroissiale les catholiques au profit des occupations du monde.
Benoît XVI a fustigé, en son temps, l'Eglise d'Allemagne devenue une vaste ONG.

Comme toujours il faut revenir à l'Evangile et aux paroles de Notre Seigneur. On ne peut que constater que Le Christ n'a pas voulu se mêler des affaires du monde ni remettre en cause l'ordre public établi en son temps.

En voulant se mêler des luttes sociales l'Eglise de France s'est coupée d'une part importante de sa base souvent la plus "fidèle".

Alors que les Actions catholiques devaient être la manifestation de la présence de Notre Seigneur dans les diverses groupes de la population elles se sont transformées en syndicats-bis.

Comme on le voit dans bien d'autres circonstances l'Eglise essaye de recentrer ces organisations. Je ne sais si c'est le cas
de l'ACO mais c'est explicitement le cas de l'ACA ( agricole ). Trop tard, sans doute.

Pour ce qui est du monde ouvrier l'Eglise a subi, par suivisme, le même déclin que les communistes puis les socialistes.

Pour ce qui est du monde rural il faut remarquer qu'au cours des siècles l'Eglise a eu beaucoup de mal pour y pénétrer.

Le fait d'avoir supprimé une partie des pratiques religieuses durant les années noires de l'Eglise de France en a déstabilisé plus d'un. Surtout les petits, les simples ... ceux pour lesquels Notre Seigneur est venu nous annoncer Sa Bonne Nouvelle.

L'Eglise, principalement à travers ses clercs, s'est laïcisée et est devenue le terrain de jeux de courants peu "catholiques".

Ajoutons à cela ce que l'on appelle "l'Eglise bisounours" qui nous dit "qu'on ira tous au paradis" en contradiction absolue avec le message de Notre Seigneur.

L'accumulation de toutes ces erreurs auxquelles il faut ajouter le repli de l'Eglise dans ses églises, le relativisme etc ...
a eu pour conséquence un effacement progressif de l'Eglise de la société et, donc, de ses divers composants.

Depuis plus d'une dizaine d'année l'Eglise de France, en ordre tout à fait dispersé, essaye de remonter la pente.

Les JMJ, les manifestations contre le mariage homosexuel, la reprise très lente de pratiques religieuses abandonnées etc ... devraient permettre de replacer l'Eglise dans la cité.

Mais, pour l'instant elle continue sa descente aux enfers.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 16:22
par Kerniou
Je n'ai pas du tout la même analyse que vous. Dans la JOC et l'action catholique, l'Eglise par les membres du clergé qui animaient ces mouvements a mesuré les injustices réelles que subissaient des chrétiens de la part de notables chrétiens, des donateurs bien écoutés du clergé.
Il faut dire que jusqu'à ces dernières décennies, le clergé n'était pas issu de milieux modestes puisque les enfants ne faisaient pas d'études secondaires. Il existait un "interdit social", ni écrit ni formulé nulle part, mais bien réel et implacable. Une collusion existait de fait entre notables et clergé qui s'opposaient aux syndicats qui revendiquaient des droits. L'Eglise prônait, alors, l'obéissance à la volonté divine de placer tel ou tel dans une catégorie sociale. Ne pas se tenir silencieusement à la place que Dieu nous avait assignée dans la société était une offense à l'ordre social voulu par Dieu et un péché de ne pas respecter son devoir d'état ... Le clergé était complètement coupé de la vie des fidèles ...
Jésus est venu vers les pauvres et l'Eglise a changé trop tard, le mal était fait. Je crains qu'on ne puisse se focaliser seulement sur la liturgie. Les paroisses se sont ouvertes aux gens ordinaires et les gens bien n'y viennent plus, ils fréquentent les communautés religieuses pour la beauté de la liturgie. Je ne voudrais pas qu'il y ait deux Eglises, celle des gens bien où l'on se retrouve entre soi et celle de la paroisse où des gens ordinaires se retrouvent chaque semaine pour préparer la messe, réfléchir et commenter les lectures. Je trouve ces messes plus priantes qu'avant malgré les "chants bêtes tant décriés" par certains. C'est là qu'on trouve beaucoup de vieilles dont je fais partie ... C'est là aussi, où l'on se salue et se parle après la messe ...
Je n'ai rien contre un retour à la prière, à la vie spirituelle et aux fondamentaux de l'Evangile ... qui nous parle plus des pauvres et de la justice que de la liturgie.
Bon dimanche à vous.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 16:46
par archi
Kerniou a écrit :Je le répète et je déplore que personne ne veuille l'entendre, les églises se sont vidées non à cause de la liturgie mais à cause du fossé qui s'était creusé entre l'église et la population ordinaire. Elles ont commencé à se vider dès les années 50, au moment de l'exode rural.
Les églises sont encore relativement pleines de gens qui ont plus de 50 ans (en gros). Je ne sais pas quelle proportion de ces générations ces chrétiens qui vont encore à la messe (en forme ordinaire) cela représente, mais c'est tout de même important. Bref les gens qui ont connu, adultes, la révolution des années 60-70. Le problème, c'est qu'en-dessous de cet âge, il n'y a quasiment rien. Donc ces générations qui ont été catéchisées à partir des années ont été largement baptisées (il y a encore une dizaine d'années, le taux de baptême des enfants en France était de plus de 50%), souvent catéchisées et confirmées... et ne remettent pas les pieds à l'Eglise, pour qui l'Eglise ne représente rien.

[Je supprime le reste de mon message écrit sous le coup de l'énervement, vu que même après la réconciliation à la page suivante et après relecture, il n'apporte vraiment rien et est inutilement agressif... ]

In Xto,
archi.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 16:49
par Jeremy43
Bonjour,
Je le répète et je déplore que personne ne veuille l'entendre, les églises se sont vidées non à cause de la liturgie mais à cause du fossé qui s'était creusé entre l'église et la population ordinaire. Elles ont commencé à se vider dès les années 50, au moment de l'exode rural.
D'après ce qu'on m'a dit, dans les campagnes, ce qui semble avoir détourné les fidèles de Dieu, c'est l'image qu'on se faisait de Dieu dans ces années là : le catéchisme était appris par coeur, le quand dira-t-on était la règle, les religieux n'incarnaient pas du tout le message Evangelique. Dieu n'était pas un Père mais un tyran qui attendait seulement de nous jeter en enfer à la moindre occasion (j'exagère mais c'était pas loin de ça).

De fait, si tout le monde allait à la messe, personne ne recherchait la relation avec Dieu. Le Père Matteo, Apôtre du Sacré Coeur, exprime bien cet état de fait dans son livre "Jésus Roi d'Amour".

Le problème c'est qu'aujourd'hui on a basculé dans l'extrême inverse dans de nombreuses paroisses, il n'y a plus de péché, l'homme est beau et gentil et tout le monde est sauvé. Ce qui est encore plus faux.

Mais comme vous le signalez cela change petit à petit, en particulier chez les jeunes qui éprouvent le besoin de vivre la pureté de l'Evangile, qui aspirent à rencontrer vraiment Dieu et qui aiment le sacré (il n'y a qu'à voir la différence de vocation entre les monastères "tradis" et "normaux", c'est criant). On revient des illusions de jadis, les jeunes prêtres sont bien formés et ne sont pas des fous de modernité comme la majorité de leurs ainés.

Tout le problème réside vraiment dans la connaissance de Dieu car c'est d'elle que découle tout, on a vite fait de se fabriquer des idoles (qui découle de notre passé, du contexte etc..., je parle en connaissance de cause) et donc au final d'adorer un Dieu qui n'est pas Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Peut-être l'Eglise devrait-elle mettre aujourd'hui l'accent sur cette relation personnelle avec le Sainte Trinité qui est au final le but et le sens de la vie ici bas, que Dieu est vraiment notre Père, bien plus que notre père terrestre.

Re: Des jeunes pour une Eglise de France qui se réveille

Publié : dim. 06 juil. 2014, 16:57
par archi
Kerniou a écrit : Il faut dire que jusqu'à ces dernières décennies, le clergé n'était pas issu de milieux modestes puisque les enfants ne faisaient pas d'études secondaires.
Tenez, par exemple, après quelques recherches très rapides sur Internet:
http://www.jardinsdefrance.org/la-colle ... -familiaux
Tout différent est le parcours de l'abbé Jules-Auguste Lemire. D’origine rurale modeste, prêtre en 1878, l'abbé Lemire est nommé à Hazebrouck
un peu plus récemment
http://www.aleteia.org/fr/religion/arti ... 1774297088
cet homme d’origine modeste
Ah, un autre qui a acquis malgré lui une certaine notoriété (certes, ce n'est pas en France):
http://news.fr.msn.com/m6-actualite/mon ... marquantes
Né le 16 avril 1927 à Markt am Inn, en Bavière en Allemagne, Joseph Ratzinger est issu d'une famille modeste. Son père, commissaire de gendarmerie, et sa mère, cuisinière, l'élèvent dans la foi catholique.
Vraiment, quelle vilaine Eglise qui barrait l'accès à la prêtrise aux milieux modestes... :siffle:

In Xto,
archi.