Où vont les âmes des enfants avortés ?
Il vient donc d'être prouvé que l'embryon est un enfant au stade de développement et que l'avortement tue ce bébé. À partir de là, il est légitime de se poser la question où vont les âmes de ces petits êtres.
Nous le savons, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il n'a pas été régénéré par l'eau et par l'esprit (Bible : Jean III-5), c'est ce qu'on appelle le baptême. Les bébés avortés n'échappent pas à cette règle dictée par Dieu. Beaucoup de grands saints, tel saint Augustin et les nombreux docteurs de l'Église s'accordent à dire que les âmes des enfants morts sans le baptême n'ayant pas d'autre péché que le péché originel et n'ayant eu ni la foi actuelle, faute de l'usage de raison, ni la foi habituelle, faute du sacrement de baptême, sont dans un lieu appelé "les limbes" où ils ne peuvent évidemment s'affliger d'être privés du royaume céleste, puisqu'ils l'ignorent entièrement. Ils possèdent sans douleur ce qu'ils ont par nature, en dehors de l'ordre surnaturel, dont ils sont déchus. Non-seulement ils ne souffrent point du tout de la privation de la vision intuitive, mais ils se réjouissent même des biens naturels qu'ils tiennent de la bonté divine, tels que la connaissance et l'amour qu'ils ont naturellement de Dieu.
Les enfants morts sans le baptême étant privés du bonheur du paradis, il est un devoir important de baptiser l'embryon qui serait en danger de mort car, sans cela, en lui volant la vie temporelle on le priverait également de la vie éternelle. Là encore, son sort dépend complètement de la volonté des autres, et surtout des membres de la famille.
Beaucoup de catholiques ne le savent pas, mais toute personne (même non baptisée) a le droit de baptiser en cas d'extrême urgence. En conséquence, savoir donner ce sacrement est primordial lorsqu'on se trouve face à un bébé non baptisé en danger de mort. L'absence de parrains n'est pas, en soi, une nécessité dans ce cas-là.
ADMINISTRATION DU BAPTÊME :
Il faut que celui qui baptise, et lui seul (donc on ne peut pas se mettre deux à baptiser, l'un disant les paroles, l'autre versant l'eau. Pourquoi ? Parce que l'on dit : Je te baptise) verse l'eau sur le corps (obligatoirement sur la tête si on peut l'atteindre) , en prononçant en même temps les paroles ci-dessous.
Pourquoi en même temps ?
Parce que le verbe (Je te baptise) est au présent ; il faut donc que l'effusion de l'eau se fasse présentement , par conséquent ni avant ni après les paroles, avec l'intention de donner le baptême, c'est-à-dire, d'une manière générale, de faire ce que fait l'Église quand elle accomplit ce rite.
Aucun fœtus ne doit être baptisé dans le sein maternel tant que subsiste un espoir fondé qu'il puisse naître et être baptisé normalement.
Le baptême intra-utérin doit être tenté chaque fois que l'enfant va vraisemblablement mourir avant sa naissance complète. Tant qu'il reste un espoir solide, on doit attendre.
Rappelons également que si une mère meurt avant la naissance de son enfant, le fœtus doit être extrait par ceux que cela concerne (c'est-à-dire par le chirurgien, le médecin), même si la conception est récente. On le baptisera sans condition s'il vit certainement, sous condition si la vie est douteuse. S'il est certain ou presque certain que le fœtus est sans vie, il n'y a plus obligation de l'extraire du sein maternel. En un mot, lorsqu'on prévoit que l'enfant va mourir, il faut tout tenter pour le baptiser.
Dans le cas où l'embryon séparé de sa mère vivrait encore, il faut le baptiser sans délai par trois aspersions d'eau en disant :
"N, Je te baptise au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit".
(N étant un prénom chrétien ; exemple : Joseph ou Marie)
S'il y a doute, il devra être baptisé conditionnellement :
"N, Si tu vis, ou si tu es capable d'être baptisé, je te baptise "au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit".
Si l'embryon est encore enveloppé dans l'amnios, il faut ouvrir cette membrane et donner le baptême par aspersions, toujours "Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit", sans oublier de citer le prénom.
Enfin, si l'enfant vit encore après avoir été avorté, il devra être de nouveau baptisé (pour être certain que les trois aspersions ont été faites correctement).
TROIS REMARQUES IMPORTANTES :
Première remarque. — Quand on a conféré un baptême d'urgence, il faut aussitôt en avertir le curé de la paroisse et autant que possible prendre avec soi un ou deux témoins pour attester que le baptême a été administré. Si l'enfant a survécu, M. le curé aura, en effet, à consigner ce baptême dans ses registres. Si l'enfant est mort, ou s'il s'est agi d'un fœtus non viable, ce sera pour M. le curé une excellente occasion de vérifier si l'on a su administrer correctement le baptême d'urgence et si l'on a bien tenu compte du lieu de sépulture.
Deuxième remarque. — Sépulture. Un fœtus, en effet, même de quelques jours, s'il a été baptisé, soit dans le sein maternel, soit en dehors, soit sous condition, soit sans condition, sera inhumé dans un lieu bénit. On ne doit pas l'enterrer dans un lieu profane.
Troisième remarque. — C'est un très grand malheur pour ces bébés avortés d'être à jamais privé du royaume des Cieux parce que personne ne les baptise. Si la reconnaissance est une fleur rare sur la terre, c'est une vertu particulièrement en honneur dans le ciel. Il est bon de se le rappeler et de penser que ces petits qui nous doivent ainsi, après Dieu, infiniment plus que la vie naturelle, nous gardent gratitude de leur avoir procuré la vie éternelle, et se font nos protecteurs assidus.
Si la société leur refuse le droit à la vie dans ce bas-monde, ne les privons pas de la vie dans l'au-delà auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ... Faisons-nous un très grave devoir de conscience de refuser l'avortement !.