Laudato si, l'aube d'une théologie de la création
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Laudato si, l'aube d'une théologie de la création
De nombreux commentaires ont déjà été exprimés sur la nouvelle encyclique du pape François.
Mais, sur le plan théologique, ils sont encore peu nombreux.
Il y a plusieurs lectures possibles de « Laudato si » et la lecture théologique n’est évidemment pas la seule.
Lisons là d’abord, comme chacun de nos contemporains peut le faire. Partageons avec le Pape François et avec tous les hommes qui l’écoutent sa sensibilité avisée qui nous invite à tenir compte des implications indirectes de nos diverses actions dans le monde.
Le Pape présente une analyse actualisée de la réalité contemporaine qui s’étend bien au delà des seules questions relatives à la protection de la nature pour s’étendre à l’ensemble des activités et de la vie des humains de notre temps dans leur environnement à tous égards non seulement physique, mais aussi technologique, social, culturel ou moral.
Son opinion peut intéresser les sociologues et tous ceux qui réfléchissent à la vie de nos contemporains confrontés à des changements technologiques d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent dans l’histoire.
Tenons mieux compte des effets sur tout ce qui environne nos actions (« l’environnement », au sens propre et le plus large du mot). Réjouissons-nous des progrès de la technologie, mais soyons attentifs aux effets parfois pervers et négatifs qui peuvent se présenter.
Cette interpellation du Pape François doit être entendue.
Mais, cela ne doit pas faire croire trop vite et à tort que Dieu et la révélation chrétienne ne sont présents dans l’encyclique « Laudato si » que de manière incidente ou accessoire.
Une lecture rapide de la nouvelle encyclique peut donner l’impression que le point de vue explicitement chrétien y est relativement secondaire, mais une lecture un peu plus attentive révèle vite qu’au contraire, la foi de l’Eglise y est profondément présente comme le sel dans un potage.
Certains n’y regarderont que tous les légumes qui constituent un potage et certains n’y verront qu’une soupe semblable à tant d’autres textes qui émanent de mouvements écologiques ou d’autres organismes sensibles à l’environnement.
Mais, sans le sel de la révélation chrétienne et de la foi, dans la lumière de l’Evangile, la soupe risque d’être sans saveur.
Pour les chrétiens, « Laudato si » apporte une lumière beaucoup plus profonde qui va au delà de la seule lecture des réalités concrètes contemporaines et des conseils de sagesse qu’elle introduit.
Beaucoup de commentaires développent son analyse des réalités concrètes et les chemins que le Pape François propose aux hommes de notre temps pour en éviter les pièges.
C’est, bien sûr, très important.
Certains pensent d’ailleurs, de manière critique, que le Pape se plonge là dans des questions techniques qui excèdent ses compétences ou qu’il ferait mieux de parler davantage de foi et de théologie.
Cette critique s’avère cependant fort légère.
Il est évident, en effet, que le Pape, comme n’importe qui, peut légitimement réfléchir à la situation des hommes de notre époque et aux réalités contemporaines. Dans l’ensemble, sa réflexion est profonde et ce qu’il développe peut être apprécié par tous, y compris les athées, mêmes si certaines de ses opinions sont controversées.
Mais, ne nous y trompons pas. C’est une encyclique. Un enseignement officiel de l’Eglise.
Certains diront que cela concerne la doctrine sociale, comme si cela éloignait de la foi parce que cela touche aux réalités sociales qui varient dans l’histoire.
En fait, cela concerne bien davantage que la seule doctrine sociale. Le Pape nous présente la foi chrétienne dans ses réalités les plus concrètes depuis les origines du monde.
Le Pape François plonge profondément dans la foi de l’Eglise et apporte un regard neuf sur des vérités de foi qui sont aujourd’hui en attente d’un enseignement réactualisé par rapport aux nouvelles connaissances de notre époque.
« Laudato si » pourrait, avec un peu de recul, apparaître comme un texte théologique majeur du Magistère sur la création et sur la foi chrétienne.
Un des six chapitres de « Laudato si » est d’ailleurs intitulé « L’évangile de la création » !
Nous qui pensons si facilement que la création, c’est l’Ancien Testament, le début de la Genèse, et que l’Evangile, c’est le Nouveau Testament, le Christ, voilà qu’un simple intitulé vient mélanger les deux. Le mot théologie est un peu lourd : le voici remplacé par l’annonce d’une bonne nouvelle, un évangile. Mais, c’est bien de théologie dont il s’agit.
D’ailleurs, « Laudato si » n’est pas une simple lettre ou exhortation apostolique. C’est bien une encyclique, soit un enseignement officiel du Pape concernant la foi de l’Eglise, même si le Pape s’adresse à tous les hommes de bonne volonté et développe longuement des considérations environnementales compréhensibles et intéressantes pour tous, chrétiens ou non, au point que son encyclique a été saluée par beaucoup de personnalités éloignées de l’Eglise.
« Laudato si » pourrait se révéler comme une aube pour une nouvelle théologie de la création, une nouvelle compréhension de la foi de l’Eglise qui, à chaque époque et dans chaque culture, doit réactualiser son contenu par rapport aux connaissances différentes du temps présent pour nous enseigner une vérité inchangée mais dont la compréhension ancienne doit parfois être dépouillée de caricatures qui ont accompagné l’enseignement de la foi et sa compréhension à des époques révolues de l’histoire, mais qui ont perdu de leur pertinence et de leur exactitude dans un autre contexte.
Chacun reçoit toujours la révélation dans le contexte culturel qui est le sien.
Une nouvelle théologie de la création ne modifie en rien le trésor de la révélation mais l’éclaire sans cesse davantage et de manière réactualisée par rapport aux questions et aux savoirs différents de chaque époque.
Le Pape François en appelle à « une nouvelle synthèse qui dépasse les fausses dialectiques des derniers siècles » parce que « Le christianisme lui-même, en se maintenant fidèle à son identité et au trésor de vérité qu’il a reçu de Jésus-Christ, se repense toujours et se réexprime dans le dialogue avec les nouvelles situations historiques, laissant apparaître ainsi son éternelle nouveauté » (Ls, n° 121).
Pour être très concret, qu’enseigne le Pape François concernant la création ?
On peut relever d’abord qu’il écarte, en rappelant sa première encyclique, une séparation trop simpliste de la science et de la foi par rapport à la réalité concrète de ce monde.
Le Pape François rappelle que « La lumière de la foi, dans la mesure où elle est unie à la vérité de l’amour, n’est pas étrangère au monde matériel, car l’amour se vit toujours corps et âme ; la lumière de la foi est une lumière incarnée, qui procède de la vie lumineuse de Jésus. Elle éclaire aussi la matière, se fie à son ordre, reconnaît qu’en elle s’ouvre un chemin d’harmonie et de compréhension toujours plus large. Le regard de la science tire ainsi profit de la foi : cela invite le chercheur à rester ouvert à la réalité, dans toute sa richesse inépuisable. La foi réveille le sens critique dans la mesure où elle empêche la recherche de se complaire dans ses formules et l’aide à comprendre que la nature est toujours plus grande. En invitant à l’émerveillement devant le mystère du créé, la foi élargit les horizons de la raison pour mieux éclairer le monde qui s’ouvre à la recherche scientifique » (Ls, note 141 citant Lumen fidei du 29 juin 2013), n. 34).
N’est-ce pas une évidence à rappeler ? : le réel que notre petit cerveau peut connaître n’est pas tout le réel. Le monde perçu par notre cerveau ou la science n’est pas étanche à des influences que notre cerveau ne peut connaître.
« On ne peut pas soutenir que les sciences empiriques expliquent complètement la vie, la structure de toutes les créatures et la réalité dans son ensemble. Cela serait outrepasser de façon indue leurs frontières méthodologiques limitées. » (Ls, n° 199).
Le Pape François nous rappelle alors toute la connaissance de la foi qui, dans la lumière de l’Evangile, sait que Dieu a créé le monde matériel, qu’il en reste le maître, qu’il peut toujours y intervenir, et que, par sa résurrection, le salut du Christ s’étend au monde entier.
« « Par la parole du Seigneur les cieux ont été faits » (Ps 33, 6). Il nous est ainsi indiqué que le monde est issu d’une décision, non du chaos ou du hasard, ce qui le rehausse encore plus. Dans la parole créatrice il y a un choix libre exprimé. » (Ls, n° 77).
« S’il a pu créer l’univers à partir de rien, il peut aussi intervenir dans ce monde » (Ls, n° 74).
« Jésus vivait en pleine harmonie avec la création, et les autres s’en émerveillaient : « Quel est donc celui-ci pour que même la mer et les vents lui obéissent ? » (Mt 8, 27) » (Ls, n° 98).
Tout est amour dans la création.
« L’univers n’a pas surgi comme le résultat d’une toute puissance arbitraire, d’une démonstration de force ni d’un désir d’auto-affirmation. La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création : « Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé » (Sg 11, 24). Par conséquent, chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (Ls, n° 77)
« Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. » (Ls, n° 84)
Dans cette nature créée par amour, le pape François nous rappelle que c’est Dieu qui a créé l’humanité.
« Bien que l’être humain suppose aussi des processus évolutifs, il implique une nouveauté qui n’est pas complètement explicable par l’évolution d’autres systèmes ouverts. Chacun de nous a, en soi, une identité personnelle, capable d’entrer en dialogue avec les autres et avec Dieu lui-même. La capacité de réflexion, l’argumentation, la créativité, l’interprétation, l’élaboration artistique, et d’autres capacités inédites, montrent une singularité qui transcende le domaine physique et biologique. La nouveauté qualitative qui implique le surgissement d’un être personnel dans l’univers matériel suppose une action directe de Dieu, un appel particulier à la vie et à la relation d’un Tu avec un autre tu. » (Ls, n° 81)
Le pape Jean-Paul II nous disait déjà que l’évolution est plus qu’une hypothèse. Le pape François confirme que « l’être humain suppose … des processus évolutifs » (Ls, n° 81), mais il précise que la création de l’humanité est une intervention de Dieu dans l’histoire que l’évolution physique de la nature ne peut suffire à expliquer.
« Sans répéter ici l’entière théologie de la création…La Bible enseigne que chaque être humain est créé par amour, à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Cette affirmation nous montre la très grande dignité de toute personne humaine, qui « n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu’un. Elle est capable de se connaître, de se posséder, et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes » …
Quelle merveilleuse certitude de savoir que la vie de toute personne ne se perd pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par le pur hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde ! » (Ls, n° 65)
Dieu intervient concrètement dans l’histoire. Le miracle existe. Pas seulement à l’origine, mais tout au long de l’histoire. La nature n’est pas une réalité fermée dans laquelle Dieu n’intervient pas.
Mais, le Pape François nous présente cependant la création de l’humanité sans rupture dans la nature qu’il nous présente, au contraire, comme une mère.
« saint François d’Assise… nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts » (Ls, n° 1)
Le Pape François nous rappelle que « Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète » (Ls, n° 2).
Avançant davantage dans la compréhension concrète de l’histoire, c’est à son prédécesseur, le pape Benoît XVI que le pape François reprend une autre affirmation concrète fondamentale : « le livre de la nature est unique et indivisible » (Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 51, cité par Ls, n° 6) et, reprenant une expression du patriarche Bartholomée, il nous présente la création de Dieu comme un « vêtement sans coutures » (Ls, n° 9).
Ainsi, c’est plus nettement et clairement que jamais que le pape François situe l’humain dans la nature et non comme une création artificielle surgissant en dehors des lois physiques. Citant le catéchisme, il rappelle que « aucune des créatures ne se suffit à elle-même. Elles n’existent qu’en dépendance les unes des autres, pour se compléter mutuellement, au service les unes des autres » (CEC, n° 340 cité par Ls, n° 86).
En admettant une telle dépendance physique de toutes les créatures, y compris les humains, et une appartenance commune à une même nature créée, le pape ne laisse guère de place pour une création d’Adam et Eve survenant soudainement il y a six mille ans à partir d’un peu de poussière ou d’une côte tirée d’un sommeil, en dehors de toute loi physique.
Jamais l’humain n’a été si fermement situé comme inclus dans la nature créée, là où un « anthropocentrisme despotique » (Ls, n° 68) erroné l’avait parfois imaginé comme une créature extra-naturelle dominatrice d’un monde à sa libre disposition.
Pas un mot dans l’encyclique « Laudato si » pour une prétendue mort physique qui serait entrée dans la nature par l’effet du péché originel.
Mais, au contraire, on y trouve une reconnaissance du fait que, dans la nature créée, il y a de la vie « éphémère » parmi les créatures et que « chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (Ls, n° 77).
Une feuille qui tombe, un fruit qui est mangé, ou un souffle qui s’arrête dans une vie animale éphémère, ce n’est pas la mort que produit le péché. C’est la nature que Dieu a créé par amour.
Ne confondons pas la vie immortelle des humains ou la résurrection des corps des humains créés à l’image de Dieu avec le renouvellement de toutes choses que Dieu nous promet et qui concerne toutes créatures.
« Le Nouveau Testament ne nous parle pas seulement de Jésus terrestre et de sa relation si concrète et aimable avec le monde. Il le montre aussi comme ressuscité et glorieux, présent dans toute la création par sa Seigneurie universelle : « Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 19-20). Cela nous projette à la fin des temps, quand le Fils remettra toutes choses au Père et que « Dieu sera tout en tous » (1Co 15, 28). De cette manière, les créatures de ce monde ne se présentent plus à nous comme une réalité purement naturelle, parce que le Ressuscité les enveloppe mystérieusement et les oriente vers un destin de plénitude. Même les fleurs des champs et les oiseaux qu’émerveillé il a contemplés de ses yeux humains, sont maintenant remplis de sa présence lumineuse. » (Ls, n° 100)
« chaque créature reflète quelque chose de Dieu et a un message à nous enseigner…
le Christ a assumé en lui-même ce monde matériel et …à présent, ressuscité, il habite au fond de chaque être, en l’entourant de son affection comme en le pénétrant de sa lumière » (Ls, n° 221)
« Saint Bonaventure en est arrivé à affirmer que, avant le péché, l’être humain pouvait découvrir comment chaque créature « atteste que Dieu est trine ». Le reflet de la Trinité pouvait se reconnaître dans la nature « quand ce livre n’était pas obscur pour l’homme et que le regard de l’homme n’avait pas été troublé ». Le saint franciscain nous enseigne que toute créature porte en soi une structure proprement trinitaire, si réelle qu’elle pourrait être spontanément contemplée si le regard de l’être humain n’était pas limité, obscur et fragile. Il nous indique ainsi le défi d’essayer de lire la réalité avec une clé trinitaire. » (Ls, n° 239)
« A la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf. 1 Co 13, 12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Oui, nous voyageons vers le sabbat de l’éternité, vers la nouvelle Jérusalem, vers la maison commune du ciel. Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21, 5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés. » (Ls, n° 243).
Chacune de ces citations, et d’autres encore, ouvre des réflexions profondes.
Il y a certainement beaucoup d’autres enseignements sur la création à relever et à méditer dans l’encyclique Laudato Si, et peut-être que des intervenants dans ce fil viendront l’enrichir à cet égard.
Mais, c’est clairement une belle et solide théologie de la création qui se dégage déjà de la nouvelle encyclique que nous offre le pape François.
Mais, sur le plan théologique, ils sont encore peu nombreux.
Il y a plusieurs lectures possibles de « Laudato si » et la lecture théologique n’est évidemment pas la seule.
Lisons là d’abord, comme chacun de nos contemporains peut le faire. Partageons avec le Pape François et avec tous les hommes qui l’écoutent sa sensibilité avisée qui nous invite à tenir compte des implications indirectes de nos diverses actions dans le monde.
Le Pape présente une analyse actualisée de la réalité contemporaine qui s’étend bien au delà des seules questions relatives à la protection de la nature pour s’étendre à l’ensemble des activités et de la vie des humains de notre temps dans leur environnement à tous égards non seulement physique, mais aussi technologique, social, culturel ou moral.
Son opinion peut intéresser les sociologues et tous ceux qui réfléchissent à la vie de nos contemporains confrontés à des changements technologiques d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent dans l’histoire.
Tenons mieux compte des effets sur tout ce qui environne nos actions (« l’environnement », au sens propre et le plus large du mot). Réjouissons-nous des progrès de la technologie, mais soyons attentifs aux effets parfois pervers et négatifs qui peuvent se présenter.
Cette interpellation du Pape François doit être entendue.
Mais, cela ne doit pas faire croire trop vite et à tort que Dieu et la révélation chrétienne ne sont présents dans l’encyclique « Laudato si » que de manière incidente ou accessoire.
Une lecture rapide de la nouvelle encyclique peut donner l’impression que le point de vue explicitement chrétien y est relativement secondaire, mais une lecture un peu plus attentive révèle vite qu’au contraire, la foi de l’Eglise y est profondément présente comme le sel dans un potage.
Certains n’y regarderont que tous les légumes qui constituent un potage et certains n’y verront qu’une soupe semblable à tant d’autres textes qui émanent de mouvements écologiques ou d’autres organismes sensibles à l’environnement.
Mais, sans le sel de la révélation chrétienne et de la foi, dans la lumière de l’Evangile, la soupe risque d’être sans saveur.
Pour les chrétiens, « Laudato si » apporte une lumière beaucoup plus profonde qui va au delà de la seule lecture des réalités concrètes contemporaines et des conseils de sagesse qu’elle introduit.
Beaucoup de commentaires développent son analyse des réalités concrètes et les chemins que le Pape François propose aux hommes de notre temps pour en éviter les pièges.
C’est, bien sûr, très important.
Certains pensent d’ailleurs, de manière critique, que le Pape se plonge là dans des questions techniques qui excèdent ses compétences ou qu’il ferait mieux de parler davantage de foi et de théologie.
Cette critique s’avère cependant fort légère.
Il est évident, en effet, que le Pape, comme n’importe qui, peut légitimement réfléchir à la situation des hommes de notre époque et aux réalités contemporaines. Dans l’ensemble, sa réflexion est profonde et ce qu’il développe peut être apprécié par tous, y compris les athées, mêmes si certaines de ses opinions sont controversées.
Mais, ne nous y trompons pas. C’est une encyclique. Un enseignement officiel de l’Eglise.
Certains diront que cela concerne la doctrine sociale, comme si cela éloignait de la foi parce que cela touche aux réalités sociales qui varient dans l’histoire.
En fait, cela concerne bien davantage que la seule doctrine sociale. Le Pape nous présente la foi chrétienne dans ses réalités les plus concrètes depuis les origines du monde.
Le Pape François plonge profondément dans la foi de l’Eglise et apporte un regard neuf sur des vérités de foi qui sont aujourd’hui en attente d’un enseignement réactualisé par rapport aux nouvelles connaissances de notre époque.
« Laudato si » pourrait, avec un peu de recul, apparaître comme un texte théologique majeur du Magistère sur la création et sur la foi chrétienne.
Un des six chapitres de « Laudato si » est d’ailleurs intitulé « L’évangile de la création » !
Nous qui pensons si facilement que la création, c’est l’Ancien Testament, le début de la Genèse, et que l’Evangile, c’est le Nouveau Testament, le Christ, voilà qu’un simple intitulé vient mélanger les deux. Le mot théologie est un peu lourd : le voici remplacé par l’annonce d’une bonne nouvelle, un évangile. Mais, c’est bien de théologie dont il s’agit.
D’ailleurs, « Laudato si » n’est pas une simple lettre ou exhortation apostolique. C’est bien une encyclique, soit un enseignement officiel du Pape concernant la foi de l’Eglise, même si le Pape s’adresse à tous les hommes de bonne volonté et développe longuement des considérations environnementales compréhensibles et intéressantes pour tous, chrétiens ou non, au point que son encyclique a été saluée par beaucoup de personnalités éloignées de l’Eglise.
« Laudato si » pourrait se révéler comme une aube pour une nouvelle théologie de la création, une nouvelle compréhension de la foi de l’Eglise qui, à chaque époque et dans chaque culture, doit réactualiser son contenu par rapport aux connaissances différentes du temps présent pour nous enseigner une vérité inchangée mais dont la compréhension ancienne doit parfois être dépouillée de caricatures qui ont accompagné l’enseignement de la foi et sa compréhension à des époques révolues de l’histoire, mais qui ont perdu de leur pertinence et de leur exactitude dans un autre contexte.
Chacun reçoit toujours la révélation dans le contexte culturel qui est le sien.
Une nouvelle théologie de la création ne modifie en rien le trésor de la révélation mais l’éclaire sans cesse davantage et de manière réactualisée par rapport aux questions et aux savoirs différents de chaque époque.
Le Pape François en appelle à « une nouvelle synthèse qui dépasse les fausses dialectiques des derniers siècles » parce que « Le christianisme lui-même, en se maintenant fidèle à son identité et au trésor de vérité qu’il a reçu de Jésus-Christ, se repense toujours et se réexprime dans le dialogue avec les nouvelles situations historiques, laissant apparaître ainsi son éternelle nouveauté » (Ls, n° 121).
Pour être très concret, qu’enseigne le Pape François concernant la création ?
On peut relever d’abord qu’il écarte, en rappelant sa première encyclique, une séparation trop simpliste de la science et de la foi par rapport à la réalité concrète de ce monde.
Le Pape François rappelle que « La lumière de la foi, dans la mesure où elle est unie à la vérité de l’amour, n’est pas étrangère au monde matériel, car l’amour se vit toujours corps et âme ; la lumière de la foi est une lumière incarnée, qui procède de la vie lumineuse de Jésus. Elle éclaire aussi la matière, se fie à son ordre, reconnaît qu’en elle s’ouvre un chemin d’harmonie et de compréhension toujours plus large. Le regard de la science tire ainsi profit de la foi : cela invite le chercheur à rester ouvert à la réalité, dans toute sa richesse inépuisable. La foi réveille le sens critique dans la mesure où elle empêche la recherche de se complaire dans ses formules et l’aide à comprendre que la nature est toujours plus grande. En invitant à l’émerveillement devant le mystère du créé, la foi élargit les horizons de la raison pour mieux éclairer le monde qui s’ouvre à la recherche scientifique » (Ls, note 141 citant Lumen fidei du 29 juin 2013), n. 34).
N’est-ce pas une évidence à rappeler ? : le réel que notre petit cerveau peut connaître n’est pas tout le réel. Le monde perçu par notre cerveau ou la science n’est pas étanche à des influences que notre cerveau ne peut connaître.
« On ne peut pas soutenir que les sciences empiriques expliquent complètement la vie, la structure de toutes les créatures et la réalité dans son ensemble. Cela serait outrepasser de façon indue leurs frontières méthodologiques limitées. » (Ls, n° 199).
Le Pape François nous rappelle alors toute la connaissance de la foi qui, dans la lumière de l’Evangile, sait que Dieu a créé le monde matériel, qu’il en reste le maître, qu’il peut toujours y intervenir, et que, par sa résurrection, le salut du Christ s’étend au monde entier.
« « Par la parole du Seigneur les cieux ont été faits » (Ps 33, 6). Il nous est ainsi indiqué que le monde est issu d’une décision, non du chaos ou du hasard, ce qui le rehausse encore plus. Dans la parole créatrice il y a un choix libre exprimé. » (Ls, n° 77).
« S’il a pu créer l’univers à partir de rien, il peut aussi intervenir dans ce monde » (Ls, n° 74).
« Jésus vivait en pleine harmonie avec la création, et les autres s’en émerveillaient : « Quel est donc celui-ci pour que même la mer et les vents lui obéissent ? » (Mt 8, 27) » (Ls, n° 98).
Tout est amour dans la création.
« L’univers n’a pas surgi comme le résultat d’une toute puissance arbitraire, d’une démonstration de force ni d’un désir d’auto-affirmation. La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création : « Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé » (Sg 11, 24). Par conséquent, chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (Ls, n° 77)
« Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. » (Ls, n° 84)
Dans cette nature créée par amour, le pape François nous rappelle que c’est Dieu qui a créé l’humanité.
« Bien que l’être humain suppose aussi des processus évolutifs, il implique une nouveauté qui n’est pas complètement explicable par l’évolution d’autres systèmes ouverts. Chacun de nous a, en soi, une identité personnelle, capable d’entrer en dialogue avec les autres et avec Dieu lui-même. La capacité de réflexion, l’argumentation, la créativité, l’interprétation, l’élaboration artistique, et d’autres capacités inédites, montrent une singularité qui transcende le domaine physique et biologique. La nouveauté qualitative qui implique le surgissement d’un être personnel dans l’univers matériel suppose une action directe de Dieu, un appel particulier à la vie et à la relation d’un Tu avec un autre tu. » (Ls, n° 81)
Le pape Jean-Paul II nous disait déjà que l’évolution est plus qu’une hypothèse. Le pape François confirme que « l’être humain suppose … des processus évolutifs » (Ls, n° 81), mais il précise que la création de l’humanité est une intervention de Dieu dans l’histoire que l’évolution physique de la nature ne peut suffire à expliquer.
« Sans répéter ici l’entière théologie de la création…La Bible enseigne que chaque être humain est créé par amour, à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Cette affirmation nous montre la très grande dignité de toute personne humaine, qui « n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu’un. Elle est capable de se connaître, de se posséder, et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes » …
Quelle merveilleuse certitude de savoir que la vie de toute personne ne se perd pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par le pur hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde ! » (Ls, n° 65)
Dieu intervient concrètement dans l’histoire. Le miracle existe. Pas seulement à l’origine, mais tout au long de l’histoire. La nature n’est pas une réalité fermée dans laquelle Dieu n’intervient pas.
Mais, le Pape François nous présente cependant la création de l’humanité sans rupture dans la nature qu’il nous présente, au contraire, comme une mère.
« saint François d’Assise… nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts » (Ls, n° 1)
Le Pape François nous rappelle que « Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète » (Ls, n° 2).
Avançant davantage dans la compréhension concrète de l’histoire, c’est à son prédécesseur, le pape Benoît XVI que le pape François reprend une autre affirmation concrète fondamentale : « le livre de la nature est unique et indivisible » (Benoît XVI, Caritas in veritate, n° 51, cité par Ls, n° 6) et, reprenant une expression du patriarche Bartholomée, il nous présente la création de Dieu comme un « vêtement sans coutures » (Ls, n° 9).
Ainsi, c’est plus nettement et clairement que jamais que le pape François situe l’humain dans la nature et non comme une création artificielle surgissant en dehors des lois physiques. Citant le catéchisme, il rappelle que « aucune des créatures ne se suffit à elle-même. Elles n’existent qu’en dépendance les unes des autres, pour se compléter mutuellement, au service les unes des autres » (CEC, n° 340 cité par Ls, n° 86).
En admettant une telle dépendance physique de toutes les créatures, y compris les humains, et une appartenance commune à une même nature créée, le pape ne laisse guère de place pour une création d’Adam et Eve survenant soudainement il y a six mille ans à partir d’un peu de poussière ou d’une côte tirée d’un sommeil, en dehors de toute loi physique.
Jamais l’humain n’a été si fermement situé comme inclus dans la nature créée, là où un « anthropocentrisme despotique » (Ls, n° 68) erroné l’avait parfois imaginé comme une créature extra-naturelle dominatrice d’un monde à sa libre disposition.
Pas un mot dans l’encyclique « Laudato si » pour une prétendue mort physique qui serait entrée dans la nature par l’effet du péché originel.
Mais, au contraire, on y trouve une reconnaissance du fait que, dans la nature créée, il y a de la vie « éphémère » parmi les créatures et que « chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection. » (Ls, n° 77).
Une feuille qui tombe, un fruit qui est mangé, ou un souffle qui s’arrête dans une vie animale éphémère, ce n’est pas la mort que produit le péché. C’est la nature que Dieu a créé par amour.
Ne confondons pas la vie immortelle des humains ou la résurrection des corps des humains créés à l’image de Dieu avec le renouvellement de toutes choses que Dieu nous promet et qui concerne toutes créatures.
« Le Nouveau Testament ne nous parle pas seulement de Jésus terrestre et de sa relation si concrète et aimable avec le monde. Il le montre aussi comme ressuscité et glorieux, présent dans toute la création par sa Seigneurie universelle : « Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Col 1, 19-20). Cela nous projette à la fin des temps, quand le Fils remettra toutes choses au Père et que « Dieu sera tout en tous » (1Co 15, 28). De cette manière, les créatures de ce monde ne se présentent plus à nous comme une réalité purement naturelle, parce que le Ressuscité les enveloppe mystérieusement et les oriente vers un destin de plénitude. Même les fleurs des champs et les oiseaux qu’émerveillé il a contemplés de ses yeux humains, sont maintenant remplis de sa présence lumineuse. » (Ls, n° 100)
« chaque créature reflète quelque chose de Dieu et a un message à nous enseigner…
le Christ a assumé en lui-même ce monde matériel et …à présent, ressuscité, il habite au fond de chaque être, en l’entourant de son affection comme en le pénétrant de sa lumière » (Ls, n° 221)
« Saint Bonaventure en est arrivé à affirmer que, avant le péché, l’être humain pouvait découvrir comment chaque créature « atteste que Dieu est trine ». Le reflet de la Trinité pouvait se reconnaître dans la nature « quand ce livre n’était pas obscur pour l’homme et que le regard de l’homme n’avait pas été troublé ». Le saint franciscain nous enseigne que toute créature porte en soi une structure proprement trinitaire, si réelle qu’elle pourrait être spontanément contemplée si le regard de l’être humain n’était pas limité, obscur et fragile. Il nous indique ainsi le défi d’essayer de lire la réalité avec une clé trinitaire. » (Ls, n° 239)
« A la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf. 1 Co 13, 12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Oui, nous voyageons vers le sabbat de l’éternité, vers la nouvelle Jérusalem, vers la maison commune du ciel. Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21, 5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés. » (Ls, n° 243).
Chacune de ces citations, et d’autres encore, ouvre des réflexions profondes.
Il y a certainement beaucoup d’autres enseignements sur la création à relever et à méditer dans l’encyclique Laudato Si, et peut-être que des intervenants dans ce fil viendront l’enrichir à cet égard.
Mais, c’est clairement une belle et solide théologie de la création qui se dégage déjà de la nouvelle encyclique que nous offre le pape François.
Le Pape François éclaire la création de l’homme
Le dernier synode a pu contribuer, par la confusion ou les divergences qui s’y sont exprimées, à faire croire à certains que le Pape François n’exercerait son magistère d’enseignement qu’avec des talents moindres que ses brillants prédécesseurs Saint Jean-Paul II et Benoît XVI.
Beaucoup n’ont guère été attentifs à l’enseignement doctrinal que contient la dernière encyclique du Pape.
Laudato si n’est pas un texte écolo ayant pour objet des considérations politiques ou environnementales relativement éloignées de la doctrine de l’Eglise et des spécificités de la foi chrétienne.
C’est une encyclique lumineuse du Pape François sur la création en général, mais aussi sur la création de l’homme.
Il n’est pas excessif de penser qu’il s’agit de l’enseignement du Magistère le plus large depuis les théories de l’évolution développées par Darwin et les scientifiques ultérieurs.
Les avancées concrètes ou scientifiques des papes précédents n’ont guère dépassé quelques allusions brèves et prudentes comme la déclaration de Saint Jean-Paul II considérant que l’évolution est « plus qu’une hypothèse ».
Avec l’encyclique Laudato si, le Pape François nous enseigne de manière plus précise les grands axes de la création que la foi de l’Eglise peut retenir aujourd’hui en l’état actuel des connaissances scientifiques autant que théologiques.
Depuis 2.000 ans, cette foi catholique reste inchangée et nous est transmise fidèlement par la Tradition et le Magistère de l’Eglise, mais elle s’enrichit et s’approfondit au fil des générations et des découvertes nouvelles.
C’est quoi le résumé de l’enseignement du Pape. Il tient en quatre affirmations.
1. Les humains font partie de la nature.
2. Cette nature est indivisible.
3. Le corps naturel des humains provient de processus évolutifs.
4. La création de l’âme spirituelle immortelle des humains est une intervention surnaturelle de Dieu.
Désormais, cet enseignement du Magistère permet d’écarter les croyances fondamentalistes qui pensent que le corps humain n’est pas un produit d’une évolution physique selon les lois naturelles.
Non, il n’y a pas, à l’origine de l’humanité, un « fait physique » non naturel par lequel, un jour, en dehors de tout processus naturel dans le temps, Dieu aurait fabriqué un humain avec un peu de poussière qu’il aurait miraculeusement transformée en un instant en corps d’Adam.
Non, Eve n’a pas été tirée d’un os transformé en un instant, en dehors de tout processus naturel dans le temps, en corps humain de sexe féminin.
Dieu, qui a créé la nature, y a mis tout ce qui lui était nécessaire pour que les processus physiques puissent produire le corps des humains.
Oui, il a créé le corps des humains avec les éléments chimiques qui forment aussi la poussière du sol, mais, pour créer les humains que nous sommes, Dieu n’a pas ajouté de nouveaux éléments physiques ou de nouvelles règles naturelles qui auraient ajouté miraculeusement à la nature un corps matériel nouveau créé séparément ou qui auraient miraculeusement façonné ce corps par d’autres règles naturelles que celles de la nature indivisible qu’il a lui-même créée.
Après la création du monde, dans le cours de l’histoire concrète de cette unique nature indivisible et dans tout l’univers, les êtres différents ne sont pas apparus à partir de rien mais à partir de divisions, de différentiations, de mutations, de rassemblements distincts de groupes d’éléments de la création dans des formes de plus en plus complexes et diverses.
Cette nature indivisible ne produit que des êtres naturels.
Et jamais, jamais, cette nature n’a pu produire par elle-même une vie autre que celle que les règles naturelles lui permettent.
La nature ne produit que des êtres éphémères qui se reproduisent infiniment avec des mutations diverses infiniment variées et qui se dissolvent de sorte que les éléments qui les constituent sont réintégrés dans d’autres êtres éphémères.
Aucun être éphémère de la nature n’a jamais produit un être immortel.
C’est par un acte créateur que Dieu a créé des âmes immortelles dans la nature, des êtres humains capables de partager éternellement sa vie d’amour.
Cela s’est produit dans l’histoire concrète aussi sûrement que notre propre conception, aussi sûrement que l’incarnation du Christ à Nazareth en Palestine.
Un jour, par une action de l’Esprit Saint, le corps humain d’une jeune femme a conçu un être à qui elle a transmis sa nature humaine dans laquelle l’Esprit Saint a incarné Dieu lui-même. C’est un fait historique. Ce n’était qu’une femme, mais elle a conçu une créature nouvelle, un être qui était plus que sa nature provenant de sa mère : un vrai homme dont le corps était issu de la nature comme le nôtre qui était aussi vrai Dieu.
Un autre jour, longtemps avant, par une autre action de l’Esprit Saint, le corps d’une hominidée de sexe féminin a conçu un être à qui elle a transmis sa nature d’hominidée dans laquelle l’Esprit Saint a créé une âme immortelle. C'est un fait historique. Ce n'était qu'une hominidée issue de longs processus évolutifs, mais elle a conçu une créature nouvelle : un être qui était plus que sa nature provenant de sa génitrice : un humain à l’image de Dieu avec une âme immortelle capable de partager éternellement la vie d’amour de Dieu.
Beaucoup n’ont guère été attentifs à l’enseignement doctrinal que contient la dernière encyclique du Pape.
Laudato si n’est pas un texte écolo ayant pour objet des considérations politiques ou environnementales relativement éloignées de la doctrine de l’Eglise et des spécificités de la foi chrétienne.
C’est une encyclique lumineuse du Pape François sur la création en général, mais aussi sur la création de l’homme.
Il n’est pas excessif de penser qu’il s’agit de l’enseignement du Magistère le plus large depuis les théories de l’évolution développées par Darwin et les scientifiques ultérieurs.
Les avancées concrètes ou scientifiques des papes précédents n’ont guère dépassé quelques allusions brèves et prudentes comme la déclaration de Saint Jean-Paul II considérant que l’évolution est « plus qu’une hypothèse ».
Avec l’encyclique Laudato si, le Pape François nous enseigne de manière plus précise les grands axes de la création que la foi de l’Eglise peut retenir aujourd’hui en l’état actuel des connaissances scientifiques autant que théologiques.
Depuis 2.000 ans, cette foi catholique reste inchangée et nous est transmise fidèlement par la Tradition et le Magistère de l’Eglise, mais elle s’enrichit et s’approfondit au fil des générations et des découvertes nouvelles.
C’est quoi le résumé de l’enseignement du Pape. Il tient en quatre affirmations.
1. Les humains font partie de la nature.
2. Cette nature est indivisible.
3. Le corps naturel des humains provient de processus évolutifs.
4. La création de l’âme spirituelle immortelle des humains est une intervention surnaturelle de Dieu.
Désormais, cet enseignement du Magistère permet d’écarter les croyances fondamentalistes qui pensent que le corps humain n’est pas un produit d’une évolution physique selon les lois naturelles.
Non, il n’y a pas, à l’origine de l’humanité, un « fait physique » non naturel par lequel, un jour, en dehors de tout processus naturel dans le temps, Dieu aurait fabriqué un humain avec un peu de poussière qu’il aurait miraculeusement transformée en un instant en corps d’Adam.
Non, Eve n’a pas été tirée d’un os transformé en un instant, en dehors de tout processus naturel dans le temps, en corps humain de sexe féminin.
Dieu, qui a créé la nature, y a mis tout ce qui lui était nécessaire pour que les processus physiques puissent produire le corps des humains.
Oui, il a créé le corps des humains avec les éléments chimiques qui forment aussi la poussière du sol, mais, pour créer les humains que nous sommes, Dieu n’a pas ajouté de nouveaux éléments physiques ou de nouvelles règles naturelles qui auraient ajouté miraculeusement à la nature un corps matériel nouveau créé séparément ou qui auraient miraculeusement façonné ce corps par d’autres règles naturelles que celles de la nature indivisible qu’il a lui-même créée.
Après la création du monde, dans le cours de l’histoire concrète de cette unique nature indivisible et dans tout l’univers, les êtres différents ne sont pas apparus à partir de rien mais à partir de divisions, de différentiations, de mutations, de rassemblements distincts de groupes d’éléments de la création dans des formes de plus en plus complexes et diverses.
Cette nature indivisible ne produit que des êtres naturels.
Et jamais, jamais, cette nature n’a pu produire par elle-même une vie autre que celle que les règles naturelles lui permettent.
La nature ne produit que des êtres éphémères qui se reproduisent infiniment avec des mutations diverses infiniment variées et qui se dissolvent de sorte que les éléments qui les constituent sont réintégrés dans d’autres êtres éphémères.
Aucun être éphémère de la nature n’a jamais produit un être immortel.
C’est par un acte créateur que Dieu a créé des âmes immortelles dans la nature, des êtres humains capables de partager éternellement sa vie d’amour.
Cela s’est produit dans l’histoire concrète aussi sûrement que notre propre conception, aussi sûrement que l’incarnation du Christ à Nazareth en Palestine.
Un jour, par une action de l’Esprit Saint, le corps humain d’une jeune femme a conçu un être à qui elle a transmis sa nature humaine dans laquelle l’Esprit Saint a incarné Dieu lui-même. C’est un fait historique. Ce n’était qu’une femme, mais elle a conçu une créature nouvelle, un être qui était plus que sa nature provenant de sa mère : un vrai homme dont le corps était issu de la nature comme le nôtre qui était aussi vrai Dieu.
Un autre jour, longtemps avant, par une autre action de l’Esprit Saint, le corps d’une hominidée de sexe féminin a conçu un être à qui elle a transmis sa nature d’hominidée dans laquelle l’Esprit Saint a créé une âme immortelle. C'est un fait historique. Ce n'était qu'une hominidée issue de longs processus évolutifs, mais elle a conçu une créature nouvelle : un être qui était plus que sa nature provenant de sa génitrice : un humain à l’image de Dieu avec une âme immortelle capable de partager éternellement la vie d’amour de Dieu.
Dans l’encyclique Laudato si, le Pape François a écrit :1. … notre maison commune est aussi … comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts…
2. … nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète…
138. Il n’est pas superflu d’insister sur le fait que tout est lié. Le temps et l’espace ne sont pas indépendants l’un de l’autre, et même les atomes ou les particules sous-atomiques ne peuvent être considérés séparément. Tout comme les différentes composantes de la planète – physiques, chimiques et biologiques – sont reliées entre elles, de même les espèces vivantes constituent un réseau que nous n’avons pas encore fini d’identifier et de comprendre. Une bonne partie de notre information génétique est partagée par beaucoup d’êtres vivants.
139. … Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle.
6. … le livre de la nature est unique et indivisible…
9. … C’est notre humble conviction que le divin et l’humain se rencontrent même dans les plus petits détails du vêtement sans coutures de la création de Dieu, jusque dans l’infime grain de poussière de notre planète
80. L’Esprit de Dieu a rempli l’univers de potentialités qui permettent que, du sein même des choses, quelque chose de nouveau peut surgir…
99. … Dès le commencement du monde, mais de manière particulière depuis l’Incarnation, le mystère du Christ opère secrètement dans l’ensemble de la réalité naturelle, sans pour autant en affecter l’autonomie
81. Bien que l’être humain suppose aussi des processus évolutifs, il implique une nouveauté qui n’est pas complètement explicable par l’évolution d’autres systèmes ouverts. Chacun de nous a, en soi, une identité personnelle, capable d’entrer en dialogue avec les autres et avec Dieu lui-même. La capacité de réflexion, l’argumentation, la créativité, l’interprétation, l’élaboration artistique, et d’autres capacités inédites, montrent une singularité qui transcende le domaine physique et biologique. La nouveauté qualitative qui implique le surgissement d’un être personnel dans l’univers matériel suppose une action directe de Dieu, un appel particulier à la vie et à la relation d’un Tu avec un autre tu…
Re: Le Pape François éclaire la création de l’homme
Avant son encyclique Laudato si, le Pape François avait déjà exprimé les bases de son enseignement dans un discours du 27 octobre 2014 à l’Académie pontificale des sciences.
Le Pape nous y invite à la prudence lorsque nous essayons d’ « affronter » la « complexité scientifique » du « thème extrêmement complexe de l’évolution du concept de nature ».
Sans entrer dans les détails scientifiques et sans s’immiscer dans les questions très complexes du temps qui précède le Big Bang (actuellement évalué dans l’infiniment petit), de la réalité physique qui l’a précédé ou de ses causes antérieures dans les limites du temps et de l’espace que la science peut appréhender, le Pape François nous montre cependant la concordance de la foi avec les découvertes récentes de la science : « Le ‘Big-Bang’, que l’on place aujourd’hui à l’origine du monde, ne contredit pas l’intervention créatrice divine mais l’exige. L’évolution de la nature ne s’oppose pas à la notion de Création, car l’évolution présuppose la création d’êtres qui évoluent ».
Il écarte les croyances qui considèrent Dieu comme un « magicien » ou comme un grand architecte (un « démiurge ») qui aurait fixé toute la création dans un cadre ou selon un dessein intelligent que nous n’aurions plus qu’à dérouler. Nous ne sommes pas des jouets ou des robots prédéterminés pour tenir un rôle préétabli.
Le Pape est très ferme sur ce point : « il n’en est pas ainsi. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu’Il a données à chacun, pour qu’ils se développent et pour qu’ils parviennent à leur plénitude. Il a donné l’autonomie aux êtres de l’univers en même temps qu’il les a assurés de sa présence permanente, donnant existence à chaque réalité ».
Mais, l’homme n’est pas que le produit d’une évolution naturelle.
Au contraire, comme il l’a confirmé dans son encyclique, le Pape François observait déjà en 2014 que « En ce qui concerne l’homme, en revanche, il y a un changement et une nouveauté ».
Sa survenance dans l’histoire concrète est un évènement qui manifeste une action créatrice de Dieu.
L’humain reçoit une « double vie corporelle et spirituelle » et « Dieu donne à l’être humain une autre autonomie, une autonomie différente de celle de la nature, qui est la liberté ».
Le Pape nous y invite à la prudence lorsque nous essayons d’ « affronter » la « complexité scientifique » du « thème extrêmement complexe de l’évolution du concept de nature ».
Sans entrer dans les détails scientifiques et sans s’immiscer dans les questions très complexes du temps qui précède le Big Bang (actuellement évalué dans l’infiniment petit), de la réalité physique qui l’a précédé ou de ses causes antérieures dans les limites du temps et de l’espace que la science peut appréhender, le Pape François nous montre cependant la concordance de la foi avec les découvertes récentes de la science : « Le ‘Big-Bang’, que l’on place aujourd’hui à l’origine du monde, ne contredit pas l’intervention créatrice divine mais l’exige. L’évolution de la nature ne s’oppose pas à la notion de Création, car l’évolution présuppose la création d’êtres qui évoluent ».
Il écarte les croyances qui considèrent Dieu comme un « magicien » ou comme un grand architecte (un « démiurge ») qui aurait fixé toute la création dans un cadre ou selon un dessein intelligent que nous n’aurions plus qu’à dérouler. Nous ne sommes pas des jouets ou des robots prédéterminés pour tenir un rôle préétabli.
Le Pape est très ferme sur ce point : « il n’en est pas ainsi. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu’Il a données à chacun, pour qu’ils se développent et pour qu’ils parviennent à leur plénitude. Il a donné l’autonomie aux êtres de l’univers en même temps qu’il les a assurés de sa présence permanente, donnant existence à chaque réalité ».
Mais, l’homme n’est pas que le produit d’une évolution naturelle.
Au contraire, comme il l’a confirmé dans son encyclique, le Pape François observait déjà en 2014 que « En ce qui concerne l’homme, en revanche, il y a un changement et une nouveauté ».
Sa survenance dans l’histoire concrète est un évènement qui manifeste une action créatrice de Dieu.
L’humain reçoit une « double vie corporelle et spirituelle » et « Dieu donne à l’être humain une autre autonomie, une autonomie différente de celle de la nature, qui est la liberté ».
Dans son discours du 27 octobre 2014 à l’Académie des sciences, le Pape François a écrit :Vous affrontez le thème extrêmement complexe de l’évolution du concept de nature. Je n’aborderai pas du tout, comme vous le comprenez bien, la complexité scientifique de cette question importante et décisive…
Quand nous lisons dans la Genèse, le récit de la création nous risquons d’imaginer que Dieu a été un magicien, avec une baguette magique en mesure de faire toutes les choses. Mais il n’en est pas ainsi. Il a créé les êtres et les a laissés se développer selon les lois internes qu’Il a données à chacun, pour qu’ils se développent et pour qu’ils parviennent à leur plénitude. Il a donné l’autonomie aux êtres de l’univers en même temps qu’il les a assurés de sa présence permanente, donnant existence à chaque réalité. Et ainsi la création est allée de l’avant pendant des siècles et des siècles, des millénaires et des millénaires jusqu’à devenir celle que nous connaissons aujourd’hui, précisément parce que Dieu n’est pas un démiurge ou un magicien, mais le Créateur qui donne l’existence à toutes les créatures. Le début du monde n’est pas l’œuvre du chaos qui doit son origine à un autre, mais dérive directement d’un Principe suprême qui crée par amour. Le Big-Bang, que l’on place aujourd’hui à l’origine du monde, ne contredit pas l’intervention créatrice divine mais l’exige. L’évolution de la nature ne s’oppose pas à la notion de Création, car l’évolution présuppose la création d’êtres qui évoluent.
En ce qui concerne l’homme, en revanche, il y a un changement et une nouveauté. Quand, au sixième jour du récit de la Genèse, a lieu la création de l’homme, Dieu donne à l’être humain une autre autonomie, une autonomie différente de celle de la nature, qui est la liberté. Et il dit à l’homme de donner un nom à toutes les choses et d’aller de l’avant dans le cours de l’histoire. Il le rend responsable de la création, également pour qu’il domine la création, pour qu’il la développe et ainsi jusqu’à la fin des temps…
Alors, bien que limitée, l’action de l’homme participe de la puissance de Dieu et est en mesure de construire un monde adapté à sa double vie corporelle et spirituelle
Re: Le Pape François éclaire la création de l’homme
Admettre « le surgissement d’un être personnel dans l’univers matériel », par des « processus évolutifs » dans une nature « unique et indivisible », présente la création de Dieu d’une manière concrète qui peut remettre en cause ce qui a longtemps paru une évidence.
Dans la nature, tout est « enchevêtré », et cela implique que, dans la réalité historique, nous descendons d’Adam et Eve, premiers humains créés à l’image de Dieu…
… mais pas « uniquement » d’Adam et Eve.
Toute l’encyclique Laudato si du Pape François met en lumière notre profonde incorporation dans la nature tout entière. Non seulement notre corps est composé d’éléments physiques de la planète, mais nous en provenons par des « processus évolutifs ». C’est la nature qui a produit notre corps « comme une mère ».
Dans notre ascendance généalogique comprenant d’innombrables ancêtres biologiques successifs depuis le Big Bang situé il y a des milliards d’années, notre humanité à l’image de Dieu avec notre âme spirituelle immortelle capable de partager la vie de Dieu vient uniquement d’Adam et Eve et de leurs descendants, mais notre corps matériel ne vient pas « uniquement » d’Adam et Eve, mais aussi de l’ensemble de la nature créée, par une succession d’autres couples d’hominidés de leur époque et des temps plus anciens, et même d’ancêtres biologiques communs à tous les autres êtres de la nature, plus ou moins éloignés dans le temps.
Cela implique aussi, dans la réalité historique concrète, que les premiers humains à l’image de Dieu avaient dans leur environnement social des hominidés « préhumains »: non seulement leurs géniteurs biologiques, leurs « père » et « mère » naturels, mais aussi des proches parents, des voisins, et diverses populations qui pouvaient être dispersées sur la terre.
C’est un fait historique concret que beaucoup de croyants refusent ou hésitent à admettre tout en étant incapables de proposer une alternative concrète. De nombreux croyants considèrent que les récits de la Genèse sont symboliques et que les humains proviennent d’une longue évolution, mais leur pensée s’arrête lorsqu’il s’agit de considérer une création de Dieu dans le cours de l’histoire concrète, de considérer la survenance d’humains avec une âme immortelle à un moment de cette histoire.
Les « père et mère » d’Adam et Eve n’étaient cependant pas des animaux, mais des êtres préhumains façonnés par Dieu au fil des générations et d’une longue évolution jusqu’à produire un corps apte à la création des premiers humains à l’image de Dieu. Ces « père et mère » d’Adam et Eve étaient dotés d’une vie éphémère comme toutes les autres créatures vivantes de la création, les plantes, les arbres ou les animaux.
Et le Pape François nous invite à considérer avec respect toute cette vie naturelle éphémère que Dieu a créée : « Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection » (Laudato si, n° 77).
Parmi les hominidés préhumains, la création à l’image de Dieu a créé une vie spirituelle et un état de conscience extrêmement nouveaux car cette nouveauté est à la mesure du projet particulier de Dieu concernant l’humain : le créer à l’image de Dieu. Elle est à la mesure de l’énormité spirituelle que constitue l’aptitude nouvelle à partager la vie et l’amour de Dieu, à accéder à une vie immortelle, que Dieu a fait advenir dans sa création.
Toute la beauté de la nature est déjà magnifique à contempler. Que dire alors de la création dans cette nature d’êtres d’une nature corporelle et spirituelle à ce point semblable à Dieu qu’il va s’y incarner lui-même un peu plus tard dans l’histoire concrète ?
Le Pape François relève que la création de l’humain à l’image de Dieu a introduit une « singularité qui transcende le domaine physique et biologique » mais qui se manifeste aussi concrètement dans diverses capacités cérébrales telles « La capacité de réflexion, l’argumentation, la créativité, l’interprétation, l’élaboration artistique, et d’autres capacités inédites » (Laudato si, n° 81).
Toutes ces capacités pouvaient déjà exister dans diverses mesures parmi les hominidés de l’époque de la création des premiers humains à l’image de Dieu, mais le Pape François observe que chez ces premiers humains, elle « montrent » une « singularité ».
Il y a, par l’effet de la création des premiers humains à l’image de Dieu, du nouveau, du spécial, de l’original, qui a donné un surplus ou une étendue nouvelle à diverses capacités de notre cerveau terrestre dont la paléontologie et toutes les sciences nous détaillent aujourd’hui l’évolution depuis des millions d’années parmi les hominidés qui se sont succèdés sur la terre.
Ainsi, ce qui fut nouveau, ce ne fut donc pas seulement des réalités spirituelles, une immortalité et une aptitude à partager la vie de Dieu. Ce fut aussi une modification concrète et perceptible des capacités terrestres de l’hominidé qui a été façonné à l’image de Dieu. Les sciences pourront peut-être un jour repérer cette modification dans l’histoire concrète de l’humanité.
Mais le Pape François nous amène un peu plus loin encore pour nous faire observer que cette singularité « transcende le domaine physique et biologique ». Elle nous amène au-delà des limites des capacités que la nature peut transmettre dans le seul domaine physique et biologique.
C’est de la transcendance qui est entrée dans l’histoire concrète. Cette transcendance a donné un surplus dépassant le physique et le biologique à des capacités cérébrales qui donnaient déjà à des hominidés des capacités techniques, rationnelles, esthétiques et autres.
Dans la nature, tout est « enchevêtré », et cela implique que, dans la réalité historique, nous descendons d’Adam et Eve, premiers humains créés à l’image de Dieu…
… mais pas « uniquement » d’Adam et Eve.
Toute l’encyclique Laudato si du Pape François met en lumière notre profonde incorporation dans la nature tout entière. Non seulement notre corps est composé d’éléments physiques de la planète, mais nous en provenons par des « processus évolutifs ». C’est la nature qui a produit notre corps « comme une mère ».
Dans notre ascendance généalogique comprenant d’innombrables ancêtres biologiques successifs depuis le Big Bang situé il y a des milliards d’années, notre humanité à l’image de Dieu avec notre âme spirituelle immortelle capable de partager la vie de Dieu vient uniquement d’Adam et Eve et de leurs descendants, mais notre corps matériel ne vient pas « uniquement » d’Adam et Eve, mais aussi de l’ensemble de la nature créée, par une succession d’autres couples d’hominidés de leur époque et des temps plus anciens, et même d’ancêtres biologiques communs à tous les autres êtres de la nature, plus ou moins éloignés dans le temps.
Cela implique aussi, dans la réalité historique concrète, que les premiers humains à l’image de Dieu avaient dans leur environnement social des hominidés « préhumains »: non seulement leurs géniteurs biologiques, leurs « père » et « mère » naturels, mais aussi des proches parents, des voisins, et diverses populations qui pouvaient être dispersées sur la terre.
C’est un fait historique concret que beaucoup de croyants refusent ou hésitent à admettre tout en étant incapables de proposer une alternative concrète. De nombreux croyants considèrent que les récits de la Genèse sont symboliques et que les humains proviennent d’une longue évolution, mais leur pensée s’arrête lorsqu’il s’agit de considérer une création de Dieu dans le cours de l’histoire concrète, de considérer la survenance d’humains avec une âme immortelle à un moment de cette histoire.
Les « père et mère » d’Adam et Eve n’étaient cependant pas des animaux, mais des êtres préhumains façonnés par Dieu au fil des générations et d’une longue évolution jusqu’à produire un corps apte à la création des premiers humains à l’image de Dieu. Ces « père et mère » d’Adam et Eve étaient dotés d’une vie éphémère comme toutes les autres créatures vivantes de la création, les plantes, les arbres ou les animaux.
Et le Pape François nous invite à considérer avec respect toute cette vie naturelle éphémère que Dieu a créée : « Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection » (Laudato si, n° 77).
Parmi les hominidés préhumains, la création à l’image de Dieu a créé une vie spirituelle et un état de conscience extrêmement nouveaux car cette nouveauté est à la mesure du projet particulier de Dieu concernant l’humain : le créer à l’image de Dieu. Elle est à la mesure de l’énormité spirituelle que constitue l’aptitude nouvelle à partager la vie et l’amour de Dieu, à accéder à une vie immortelle, que Dieu a fait advenir dans sa création.
Toute la beauté de la nature est déjà magnifique à contempler. Que dire alors de la création dans cette nature d’êtres d’une nature corporelle et spirituelle à ce point semblable à Dieu qu’il va s’y incarner lui-même un peu plus tard dans l’histoire concrète ?
Le Pape François relève que la création de l’humain à l’image de Dieu a introduit une « singularité qui transcende le domaine physique et biologique » mais qui se manifeste aussi concrètement dans diverses capacités cérébrales telles « La capacité de réflexion, l’argumentation, la créativité, l’interprétation, l’élaboration artistique, et d’autres capacités inédites » (Laudato si, n° 81).
Toutes ces capacités pouvaient déjà exister dans diverses mesures parmi les hominidés de l’époque de la création des premiers humains à l’image de Dieu, mais le Pape François observe que chez ces premiers humains, elle « montrent » une « singularité ».
Il y a, par l’effet de la création des premiers humains à l’image de Dieu, du nouveau, du spécial, de l’original, qui a donné un surplus ou une étendue nouvelle à diverses capacités de notre cerveau terrestre dont la paléontologie et toutes les sciences nous détaillent aujourd’hui l’évolution depuis des millions d’années parmi les hominidés qui se sont succèdés sur la terre.
Ainsi, ce qui fut nouveau, ce ne fut donc pas seulement des réalités spirituelles, une immortalité et une aptitude à partager la vie de Dieu. Ce fut aussi une modification concrète et perceptible des capacités terrestres de l’hominidé qui a été façonné à l’image de Dieu. Les sciences pourront peut-être un jour repérer cette modification dans l’histoire concrète de l’humanité.
Mais le Pape François nous amène un peu plus loin encore pour nous faire observer que cette singularité « transcende le domaine physique et biologique ». Elle nous amène au-delà des limites des capacités que la nature peut transmettre dans le seul domaine physique et biologique.
C’est de la transcendance qui est entrée dans l’histoire concrète. Cette transcendance a donné un surplus dépassant le physique et le biologique à des capacités cérébrales qui donnaient déjà à des hominidés des capacités techniques, rationnelles, esthétiques et autres.
-
Cepora
- Barbarus

Re: Le Pape François éclaire la création de l’homme
C'est impossible à admettre en effet, et la raison me semble évidente : tout votre développement, que j'ai lu très attentivement, aboutit à nier que la mort est entrée dans le monde à cause du péché originel, rien de moins ! Vous séparez la nature humaine en une âme immortelle et un corps mortel dès le commencement, avant le péché originel, comme si c'était la volonté de Dieu. Il y a une évidente erreur théologique sous-jaçante dans votre démonstration.Xavi a écrit :Pourquoi est-il si difficile d’admettre que Dieu a pu intervenir, dans la nature, pour y faire vivre une créature nouvelle par une transformation « à son image et à sa ressemblance » qui a façonné spirituellement un être corporel éphémère, produit corporellement par la nature créée, en une âme spirituelle immortelle capable de partager sa vie divine ?
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Trinité
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Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Il est vraisemblable qu'il soit fait référence ,dans le cadre du pêché originel de la mort de l'âme! le corps de l'homme ayant toujours été mortel!
(Apocalypse 2, 11) : la mort promise à Adam comme châtiment serait non pas la première mort (mort corporelle) mais la seconde mort (mort spirituelle de l’âme). Delà, il faudrait déduire que l’âme et le bonheur d’Adam étaient immortels, mais que son corps était mortel.
(Apocalypse 2, 11) : la mort promise à Adam comme châtiment serait non pas la première mort (mort corporelle) mais la seconde mort (mort spirituelle de l’âme). Delà, il faudrait déduire que l’âme et le bonheur d’Adam étaient immortels, mais que son corps était mortel.
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Cepora
- Barbarus

Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Vous faites erreur :Trinité a écrit :le corps de l'homme ayant toujours été mortel!
L’harmonie dans laquelle ils étaient, établie grâce à la justice originelle, est détruite ; la maîtrise des facultés spirituelles de l’âme sur le corps est brisée (cf. Gn 3, 7) ; l’union de l’homme et de la femme est soumise à des tensions (cf. Gn 3, 11-13) ; leurs rapports seront marqués par la convoitise et la domination (cf. Gn 3, 16). L’harmonie avec la création est rompue : la création visible est devenue pour l’homme étrangère et hostile (cf. Gn 3, 17. 19). A cause de l’homme, la création est soumise " à la servitude de la corruption " (Rm 8, 20). Enfin, la conséquence explicitement annoncée pour le cas de la désobéissance (cf. Gn 2, 17) se réalisera : l’homme " retournera à la poussière de laquelle il est formé " (Gn 3, 19). La mort fait son entrée dans l’histoire de l’humanité (cf. Rm 5, 12).
CEC § 400
Quant au cosmos, la Révélation affirme la profonde communauté de destin du monde matériel et de l’homme :
Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu (...) avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption. (...) Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule ; nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps (Rm 8, 19-23).
L’univers visible est donc destiné, lui aussi, à être transformé, " afin que le monde lui-même, restauré dans son premier état, soit, sans plus aucun obstacle, au service des justes ", participant à leur glorification en Jésus-Christ ressuscité (S. Irénée, hær. 5, 32, 1).
CEC § 1046, 1047
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Invité
- Barbarus

Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Cepora,
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec ce concept d'un homme immortel avant le péché originel! Ou alors ce n'était pas un homme fait de chair et de sang et il l'est devenu après le péché originel! Cela fait partie de ces choses que nous appelons "Mystères", mais complètement anachronique scientifiquement parlant!
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec ce concept d'un homme immortel avant le péché originel! Ou alors ce n'était pas un homme fait de chair et de sang et il l'est devenu après le péché originel! Cela fait partie de ces choses que nous appelons "Mystères", mais complètement anachronique scientifiquement parlant!
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Merci à Cepora pour sa lecture attentive et son interpellation pertinente.
Il pose clairement la difficulté qui paraît insurmontable à beaucoup.
Tout dépend du sens qui est donné au mot « mort ».
Le sujet a déjà été débattu de manière approfondie dans ce forum et je peux renvoyer, notamment, à mon message sur la mort physique du 2 janvier 2010 (celui de 13h05, parmi de nombreux échanges ce jour-là) dans le sujet « Le Bible et l’Univers » du sous-forum de philosophie :
viewtopic.php?f=27&t=11186&hilit=la+bib ... s&start=45
En résumé, la « mort » qui entre dans le monde par la faute de l’humain, ce n’est pas la loi biologique du renouvellement constant des choses matérielles. Dans la création, les formes sont éphémères et les éléments chimiques qui composent toutes choses et tous les corps des plantes, des animaux comme des humains retournent sans cesse à la « poussière » d’où elles sont reprises dans le corps d’autres êtres ou dans d’autres matières.
Même le péché originel nous est raconté avec un fruit qui est déjà une transformation par un arbre. Avant la chute, les plantes étaient déjà données en nourriture. Les feuilles tombaient et les fruits poussaient. Les semences tombaient en terre, y pourrissaient pour en faire surgir des plantes nouvelles ou des arbres nouveaux n’ayant qu’une existence éphémère avant que d’autres surgissent de leurs semences.
La « mort physique » d’une feuille qui tombe ou d’un animal qui cesse de respirer n’est pas la « mort » subie qui est entrée dans le monde par le péché originel. Ce qui est entré dans le monde par le péché, c’est la domination de la mort, c’est la mort qui détruit la création parce que l’homme n’assure pas son rôle.
Sans le péché, il n’y avait que des renouvellements et des transformations physiques, mais pas de destruction de l’œuvre de Dieu.
La réalité physique de la mort (dans le sens de la cessation d’une forme vivante, végétale ou animale) fait partie de la nature créée. Pour que la terre produise du blé, il faut que le grain meurt et pourrisse dans le sol. Pour que la terre produise des vivants, lors du troisième « jour » de la création, bien avant l’apparition des humains, il a fallu nécessairement que les éléments chimiques de la « poussière » de la terre « meurent » physiquement à de multiples reprises pour se transformer de multiples fois jusqu’à produire le corps des vivants.
Ce qui a été changé par le péché originel, c’est que l’humain a été « soumis » à la mort. Il a cessé de dominer le monde et c’est désormais la mort qui, au contraire, domine la création séparée de Dieu. Désormais, la création est livrée à la « servitude » de la corruption.
Lorsque l’eau est changée en vin, l’eau ne « meurt » pas mais elle est transformée en vin.
Lorsqu’une feuille tombe et se transforme en poussière, elle ne « meurt » pas, mais les éléments qui formaient une feuille se transforment et sont réintégrées dans le sol, puis dans d’autres plantes, voire dans des cellules corporelles d’animaux ou d’humains.
Avant la chute, notre corps n’était pas « soumis » à la mort car, en communion avec Dieu, toute la création était soumise à l’humain et l’humain était le maître de toute « mort » physique. Même s’il nous est difficile de l’imaginer…
Sans le péché, l’homme n’aurait pas été soumis à la corruption mais aurait maîtrisé pleinement le renouvellement physique des créatures.
Son corps n’aurait jamais connu la corruption que nous subissons à cause du péché.
Sans le péché, les réalités physiques du corps et de toute la création sont entièrement soumises à Dieu et aux humains en communion avec Lui. Les miracles et la résurrection du Christ nous montrent combien cette soumission peut dépasser tout ce que nous pouvons imaginer.
C’est toute la création qui est actuellement soumise à la mort parce que l’homme qui devait en être le maître n’y tient pas son rôle.
Dire que le corps des humains était physiquement « mortel » avant le péché originel n’avait pas d’importance sans le péché puisque l’humain en communion avec Dieu pouvait sans cesse empêcher toute mort.
Il pose clairement la difficulté qui paraît insurmontable à beaucoup.
Tout dépend du sens qui est donné au mot « mort ».
Le sujet a déjà été débattu de manière approfondie dans ce forum et je peux renvoyer, notamment, à mon message sur la mort physique du 2 janvier 2010 (celui de 13h05, parmi de nombreux échanges ce jour-là) dans le sujet « Le Bible et l’Univers » du sous-forum de philosophie :
viewtopic.php?f=27&t=11186&hilit=la+bib ... s&start=45
En résumé, la « mort » qui entre dans le monde par la faute de l’humain, ce n’est pas la loi biologique du renouvellement constant des choses matérielles. Dans la création, les formes sont éphémères et les éléments chimiques qui composent toutes choses et tous les corps des plantes, des animaux comme des humains retournent sans cesse à la « poussière » d’où elles sont reprises dans le corps d’autres êtres ou dans d’autres matières.
Même le péché originel nous est raconté avec un fruit qui est déjà une transformation par un arbre. Avant la chute, les plantes étaient déjà données en nourriture. Les feuilles tombaient et les fruits poussaient. Les semences tombaient en terre, y pourrissaient pour en faire surgir des plantes nouvelles ou des arbres nouveaux n’ayant qu’une existence éphémère avant que d’autres surgissent de leurs semences.
La « mort physique » d’une feuille qui tombe ou d’un animal qui cesse de respirer n’est pas la « mort » subie qui est entrée dans le monde par le péché originel. Ce qui est entré dans le monde par le péché, c’est la domination de la mort, c’est la mort qui détruit la création parce que l’homme n’assure pas son rôle.
Sans le péché, il n’y avait que des renouvellements et des transformations physiques, mais pas de destruction de l’œuvre de Dieu.
La réalité physique de la mort (dans le sens de la cessation d’une forme vivante, végétale ou animale) fait partie de la nature créée. Pour que la terre produise du blé, il faut que le grain meurt et pourrisse dans le sol. Pour que la terre produise des vivants, lors du troisième « jour » de la création, bien avant l’apparition des humains, il a fallu nécessairement que les éléments chimiques de la « poussière » de la terre « meurent » physiquement à de multiples reprises pour se transformer de multiples fois jusqu’à produire le corps des vivants.
Ce qui a été changé par le péché originel, c’est que l’humain a été « soumis » à la mort. Il a cessé de dominer le monde et c’est désormais la mort qui, au contraire, domine la création séparée de Dieu. Désormais, la création est livrée à la « servitude » de la corruption.
Lorsque l’eau est changée en vin, l’eau ne « meurt » pas mais elle est transformée en vin.
Lorsqu’une feuille tombe et se transforme en poussière, elle ne « meurt » pas, mais les éléments qui formaient une feuille se transforment et sont réintégrées dans le sol, puis dans d’autres plantes, voire dans des cellules corporelles d’animaux ou d’humains.
Avant la chute, notre corps n’était pas « soumis » à la mort car, en communion avec Dieu, toute la création était soumise à l’humain et l’humain était le maître de toute « mort » physique. Même s’il nous est difficile de l’imaginer…
Sans le péché, l’homme n’aurait pas été soumis à la corruption mais aurait maîtrisé pleinement le renouvellement physique des créatures.
Son corps n’aurait jamais connu la corruption que nous subissons à cause du péché.
Sans le péché, les réalités physiques du corps et de toute la création sont entièrement soumises à Dieu et aux humains en communion avec Lui. Les miracles et la résurrection du Christ nous montrent combien cette soumission peut dépasser tout ce que nous pouvons imaginer.
C’est toute la création qui est actuellement soumise à la mort parce que l’homme qui devait en être le maître n’y tient pas son rôle.
Dire que le corps des humains était physiquement « mortel » avant le péché originel n’avait pas d’importance sans le péché puisque l’humain en communion avec Dieu pouvait sans cesse empêcher toute mort.
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Trinité
- Tribunus plebis

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- Conviction : catholique
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Cepora,
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec ce concept d'un homme immortel avant le péché originel! Ou alors ce n'était pas un homme fait de chair et de sang et il l'est devenu après le péché originel! Cela fait partie de ces choses que nous appelons "Mystères", mais complètement anachronique scientifiquement parlant!
Très intéressante votre analyse Xavi!
J'ai toujours eu beaucoup de mal avec ce concept d'un homme immortel avant le péché originel! Ou alors ce n'était pas un homme fait de chair et de sang et il l'est devenu après le péché originel! Cela fait partie de ces choses que nous appelons "Mystères", mais complètement anachronique scientifiquement parlant!
Très intéressante votre analyse Xavi!
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leonard
- Barbarus

Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
L’histoire d’Adam et Eve a été empruntée à une légende de Mésopotamie, (la légende de Gilgamesh) reprise par le judaïsme et par l’islam, puis par le christianisme. Elle s’inscrit parmi les nombreuses légendes qu’on peut rencontrer dans diverses cultures, visant à donner une explication imaginaire sur nos origines. Pourquoi – maintenant - s’appesantir sur ce qui n’est qu’une légende, dont ne se préoccupent pas les scientifiques. Ce qui relève de la croyance n’a pas a être pris en compte par la science, sinon au titre de croyance, qu’il ne faut pas confondre avec la connaissance. Le problème, pour le catholicisme, c’est qu’à partir de cette légende s’est construite toute une dogmatique. Rejeter le monogénisme inscrit dans la Bible, c'est faire s'effondrer tout un échafaudage de croyances, qui ont été bâties sur des dogmes. Si Adam et Ève n'ont jamais existé, il n'y a pas eu de péché originel (cher à St Augustin). Et s'il n'y a pas de péché originel, il n'y a pas de rédemption opérée par Jésus, Dieu fait homme. L'idée même de rédemption (rachat) n'était déjà pas claire: pourquoi la mystérieuse faute des "premiers parents" devaient-elle se répercuter sur leur descendance? (Ce n'est quand même pas par un phénomène génétique). Et en quoi, le supplice de l'homme Jésus pouvait-il modifier les choses ? Bizarre attitude d'un Dieu qui punit les descendants et envoie son "fils" au casse-pipe. Pour des résultats qui n'ont rien de probant.
Laissons Adam et Eve dans le domaine du mythe, et ne mélangeons pas croyance et connaissance.
Je me suis longuement expliqué sur ce sujet dans mon blog que personne n’est obligé de consulter (http://terrierrene.wixsite.com/monsite)
Nota : le pape François, aussi sympathique qu’il soit, n’a pas d’éclairage particulier sur les origines de l’humanité.
Laissons Adam et Eve dans le domaine du mythe, et ne mélangeons pas croyance et connaissance.
Je me suis longuement expliqué sur ce sujet dans mon blog que personne n’est obligé de consulter (http://terrierrene.wixsite.com/monsite)
Nota : le pape François, aussi sympathique qu’il soit, n’a pas d’éclairage particulier sur les origines de l’humanité.
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Bonjour Léonard,leonard a écrit :L’histoire d’Adam et Eve a été empruntée à une légende de Mésopotamie, (la légende de Gilgamesh) reprise par le judaïsme et par l’islam, puis par le christianisme. Elle s’inscrit parmi les nombreuses légendes qu’on peut rencontrer dans diverses cultures, visant à donner une explication imaginaire sur nos origines. Pourquoi – maintenant - s’appesantir sur ce qui n’est qu’une légende, dont ne se préoccupent pas les scientifiques. Ce qui relève de la croyance n’a pas a être pris en compte par la science, sinon au titre de croyance, qu’il ne faut pas confondre avec la connaissance. Le problème, pour le catholicisme, c’est qu’à partir de cette légende s’est construite toute une dogmatique. Rejeter le monogénisme inscrit dans la Bible, c'est faire s'effondrer tout un échafaudage de croyances, qui ont été bâties sur des dogmes. Si Adam et Ève n'ont jamais existé, il n'y a pas eu de péché originel (cher à St Augustin). Et s'il n'y a pas de péché originel, il n'y a pas de rédemption opérée par Jésus, Dieu fait homme. L'idée même de rédemption (rachat) n'était déjà pas claire: pourquoi la mystérieuse faute des "premiers parents" devaient-elle se répercuter sur leur descendance? (Ce n'est quand même pas par un phénomène génétique). Et en quoi, le supplice de l'homme Jésus pouvait-il modifier les choses ? Bizarre attitude d'un Dieu qui punit les descendants et envoie son "fils" au casse-pipe. Pour des résultats qui n'ont rien de probant.
Laissons Adam et Eve dans le domaine du mythe, et ne mélangeons pas croyance et connaissance.
Que la Genèse soit écrite en langage imagé, nul ne le conteste. Mais la question n’est pas là. Si nous croyons à l’inspiration des Écritures (et nous y croyons en tant que catholiques) alors nous croyons que Dieu peut utiliser les représentations mentales des individus qu’il inspire pour faire passer de précieuses vérités. Oui, les auteurs sacrés écrivent d’après ce qu’ils connaissent, mais nous croyons que c’est justement le travail de l’Esprit-Saint de séparer le bon grain de l’ivraie, de purifier conserver dans le corpus de la Révélation ce qui est nécessaire. Il n’y a que l’islam pour croire que Dieu dicterait un texte tout cuit par l’entremise d’un ange.
Et justement, on voit que c’est exactement le cas avec le texte des origines : dans un contexte où le divin se mêle à la création, le peuple Hébreu s’approprie sans doute un fond mythique qu’il purifie en affirmant que Dieu seul est Dieu, que tout le reste est créature. Plutôt original compte tenu du contexte où des peuples plus puissants et plus civilisés que lui affirment la divinité des astres, de la nature, etc.
Ainsi, je vois dans le texte des origines de très précieuses vérités que je crois révélées : que Dieu seul est créateur de ce qui existe (vérité confirmée par la philosophie), que rien n’est divin sauf Dieu, que tout ce que Dieu a créé est bon, que l’entrée du mal dans le monde n’est pas le fait de Dieu mais du « serpent », que nous humains fûmes créés dans un état de bonheur originel perdu à cause du péché, etc.
Libre à vous de ne pas y croire, mais par pitié, ne caricaturez pas ce que nous croyons. J’ajoute qu’il y a beaucoup de choses que vous ne semblez pas comprendre sur la foi chrétienne (le péché origine, la rédemption, etc.). Soit, je ne vous jette pas la pierre mais par pitié, n’en concluez pas que c’est elle qui est fausse, car l’erreur vient peut-être de vous (au demeurant, nous nous ferons un plaisir de vous expliquer ce que vous souhaitez mieux comprendre).
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Mon cher Xavi
J'ai lu le présent fil avec délices.
Vos explication sur la création et l'évolution, appuyés sur l'encyclique du Pape François, sont ont ne peu plus clair.
Je fait partie, moi aussi, de ceux qui croient qu'évolution et création vont de pair, et ce, depuis de nombreuses années.
Merci aussi à Trinité pour ses question pertinente et pour son ouverture d'esprit !
Tout dialogue fait dans la tolérance et le respect, porte du fruit et permet l'édification de ceux qui le lisent.
Félicitation !
Fraternellement et amicalement,
Blue eyes
J'ai lu le présent fil avec délices.
Vos explication sur la création et l'évolution, appuyés sur l'encyclique du Pape François, sont ont ne peu plus clair.
Je fait partie, moi aussi, de ceux qui croient qu'évolution et création vont de pair, et ce, depuis de nombreuses années.
Merci aussi à Trinité pour ses question pertinente et pour son ouverture d'esprit !
Tout dialogue fait dans la tolérance et le respect, porte du fruit et permet l'édification de ceux qui le lisent.
Félicitation !
Fraternellement et amicalement,
Blue eyes
«La vérité vous rendra libre».
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Merci cher Blue Eyes pour cette réaction très amicale !
Le sujet est en effet un jardin de délices !
Il a le goût de l’Eden de Dieu.
A notre époque éclairée mais aussi troublée par les formidables découvertes de la science, y compris dans les sciences humaines, les révélations de la Genèse apportent une lumière réjouissante et fortifiante.
Elle nous montre que nous ne sommes pas seulement le produit de l’évolution des réalités visibles et invisibles des matériaux et des énergies de l’univers, mais une véritable création dans l’histoire qui s’est produite par une plongée de l’homo sapiens dans l’éden spirituel de Dieu qui a créé un être nouveau immortel à l’image de Dieu. Cet éden nous invite à contempler que la réalité est bien plus et autre que les réalités visibles ou invisible que notre seul cerveau naturel peut connaître.
Et ce qui est magnifique, à notre époque si troublée aussi dans ses valeurs fondamentales, c’est l’amour conjugal dans lequel et par lequel Dieu a achevé de façonner, dans son Eden spirituel, la matrice de toute vie dans la création.
C’est la vie même de Dieu qui est entrée dans l’histoire concrète de l’homo sapiens et qui y a créé un être nouveau, immortel comme Dieu, lorsque notre Créateur a achevé sa création à son image. L’amour conjugal de nos premiers parents en reste à jamais le témoin et la première image achevée de ce Dieu qui est amour.
La beauté de cette création est immense et tous les humains qui ont été engendrés par Adam et Eve, par la succession des générations, ont hérité de cet être nouveau créé à l’image de Dieu, créé âme immortelle capable de partager la vie éternelle d’amour de son créateur.
Encore un grand merci, cher Blue Eyes, d’avoir partagé votre joie.
Un grand merci aussi à ce cher Raistlin que je suis heureux de pouvoir lire à nouveau dans ce forum dont il a été (avec Christophe) la cheville majeure pendant tant d’années. Je ne pourrai jamais leur exprimer assez ma reconnaissance pour ce qu’ils m’ont permis de partager et d’approfondir concernant surtout la création.
Aujourd’hui encore, tous ces dialogues peuvent encore être retrouvés par le moteur de recherche (en haut à droite de chaque page dans les raccourcis).
Le sujet est en effet un jardin de délices !
Il a le goût de l’Eden de Dieu.
A notre époque éclairée mais aussi troublée par les formidables découvertes de la science, y compris dans les sciences humaines, les révélations de la Genèse apportent une lumière réjouissante et fortifiante.
Elle nous montre que nous ne sommes pas seulement le produit de l’évolution des réalités visibles et invisibles des matériaux et des énergies de l’univers, mais une véritable création dans l’histoire qui s’est produite par une plongée de l’homo sapiens dans l’éden spirituel de Dieu qui a créé un être nouveau immortel à l’image de Dieu. Cet éden nous invite à contempler que la réalité est bien plus et autre que les réalités visibles ou invisible que notre seul cerveau naturel peut connaître.
Et ce qui est magnifique, à notre époque si troublée aussi dans ses valeurs fondamentales, c’est l’amour conjugal dans lequel et par lequel Dieu a achevé de façonner, dans son Eden spirituel, la matrice de toute vie dans la création.
C’est la vie même de Dieu qui est entrée dans l’histoire concrète de l’homo sapiens et qui y a créé un être nouveau, immortel comme Dieu, lorsque notre Créateur a achevé sa création à son image. L’amour conjugal de nos premiers parents en reste à jamais le témoin et la première image achevée de ce Dieu qui est amour.
La beauté de cette création est immense et tous les humains qui ont été engendrés par Adam et Eve, par la succession des générations, ont hérité de cet être nouveau créé à l’image de Dieu, créé âme immortelle capable de partager la vie éternelle d’amour de son créateur.
Encore un grand merci, cher Blue Eyes, d’avoir partagé votre joie.
Un grand merci aussi à ce cher Raistlin que je suis heureux de pouvoir lire à nouveau dans ce forum dont il a été (avec Christophe) la cheville majeure pendant tant d’années. Je ne pourrai jamais leur exprimer assez ma reconnaissance pour ce qu’ils m’ont permis de partager et d’approfondir concernant surtout la création.
Aujourd’hui encore, tous ces dialogues peuvent encore être retrouvés par le moteur de recherche (en haut à droite de chaque page dans les raccourcis).
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Trinité
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- Conviction : catholique
Re: Le Pape François éclaire la création de l'homme
Cher Xavi!
Avez vous édité un ouvrage sur vos différentes compilations? Sans cela quelle est la dernière moulure sur vos réflexions ,et comment peux t'on la sortir en ligne? Je suppose que c'est assez lourd au niveau mémoire informatique!
Merci beaucoup ,je trouve votre démarche remarquable!
Avez vous édité un ouvrage sur vos différentes compilations? Sans cela quelle est la dernière moulure sur vos réflexions ,et comment peux t'on la sortir en ligne? Je suppose que c'est assez lourd au niveau mémoire informatique!
Merci beaucoup ,je trouve votre démarche remarquable!
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