Trois études autour de Vatican II

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ChristianK
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Trois études autour de Vatican II

Message non lu par ChristianK »

Roberto de Mattei, Vatican II, une histoire à écrire.


Le propre de ce livre est d’analyser le concile du point de vue tradi, en incluant les soruces tradies aussi bien que les autres, et de montrer que la crise postconciliaire vient des textes, qui donc ne semblent pas innocents, et ou l’ on décèle les traces du modernisme jadis combattu par Pie X. Je vois l’ouvrage, qui se lit comme un roman, comme l’équivalent en bien plus complet du livre du P. Wiltgen, Le rhin se jette dans le tibre.
Il s’agit d’histoire des événements d’abord,, pas de doctrine, et qui ne peut être éliminée comme le pensent certains tenants de l’herméneutique de continuité qui veulent dissocier le concile authentique de l’événement historique. Je résume un peu longuement par points saillants:

-Les racines sont modernistes: la nouvelle théologie, le mouvement biblique et liturgique proviennent d’une 3e voie qui se situait entre le modernisme condamnable et le magistère, donc des éléments du modernisme passaient, ce qui n’est pas surprenant puisque les progressistes eux-mêmes affirment purifier le modernisme de ses excès tout en conservant ses intuitions valables. Mais la lutte antimoderniste disparait.
-Le grand nombre d’évêques qui participa aux commissions préconciliaires donnent une image très classique; le concile, pour arriver au résultat contraire (modéré) a donc été pris en main par une minorité qui est devenue majorité par la suite
-Les représentants orthodoxes russes ne furent autorisés à se rendre à Rome que si le communisme ne serait pas condamné. Le pape s’est engagé, le card. Tisserand le confirme.
-Les progressites ont concentré leur attention sur le point le plus mou d’abord, la commission préparatoire liturgique.
-Mgrs Suenens et Camara étaient très liés et l’uni de louvain a une influence déterminante; Congar écrit que c’est le 1er concile de Louvain, tenu à Rome.
-Paul vi était très marqué progressiste et un évêque brésilien dit que son élection serait la fin de tout
-les jacobins, autour de kung et Rahner, voulaient le rejet des schémas préparatoires (influencés par la curie); les girondins, surtout francais, comme Congar, voulaient les remodeler dans les sessions du concile.
-Un style discursif est adopté pour les textes, plus que juridique, ce qui favorise l’ambiguité
-le schéma sur la liturgie, d`abord en 5e place, passe en 1ere. Donc les progressites occupent le terrain, indépendamment de la question liturgique en soi.
-L’évêque Belge Mgr Smedt attaque violemment le schéma su rl’Eglise comme triomphaliste car nommant l’Eglise une armée, de cléricaliste et légaliste. Mgrs Dopfner et Léger appuient, appuyés par Suenens, Frings, Bea, Montini. Mgr Suenens suggère un autre texte et Mgr Konig rapporte que Mgr Montini appuie totalement
- Mgr Siri: il y a un plan des allemands et la littérature prend le dessus sur la raison, la théologie (dogme) et la loi; tout plie devant le pastoral et l’oecuménique
- Mgr Camara voit l’esprit saint dans l’agitation
-Il n’y avait pas de majorité ferme au début mais 2 minorités fermes. L’une a pris le dessus et les progressites ont alors parlé des autres comme la minorité. La majorité molle s’est laissée entrainer par les moyens humains et mondains, surtout médiatiques et de réseautage.
Les minorités les plus passionnées gagnent, c’est la loi des révolutions
-Il semble que Jean XXIII ait été contre la tendance de sa curie (Mgr Ottaviani, Pariente, Tromp)
-au conclave Mgr ottaviani combat Mgr Montini jusqu’au bout
-La majorité suit l’alliance nord europeenne, celleci suit les germanophones, et ceux ci suivent Karl Rahner
-L’alliance europeenne controlait 30% de la présidence,et elle passera à 75% des cardianux modérateurs
-A la 2e session Mgrs Suenens et Camara se fixent des buts: remplacer les présidents de commission liés à la curie, réformer la curie, promouvoir la collégialité nationale et internationale
-la minorité et le centre se sont découragés par l’appuide paul VI à la majorité, car ils cultiventle culte papal. Paul VI parle de tradition fossilisée et qu’il faut repart ir comme aux 1ers siècles
-Paul VI dans un discours de 63 à l’U. Du Latran (proche de la minorité): il faut abandonner toute tournure d’esprit négative et critique
-Après le vote sur la collégialité, que Kung appelle la révolution d’octobre, Paul VI recoit les modérateurs en disant on a gagné
-a la 2e session le bloc antiromain prend définitivement le controle
-On a dit que la réforme liturgique de Mgr Bugnini s’était fai te dans le dos de Paul VI; les documents montrent que c’est faux, Paul VI a tout surveillé et il a retiré à la curie le controle de réforme pour la confier à une nouvelle commission
-La messe au début de la 3e session apparait à Mgr Camara à une énorme distance de la messe à l’ouverture
-L’influence de Paul VI est déterminante à la 3e session
-Des règlements sont ajoutés qui ontpour effet de décourager les initiatives qui ne viennent pas de groupes organisés
-A la 3e session la minorité s’organise enfin, avec 2 sessions de retard. Il est trop tard.
-Cardinal Larraona (minorité): seules les méthodes de la presse et des groupes de pression progressites a fait soutenir la conception de la collégialité de quelques théologiens minoritaires, conception considérée jusqu’alors comme moins commune et probable, et son contraire comme plus commune et probable
-Mgr Camara dit que Ivan Illich (qui défroquera) est l’éminence grise du concile
-Paul VI à Mgr camara : Dieu est sur votre tête
-Le mot enfer est absent du concile
-L’épiscopat francais s’oppose à la nomination de Mgr Lefebvre par Paul VI à une commission, qui aurait équilibré les choses
-Mgr Camara organise les applaudisements pour Mgr Suenens, qu’il considère comme la parfaite image du concile. Mgr Suenens est réprimandé par Paul VI sur un sujet
-Mgr Suenens: il ne faut pas isoler les séminaristes du monde extérieur
-Un théologien dit que l’ambiguité sur la collégialité sera poussée dans un sens après le concile. Paul VI répond en imposant la nota explicativa praevia sur l’autorité pontificale.(lumen gentium)
-L’évêque Mgr Willebrands dit que dans 5 ans on ne parlera plus de l’encyclique Mysterium fidei (1965 sur la liturgie)
-Paul VI rejette, ce qui semble contraire aux règles, la demande de la minorité de se constituer en groupe plus ou moins officiel.
-Une pétition de la minorité sur le communisme est retenue par un secrétaire et ne se rend pas à la commission. Scandale. Paul VI admet la promesse de nepas parler du communisme
-Paul VI est traumatisé par la quasi dissidence d’évêques les plus proches de lui au concile, sur Humanae Vitae
-Il y a un parallèle avec 68: Laurentin dit que Vatican II fut une révolte d’un groupe dévêques minoritaire au début, contre l’autorité, en particulier de la curie. Ce phénomène provient de processus enclenchés longtemps avant.
-Le progressisme postconcilliaire n’est rien d’autre que le modernisme jadis combattu
-Incontestablement le printemps attendu est un hiver.

Le concile a embrassé le corps en décomposition de la modernité
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ChristianK
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Trois études autour de Vatican II: Louis Rade

Message non lu par ChristianK »

Louis Rade, Eglise conciliaire et années soixante.


Bien que nous soyons plus en histoire, mais dans le cadre d’un modèle sociologique, ce llivre part au point d’arrivée de Mattei, l’ influence des années 60, considérées bien plus importante que toutes les ramification passées du modernisme, que l’auteur juge secondaire. Idées principales:

-la force dominante des années 60 relève du consumérisme, elle résulte d’ un passage brusque de la pauvreté à la richesse pour une génération. Elle est générationnelle et ne peut durer.
-Gaudium et spes tout à la fois a encouragé le mouvement, et en a été le résultat
-Gaudium et spes présuppose gratuitement, ce que l’ auteur appelle de facon discutable une pétition de principe, que l’ouverture au monde constitue une adaptation, alors que cela n’est vrai qu’en certains cas. En d’autres cas, comme dansles années 60 soutient l’auteur, seule la fermeture au monde est adaptée. Donc on a couru vers l’inadaptation.
-laposture d’ouverture a entrainé une censure des fins dernières, une attitude contre apologétique (Aologétique dite explicitement triomphaliste au concile), qui a décuplé l’ indifférence religieuse (l’ auteur parle de système de motivation)
-Le biblisme catéchétique et homilétique , contre le dogme et la doctrine, s’est installé sous pression de la notion d’ouverture, pcq il est plus mou donc manipulable.
-le livre cite passablement la sociologue hervieu-Léger en empruntant nombre de ses prémissses mais avec des conclusions en sens inverse. HervieuLéger dit que le désastre est arrivé malgré le concile, Rade soutient que cette thèse est invraisemblable.

Comparé à Mattei, qui remonte de facon intellectualiste dans l’histoire des doctrines pour expliquer les événements, Rade part des événements des années 60 entrelacés de passions consuméristes pour expliquer que certaines doctrines , ou plutot pastorales, se sont imposées, très vraisemblablement sous pression mondaine donc. Il consteste l’ emploi du mot modernité pour désigner le 68ardisme, il considère cela comme une couverture idéologique et un piège dans lequel les hommes d’église sont tombés.
Au final, il y avait inadaptation dès le départ, et le temps ne règlera rien tout seul non plus, pcq les années 60 s’éloignent inexorablement - autrement dit ce discours des années 60, qui était déjà inadapté aux années 60, ne rajeunira pas mais va continuer à vieillir.
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ChristianK
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Trois études autour de Vatican II: Melissa Wilde

Message non lu par ChristianK »

Mélissa Wilde, Vatican II: a sociological analysis of religious change


ce livre, cité par Mattei, veut analyser au plus près la machinerie sociologique du concile, au point de vue de la dynamique des groupes et de la prise de controle dans les assemblées. Après avoir défini les conservateurs et progressistes en termes strictement neutres et descriptifs (accomodation ou non aux changements sociaux, qui, eg., pourraient ètre des chagements nazis), il montre les attentes des différents groupes d’évèques selon leurs continents,
-g. En amérique du sud l’ oecuménisme n’est pas une priorité pcq les cathos sont 90%, etc.
-Les italiens et espagnols se méfiaient de la collégialité mais étaient moins organisés
-essentiellement les progressistes ont gagné pcq la collégialité s’est nourrie d’elle-même comme phénomène sociologique: ils étaientprédisposé à l’efficacité dans des votes horizontaux, ils se consultaient, utilisaient les embryons de conférences épiscopales, fai saient circuler les idées et amendements ainsi que des votes desondage pour élargir leur majorité, faisaient du lobbying. Bref ils ont pu créer des consensus, activement.
-comme on dit en économique les firmes monopolistiques tendent à la paresse. Italiens et espagnols furent plus passifs et verticaux; la minorité ne voulait pas avoir l’ air collégiale mais soutenir la papauté, en verticalité; son réseau avait de mauvais liens avec les conférences épiscopales, il se borne a distribuer des documents à ceux seuls qui les jugeront favorablement, donc ne peut élargir sa base de votes; son attitude est peu délibérative et mobile. Par la force des choses car il se méfie de cela.
-la minorité a donc été timide et mal organisée pcq elle a vu les votes comme individuels plus que comme des votes de groupes, si on excepte le groupe de la curie qui pour elle n’en était pas un puisque considéré identique au pape (ou au service du pape), suprême chef du concile.
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Héraclius
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Re: Trois études autour de Vatican II

Message non lu par Héraclius »

Il est amusant de voir ces pauvres mots de "doctrine", "magistère" et "dogmes" désigner l'intégrisme, c'est à dire l'orthodoxie vidée de sens, la lettre sans l'esprit, la Vérité sans l'Amour.

La "3ème voie" du concile est entre la mollesse de l'ouverture moderniste et l'intransigeance d'une orthodoxie privée de sens. Elle est une soumission humble à l'intransigeance de l'Amour par un retour aux sources évangéliques, patristiques et médiévales de la Sainte Doctrine permettant une prise de recul sur la pasotale hérité de Trente et une réadaptation de celle-ci au monde moderne.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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