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Les aléas de notre démocratie...

Publié : lun. 09 sept. 2013, 9:45
par jean_droit
La démocratie et Marseille ...
Nous nous gargarisons de notre démocratie ... "The best in the world", bien sûr.
Mais à Marseille quand il s'agit de réunir toutes les tendances pour parler sécurité, on oublie d'inviter le FN qui représente plus de 20 % des électeurs.

C'est cela notre conception de la démocratie ?

Ne nous inquiétons pas : nos politiques ont, sans doute, un discours bien huilé pour justifier cet ostracisme anti-démocratique.

Mais, surtout, ce qui importait dans cette réunion ce n'est pas la sécurité mais la politique et plus précisément les prochaines élections municipales où le FN est le "vilain canard".

Les aléas de notre démocratie...

Publié : lun. 21 déc. 2015, 22:11
par Wazabi
Démocratie : Votes à l'Assemblée nationale...

No comments : https://www.youtube.com/watch?v=lQMlPeYGq9Q

Re: Les aléas de notre démocratie...

Publié : dim. 27 déc. 2015, 15:40
par elenos
jean_droit a écrit :La démocratie et Marseille ...
Nous nous gargarisons de notre démocratie ... "The best in the world", bien sûr.
Vous avez écrit cela en 2013. C'est toujours vrai ....La démocratie .. ne tient plus la route.

Re: Les aléas de notre démocratie...

Publié : lun. 22 févr. 2016, 2:20
par Cinci
Parmi ces facteurs pouvant contribuer probablement à forger ce sentiment croissant d'aliénation, en tout cas celui que le bon peuple pourrait ressentir plus durement que les riches par rapport à ses propres représentants :
«... en 1945 un quart des députés français étaient ouvriers ou employés avant leur élection; il n'en reste que 2,1 % dans ce cas aujourd'hui. En 1983, soixante-dix-huit maires de communes de plus de trente mille habitants provenaient encore de ces deux catégories sociales (majoritaires dans la population); trente ans plus tard, ils n'étaient plus que six. (Patrick Lehingue, «Les classes populaires et la démocratie représentative en France», Savoir/Agir, no 31, mars 2015)

[...]

Crée au début du XXe siècle par les syndicats, le Parti travailliste britannique avait pour vocation de représenter l'électorat ouvrier. En 1966, 69% des travailleurs manuels lui accordaient leur vote; cette part est passé à 45% en 1987, puis à 37% lors du scrutin du 7 mai 2015. Le blairisme estima qu'il fallait donner la priorité aux classes moyennes.

[...]

Plus de 50% des Américains jugent que l'État devrait redistribuer la richesse en imposant fortement les nantis. Lesquels - c'est humain - ne sont que 17% à partager un tel souhait. Le fonctionnement des démocraties occidentales garantit cependant que leur avis [celui des nantis] l'emportera là encore, sans débat réel. (Noam Scheiber, The New York Times, 30 mars 2015)

Source : Serge Halimi, «Droitisation, mode d'emploi», Le Monde diplomatique, volume 735, no 62, juin 2015


En Occident, on pourrait toujours penser que la politique devient de plus en plus une affaire de riches et d'ultras riches, Alors ce n'est peut-être pas si étonnant que l'agenda politique soit organisé de manière à pondre systématiquement des lois qui viendront favoriser la haute administration des entreprises, les actionnaires de compagnies, les gros détenteurs de capitaux, les investisseurs étrangers, etc.

Les strates citoyennes formant les couches inférieures de la population (en terme de condition sociale) seront constamment flouées, roulées dans la farine ou alors elles seront certainement négligées du côté des décideurs et autres administrateurs de n'importe quoi (des banques, des compagnies comme des cabinets ministériels).


On pourrait penser aussi bien à la loi Macron, en France, comme un autre avatar du même phénomène de «droitisation» et de d'érosion parallèle des acquis sociaux, d'une sorte appauvrissement général d'une tranche de la population qui tend à s'élargir. Les conditions de vie de beaucoup se dégradent à une vitesse accélérée.



Aux États-Unis
«Un pauvre aux États-Unis paie davantage pour tout : prestations quotidiennes, alimentation, assurance. Le concept de poverty penalty («pauvreté pénalisante») n'est pas neuf : David Caplovitz l'avait théorisé dès 1967 dans un précis de sociologie devenue un classique The Poor Pay More [...] Un exemple parmi d'autres : selon un rapport de l'association de consommateurs Consumer Federation of America, les grilles tarifaires des principales compagnies d'assurance automobiles accordent plus d'importance au niveau d'étude de leurs clients et à leur situation professionnelle qu'à la fiabilité de leur conduite. Dans deux tiers des cas examinés, «Les bons conducteurs pauvres paient plus cher (autour de 25%) que les riches qui ont déjà causé un accident»

«Il faut être riche pour mener une vie de pauvre», constatait ironiquement le Washington Post (Deneen L. Brown, «The high cost of poverty. Why the poor pay more», The Washington Post 18 mai 2009) en recensant les petites choses de la vie qui pénalisent les travailleurs impécunieux : temps perdu dans les transports, file d'attente de toutes sortes pour des services de moins bonne qualité, etc. Le tout sans marge pour les loisirs ni droit à l'erreur. »
Et les banques sont plus gourmandes avec les pauvres
«... chaque établissement dispose d'un arsenal moyen de 49 sanctions possibles pour un compte courant. Un simple retrait dépassant le découvert autorisé peut entraîner des pénalités en cascade. Selon les statistiques obtenues auprès des dix plus grandes banques américaines par le Federal Deposit Insurance Corporation - l'organisme assurant les banques - la moitié des découverts sont provoqués par des dépenses inférieures à 36 dollars. Et si les découverts étaient considérés comme des emprunts à court terme, leurs intérêts atteindraient le taux à peine imaginable de 5000% par an. Uniquement en facturant des agios (pénalités pour les découverts), les banques américaines ont réalisé un profit de 38 milliards de dollars en 2011 [...] L'instabilité financière des Américains a augmenté, leurs revenus sont devenus volatils, leurs chèques n'ont plus le même montant à la fin de chaque mois, ils n'ont plus de budget prévisionnel, les déficits sont réguliers, les pénalités s'accumulent. »

«A l'échelle nationale, des milliers d'échoppes forment une industrie financière puissante, multiforme, désignée par le terme générique de predatory lenders, ou «prêteurs rapaces». Un surnom dû à un modèle commercial agressif : on ne lâche jamais un emprunteur, qui rembourse souvent une dette contractée lors d'un premier emprunt en en souscrivant un nouveau. [...] Cette industrie qui n'existait pas il y a vingt ans, a généré 46 milliards de dollars de profit en 2014. Il existe désormais aux États-Unis plus de «prêteurs rapaces» que de McDonald's et de Starbucks réunis. »
Encore :
«Michael Sanders, professeur de droit à Harvard, s'est penché sur l'économie des passe-droits accordés aux individus, moyennant finance, à tous les moments de l'existence. «Nous n'avons pas vraiement eu de débats sur la question, remarque-t-il. Jusqu'où peut-on laisser faire le marché? Jusqu'où sert-il le bien public? à partir de quand l'érode-t-il? Aujourd'hui, on peut payer pour couper la file dans de nombreux lieux, comme les parcs d'attractions. Sur les autoroutes de Minneapolis, Seattle, San Diego et d'autres métropoles congestionées des États-Unis, on peut payer son accès à la voie rapide. La possibilité d'acheter des privilèges s'est même étendue ... à la prison. Dans le comté de Santa Barbara, en Californie, un détenu peut obtenir une cellule plus confortable pour 90 dollars la nuit.

[...]

La valeur que la société de marché met le plus en danger, selon lui, est le sens de la vie collective. Lui-même a grandi à Minneapolis au milieu des années 1960, et il était fans des Twins, l'équipe de base-ball de la ville. Au stade, toutes les places coûtaient à peu près le même prix : 3,50 $ pour la tribune d'honneur, 1 dollars pour une place au virage. «Patrons et employés faisaient la queue pour manger les mêmes hot-dogs et boire les mêmes bières sans bulles. Quand il pleuvait, tout le monde était trempé ... Tout cela est terminé. Si vous allez dans les stades d'aujourd'hui, il y a des espaces réservés, vitrés, ou les privilégiés s'isolent du reste du monde. Ce n'est plus le même mélange des classes, Ce n'est plus la même queue pour les toilettes. Quand il pleut, certains ne sont pas mouillés. De plus en plus, ajoute-t-il, les gens vivent des vies séparés, vont à l'école et font leurs courses sans se croiser. »

Source : Maxime Robin, «Aux États-Unis, l'art de rançonner les pauvres», Le Monde diplomatique, septembre 2015

Re: Les aléas de notre démocratie...

Publié : lun. 22 févr. 2016, 11:16
par Kerniou
En effet, et ce n'est pas nouveau , c'est l'argent qui mène le monde via les partis politiques qui favorisent le monde de la finance. et,comme on a besoin du monde de la finance pour dynamiser l'économie, le" bon sens" qui ne fait pas de politique prône le pragmatisme et favorise les partis politiques alliés au capital qui, par ailleurs,en France, recueillent très majoritairement les voix des catholiques ...
On nous fait passer pour le progrès, pour l'ouverture d'esprit et pour la sagesse la destruction des lois sociales ... La protection sociale à destination des plus pauvres devient, alors, un archaïsme qui empêcherait l'économie de progresser ...