Le cortège du divin Roi [26-28 décembre]
Publié : mer. 26 déc. 2007, 17:53
Epigramme en l'honneur de saint Etienne protomartyr
(Richard Crashaw, 1612-1649)

Bernard Daddi (v. 1290-1348), Martyr de saint Etienne, 1324, Florence.
Ecce tuos lapides ! nihil est pretiosus illis ;
Seu pretium capiti dent, capiantuae tuo.
Scilicet haec ratio vestri diadematis : hoc est,
Unde coronatis vos decet ire comis.
Quisque lapis quanto magis in se vilis habetur,
Ditior hoc capiti est gemma futura tuo.
Tes pierres, les voici ! rien n’est si précieux qu’elles.
Ton front enrichissant, à leur tour enrichies,
Ce sont les vrais joyaux dont est fait ton diadème,
Les seuls dignes vraiment de ceindre tes cheveux.
Plus chaque pierre en soi est grossière et sordide,
Plus elle est pour ta tête un diamant splendide. (*)
(*) Source : Pierre Laurens, Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance, Gallimard, 2004, p. 349.
***
Le cortège du divin Roi
26 décembre (saint Etienne) - 27 décembre (saint Jean) - 28 décembre (saints Innocents)
Comment ces trois fêtes viennent-elles, dans la liturgie, immédiatement après Noël ? L’histoire de la liturgie nous donne une réponse insuffisante : ces fêtes sont, en partie, plus anciennes que celle de Noël et n’avaient primitivement aucun rapport avec elle. Mais pour nous, ce qu’il faut considérer c’est l’ordre actuel des fêtes, et aujourd’hui, ces trois fêtes sont en relation étroite avec Noël. Saint Bernard nous enseigne qu’un représentant de chacune des trois classes de sainteté rend hommage au Roi nouveau-né : un martyr en désir et en fait (saint Étienne), un martyr en désir seulement (saint Jean) et des martyrs en fait seulement (les Saints Innocents). Mais cette explication médiévale est trop recherchée. Comment a bien pu penser la liturgie à sa période classique ? Dans les saints, l’Eglise se représente elle-même. L’idéal de perfection, qu’elle incarne au plus haut degré, est atteint par un petit groupe de saints. Or, quel est l’idéal de sainteté du christianisme antique ? L’Église voulait aller au-devant du Seigneur, à son retour, avec la palme du martyre et le blanc vêtement de la virginité. Tel est le sens des trois fêtes qui accompagnent Noël.(Richard Crashaw, 1612-1649)

Bernard Daddi (v. 1290-1348), Martyr de saint Etienne, 1324, Florence.
Ecce tuos lapides ! nihil est pretiosus illis ;
Seu pretium capiti dent, capiantuae tuo.
Scilicet haec ratio vestri diadematis : hoc est,
Unde coronatis vos decet ire comis.
Quisque lapis quanto magis in se vilis habetur,
Ditior hoc capiti est gemma futura tuo.
Tes pierres, les voici ! rien n’est si précieux qu’elles.
Ton front enrichissant, à leur tour enrichies,
Ce sont les vrais joyaux dont est fait ton diadème,
Les seuls dignes vraiment de ceindre tes cheveux.
Plus chaque pierre en soi est grossière et sordide,
Plus elle est pour ta tête un diamant splendide. (*)
(*) Source : Pierre Laurens, Anthologie de la poésie lyrique latine de la Renaissance, Gallimard, 2004, p. 349.
***
Le cortège du divin Roi
26 décembre (saint Etienne) - 27 décembre (saint Jean) - 28 décembre (saints Innocents)
L’Église se revêt et nous revêt du vêtement qui lui paraît le plus magnifique pour recevoir le Roi. C’est le vêtement que décrit l’Apocalypse : “vêtus de vêtements blancs avec des palmes dans leurs mains”. Ainsi le premier jour nous allons au-devant du Seigneur comme martyrs, le second jour comme vierges et le troisième jour comme martyrs et vierges. Le jour de Noël, l’Agneau est apparu sur la montagne mystique de Sion, et l’Église, les trois jours qui suivent, réunit autour de lui son escorte lumineuse la plus intime : “Ils chantent un cantique nouveau devant le trône...” C’est le mystère de la messe de Noël qui se développe pendant ces quatre jours.
Nous comprenons maintenant ces trois fêtes et nous pouvons les célébrer d’une manière plus fructueuse. Tous, pauvres et pécheurs que nous sommes, nous pouvons, en union avec l’Église, saluer le Roi au même titre que saint Étienne, saint Jean et les Saints Innocents. Bien plus, nous pouvons entrer dans la troupe lumineuse des cent quarante-quatre mille “qui suivent l’Agneau partout où il va”.
Dom Pius PARSH, Le petit guide dans l'année liturgique, Salvator, 1957, pp. 53-54.
