Liberté en Russie
Publié : mar. 25 déc. 2018, 3:58
Sauf que les faits sont aussi relatés par les médias officiels :
Bien entendu, seule la Russie du méchant dictateur Poutine pratique la propagande. Les média libres du monde librement libre (comme Le Monde, Libération, BBC, The New York Times etc.) sont tous parfaitement neutres et objectifs et n'adhèrent à aucune idéologie. Leurs analyses sont toujours impartiales, dénuées de quelque préjugé que ce soit...
Bonsoir Valentin et Joyeux Noël.Valentin a écrit : ↑mar. 25 déc. 2018, 14:39Bien entendu, seule la Russie du méchant dictateur Poutine pratique la propagande. Les média libres du monde librement libre (comme Le Monde, Libération, BBC, The New York Times etc.) sont tous parfaitement neutres et objectifs et n'adhèrent à aucune idéologie. Leurs analyses sont toujours impartiales, dénuées de quelque préjugé que ce soit...
Quant aux média russes, tout ce qu'ils disent est faux, y compris la météo![]()
Oui, je mets les média russes et occidentaux au même niveau, car en effet, ils fonctionnent tous sur le même principe : convoyer non pas une information neutre, impartiale et objective (chose impossible) mais des dépêches et analyses politiques colorées d'idéologie.
Vous oubliez de préciser que de nos jours, les médias ne peuvent pas vivre sans subvention extérieure, puisqu'ils ne sont plus rentables. Donc, nécessairement, il y a un commanditaire. Qu'il soit privé ou public. Et souvent, c'est les deux ensemble, puisque les grands quotidiens reçoivent à la fois des subventions publiques, et appartiennent à des groupes privés. Cela ne fait aucune différence avec les autres médias que vous incriminez. Sauf que vous, vous penchez politiquement pour le libéralisme libertaire, et donc vous critiquez un média qui ne correspond pas à vos idées. Votre pensée ne va guère plus loin.Bassmeg a écrit : ↑mer. 26 déc. 2018, 16:40 Ces situations ne sont pas comparables Valentin. D' un coté, des médias d' état, visant la propagande. De l' autre des médias privés, pluriels et différents entre eux ayant droit à la liberté de la presse.
Ce n' est pas parce que vous trouvez un point commun entre deux choses que ces deux choses sont identiques, Valentin. Le Monde Diplo n'est pas vraiment indépendant, étant donné qu' il contient des encarts pub. Vous cherchez un média indépendant en France? Le Canard Enchainé.
Pour apporter une petite nuance, le régime de Poutine est libéral. Il n'est pas très différent du régime de Macron, ou de Trump. La seule différence est qu'il n'est pas atlantiste, et qu'il défend les intérêts de la Russie, au lieu d'abdiquer sa souveraineté, et de se ranger sous la bannière de Washington. Mais mis à part ce point précis, économiquement, Poutine est centriste et libéral. Il a d'ailleurs une extrême-droite assez puissante contre lui. Et sur sa gauche, les communistes, très forts électoralement aussi.Valentin a écrit : ↑mer. 26 déc. 2018, 20:08 Je ne comprends pas bien.
Vous avez critiqué le fait que Sputnik ne soit pas hostile au gouvernement russe, qui finance cette agence de presse.
Je vous ai répondu qu'on peut adresser le même reproche à France 24, financée par l’État français, ainsi qu'au Monde et au Figaro, entre autres, et qui se gardent bien de médire de leurs propriétaires respectifs.
Les choses me semblent ici on ne peut plus claires. Qu'est-ce qui vous gêne dans ce raisonnement ?
Vous effleurez par ailleurs la question du pluralisme et de la liberté de la presse. Peut-être voulez-vous insinuer que la presse russe parle d'une seule voix et qu'elle est unanimement favorable à Poutine.
C'est bien mal connaître la situation de ce pays. Mais cela se comprend si votre seule source d'information est Le Monde, Le Figaro, etc. journaux notoirement antirusses et pro-américains.
Les média occidentaux, je le répète, sont des organes de propagande libérale - en cela, ils sont les parfaits miroirs de Sputnik et RT, qui diffusent quant à eux des idées différentes, illibérales. Mais dans les deux cas, il s'agit bel et bien de propagande au sens de propagation de certaines opinions publiques ou sociales.
Il existe en Russie de nombreux média tout à fait indépendants, et libres de critiquer Poutine. Les plus connus sont la radio Écho de Moscou et les journaux de tendance pro-occidentale et libérale Niézavissimaïa gaziéta et Novaïa gaziéta.
Quant à l'Internet, il est absolument libre et dénué de censure. Tous les citoyens russes, journalistes hostiles au régime et opposants politiques compris, peuvent s'y exprimer en toute liberté, notamment sur les réseaux sociaux et sur les journaux en ligne tels que Gazeta.ru. Voyez ici la chaîne YouTube d'Alexis Navalny, principal opposant politique à Vladimir Poutine, comptant près de 2,5 millions d'abonnés et plus de 460 millions de vues.
Vous avez raison, bien sûr. La Russie poutinienne repose sur des fondements fragiles, car contradictoires.
Bonsoir Valentin.Valentin a écrit : ↑jeu. 27 déc. 2018, 0:36 Bonsoir, Carhaix.
Vous avez raison, bien sûr. La Russie poutinienne repose sur des fondements fragiles, car contradictoires.
Le libéralisme russe, c'est la liberté de léser le peuple ; c'est la déprédation de l'argent public et des ressources naturelles. C'est le privilège octroyé par Poutine à ses chiens, à ses vassaux : serment d'allégeance contre liberté de piller. Tel est le libéralisme en Russie, État suprêmement capitaliste, et donc suprêmement mafieux.
(La France, elle, a la chance de n'être qu'imparfaitement capitaliste ; elle n'est donc qu'incomplètement mafieuse.)
Quand j'ai parlé d'illibéralisme poutinien, je voulais dire que l'autre visage de ce régime rejoint le courant traditionnel slavophile. La devise de ce mouvement, énoncée par le comte Ouvarov, était « Autocratie, Orthodoxie, Ethnicité » (ce dernier terme, narodnost', étant difficilement traduisible en français ; le mot anglais folklore, au sens étymologique de tradition populaire, conviendrait peut-être davantage).
Cet illibéralisme, ce traditionalisme moral est un marqueur très fort de la Russie contemporaine. Le petit peuple vit et respire par lui.
D'où l'attachement viscéral du Russe à sa terre, à ses ancêtres, à sa religion (même si elle est aujourd'hui peu pratiquée).
D'où sa méfiance, aussi, de l'Occident et de son libéralisme.
Les Russes, dans l'ensemble, ne sont pas décadents. Tout comme 70 ans de communisme n'ont pas suffi à extirper le christianisme de Russie, l'abrutissement et l'ensauvagement organisé des trente dernières années n'ont pas entamé la vigueur spirituelle du peuple russe. Pas encore. Il y a encore chez eux des caractères durs et forts, de cette grandeur inimaginable en Occident, pauvre Occident asphyxié de ses supermarchés et anesthésié par la présence réconfortante du parapluie nucléaire américain.
Vladimir Poutine incarne personnellement cette dialectique, cette lutte que se livrent en Russie le désordre libéral mondialiste et l'Ordre traditionnel. Nous voyons bien que Poutine n'a nullement combattu la féodalité mafieuse héritée de Eltsine : au contraire, il l'a renforcée. C'est en quoi Poutine est haïssable.
Mais en même temps, et contrairement à Eltsine, il a ressuscité les valeurs traditionnelles, défendu la morale antique, le christianisme, bref : le mouvement slavophile. C'est ce courant - chrétien, contre-révolutionnaire, illibéral - qui s'exprime dans le pouvoir et les média russes, allant jusqu'à irriguer la société russe tout entière. Et c'est en quoi Poutine est aimable.
Mais je vous ai dit pourquoi je pensais qu'il y avait une équivalence entre les deux. Sputnik ne critique pas Poutine, c'est un fait ; mais Le Figaro ne critique pas non plus le Groupe Dassault.Bassmeg a écrit : ↑mer. 26 déc. 2018, 20:30 Valentin, je ne critique pas le fait que Sputnik et RT soient à la botte du régime de poutine. La bas, c' est comme çà, ils avaient la Pravda, bon, maintenant, ils ont ça. Ce que je critique, c' est le fait de mettre au même niveau ce genre de trucs avec la presse d' un pays libre comme la France.
S' exprimer en toute liberté est permis en russie? On est sur de ça?
LCP, je ne sais pas. Mais France 24 et Euronews sont accessibles en Russie, et y diffusent de la propagande libérale, européiste et atlantiste. Sans compter la version russophone de la BBC, ainsi que les Américains de Radio Free Europe et ses succursales, radio qualifiée par la presse allemande de propagande au service de la CIA.Et la chaine LCP n' ouvre pas d' antenne locale en Russie pour faire passer sans le dire la propagande de Macron en Russie.
Ah bon ? Eh bien, si vous le dites...Contrairement à ce que vous disiez, Niézavissimaïa Gaziéta n' est pas indépendant.
Nous y voilà. Donc, selon vous, c'est Poutine qui a ordonné ces assassinats ?Novaia gazeta? Yep, ils sont un peu plus indépendants. SIX journalistes tués pour avoir cru qu' ils pouvaient s' exprimer... Ça a calmés les journalistes survivants, je pense. https://fr.wikipedia.org/wiki/Novaïa_Gazeta
Vous avez lu un peu vite, je crois. Le journaliste en question, de nationalité ouzbek, n'a pas été déporté au goulag (Ils ont même déporté un journaliste, comme au bon vieux temps du goulag.