Il est perfectible et on peut trouver des psautiers plus poétiques mais il est facilement mémorisable sans être du français trop courant. Î
J'ai souvent en tête des versets qui me viennent du psautier.
On pourrait dire la même chose de la bible liturgique en général.
Oui, c'est vrai. D'ailleurs, j'utilise le plus souvent cette traduction quand je prie l'office divin en français.
Il est écrit dans un français trop courant à mes yeux. Dans un genre semblable, le psautier de Jérusalem me semble préférable, puisqu'il est pour une large part traduit en un français "noble", voire un peu désuet.
D'après "La Maison-Dieu", c'est justement pour cela qu'il n'a pas été retenu: trop "élitiste". Il ne prenait pas assez les fidèles pour des incultes.
Le Nouveau Testament est mieux traduit, je trouve, que l'Ancien.
Si mes souvenirs sont bons, le psautier liturgique a été traduit à partir du grec.
On en a des traces dans le ps94 notamment : jours de tentation ou de défit là où l'hébreu garde Massa et Meriba.
Je ne crois pas. Le psautier a été traduit d'après l'hébreu, mais sans négliger les sources grecques (notamment pour les références christologiques ou certains cas, comme celui que vous citez).
Mais il reste traduit de l'hébreu. Prenez le ps. 50, v. 3, par exemple:
La Septante donne :
Eleison me, ô Theos, kata to méga eleos.
La Vulgate traduit fidèlement le texte grec, de la manière suivante :
Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam
Ce qui, dans les deux cas, donne, en français : « Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde »
Mais le texte hébreu donne :
Pitié pour moi, ô Dieu, en ta miséricorde.
Et la traduction liturgique du psautier suit l'hébreu :
Pitié pour moi, ô Dieu, en ton amour.
Prenons un autre exemple, tiré du même psaume, au verset 6 :
Septante :
Soi monô imarton kai to poniron eneômion sou epoinisa, opôs an dikaiôthis èn tois logois sou kai nikisis èn tô krinesthai se.
Vulgate :
Tibi soli peccavi, et malum coram te feci ; ut justificeris in sermonibus tuis, et vincas cum judicaris.
Ce qui donne en français :
« Contre Toi seul j’ai péché, et j’ai fait le mal sous Tes yeux. Ainsi, Tu seras trouvé juste en Tes paroles, et Tu seras vainqueur quand on Te jugera. »
Mais l'hébreu et le psautier de l'AELF donne :
« Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire. »
Dans un cas, Dieu est jugé ; dans l'autre, il est juge.