pierrot2 a écrit : ↑lun. 25 janv. 2021, 19:05
"Un non-pécheur n'aurait pas pu ne pas faire ce qu'ils n'ont pas fait"
Mais qu’auriez-vous donc voulu qu’ils fassent et êtes vous sûr qu’ils l’auraient pu, si cela allait ou aurait mis en difficulté le salut de l‘humanité ?
Ce qui pose une autre question : cette passion et toute cette souffrance (d’un homme que nous aimons beaucoup !)) étaient-elles absolument nécessaires à notre salut ? Peut-être cela nous a-t-il été donné à croire par une sorte de Divine délicatesse mais qu’en réalité, cela aurait pu être évité ! Certains passages des évangiles, pris sous un certain jour, n’en portent-ils pas comme un frémissement... ?
N’est-ce pas là l’aboutissement de votre pensée, ou en tout cas son corollaire ? Je l’avoue, j’ai tendance à le penser aussi...
A moins que vous ne vous contentiez de considérer ce qu’ils auraient dû faire, sans considération pour la providence ou la fatalité, les prophéties, etc. : Abraham n’a-t-il pas négocié avec Dieu ? Ninive n’a-t-elle pas été sauvée ?
Vous exploreriez alors là aussi une veine tout à fait permise.
Mais ces 2 interrogations méritent à mon sens d’être chacune traitée pour/par/en elles-mêmes, indépendamment de votre sujet (qui me semble définitivement en reprendre un déjà traité mais certes écourté...) et je dirai presque : en préalable.
Elles sont de nature à faire surgir des grâces, à condition d’y rester intègre et honnête, de ne pas s’en servir pour se donner des vertus dont dans les faits nous ne serions pas capables. Il faut rester réaliste. Or s’agissant de Dieu, il est difficile de savoir comment nous serions, il y aurait l’influence de ses énergies (au sens orthodoxe) et la révélation sous ce nouveau jour de ce que nous sommes et qui nous « changerait ». En cela, Dieu fait un peu de nous ce qu’il lui plaît, notre « être » étant plus fort que notre volonté. Il faut être très transparent pour savoir avec certitude ce que nous ferions (j’anticipe là sur la suite...)
pierrot2 a écrit : ↑lun. 25 janv. 2021, 19:05
Après avoir tenu les disciples en dehors des tentations, Jésus ne fait plus obstacle à l'épreuve que par la prière de Gethsemani, alors que les siens sombrent déjà dans ce sommeil qui les désolidarisent, dirait-on, eux de lui.
Et ainsi, c'est en quelque sorte l' "inertie de leur faible chair", qui isole Jésus, dorénavant seul face à son destin.
Il y a tout de même une chose qui est très claire, c’est que Jésus entend assumer seul son destin et n’en faire porter le poids ou la charge à personne (sinon momentanément, par Simon de Syrène, encore que ce ne soit pas lui qui l’ait « recruté » et que ce soit très accessoire) : il ne va pas lui-même dans le sens que vous voudriez, mais en cela oui, je suis d’accord avec vous, ce n’est pas une raison pour ne pas prendre un autre sens, cela n’a rien d’un péché dans un cas pareil, cela peut même être un acte de vertu : un peu comme Marie à Cana, et sachant que au final, il faudra bien à un moment que ces 2 « directions » se rejoignent.
Jésus savait bien pourquoi Pierre l’avait suivi après son arrestation, et de cela il ne l’en a pas blâmé, au contraire ! On peut même dire qu’il l’a implicitement approuvé !
N’oublions pas quand même qu’en face il ne s’agissait pas d’un ennemi, mais de l’autorité religieuse la plus haute et de leur propre religion, qu’avec le recul que nous avons nous, nous qualifierions alors bien, elle ou ceux qui la possédaient ou représentaient, de traîtres (nous en avons déjà parlé : plus que Judas). Cette traîtrise n’était sûrement pas la vision que les apôtres en avaient. Ils devaient être juste désolés que Jésus ne soit pas reconnu par eux. Mais désolés pour qui et pour quoi ?
Solution partielle et à double tranchant, à trouver dans la confiance qu’ils avaient en leur maître...
pierrot2 a écrit : ↑lun. 25 janv. 2021, 19:05
Toute une macération du péché en arrière-plan, semble-t-il,
C’est là où je serais plus prudent, nullement pour simplement éviter de leur jeter la pierre. Il y a des « trous » dans le récit, des manques, des lacunes... Bien des choses sont possibles. Je ne crois pas que le dernier mot appartienne à « se servir de ce récit ou d’un autre pour examiner sa conscience ou la leur, en imaginant ce qu’on aurait fait ou ce qu’ils auraient pu mieux faire » : c’est bon pendant/pour des retraites ignatiennes ou des méditations qui s’en inspirent, mais dans un but particulier et distinct. Pas là.
Il faut au contraire s’efforcer d’être et d’en rendre le support « neutre »
Au moment de leurs promesses et protestations, ils pouvaient être 100% sincères.
Au moment de leur « échappée », ils pouvaient être 100% contrariés par les circonstances, pris au dépourvu.
Déjà cette question : étaient-ils conscients que les annonces de Jésus, sous la forme de son arrestation, allait avoir lieu cette nuit-là ? Jésus leur avait déjà fait tant d’annonces incongrues et incompréhensibles, non franchement réalisées et qui leur paraissaient irréalisables ! (Ce n'est qu'après sa résurrection qu'ils ont compris pour ce "temple qu'il rebâtirait en 3 jours", cela veut dire que quelles que soient leurs conversations ultérieures sur ce sujet - et tant d'autres ! , Jésus qui les traita d'amis ne les avait pourtant pas plus éclairés...!)
Cette simple question déjà n’a pas une réponse facile et à mes yeux encore définitive...
Nous sommes en train de flirter avec le hors sujet, mais je pense que le sujet "officiel" n'était qu'un leurre (ou un hameçon)....

il faudra peut-être requalifier bientôt le titre du fil...
